img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
ECONOMIE

Privatisations: Tout savoir sur les instances de transfert et d'évaluation

Les membres de la commission des transferts et de l'organisme d'évaluation ont été nommés par le Roi. Ces instances sont prévues par la loi 39-89 de 1990 sur les privatisations. Voici ce qu'elle dit sur leurs missions et leur fonctionnement.

Privatisations: Tout savoir sur les instances de transfert et d'évaluation
S.N.
Le 30 avril 2019 à 13h53 | Modifié 11 avril 2021 à 2h42

Le programme des privatisations est réactivé. Objectif, réduire le déficit budgétaire et démarrer la mise en œuvre de la nouvelle stratégie de l’Etat en matière de gestion du portefeuille de ses participations.

Après l’actualisation de la liste des entreprises publiques privatisables, le Roi a nommé par dahir les membres des instances en charge des privatisations à côté du ministère de tutelle (Economie et finances). Il s’agit de la commission des transferts et de l’organisme d’évaluation.

Quels rôles joueront ces deux instances ? Quelles sont leurs attributions et modalités de fonctionnement ? Quelles sont leurs relations avec le ministère de tutelle ? Voici ce que dit la loi et la réglementation.

La commission des transferts

Selon l’article 2 de la loi 39-89 autorisant le transfert d’entreprises publiques au secteur privé, promulguée par le Dahir 1-90-01 d’avril 1990 :

« La mise en œuvre des transferts et des opérations qui en sont le complément ou l’accompagnement nécessaire sera assurée par un ministre assisté d’une commission interministérielle qu’il préside, dénommée "commission des transferts".

« Cette commission sera composée de cinq membres nommés par dahir et choisis en raison de leur compétence en matière économique, financière et sociale. »

L’article 3 ajoute : « Les opérations ayant pour objet de réaliser les transferts (…) sont décidées par décret pris sur proposition du ministre chargé de la mise en œuvre des transferts ».

Ainsi, c’est le ministre de l’économie et des finances qui préside la commission des transferts. Selon le décret 2-90-578 d’octobre 1990 fixant les conditions de fonctionnement de cette commission, celle-ci se réunit sur convocation du ministre qui fixe l’ordre du jour de ses réunions.

La commission délibère à la majorité des voix des membres présents. En cas de partage égal des voix celle du président est prépondérante. La commission ne peut valablement délibérer qu’en présence de son président et trois de ses membres au moins.

Elle peut faire appel à titre temporaire ou permanent à titre d’experts consultants à toute personnalité ou organisme dont le concours lui apparait utile. Elle consultera en outre le ministre dont relève le secteur dans lequel s’exerce l’activité de la société ou l’établissement objet du transfert.

Le rôle de cette commission est donc de donner son avis sur les opérations de privatisation du début à la fin, à la lumière des dispositions légales et réglementaires, surtout en cas de cession des entreprises publiques par attribution directe ou par appel d’offres.

Car si la réglementation donne un large pouvoir au ministère des finances en matière de privatisation, elle prévoit également des limitations.

Avant de procéder au transfert par attribution directe, la commission des transferts doit obligatoirement donner un avis favorable sur la base d’un rapport exposant les propositions faites par le ou les candidats à l’attribution directe et les motifs pour lesquels l’une de ces propositions apparaît aux yeux du ministre de nature à permettre la réalisations de ou des objectifs prévus par la réglementation (accès de nouvelles catégories sociales à la propriété des entreprises et lutte contre l’accaparement, développement et renforcement des économies régionales, sauvegarde de l’emploi).

En cas de cession par appel d’offres, l’ouverture des plis et l’examen des offres sont effectuées par la commission des transferts, saisie à cette fin par le ministre chargé de la privatisation.

Les pouvoirs du ministre des finances

Voici les pouvoirs du ministre en charge des transferts, selon le décret 2-90-403 d’octobre 1990 :

-          Présider et convoquer la commission des transferts et fixer son ordre du jour,

-          Établir le programme des transferts et fixer le calendrier de leur réalisation,

-          Requérir des dirigeants des sociétés et établissements, objet du transfert, la communication de tous documents, études, renseignements ou informations ainsi que toutes propositions utiles à l’accomplissement des opérations de transfert,

-          L’évaluation préalable (et non définitive, ndlr) des participations et établissements à transférer par des experts qu’il choisit directement par dérogation aux dispositions de la réglementation en vigueur relative à la passation des marchés publics.

-          Décider qu’aucune personne physique ou morale ne peut acquérir un nombre de titres ou de parts au-delà d’un certain pourcentage,

-          Fixer, par décision, le montant maximum de titres ou de parts que peuvent acquérir des personnes physiques ou morales étrangères ou sous contrôle étranger,

-          Proposer au premier ministre, après avis conforme de la commission des transferts, des transferts par attribution directe,

-          Proposer au premier ministre, aux fins de décision, les opérations ayant pour objet de réaliser les transferts,

-          Fixer, par arrêté, la liste des organismes bancaires et financiers chargés de placer les actions à céder par offre publique de vente,

-          Signer le contrat de transfert en cas d’attribution directe après avis conforme de la commission des transferts et approbation du premier ministre,

-          Prononcer, par décision, après avis de la commission des transferts, les sanctions en cas de non-respect par l’acquéreur de ses obligations.

L'organisme d'évaluation

L’organisme d’évaluation joue également un rôle important dans le processus de privatisation.

Selon le décret 2-90-402 d’octobre 1990, l’organisme d’évaluation est composé de sept membres dont un président et un vice-président. Ils sont tous nommés dans les mêmes formes que les membres de la commission des transferts.

Cet organisme fixe, après avoir pris connaissance du rapport d’évaluation dont il est saisi par le ministre chargé du transfert, le prix d’offre de la participation ou de l’établissement. A cet effet, il peut ordonner toute expertise et se faire communiquer toutes pièces, documents ou études utiles à l’accomplissement de sa mission.

Le prix d’offre est communiqué au ministre dans un délai maximum de deux mois à compter de la date de la communication à l’organisme du rapport d’évaluation.

L’organisme ne peut délibérer valablement que si cinq au moins de ses membres sont présents. Ses décisions sont prises à la majorité des voix.

Le prix d’offre minimum, dans le cas d’un transfert par appel d’offres, ou le prix ferme dans le cadre d’une offre publique de vente ne peuvent être inférieurs à l’évaluation de l’organisme.

Le ministère des finances doit également demander l’avis de cet pour fixer les modalités d’attribution directe des entreprises et participations publiques.

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
S.N.
Le 30 avril 2019 à 13h53

à lire aussi

Prix des carburants : une transmission des cours mondiaux partielle pour le gasoil et supérieure pour l’essence (Conseil de la concurrence)
ECONOMIE

Article : Prix des carburants : une transmission des cours mondiaux partielle pour le gasoil et supérieure pour l’essence (Conseil de la concurrence)

Le Conseil de la concurrence a publié une nouvelle note analysant l'évolution des prix du gasoil et de l'essence au Maroc entre le 16 mars et le 1ᵉʳ avril 2026. Dans un contexte de forte volatilité des cours internationaux, l'institution examine le degré de corrélation entre les cotations de référence et les prix pratiqués à la pompe par les opérateurs nationaux. Voici ce qu'il en ressort.

Sahara. Six mois après la résolution 2797, bilan pour Mistura et revue stratégique de la Minurso
DIPLOMATIE

Article : Sahara. Six mois après la résolution 2797, bilan pour Mistura et revue stratégique de la Minurso

Au-delà du calendrier du Conseil de sécurité, la fin avril 2026 pourrait marquer un moment de vérité pour l'affaire du Sahara. Le bilan attendu de Staffan de Mistura doit permettre de mesurer dans quelle mesure les discussions relancées en janvier 2026 ont confirmé la centralité de l’initiative marocaine d’autonomie, aujourd’hui consacrée comme l’unique cadre réaliste de sortie. Quant à l’examen de la Minurso, il revient à interroger la pertinence persistante d’une mission créée pour un référendum devenu impraticable et désormais dépassé par la dynamique politique imprimée au dossier.

Supporters sénégalais. Sanctions confirmées, quelles suites ?
DROIT

Article : Supporters sénégalais. Sanctions confirmées, quelles suites ?

Sanctions confirmées en appel pour les supporters sénégalais : recours possibles, libérations, grâce ou transfèrement, quelles suites ?

OCP prépare une émission obligataire hybride en dollars, une première dans sa structure de dette
BUSINESS

Article : OCP prépare une émission obligataire hybride en dollars, une première dans sa structure de dette

Le groupe OCP se tourne vers les marchés internationaux des capitaux avec une émission structurée en hybride. En recourant à un instrument à mi-chemin entre dette et quasi-fonds propres, le groupe cherche à mobiliser des ressources sans dégrader son profil d’endettement, ni accentuer la pression sur la signature souveraine. Décryptage.

Guir-Ziz-Rheris. Pour faire face à la pénurie d'eau, un nouveau plan stratégique dans ce bassin du sud-est du Royaume
Eau

Article : Guir-Ziz-Rheris. Pour faire face à la pénurie d'eau, un nouveau plan stratégique dans ce bassin du sud-est du Royaume

C’est l’un des bassins les plus exposés à la pression hydrique dans le pays. Pour contenir l’aggravation de la pénurie d’eau dans le Guir-Ziz-Rheris, un programme de plusieurs projets est lancé, avec à la clé de nouveaux forages, des ouvrages de recharge des nappes et des investissements ciblés pour tenter d’enrayer la dégradation hydrique de la zone.

Le Roi nomme El Yazid Er-Radi secrétaire général du Conseil supérieur des Oulémas
NATION

Article : Le Roi nomme El Yazid Er-Radi secrétaire général du Conseil supérieur des Oulémas

Le Roi Mohammed VI, Amir Al Mouminine, a reçu, le mardi 14 avril 2026 au palais royal de Rabat, Mohamed Yessef, décoré du Wissam Al Arch (Grand Officier), avant de nommer El Yazid Er-Radi au poste de secrétaire général du Conseil supérieur des Oulémas.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité