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Guir-Ziz-Rheris. Pour faire face à la pénurie d'eau, un nouveau plan stratégique dans ce bassin du sud-est du Royaume

C’est l’un des bassins les plus exposés à la pression hydrique dans le pays. Pour contenir l’aggravation de la pénurie d’eau dans le Guir-Ziz-Rheris, un programme de plusieurs projets est lancé, avec à la clé de nouveaux forages, des ouvrages de recharge des nappes et des investissements ciblés pour tenter d’enrayer la dégradation hydrique de la zone.

Guir-Ziz-Rheris. Pour faire face à la pénurie d'eau, un nouveau plan stratégique dans ce bassin du sud-est du Royaume
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Le 14 avril 2026 à 18h37 | Modifié 14 avril 2026 à 19h29

Si le nord du Maroc mise sur de nouveaux projets d’interconnexion des bassins, les régions oasiennes déploient, de leur côté, de nouveaux programmes de relance pour sauvegarder un écosystème fragile, de plus en plus rudoyé par les effets du réchauffement climatique.

C'est dans cette dynamique qu'a été conclue, le 10 avril 2026, en marge du Forum national des oasis, une ambitieuse convention de partenariat. Présidé par le ministre de l’Agriculture, Ahmed El Bouari, cet accord acte le lancement du Programme d’aménagement et de réhabilitation des oasis de la province de Zagora (2026-2029), doté d’une enveloppe globale de 629 millions de dirhams. Sur le volet hydrique, les agences des bassins hydrauliques (ABH) de Guir-Ziz-Rheris et de Drâa-Oued Noun seront en première ligne.

Lors des quatre prochaines années, elles auront la charge de piloter des investissements vitaux pour la région, avec l'aménagement de seuils de recharge artificielle des nappes phréatiques, la réalisation de forages d'exploration et la mise en place de réseaux de drainage.

Cependant, au-delà de ces planifications à moyen terme, des mesures d'urgence s'imposent. En réponse à l'appel pressant des agriculteurs locaux et à l'issue d'une concertation avec la commission provinciale chargée de la gestion des eaux d'irrigation, l’ABH de Drâa-Oued Noun a décidé d'opérer un premier lâcher d’eau exceptionnel depuis le barrage d'Agdz. Programmée pour ce vendredi 17 avril 2026, cette opération salvatrice permettra d'irriguer les parcelles agricoles situées en aval de l'ouvrage.

De son côté, l’Agence du bassin de Guir-Ziz-Rheris a lancé simultanément une série de projets dédiés à la revalorisation et à la sauvegarde des eaux souterraines sur l'ensemble de son périmètre d'action.

Une vaste campagne de 38 forages dans le bassin de Guir-Ziz-Rheris

Afin de faire face au stress hydrique et d'accompagner les localités du bassin de Guir-Ziz-Rheris souffrant d'une pénurie d’eau potable, deux appels d’offres nationaux ont été lancés pour le déploiement de deux grandes campagnes de forages.

Mobilisant un investissement total d’environ 9 MDH, ces opérations ont pour objectif d'identifier et de mobiliser de nouvelles ressources hydriques.

Au total, ces deux projets vont permettre d’assurer un total de 38 forages de reconnaissance répartis sur 25 communes territoriales :

  • Premier projet de 28 forages (provinces de Midelt, Tinghir et Errachidia) : il ciblera 15 communes : Guers Tiaallaline, N’zala, Amouguer, Rich, Gourrama, H’ssia, Alnif, Ouaklim, M’cissi, Imider, Toudgha Soufla, El Kheng, M’adeghra, Melaab et Tadighouste.
  • Second projet de 18 forages (provinces de Zagora et Figuig) : il couvrira 10 communes : Bouchaouene, Talsint, Bouanane, Bni Tadjit, Ain Chair, N’Kob, Ait Boudaoued, Ait Ouallal, Taghbalt et Tazarine.

Sur le plan technique, ces forages de reconnaissance consisteront en des puits d'une profondeur comprise entre 100 et 300 mètres visant à identifier de nouvelles ressources hydriques. Ils cibleront des formations géologiques spécifiques, explorant ainsi les aquifères du Haut Atlas, ainsi que les bassins du Jurassique, du Lias, du Crétacé et de l'ère primaire.

Deuxième axe stratégique : la recharge artificielle des nappes

En complément des campagnes de forages, l'Agence du bassin hydraulique de Guir-Ziz-Rheris lancera des études techniques approfondies dédiées à la recharge artificielle des nappes dans la province de Midelt dans le cadre d’une démarche proactive pour aider à reconstituer les réserves.

Le programme comprend un diagnostic global pour repérer les aquifères les plus réceptifs, les experts se concentreront sur dix sites prioritaires. Pour chacun d'eux, plusieurs scénarios d'aménagement seront modélisés et comparés sur les plans technique, économique et environnemental.

Pour chaque site, l'objectif est de garantir une augmentation maximale des réserves d'eau souterraine. Une démarche scientifique rigoureuse, devenue indispensable pour garantir la résilience hydrique du Sud-Est marocain.

Parallèlement, la province de Tinghir bénéficiera d'un autre projet stratégique mobilisant une enveloppe budgétaire de 4,7 MDH. Ce projet porte sur la réalisation d’un seuil au niveau de la commune de Taghzout N'Ait Atta, spécifiquement conçu pour la recharge artificielle de la nappe quaternaire. Aménagé le long de la rive droite de l’oued El Batha, cet ouvrage hydraulique présentera un seuil déversant d'une largeur de 210 m et d'une hauteur de 2 m.

Anticiper pour faire face à une eau de plus en plus rare

Durant ces dernières décennies, marquées par une succession d'années de sécheresse et un accroissement continu des besoins hydriques liés au développement agricole, notamment oasien, les eaux souterraines ont subi une pression extrême. Cette surexploitation s'est traduite par une chute importante des niveaux piézométriques.

La nappe de Meski-Boudnib, principale ressource en eau souterraine du bassin de Guir-Ziz-Rheris, a enregistré une baisse moyenne de 1 m à 1,7 m par an sur la période 2016-2024. Les projections modélisées sont alarmantes, anticipant un déclin supplémentaire de 10 m à 40 m à l’horizon 2050.

Pour faire face à cette urgence, un contrat de gestion des nappes a été signé en 2022 dans l'espoir d'endiguer cette baisse. Ce dispositif réglementaire plafonne désormais les prélèvements à 60 millions de mètres cubes par an (soit une dotation d'environ 8.000 m³/ha/an), limitant ainsi la superficie irriguée autorisée à 15.000 hectares.

Au-delà des eaux souterraines, les ressources en eaux de surface demeurent limitées, et ce, malgré la présence d'infrastructures de mobilisation stratégiques telles que le barrage Hassan Addakhil (d'une capacité de 312 Mm³) et le barrage Kaddoussa (220 Mm³). Toutefois, de nouvelles voies se dégagent.

D'ici la fin de l’année 2026, le grand barrage de Kheng Grou devrait entrer en service. Doté d'une mégacapacité de 1,12 milliard de m³ et bénéficiant de volumes d'apports moyens interannuels significatifs, cet ouvrage colossal permettra d’injecter de nouvelles ressources vitales pour la région, sécurisant ainsi l'avenir de l’agriculture oasienne.

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Le 14 avril 2026 à 18h37

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