Poisson: le marché local sera suffisamment approvisionné pendant Ramadan, prix stables
Le mois de Ramadan coïncidera avec la bonne période de pêche qui démarre au mois d'avril. Les prix des poissons devraient rester stables, à l'instar de l'année passée, en raison de la crise sanitaire.
Pendant le Ramadan, la consommation de poissons augmente généralement. "Pour cette année, ce que je peux vous confirmer c'est qu'il n'y aura pas un manque d'approvisionnement, que ce soit en poisson frais ou en poisson congelé, puisque les bateaux commencent à très bien pêcher", nous confie Kamal Sabri, président de la chambre des pêches maritimes de l'Atlantique Nord, contacté par nos soins. "Pour le poisson congelé, il y a un stock qui va bientôt sortir sur le marché".
"Le mois sacré va coïncider avec la bonne période de la pêche qui commence au mois d'avril", ajoute M. Sabri, qui rappelle qu'en moyenne, "14 kg de poissons sont consommés par habitant durant Ramadan, contre 8 kg sur les autres mois de l'année".
Prix stables, à l'instar de l'année passée
Les prix du poisson connaissent généralement une flambée durant le mois sacré, étant donné que les intermédiaires et les détaillants profitent de l'occasion pour maximiser leurs profits.
Pour Ramadan 2021, qui débutera vers mi-avril, M. Sabri rassure. "Les prix du poisson sont les plus bas sur ces deux dernières années", nous a-t-il confié.
Cela s'explique par la crise sanitaire actuelle, d'après notre source, "notamment en raison de l'arrêt du tourisme et de la restauration", et donc de la baisse de la demande de manière générale par rapport aux années passées.
Pour la sardine, qui reste un produit phare particulièrement prisé par le consommateur marocain, notamment pour son important apport en protéines "son prix rendu marché va varier entre 5 et 7 DH/kg à Casablanca. Notons que seul l'acheminement à partir des différents ports coûte 1,5 DH/kg".
Pour ce qui est de la sole, "son prix va varier entre 35 et 40 DH/kg, et entre 40 et 60 DH/kg pour le merlan".
Les crevettes ne seront, pour leur part, pas disponibles en très grandes quantités, "vu qu'il va y avoir la période de repos biologique. Les prix doivent également être un peu plus chers" a souligné notre interlocuteur qui note qu'il ne s'agit toutefois que "d'une espèce sur 600 autres présentes au Maroc".
"Les marchés communaux doivent être contrôlés pour éviter la flambée des prix."
Pour éviter la flambée des prix durant le Ramadan, M. Sabri recommande aux consommateurs "de s'approvisionner auprès des marchés organisés et contrôlés, où il n'y a pas d'intermédiaires, puisque le poissonnier achète directement chez le grossiste".
"Aujourd'hui, on arrive à maîtriser le secteur, grâce à l'instauration des plans d'aménagement des pêcheries, mis en place par la stratégie Halieutis, notamment les aspects approvisionnement, quantités, et débarquements. Mais ce qu'il faudrait maîtriser davantage, ce sont les marchés communaux, qui ont un contact direct avec le consommateur".
Un constat partagé par Abderrahmen Al Yazidi, coordonnateur du collectif "Pêche et développement durable", joint par Médias 24.
"La question des prix du poisson revient chaque année à l'approche du mois de Ramadan. Ce qu'il faut savoir, c'est que le poisson est une denrée qui subit la règle de l'offre et de la demande. C'est également une ressource limitée, qui a ses circuits" de distribution.
Selon notre source, "la flambée des prix du poisson durant le mois sacré ne relève pas du ministère de la Pêche maritime qui, lui, se charge de l'extraction. La commercialisation finale relève du ministère de l'Intérieur. C'est donc aux municipalités et aux communes de se charger du contrôle des prix pratiqués".
"Un autre facteur qui peut accentuer la flambée des prix, ce sont les intermédiaires, qui ne peuvent être contrôlés. Lorsque le poisson est débarqué, il est vendu aux mareyeurs, qui le vendent à leur tour aux marchés de gros. Jusque-là, les prix peuvent être correctement contrôlés à travers les factures, et donc une certaine traçabilité. A titre d'exemple, si la sardine sort à 3 ou à 3,5 DH/kg du port de Laâyoune, elle arrivera à 5 ou à 6 DH/kg au marché de gros de poissons de Lahraouiyine à Casabalanca".
"A son arrivée aux marchés de détails, le kilogramme peut atteindre jusqu'à 30 DH", comme en 2018. "Ainsi, entre le marché de gros et les marchés de détails, il y a au moins l'intervention d'un intermédiaire, si ce n'est plus, dont les prix ne suivent aucune règle".
Pour éviter un tel scénario, M. Al Yazidi recommande "l'affichage des prix au niveau des marchés, qui est une obligation légale, pour donner au consommateur un moyen de résister face à la spéculation des prix".
À découvrir
à lire aussi
Article : Coupe du monde 2026. Les éclairages de Mohamed Ouahbi
Un brin fataliste puis agacé par la tournure que prenait la conférence de presse organisée ce mardi 14 juillet au Complexe Mohammed VI de Salé, Mohamed Ouahbi a tenté d’apporter sa version des faits à des questions auxquelles il n’avait pas toujours les réponses. Mais le sélectionneur a tout de même affiché une foi inébranlable en l’avenir après l’élimination en quart du Mondial 2026.
Article : Pour responsabiliser les livreurs, Glovo va numéroter ses sacs
Dès le second semestre 2026, 10.000 équipements dotés d’un identifiant visible seront progressivement déployés au Maroc.
Article : Al Haouz : un avion militaire léger s'écrase après une panne moteur, le pilote indemne
L'ancien pilote de Mirage F1, qui était aux commandes de l’appareil, a été contraint de tenter un atterrissage d’urgence dans un douar proche de Marrakech.
Article : Après les crues de 2026, un barrage à 1,145 milliard de DH pour protéger Ksar El Kébir
Implanté sur l’oued Loukkos, en amont d’Oued El Makhazine, le futur ouvrage pourra retenir jusqu’à 400 millions de m³ et devrait entrer en service à l’horizon 2030.
Article : La station de dessalement de Casablanca sera opérationnelle en février 2027, annonce Nizar Baraka
D’une capacité initiale de 200 millions de mètres cubes par an, portée ensuite à 300 Mm³, l’infrastructure doit renforcer la sécurité hydrique du Grand Casablanca.
Article : Reprise de la guerre au Moyen-Orient : quel impact pour le Maroc ?
Le répit aura été bref. Moins d’un mois après l’accord entre Washington et Téhéran, les frappes ont repris et le Brent a bondi de 77 à 87 dollars en vingt-quatre heures. Pour un pays qui importe près de 90% de ses besoins énergétiques, l’enjeu dépasse largement le prix à la pompe. Transport, industrie, inflation et budget de l’État pourraient rapidement subir le contrecoup d’un conflit qui menace aussi les routes maritimes.