MHE : “Nous avons dépassé une production de 10 millions de masques par jour”
Exportation des masques, contrôle sanitaire des usines, innovations technologiques et crise économique. Ce sont les principaux thèmes abordés par Moulay Hafid Elalamy lors de son dernier passage au Parlement.
Le ministre de l'Industrie, du Commerce et de l'Economie verte et numérique, a répondu aux interrogations des députés concernant les effets de la pandémie sur l'entreprise marocaine, lors d'une séance consacrée aux questions orales, tenue le lundi 11 mai à la Chambre des représentants. Voici ses principales interventions.
"Le Maroc a entamé l'export d'équipements médicaux"
"L’approvisionnement était une question très importante au début du confinement. Les citoyens se dirigeaient massivement vers les commerces alimentaires mais nous n’avons pas eu de problèmes, même pendant le mois sacré du Ramadan".
"De même pour les gels hydroalcooliques et les masques de protection qui, même s’ils n’étaient pas disponibles au début, nous avons réussi à en assurer une quantité suffisante pour tous les citoyens".
"Aujourd’hui, 23 usines sont chargées de la fabrication des masques non tissés. Nous avons dépassé une production quotidienne de 10 millions de masques. Etant donné que le Maroc dispose d’un stock stratégique pour l’après-confinement de 50 millions de masques, nous avons décidé, hier, de procéder à l’export de ces masques. Les pays étrangers qui sont intéressés, dont la France par exemple, ont procédé à des tests pour s’assurer que la qualité du produit est conforme à leurs normes locales", précise le ministre.
"Quant aux masques de protection en tissu tissé, nous en produisons plus de 2 millions par jour. Nous ne pouvons pas encore exporter ce produit, car nous en avons encore besoin localement. Dès que nous arriverons à assurer un stock de sécurité, nous opterons à ce moment-là pour l’exportation", explique Moulay Hafid Elalamy.
"Nous avons entamé l’exportation des équipements médicaux confectionnés au Maroc, à savoir les combinaisons, blouses, sur-blouses, visières, sur-chaussures etc."
"Concernant l’hygiène au travail, il faut savoir qu’une commission composée de différents ministères (de l’Industrie, de l’Intérieur, de la Santé et de l’Emploi) mène des enquêtes au sein des usines. Le but est de vérifier si les règles d’hygiène sont respectées, si le gel hydroalcoolique et les masques sont disponibles, si la prise de la température des salariés est effectuée, etc. De plus, dans le cas où le télétravail est possible, nous accompagnons les entreprises pour le mettre en place".
"1.590 entreprises ont été contrôlées. Certaines sont alignées sur les recommandations du ministère de la Santé. D’autres ont besoin d’ajustements, nous leur donnons un délai d’un ou deux jours et la commission repasse pour vérifier par la suite. Enfin, certains ne sont pas aptes à se conformer aux exigences, c’est pourquoi il est inévitable de les obliger à fermer", ajoute le ministre.
Autosuffisance en production d’éthanol
"Le Maroc ne comptait qu’une seule entreprise qui produit de l’éthanol, mais celle-ci a brûlé. Heureusement, nous avons travaillé en coordination pour réussir à la rebâtir en une semaine seulement.
"Désormais, cette usine produit 24.000 litres d’éthanol par jour. Nous n’avons donc pas besoin d’en importer, surtout que c’est un produit qui est désormais difficile à trouver".
Maroc : nid des innovations
"34 projets innovants ont réussi le programme « Imtiyaz », les projets des moyennes entreprises arrivent à 10 millions de dirhams de soutien, tandis que les très petites entreprises bénéficient de sommes allant jusqu’à 1,5 million de dirhams", déclare le ministre.
"A ce jour, 17 nouveaux brevets ont été enregistrés au niveau de l’OMPIC. C’est le fruit de l’innovation de jeunes et experts marocains".
"L’agence de développement digital a réalisé des projets, qui auraient pu durer 7 ans, en seulement deux mois".
Quelles prévisions pour l’après Covid ?
"Les problèmes sont énormes au niveau international. Les experts sont d’accord pour dire que la crise économique actuelle est pire que celle de 2008. Elle aura aussi des conséquences visibles sur plusieurs années. Les prévisions de certains secteurs dévoilent qu’en 2023 voire 2025, ils seront au niveau économique de 2019", déplore le ministre.
"Durant cette période, certains pays ont remarqué que les relations économiques avec la Chine sont compliquées. Cela implique un changement international très important".
"Le Maroc a une économie qui est quasiment à l’arrêt. Nous allons devoir traverser une période difficile".
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