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Affaire Imlil: démarrage du procès en appel

Le procès en appel des 24 hommes poursuivis après la décapitation de deux jeunes touristes scandinaves au nom du groupe Etat islamique (EI), dans la région d'Imlil, s'ouvre ce mercredi, six semaines après la condamnation à mort des trois accusés ayant avoué avoir participé au crime.

Affaire Imlil: démarrage du procès en appel
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Le 28 août 2019 à 2h15 | Modifié 11 avril 2021 à 2h43

La première audience devant les juges de la Cour d'appel de Rabat (annexe de Salé), spécialisée dans les affaires terroristes, devrait être consacrée à des questions de procédure, ont indiqué des avocats cités par l'AFP.

Louisa Vesterager Jespersen, une étudiante danoise de 24 ans et son amie Maren Ueland, une Norvégienne de 28 ans avaient été sauvagement tuées fin 2018 alors qu'elles bivouaquaient au pied du mont Toubkal, le plus haut sommet d'Afrique du Nord, dans le Haut-Atlas, à 80 kilomètres de la capitale touristique Marrakech (centre).

Outre les trois peines capitales - théoriques au Maroc du fait d'un moratoire en vigueur depuis 1993 -, des condamnations allant de cinq ans de prison à la perpétuité ont été prononcées le 18 juillet contre les hommes jugés pour "constitution de bande en vue de commettre des actes terroristes".

Tandis que les accusés "espèrent un verdict plus clément", la famille de Louisa Vesterager Jespersen, qui s'est constitué partie civile, veut demander une confirmation des condamnations, selon les avocats joints par l'AFP.

Abdessamad Ejjoud, un marchand ambulant de 25 ans, a avoué avoir organisé l'expédition meurtrière et avoir décapité une des victimes avec Younes Ouaziyad, un menuisier de 27 ans.

LIRE PAR AILLEURS

REPORT DU PROCES EN APPEL APRES LA PREMIERE AUDIENCE

Ce dernier a reconnu avoir tué l'autre jeune fille, tandis que Rachid Afatti, 33 ans, filmait la scène. Environ quinze jours avant l'assassinat, le trio avait tourné une vidéo d'allégeance à l'EI avec un quatrième homme, Abderrahim Khayali, 33 ans.

Aveux

Les images avaient ensuite été diffusées sur les réseaux sociaux, comme celles de la décapitation. L'EI n'a jamais revendiqué l'assassinat.

"Il n'y a de Dieu que Dieu (...). Qu'il me pardonne", avait lancé Abdessamad Ejjoud, dans sa dernière déclaration lors du procès en première instance.

Ce repris de justice devenu imam avait formé un groupe après sa sortie de prison en 2015, réunissant autour de lui d'anciens compagnons de détention ainsi que des "frères" de milieu modeste, de niveau d'instruction très bas et vivant de petits boulots dans des quartiers déshérités de Marrakech.

"Je n’ai endoctriné personne, chacun savait ce qu’il faisait", a assuré cet homme qui a suivi, comme d'autres accusés, des enseignements religieux d'une école coranique de Marrakech supervisée par un prédicateur salafiste connu.

La plupart de ses compagnons ont démenti toute implication dans le double assassinat et toute visée jihadiste mais certains ont exprimé des idées radicales.

Parmi eux, Kevin Zoller Guervos, un Hispano-Suisse de 25 ans installé au Maroc après sa conversion à l'islam. Seul étranger du groupe, il a écopé de 20 ans de prison.

Le procès n'a pas vraiment permis de savoir comment les activités du groupe avaient échappé pendant plusieurs années au radar des autorités, dans un pays qui met volontiers en avant l'encadrement étroit du champ religieux et l'efficacité des services sécuritaires, estime l'AFP.

Demande d'indemnisation et de reconnaissance de la responsabilité de l'Etat

Pour la partie civile, "les véritables criminels sont ceux qui propagent les idées de haine et de terreur", à commencer par le prédicateur salafiste de Marrakech, comme l'a dit à l'AFP Me Khaled El Fataoui. Cet avocat qui représente la famille de Louisa espère obtenir en appel que le chef religieux soit appelé à s'expliquer.

Il espère aussi que soit reconnue en appel la responsabilité morale de l'Etat "qui doit garantir l'indemnisation des victimes". Sa demande portant sur une indemnisation de 10 millions de dirhams (930.000 euros) imputable à l'Etat avait été rejetée en première instance.

Les juges ont en revanche condamné les principaux suspects à verser deux millions de dirhams (190.000 euros) de dommages aux parents de Maren Ueland. "Mais ils n'ont pas les moyens", selon Me El Fataoui.

Avant le double assassinat, le royaume avait été meurtri par des attaques ayant fait 33 morts à Casablanca en 2003 et 17 morts à Marrakech en 2011. (AFP)

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Le 28 août 2019 à 2h15

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