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28 avril 2026

13:31 “Parler de data centers verts reste une ambition, plus qu’une réalité absolue” (Sebastien Riez)

Les data centers sont devenus l'infrastructure nerveuse de l'économie numérique et le Maroc entend en faire un levier de rayonnement régional. Mais ces équipements énergivores s'implantent dans un pays sous tension hydrique et dépendant d'un mix électrique encore largement carboné. Sébastien Riez, Président Afrique du Nord & Levant de Schneider Electric, explique où en est le secteur dans cette équation complexe.

Portés par l’explosion des usages numériques et la montée en puissance de l’intelligence artificielle, les data centers deviennent des infrastructures stratégiques au cœur des économies numériques. Entre exigences de performance, contraintes énergétiques et impératifs de durabilité, leur conception évolue rapidement vers des modèles plus intégrés et plus sobres.

Dans ce contexte, le Maroc s’affirme comme un marché en structuration avancée, capable d’accueillir des projets technologiques complexes. Pour Schneider Electric, le Royaume joue désormais un rôle clé dans le déploiement de solutions d’infrastructures critiques adaptées aux environnements les plus exigeants.

Medias24 - Le Maroc multiplie les annonces numériques: Maroc Digital 2030, hubs technologiques, attractivité affichée pour les data centers. Mais entre l'ambition politique et la réalité du terrain, où en est-on vraiment pour un acteur comme Schneider Electric ?

Sebastien Riez : Le Maroc occupe une position hybride dans notre dispositif Afrique & Levant, à la fois hub régional et marché d’exécution stratégique.

Au-delà de son rôle de plateforme pour la région, le Royaume se distingue par la maturité de ses infrastructures, la structuration de ses politiques publiques, notamment à travers Maroc Digital 2030, et sa capacité à porter des projets à forte intensité technologique.

C’est ce qui permet aujourd’hui de passer rapidement du concept à des cas d’usage concrets, notamment autour des data centers, de l’efficacité énergétique et des infrastructures critiques, dans un contexte où les enjeux de performance et de gestion de l’énergie deviennent structurants.

Dans ce cadre, le Maroc joue un rôle d’accélérateur, avec des projets qui peuvent ensuite être répliqués à l’échelle régionale, notamment sur des marchés confrontés à des contraintes similaires.

C’est cette capacité à allier structuration, exécution et reproductibilité qui fait aujourd’hui du Maroc un pilier clé de notre stratégie régionale.

- Vous revendiquez une position solide sur le marché des data centers au Maroc. Qui sont concrètement vos concurrents, et sur quoi se joue réellement la différence au-delà des argumentaires commerciaux ?

- Sur le segment des data centers, le marché est aujourd’hui structuré et très dynamique, porté par l’accélération des usages numériques et de l’intelligence artificielle. Schneider Electric y occupe une position solide, avec une expertise reconnue sur les infrastructures critiques, notamment à travers des solutions déployées dans des data centers à grande échelle à l’international.

Notre différenciation tient à notre capacité à traiter le data center comme un système global, depuis l’alimentation électrique jusqu’au pilotage digital des performances. Cette approche s’appuie notamment sur des architectures comme EcoStruxure, qui permettent d’optimiser en continu des indicateurs clés comme le PUE, la disponibilité des infrastructures ou encore les coûts d’exploitation, avec un suivi en temps réel.

Dans des environnements comparables au Maroc, ces approches ont permis d’améliorer significativement l’efficacité énergétique des installations tout en renforçant leur résilience.

- Les datacenters sont souvent critiqués pour leur consommation d’eau. Un data center peut consommer autant d'eau qu'une petite ville. Au Maroc, pays structurellement sous stress hydrique, comment réduire cette empreinte ?

- La question de l’empreinte hydrique est aujourd’hui structurante dans la conception des data centers. Elle se traite d’abord au niveau du design, en privilégiant des architectures qui réduisent le besoin en refroidissement intensif, notamment via l’optimisation des flux d’air, le confinement des allées ou encore l’élévation des températures de fonctionnement lorsque cela est possible.

En parallèle, des technologies comme le free cooling ou les systèmes fermés permettent de limiter fortement le recours à l’eau, tout en maintenant des niveaux de performance élevés. Schneider Electric propose aussi des solutions Motivair, des systèmes de refroidissement liquide conçus pour les data centers. L’enjeu est aussi d’intégrer ces choix dès la conception, plutôt que de les corriger a posteriori.

Concrètement, ces approches permettent de réduire significativement la dépendance à l’eau, tout en améliorant l’efficacité énergétique globale et la stabilité des infrastructures, ce qui est essentiel pour des infrastructures critiques qui ne tolèrent aucune rupture de service.

Avec le cool-to-chip, Schneider Electric fait entrer le refroidissement des datacenters dans une nouvelle ère. La chaleur est retirée à la source, au niveau de la puce, afin de maximiser l’efficacité et de favoriser des infrastructures plus sobres en eau. Grâce à des solutions avancées de distribution et de rejet thermique, y compris des configurations indépendantes de l’eau de refroidissement du bâtiment, cette approche ouvre la voie à des datacenters plus résilients.

- Les solutions dont vous parlez pour les datacenters ont-elles déjà été déployées dans des environnements comparables au Maroc (climat chaud, contraintes hydriques, coûts énergétiques) ?

- Oui, Schneider Electric déploie déjà ses solutions dans des environnements comparables, notamment au Moyen-Orient et dans plusieurs pays africains, où les contraintes de chaleur, d’accès à l’eau et de coût énergétique sont similaires.

Ces contextes nous ont amenés à adapter très concrètement nos approches, par exemple en dimensionnant les infrastructures pour fonctionner à des températures plus élevées, en limitant le recours à l’eau dans les systèmes de refroidissement, ou encore en optimisant la consommation énergétique dès la phase de conception.

Cette expérience opérationnelle est clé, car elle nous permet d’aborder le marché marocain non pas avec des modèles théoriques, mais avec des solutions déjà éprouvées dans des conditions réelles, et directement transposables à des environnements exigeants.

L’une de nos réalisations les plus importantes en Afrique du Nord sur le volet datacenter est située dans la région de Benguerir. Elle illustre parfaitement notre maîtrise d’environnements divers à l’échelle de la zone MENA.

- Ces technologies pour les datacenters et l’efficacité énergétique sont-elles adaptées aux spécificités marocaines ou reposent-elles encore majoritairement sur des modèles développés ailleurs ?

- Nos solutions s’appuient sur des technologies développées à l’échelle globale, mais elles ne sont jamais déployées de manière standardisée.

Au Maroc, cela implique un travail d’adaptation très concret, notamment sur le dimensionnement des infrastructures, la gestion des pics de consommation, ou encore l’optimisation des systèmes en fonction des conditions climatiques locales et du coût de l’énergie.

L’enjeu est de concevoir des architectures réellement alignées avec les usages et les contraintes du terrain, afin de garantir à la fois performance, efficacité énergétique et maîtrise des coûts sur le long terme.

Nous sommes témoins d’une transformation de la demande en datacenters au Maroc, passant de l’hébergement classique et du cloud vers des modèles hybrides intégrant des AI factories. Cette industrialisation des centres de données trouve un écho direct dans nos solutions, jusqu’à la modélisation via des digital twins.

- Les engagements ESG font partie du discours obligé des grands groupes industriels. Quels chiffres précis, au Maroc, permettent de vérifier que la réalité est à la hauteur des promesses ?

- Au-delà des engagements ESG, nous mesurons l’impact de nos projets au Maroc à travers des indicateurs directement liés à la performance réelle des infrastructures.

Cela inclut notamment des métriques comme l’intensité énergétique, la réduction des émissions de CO₂, mais aussi des indicateurs plus spécifiques aux data centers comme le PUE ou encore le taux de disponibilité des installations critiques.

L’enjeu est d’avoir une lecture fine et continue de ces performances, afin de démontrer des gains concrets, mesurables dans la durée et directement exploitables par les opérateurs

- Peut-on vraiment parler de datacenters “verts” aujourd’hui, ou est-ce encore en grande partie un compromis entre performance et impact environnemental ?

- Aujourd’hui, parler de data centers entièrement “verts” reste une ambition, plus qu’une réalité absolue.

Le secteur est encore dans une logique d’équilibre entre performance, disponibilité et impact environnemental. Cela dit, des progrès très concrets ont été réalisés, notamment en matière d’efficacité énergétique, d’intégration des énergies renouvelables et de réduction de l’empreinte hydrique.

Plutôt que d’opposer performance et durabilité, la dynamique actuelle consiste à les aligner progressivement, grâce à l’innovation et à des approches de plus en plus intégrées.

Cette question est au cœur du modèle d’utilisation de l’IA et, par conséquent, des datacenters. Il existe une forte ambition autour de l’intégration des énergies renouvelables dans le mix énergétique nécessaire à leur fonctionnement. Nous observons notamment au Maroc des projets structurés autour des énergies renouvelables, marquant un véritable tournant pour concilier efficacité énergétique, durabilité et performance.

14 avril 2026

15:08 Cybersécurité au Maroc : “La brique cyber est devenue un prérequis implicite dans toutes les discussions IT” (Youssef Agoumi)

Youssef Agoumi, Managing Partner de Formind Africa & Middle-East, était l'invité du "12/13" spécial Gitex de Médias24, en direct de Marrakech. Dans un entretien, il dresse un état des lieux de la menace cyber au Maroc, de la résilience des organisations et du déficit de talents. Tout en pointant des signaux encourageants.

Le Maroc n'est pas épargné par les cyberattaques. Youssef Agoumi l'affirme d'emblée : "Dans le monde du cyberespace, aucun pays n'est en reste". Mais ce qui distingue le Royaume, c'est l'intensification récente de l'exposition. "Depuis quelques années, peut-être deux ou trois ans, le Maroc est de plus en plus présent sur la scène internationale, que ce soit d'un point de vue géopolitique ou économique. On a une très forte vague d'industrialisation, énormément de projets dans l'aéronautique, l'automobile, les travaux publics. Tout ça amène beaucoup d'investissements depuis l'étranger".

Les motivations des groupes malveillants ? Deux axes principaux : idéologique et lucratif. "Les succès marocains peuvent attirer certaines convoitises étrangères. Le contexte géopolitique mondial également ; on a des guerres en ce moment sur certaines régions de la planète, ce qui accélère le développement de nouvelles menaces". Auxquels s'ajoutent la digitalisation accélérée et la visibilité croissante du Maroc à travers les grands événements qu'il accueille – sportifs, économiques, climatiques. "Tous ces arguments mis bout à bout font que le niveau de la menace cyber augmente".

Résilience : trois catégories d'entreprises

Face à l'attaque, la vraie question est celle de la capacité à réagir. Youssef Agoumi identifie trois profils d'organisations au Maroc.

"On a des entreprises qui ne sont pas du tout résilientes et qui, malheureusement, seraient à la merci d'une cyberattaque. On a des entreprises qui visent cette résilience, font pas mal de choses pour l'atteindre et sont conscientes du sujet. Et puis, on a des entreprises qui sont résilientes à l'instant t, mais qui ne sont pas à l'abri d'une nouvelle technique d'attaque qu'elles n'auraient pas prévue".

La résilience, rappelle-t-il, repose sur une logique séquentielle : identifier ce qu'on possède, évaluer les risques associés, protéger, détecter, puis réagir. Or, "les entreprises mettent encore beaucoup d'énergie sur leur protection et un peu moins sur la réaction". Et les tests sont décisifs. "Si je sauvegarde mes données et que je ne teste pas la restauration de mes données, même si je ne subis aucune attaque, je ne suis pas à l'abri que le jour de l'attaque, ma restauration ne fonctionne pas".

Sur les grandes infrastructures d'importance vitale, le bilan est nuancé. "Le sujet est bien pris en main. On a de bonnes avancées, même si ce n'est pas encore au point, surtout d'un point de vue des tests et de l'entraînement des équipes. On n'a pas encore atteint le niveau de maturité de certains pays européens".

De la DSI au conseil d'administration : un sujet devenu stratégique

La cybersécurité n'est plus seulement une affaire de techniciens. "Le technique, c'est juste un outil qui va nous permettre d'alimenter la stratégie qu'on aura mise en place", insiste Agoumi. Les entreprises les plus avancées ont sorti la fonction sécurité de la Direction des systèmes d'information pour la rattacher soit à la Direction des risques, soit directement à la Direction générale.

L'événement déclencheur ? Les cyberattaques contre la CNSS, il y a un peu plus d'un an. "Ce qu'on a constaté, c'est qu'on a assisté à un niveau stratégique encore supérieur dans le pilotage de la cybersécurité. On était au niveau des comités de direction. Aujourd'hui, les actionnaires des grands groupes ont contacté les membres des comités de direction pour leur dire : la cybersécurité, je sais que vous adressez le sujet, mais il faut que ça devienne top priorité. On a vu ce que ça faisait sur le marché".

Cette dynamique s'inscrit par ailleurs dans la Stratégie nationale de cybersécurité 2030, pilotée par la Défense nationale, articulée autour de quatre leviers : la gouvernance de la sécurité au niveau de l'État marocain et l'arsenal législatif et juridique associé ; la protection du cyberespace marocain ; la formation des talents et la sensibilisation de la population aux enjeux de la cybersécurité ; et, enfin, la coopération internationale et régionale.

Le défi des talents : un marché en retard sur les besoins

Le déficit de compétences est réel. "Le marché n'était pas prêt. Il y a un décalage entre le monde académique et le monde professionnel, et le temps que l'académique se prépare aux besoins du professionnel, on a un laps de temps. Or, le besoin arrive beaucoup plus vite que la présence des talents".

Mais un signal positif se dessine : le retour de la diaspora. "Lors de nos entretiens de recrutement, on a énormément de Marocains de la diaspora qui disent tous la même chose : 'On voit que le Maroc bouge très vite et on n'a pas envie de laisser passer le train'". Chez Formind, sur les dix derniers recrutements, "il doit y avoir 70% de Marocains de la diaspora."

Présent au salon, Youssef Agoumi constate une évolution de fond dans les conversations professionnelles. "On n'a plus d'efforts à faire pour parler de cybersécurité et expliquer à quel point c'est important. C'est-à-dire que c'est accepté : la cybersécurité, c'est mandatoire. Que ce soit des sujets cloud, IA, hébergement ou infrastructure... quel que soit le sujet IT, la brique cybersécurité est devenue un prérequis essentiel, primordial et implicite dans les discussions".

14 avril 2026

12:22 IA et relation client au Maroc : 87% des consommateurs déjà exposés, la confiance reste fragile

Concentrix, en partenariat avec Ipsos, dévoile les résultats du premier Observatoire de l’expérience client à l’ère de l’intelligence artificielle au Maroc. Une étude inédite analysant les attentes des utilisateurs et les stratégies des entreprises face à la transformation de l’expérience client par l’IA.

Menée auprès de 400 consommateurs marocains et de 150 entreprises, l'étude met en lumière une réalité saisissante : l'intelligence artificielle est déjà omniprésente dans le paysage de l’expérience client, mais la confiance reste fragile et conditionnelle.

Une adoption généralisée… mais une confiance encore fragile

L'étude révèle que l'adoption de l'IA dans l'expérience client est déjà bien avancée au Maroc :

  • 87 % des Marocains ont déjà été exposés à au moins une solution d'IA ou d'automatisation
  • Pourtant, moins d'un Marocain sur deux déclare se sentir à l'aise avec ces technologies
  • Seulement 14 % affirment faire entièrement confiance à l'IA pour gérer leur expérience client

Cette ambivalence reflète une transformation encore en cours : les consommateurs reconnaissent l'efficacité de l'IA, mais restent attachés à l'intervention humaine dans les situations complexes.

L'émergence d'un nouveau modèle : l'expérience client hybride

L'étude met en évidence un tournant majeur : les Marocains ne rejettent pas l'IA, mais définissent clairement les contextes où elle est pertinente. Trois profils d'usage distincts se dégagent :

  • L'IA privilégiée pour les demandes simples (suivi, information, FAQ)
  • Le modèle hybride pour les demandes de complexité intermédiaire
  • L'humain indispensable pour les situations sensibles ou à fort enjeu

Cette segmentation annonce l'essor d'un nouveau standard d'expérience client hybride, alliant efficacité technologique et intelligence humaine.

Ce qu'attendent les Marocains : sécurité, rapidité… et une touche humaine

L'étude révèle également une hiérarchie claire des attentes :

  • La sécurité des données personnelles
  • La rapidité de traitement
  • L'accès facile à un conseiller humain
  • La confidentialité des échanges
  • La clarté des réponses

Ces résultats confirment que la confiance demeure le socle de l'adoption de l'IA dans la relation client.

Du côté des entreprises : une transformation engagée, mais encore progressive

Parmi les entreprises marocaines :

  • 96 % utilisent déjà l'IA ou l'automatisation dans leur expérience client
  • Mais 53 % limitent encore ces usages aux tâches simples
  • 90 % envisagent d'accélérer l'adoption de l'IA dans les 12 prochains mois

Cette dynamique confirme que l'IA s'impose comme un levier stratégique majeur pour la compétitivité des entreprises marocaines.

Vers une nouvelle ère de l'expérience client augmentée

L'étude identifie une transformation profonde en cours, orientée vers une symbiose entre l'humain et l'intelligence artificielle, où :

  • L'IA automatise les tâches simples
  • L'humain se concentre sur les interactions à haute valeur ajoutée
  • L'expérience client devient plus rapide, plus personnalisée et plus efficace 

À cette occasion, Redouane Mabchour a déclaré : ''Cette étude montre que l'avenir de l'expérience client ne sera ni entièrement humain, ni entièrement automatisé. Il sera hybride, intelligent et centré sur la confiance. L'IA s'impose comme un levier stratégique majeur pour enrichir l'expérience client tout en élevant le rôle de l'humain''. 

Luc Durand a ajouté : ''Les résultats de cet Observatoire révèlent une phase de transition clé au Maroc. Les consommateurs adoptent progressivement l'IA, mais avec des attentes fortes en matière de confiance, de sécurité et d'expérience humaine''.

14 avril 2026

11:19 GITEX Africa 2026 : l’ADD et Concentrix scellent un partenariat stratégique pour accélérer la transformation digitale

L’ADD et Concentrix ont officialisé, à l’occasion du GITEX Africa Morocco 2026, un partenariat structurant destiné à soutenir les ambitions de Digital Maroc 2030, autour de cinq axes majeurs couvrant l’incubation de startups, le développement des compétences, l’e-gov et l’intelligence artificielle.

En marge du GITEX Africa Morocco 2026, l'Agence de développement du digital (ADD) et Concentrix ont officialisé leur partenariat par la signature d'une convention-cadre de coopération stratégique. Cette alliance vise à faire converger les expertises de deux acteurs complémentaires autour d'un objectif partagé : accélérer la transformation digitale de l'écosystème marocain.

Une ambition commune au service de Digital Maroc 2030

Cette convention-cadre traduit la volonté des deux parties de mutualiser leurs atouts respectifs afin de produire un impact concret et durable sur l'économie numérique nationale. Pour Concentrix Maroc, acteur international de l'expérience client et des solutions technologiques innovantes, présent au Maroc depuis plusieurs années, il s'agit de franchir une nouvelle étape dans son engagement en faveur de l'écosystème numérique local.

''Notre présence à GITEX Africa Morocco reflète un engagement stratégique de long terme envers le Maroc. Ce partenariat avec l'ADD nous permet de conjuguer notre expertise en transformation digitale et en expérience client avec les ambitions nationales portées par Digital Maroc 2030. Ensemble, nous créons les conditions d'une digitalisation plus inclusive, plus innovante et résolument tournée vers l'avenir'', a déclaré Redouane Mabchour, directeur général de Concentrix Maroc.

Cinq axes pour une transformation systémique

La convention s'articule autour de cinq axes stratégiques complémentaires. Sur le volet de l'entrepreneuriat et de l'innovation, Concentrix mobilise son infrastructure TEKLAB, son espace dédié à l'expérimentation technologique, pour l'incubation et l'accélération des startups accompagnées par l'ADD, avec un accès facilité à l'écosystème de clients et d'investisseurs de Concentrix.

Sur le plan du développement des compétences, Concentrix apportera son expertise métier aux plateformes nationales de formation digitale, notamment sur des thématiques à forte valeur ajoutée comme l'expérience client, la conduite du changement et les technologies émergentes.

Les deux parties coorganiseront par ailleurs des événements techniques, webinaires, workshops et hackathons afin de dynamiser l'écosystème digital.

L'inclusion numérique constitue un troisième pilier fondamental, avec des programmes de mécénat de compétences ciblant les populations prioritaires des deux organisations.

Enfin, dans le domaine de la digitalisation des services publics (e-gov), Concentrix s'engage à contribuer à l'amélioration de l'expérience usager (Citizen Experience), à l'optimisation des centres de contact publics et au déploiement de solutions pilotes intégrant l'intelligence artificielle dans la gestion des requêtes administratives.

''Ce partenariat illustre notre engagement à renforcer les synergies entre acteurs publics et privés pour stimuler l’innovation digitale au Maroc. En mobilisant des dispositifs comme l’incubation, la formation et l’expérimentation technologique, nous contribuons à faire émerger un écosystème numérique plus dynamique et compétitif'', a déclaré Amine El Mezouaghi, directeur général de l'Agence de développement du digital.

Un cadre de gouvernance structuré pour un impact mesurable

La mise en œuvre de la convention sera pilotée par un comité de suivi et de coordination, dont les membres seront désignés dans le mois suivant la signature. Ce comité se réunira semestriellement afin d'évaluer l'avancement des actions, de valider le plan d'action annuel et de proposer de nouvelles initiatives.

14 avril 2026

10:50 Financement des startups : “Le gap au Maroc, ce n'est pas le manque d'argent, c'est le premier ticket” (A. Djamai)

Présent à Marrakech pour la quatrième édition du Gitex Africa Morocco, Ahmed Djamai, Programme Director chez Flat6Labs, était l'invité du 12/13 de Médias24. Financement early stage, marchés publics inadaptés, culture entrepreneuriale à construire : il dresse un diagnostic précis des freins et des leviers de l'écosystème startup marocain, à l'aune de l'échéance 2030.

Ahmed Djamai l'admet sans détour : la route est challengeante. "Le Maroc est en train de se donner les moyens", dit-il, mais la date de 2030 n'est pas anodine.

"Ce n'est pas une petite date, ce n'est pas une date butoir. C'est une date où on est amené à vérifier jusqu'à quel point les stratégies étaient mises en exécution, jusqu'à quel point elles ont porté leurs fruits et jusqu'à quel point le citoyen, quelles que soient ses attentes, se rend d'une manière ou d'une autre satisfait."

La recette, selon lui, reste "la question de l'intelligence collective" : "Entre secteurs publics, privés, citoyens et acteurs internationaux, on est tous amenés à faire davantage de l'action écosystémique et partenariale pour faire avancer les choses."

Le vrai problème n'est pas le manque de capital

Fort de 15 ans d'existence, d'une présence dans 18 pays, et d'un portefeuille de plus de 500 startups accompagnées pour une création de 85 000 emplois, Flat6Labs s'est spécialisé sur le segment le plus risqué : le early stage. Et c'est précisément là, selon Djamai, que se situe le vrai goulot d'étranglement. "Le gap, ce n'était pas le manque d'argent au Maroc. C'est le early stage, c'est le premier ticket, c'est ce petit montant d'amorçage qui permet à la startup de développer son MVP et d'accéder à un marché."

Au-delà du financement, il identifie deux autres facteurs déterminants. La régulation des marchés d'abord : "Une startup, c'est un besoin en financement. Le financement, c'est un accès à un marché. Et l'accès à un marché doit être régulé." L'accompagnement ensuite : "Un startuppeur, quand il commence son expérience, a besoin de synchroniser son mindset. Une startup dont les horizons sont déjà limités à un marché national ne peut pas partir loin." C'est sur cette question de scalabilité que Flat6Labs dit construire son cœur de métier.

Sur la qualité des projets financés, Djamai ne tourne pas autour du pot. "Malheureusement, le hic était qu'on finançait auparavant beaucoup plus le pitch que la traction — la preuve que le produit ou le service arrive à faire ses preuves au niveau du marché." Mais le curseur évolue : "Les investisseurs sont davantage plus exigeants, davantage plus regardants." Il note par ailleurs une maturité croissante des startups marocaines, certaines parvenant désormais à décrocher des tickets de Série A auprès d'investisseurs internationaux.

L'État : facilitateur, investisseur et client

Interrogé sur le rôle précis que devrait jouer l'État, Ahmed Djamai refuse de choisir entre les trois. Il constate d'abord ce qui existe : le Fonds Mohammed VI, lancé avec Tamwilcom et le ministère, avec des mécanismes qu'il qualifie de "formidables", et des programmes comme "l'offre Startup VB". Mais deux chantiers restent prioritaires.

Le premier concerne les marchés publics. "Il est limitant de dire qu'une startup qui a à peine six mois d'expérience, quand elle postule à un marché public, doit ramener des preuves d'existence de trois ans. Au bout de trois ans, la startup est déjà passée à autre chose." Il plaide pour que les marchés publics soient "adaptés à cette question, avec une quote-part de 10 à 20 % des marchés imposée" en faveur des startups.

Le second levier est celui du corporate venturing. "Certains groupes, champions nationaux, ont imposé à leurs directions achats des ratios de contractualisation avec les startups. La corporate développe des mécanismes d'idéation, d'accélération, d'innovation en construction avec les startups. Et in fine, qu'est-ce qu'elle reçoit ? C'est le bon de commande. Qu'est-ce qui fait la différence pour une startup ? C'est le bon de commande."

Le passage à l'échelle : une question de culture avant tout

Pourquoi le Maroc compte-t-il encore si peu de scale-ups ? Pour Djamai, la réponse commence par la culture. "On ne doit pas programmer nos jeunes, nos enfants à être des salariés. On doit programmer nos jeunes à avoir l'esprit entrepreneurial avant d'entreprendre." Cette acculturation doit passer, selon lui, par les écoles, les universités et les centres de formation professionnelle.

Sur le financement, il se veut rassurant : "Je le dis et je pèse mes mots : il y a maintenant des mécanismes qui permettent d'accélérer le financement." Reste la question du marché, qu'il résume d'une formule : "Il doit inciter beaucoup plus que fermer ses frontières."

13 avril 2026

16:34 Salma Kabbaj : “La grande entreprise marocaine n'a pas l'habitude de collaborer avec la startup”

Cofondatrice d'Impact Lab, structure d'accompagnement opérationnel des startups, Salma Kabbaj était l'invitée du "12/13" de Médias24 en direct depuis Marrakech, lors de la 4e édition du Gitex Africa Morocco. Elle y a livré son regard sur l'état de l'écosystème startup marocain et africain, le défi de l'accès au marché et le bilan de l'édition.

Présente sur le terrain depuis plus d'une décennie, Salma Kabbaj situe d'emblée le Maroc dans le paysage continental. "On est encore dans un écosystème qui est en émergence, qui reste en retrait par rapport aux écosystèmes dominants à l'échelle africaine – Nigeria, Kenya, Afrique du Sud et Égypte. Mais on a une dynamique qui est extrêmement positive".

Elle souligne une transformation profonde depuis les débuts d'Impact Lab. "Entre l'écosystème de 2015-2016, où il n'y avait aucun outil de financement à disposition des startups, et aujourd'hui, on n'a plus du tout les mêmes typologies d'entrepreneurs. Aujourd'hui, on arrive à avoir des entrepreneurs matures avec de l'expérience, qui ont identifié de vrais besoins marché pour lesquels ils peuvent apporter une solution pertinente. Avant, on était beaucoup sur des gens qui choisissaient l'entrepreneuriat comme un plan B parce qu'ils n'avaient pas d'autres options".

Le défi de l'accès au marché

Sur le continent africain, Salma Kabbaj identifie un obstacle central. "Pour moi, le défi principal, c'est le défi de l'accès au marché. Dans des écosystèmes plus matures comme en Europe ou aux États-Unis, une startup peut passer du prototype au lancement sur le marché en quelques mois. Sur le continent, c'est une dynamique qui prend plus de temps et qui est difficile".

Elle en explique les raisons : "La startup vient juste de développer son produit, elle ne l'a pas encore vendu, donc elle n'a pas encore démontré sa crédibilité sur le marché". Par ailleurs, "l'écosystème startup marocain est dominé par des startups B2B qui vendent leurs solutions à de grandes entreprises. La réalité de la grande entreprise marocaine, c'est qu'elle n'a pas l'habitude de collaborer avec la startup encore. Les appels d'offres, les demandes d'expérience préalables, tous les dossiers juridiques à déposer, le temps de décision… tout ça est très long, ce qui fait que la conversion prend beaucoup de temps et que la startup n'a pas forcément les moyens de tenir le coup".

L'agritech, un secteur en phase d'exécution

Sur le secteur agricole, elle observe une ouverture nouvelle. "Les entreprises dans le secteur agricole ont senti dans leurs opérations, notamment en raison de la sécheresse, que la technologie n'était plus une option nice to have, mais qu'elle était essentielle à la survie même de l'activité. Dans cette urgence-là, les entreprises sont beaucoup plus ouvertes à tester et co-créer avec des startups pour arriver à des solutions pertinentes".

Elle cite plusieurs startups marocaines aujourd'hui en phase de croissance et présentes à l'international : PCS Agri, qui propose des solutions d'intelligence artificielle pour le suivi des pousses en pépinières et exporte ses solutions sur les marchés européens ; Jodor, spécialisée dans l'hydroponie, qui exporte également ses productions en Europe ; et Deep Leaf, qui permet l'identification des maladies des plantes afin d'améliorer les rendements et de réduire l'impact négatif des traitements sur les sols.

Sur la question de l'adoption de l'innovation par les grandes entreprises, elle précise : "Une grande entreprise, si elle fonctionne bien et qu'elle est dans le confort, a besoin de facteurs qui la poussent à sortir de cette zone de confort. C'est plus facile quand on est contraint, soit par une contrainte environnementale, soit par une contrainte réglementaire".

Le Gitex Africa : un bilan nuancé

Sur cette 4e édition, Salma Kabbaj distingue ce qui fonctionne de ce qui reste limité. "Les startups qui ont des objectifs spécifiques arrivent à répondre à ces objectifs. Sur les connexions avec les investisseurs, c'est quelque chose qui fonctionne très bien. Le Gitex a une démarche vraiment bien structurée pour connecter les startups avec des investisseurs potentiels qui sont intéressés par certains secteurs".

Elle note cependant une limite sur le volet commercial. "Sur le réseautage pour les contrats, ça reste focalisé sur les entreprises marocaines. On n'a pas d'entreprises africaines qui viennent dans cette dynamique de recherche de solutions. Par contre, sur la recherche de financement, il y a vraiment une dynamique continentale avec des investisseurs panafricains ou internationaux qui viennent rechercher des startups à la fois marocaines et des startups du continent".

Elle insiste enfin sur l'impact de cet événement pour la démocratisation des sujets liés à l'innovation. "Quand on a démarré en 2014-2015 à Impact Lab, personne ne parlait d'innovation, personne ne parlait de startup dans les médias, c'était vraiment un monde inconnu. Le fait d'avoir des plateaux consacrés à cet événement a un effet extrêmement important dans l'adoption de l'innovation par le grand public, les institutions étatiques et les grandes entreprises".

13 avril 2026

11:04 GITEX Africa : “Le Maroc est devenu un exemple de réussite technologique”, affirme le ministre congolais de la Recherche scientifique

Présent pour la deuxième année consécutive à Marrakech, Rigobert Maboundu, ministre de la Recherche scientifique et de l'innovation technologique de la République du Congo, est venu au Gitex Africa Morocco avec des objectifs ancrés dans les priorités du plan national de développement de son pays. Dans le studio du 12/13 de Médias24, il détaille les domaines qui ont retenu son attention, les projets de coopération en cours avec le Maroc et les chantiers de la souveraineté numérique congolaise.

Le ministre explique d'emblée ce qui motive sa présence. "Le Gitex Africa Morocco est le plus grand salon de la technologie et des start-up en Afrique. Quand on est ministre de la Recherche scientifique et de l'innovation technologique, il est tout à fait normal d'être présent à un tel salon, parce qu'il symbolise les grands moteurs du développement africain, mais surtout de la croissance économique dans nos pays qui sont à la recherche de la diversification de l'économie."

Des stands ciblés sur les priorités nationales

La visite s'est organisée autour du plan national de développement 2022-2026 et de son successeur, déjà lancé sous le label Accélérons la marche vers le développement. "Chez nous, les priorités, c'est d'abord le développement agricole au sens large, le développement durable, l'industrie, l'économie numérique et tout ce qui concerne la transition énergétique", détaille Rigobert Maboundu.

Trois domaines ont particulièrement retenu son attention lors des visites de stands : les drones — "qui peuvent faire des applications dans le domaine de l'exploitation agricole, de l'exploitation minière et même de la télémédecine" —, les solutions liées au développement durable et à la gestion du climat, et la transition énergétique. "Notre pays produit du pétrole, c'est bien, mais nous savons très bien qu'il arrivera un moment où ce pétrole ne sortira plus des sols, parce que ce n'est pas une ressource renouvelable. Donc nous orientons nos recherches vers la transition énergétique afin d'identifier de nouvelles sources d'énergie qui permettront de prendre le relais demain."

Un projet d'accord avec le Maroc en cours

Sur le volet de la coopération bilatérale, le ministre annonce un projet en cours. "Nous travaillons sur un projet d'accord avec le ministère marocain de l'Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique et de l'Innovation. Nous avons besoin de produire des connaissances fondamentales, mais aussi de faire une coopération dans le cadre du développement technologique, afin de nous inspirer mutuellement des expériences qui ont marché."

Parmi les projets congolais susceptibles d'entrer dans ce cadre, il cite notamment le projet Unipod. "Il permet de travailler de commun accord avec tous les créateurs qui appartiennent au monde universitaire africain, y compris l'artisanat, et apporte à l'économie nationale des solutions parfois adaptées qui relèvent un peu de la culture africaine."

Interrogé sur le positionnement du Royaume comme hub technologique continental, Rigobert Maboundu répond sans ambages. "Le Maroc est devenu un exemple de réussite dans le domaine de la technologie. J'étais ici l'année passée, on parlait de 1.500 exposants. Je reviens en 2026, on parle de 1 800 exposants. Ça montre que le Maroc n'est pas simplement capable d'organiser un tel événement — qui au plan logistique est extrêmement lourd —, mais qu'en même temps, il en tire avantage. Il faut être reconnaissant au Maroc pour ce que font ses technologues, ses chercheurs, ses innovateurs, et ne pas se gêner de s'en rapprocher pour s'inspirer de ce qui a déjà réussi."

Un écosystème en construction, une jeunesse créative

Le ministre est direct sur le positionnement de son pays. "Modestement, on n'est pas un leader dans ces domaines. Mais nous avons une jeunesse très créative, qui pose des jalons importants dans le numérique, la fabrication de drones, les solutions appliquées à l'agriculture, notamment l'irrigation hydro-agricole, et la création de start-up."

Côté infrastructures, il cite plusieurs acquis : une dorsale nationale de fibre optique de plus de 900 kilomètres, des connexions établies avec le Cameroun, le Gabon et la Centrafrique, le passage à la 5G, et la création par textes légaux d'un centre de recherche en intelligence artificielle. Un projet d'accélération de la transformation numérique est également en cours, permettant de connecter "environ 186 villages" et de former "environ 1.200 jeunes à ces métiers".

Sur la souveraineté numérique, le ministre ne hiérarchise pas entre infrastructures, données et compétences : "Les trois à la fois." Un data center est en cours de construction. La formation d'experts est inscrite dans les priorités. Mais il pointe un obstacle majeur : "C'est la question énergétique. C'est bien d'avoir la fibre optique, mais il faut avoir de l'énergie en bonne qualité, ce qui n'est pas encore le cas dans le pays. C'est sur ça que nous travaillons, pour avoir l'énergie en quantité et en qualité."

Trois enseignements de cette édition

En clôture de cette quatrième édition, le ministre retient trois leçons. D'abord, "l'intérêt de plus en plus croissant du monde entier, et surtout de l'Afrique, pour les nouvelles technologies et les start-up". Ensuite, des avancées qu'il qualifie de "fulgurantes" dans les domaines des drones, du développement durable et du numérique, observées en l'espace d'une seule année. Et enfin, un constat qu'il juge porteur d'espoir : "Pour la plupart, ce sont des jeunes. L'Afrique est un continent habité, pour l'essentiel, par des jeunes. Si cette jeunesse investit les piliers de l'économie de demain — la technologie et les start-up —, c'est la garantie que nous allons faire de grands pas dans le développement."

 

12 avril 2026

12:46 Mustapha Lahlali : “La fintech marocaine avance, mais doit encore changer d’échelle”

Un an après sa création, le Morocco Fintech Center dresse un premier bilan et dévoile sa feuille de route. Son directeur général, Mustapha Lahlali, était l'invité du 12/13 de Médias24, en marge du Gitex Africa-Morocco à Marrakech.

Le Morocco Fintech Center (MFC) a soufflé sa première bougie. Créée le 15 janvier 2025 par quinze membres fondateurs – régulateurs, ministères, banques et institutions publiques et privées –, la structure affiche une ambition clairement assumée : positionner le Maroc parmi les leaders africains de la fintech. "L’année 2025, nous l’avons consacrée à l’élaboration de notre stratégie et de notre feuille de route pour les deux à trois prochaines années. Et nous ne nous sommes pas contentés de définir cette stratégie, nous sommes passés à des réalisations concrètes", a déclaré Mustapha Lahlali.

Une offre structurée autour de trois programmes

L'architecture d'offre du MFC repose sur quatre piliers : un guichet commun d'accueil des porteurs de projets, et trois programmes baptisés "les trois B" : Boost, Bridge et Build.

Sur le volet Boost, le MFC a lancé en 2025 le Morocco Fintech Accelerator, en partenariat avec l'UM6P. "On a accompagné 19 fintechs dans la phase d'accélération, sur plusieurs volets : entrepreneurial, réglementaire, accès au financement et business model", a précisé Lahlali. Et l'accompagnement ne s'arrête pas au Demo Day : "Notre objectif, ce n'est pas de réaliser un programme pour le réaliser, mais d'accompagner dans la durée nos fintechs".

Quelques jours avant le GITEX, le MFC a également lancé un programme dédié cette fois aux startups en phase d'idéation, les "jeunes pousses" en early stage.

Parmi les temps forts de l’événement figure la signature d’un accord avec Bank of Africa. Un partenariat qui vise à donner aux fintechs accès à des cas d’usage, à des experts métiers, à des environnements d’expérimentation et à de la data. "Il y a d’autres conventions en cours de préparation. Nous ferons les annonces en temps opportun", a indiqué le directeur général, précisant être sollicité par plusieurs institutions, notamment des banques.

Le plaidoyer réglementaire, deuxième chantier prioritaire

Sur la question de l'opposition supposée entre banques traditionnelles et fintechs, Lahlali est catégorique : "S'ils n'avaient pas cet objectif, on n'aurait pas déjà trois grandes banques dans le tour de table du Morocco Fintech Center". Attijariwafa Bank, Bank of Africa et la Banque Centrale Populaire figurent parmi les quinze membres fondateurs, et d'autres établissements auraient déjà manifesté leur intérêt pour rejoindre la structure.

Le programme Bridge incarne le rôle de plaidoyer réglementaire que s'est assigné le MFC auprès des trois régulateurs du secteur financier : Bank Al-Maghrib pour le bancaire, l'AMMC pour le marché des capitaux, et l'ACAPS pour les assurances. "Le Morocco Fintech Center joue le rôle de plaidoyer réglementaire pour être une force de proposition", a souligné Lahlali.

Il cite en exemple le programme "Émergence" de l’ACAPS, dont le président a conclu les travaux en identifiant des cas d’usage ne nécessitant "zéro réajustement réglementaire", une illustration concrète du fait que la contrainte réglementaire n’est pas systématique.

L'accès au financement et les talents, autres défis

Au-delà du réglementaire, Lahlali identifie deux autres freins majeurs : l'accès au financement et le développement des compétences. Le MFC a signé en marge du GITEX un mémorandum d'entente avec Tamwilcom et est en discussion avec plusieurs institutions de formation pour la mise en place de programmes dans le développement des compétences. "Il n'y a pas de fintech sans talents qualifiés", insiste-t-il, évoquant des négociations pour concevoir des programmes adaptés.

Pour conclure, Lahlali a rappelé le poids du secteur à l'échelle continentale : sur les neuf licornes africaines – ces startups valorisées à plus d'un milliard de dollars –, huit sont des fintechs. "L'ambition est là. La volonté de toutes les parties prenantes est là. Il faudrait que tous les acteurs de l'écosystème puissent mettre la main dans la main pour que le Maroc se positionne là où il doit l'être".

12 avril 2026

12:00 Pour Rachid Ressani, le Maroc est désormais un “référent” africain de la tech, porté par une dynamique “soutenue et stable”

Au Gitex Africa à Marrakech, Rachid Ressani, administrateur et trésorier de l’APEBI et CEO de IT Road Group, a dressé un bilan stratégique de l'écosystème numérique national sur le plateau du 12/13. Pour lui, le Royaume a dépassé le stade de bâtisseur pour devenir un référent mondial.

À l’occasion du GITEX Africa Morocco, Rachid Ressani, administrateur et trésorier de l’APEBI, a défendu l’idée d’un écosystème technologique marocain entré dans une phase de maturité. Selon lui, le Royaume n’est plus dans une logique de construction, mais s’impose désormais comme un acteur de référence à l’échelle continentale.

“Le Maroc n’est plus considéré comme un acteur qui est en cours de construction, mais il est considéré comme un référent sur le plan technologique africain”, affirme-t-il avant d'ajouter : “lorsqu’on compare les écosystèmes africains, le landscape aujourd’hui le plus mature (...) reste le Maroc”.

Pour étayer cette lecture, Rachid Ressani s’appuie sur sa propre expérience d’entrepreneur présent sur plusieurs marchés. Il explique faire “de manière naturelle cette comparaison entre la dynamique aujourd’hui marocaine, et la dynamique des autres écosystèmes où le groupe est installé”, en relevant notamment “une certaine cadence soutenue” et “une dimension de stabilité en matière de vision” comme “en matière d’exécution”. Il va plus loin en estimant que le Maroc figure parmi les pays les plus avancés sur certains segments liés à l’intelligence artificielle.

Le chantier de la “PME Tech” pour faire émerger des champions marocains

Interrogé sur le concept de “PME Tech”, promu par l’APEBI, Rachid Ressani indique qu’un projet de structuration est en cours avec les autorités de tutelle et les institutions concernées. L’objectif, explique-t-il, est de concevoir “un label PME Tech marocain”.

Dans son esprit, ce statut doit permettre d’accompagner la trajectoire d’entreprises technologiques marocaines, depuis la phase de start-up jusqu’à des stades beaucoup plus avancés. “L’objectif de ce statut PME Tech, c’est qu’on puisse créer à partir d’une PME marocaine ou d’une start-up marocaine en début de vie, au bout d’un certain nombre d’années, un champion national qui a une offre mature, en parfaite capacité de s’ouvrir vers le monde de l’export et de l’international”, précise-t-il.

Il insiste également sur l’accélération rendue possible, selon lui, par l’ouverture technologique de ces dernières années. "La technologie est ouverte, les innovations sont ouvertes", souligne-t-il, estimant qu’aujourd’hui "le cycle de croissance et de montée en puissance d’une entreprise marocaine (…) est beaucoup plus rapide qu’il ne l’était il y a cinq à dix ans".

À ses yeux, cette évolution se traduit déjà au sein de la fédération. Il affirme constater chez les membres, “quelle que soit leur taille, une montée en puissance exponentielle sur le plan technique, sur le plan offre de services, mais aussi sur le volet résultat”. Il ajoute que la “quasi-totalité” des entreprises membres sont désormais “en capacité de monter des offres d’export à l’international”. Le travail en cours vise donc, selon lui, à “formaliser”, “instituer” et “catalyser” cette dynamique à plus grande échelle.

Maroc Digital 2030 : une stratégie jugée pertinente, avec des ajustements plutôt que des “décalages”

Sur la stratégie Maroc Digital 2030, le responsable de l’APEBI se dit clairement satisfait de l’orientation prise. Il considère qu’elle répond “de manière très importante” aux attentes du secteur. Il souligne qu’elle couvre “plusieurs dimensions, plusieurs volets, plusieurs portefeuilles, plusieurs technologies, plusieurs segments”, qu’il qualifie de “quasiment tous vitaux”.

Selon lui, la rapidité de transformation actuelle impose un rythme d’exécution soutenu. Il explique que “le contexte économique et mondial” ne permet pas d’avancer lentement, d’où la mise en place, par le ministère, d’“une stratégie qui permet d’accélérer la mise en place”.

À la question d’éventuels décalages entre les politiques publiques et la réalité du terrain, Rachid Ressani rejette le terme d’"inadéquation". "Ce ne sont pas des décalages", tranche-t-il. "Ce que l’on appelle désormais, c’est du fine tuning", c’est-à-dire des "ajustements" liés aux contraintes, aux événements et aux évolutions en cours.

L’un des enjeux qu’il met en avant est celui de la souveraineté. Dans un contexte qu’il décrit comme “très critique”, il estime qu’“il faut veiller à ce que l’actif informatique marocain soit souverain”. Il reconnaît toutefois que cet objectif est complexe à concrétiser, compte tenu de “l’ouverture des technologies”, de “la diversité des éditeurs” et de “la diversité des players mondiaux”.

Dans l’offshoring, l’IA vue comme un facteur “à double tranchant”

Concernant l’impact de l’intelligence artificielle sur l’offshoring, Rachid Ressani adopte une position nuancée. “L’intégration de l’IA dans le secteur de l’offshoring peut être un facteur à double tranchant. Ça peut être peut-être une menace, mais aussi une opportunité”, explique-t-il.

Il insiste sur la nécessité d’organiser l’adaptation du secteur, en identifiant les opportunités et en accompagnant leur intégration. Il cite notamment le programme Jazari, qui met l’accent sur une “formation IA intensive” et vise à installer un “mindset IA” de manière “transverse” et “générique” dans les écosystèmes professionnels et académiques.

Dans cette perspective, l’enjeu consiste, selon lui, à préserver le capital humain, à accompagner la transformation des métiers et à permettre au secteur de se repositionner sur de nouvelles opportunités. Il estime d’ailleurs que, malgré l’automatisation, la demande mondiale restera très forte : “on manquera toujours de ressources et d’effectifs pour répondre à l’offre mondiale et internationale”, notamment en raison d’exigences croissantes en matière de rapidité d’exécution et de qualification.

Un pays déjà présent, qui veut mieux capter la valeur de ses talents

Interrogé sur la capacité du Maroc à devenir un pays producteur de technologies, Rachid Ressani considère que le pays est déjà “un acteur assez présent dans la place”. Selon lui, les talents marocains contribuent déjà au déploiement de solutions et d’expertises, y compris à l’international.

À la question de la circulation des talents, il adopte une lecture positive. Il rappelle que ces profils ont été “formés au Maroc”, qu’ils ont souvent travaillé dans des entreprises marocaines, puis acquis une expérience à l’étranger. À ses yeux, cette mobilité peut constituer “une richesse”, à condition que le pays puisse ensuite bénéficier de cette expertise.

Il affirme d’ailleurs observer depuis deux ans une dynamique de retour. “L’ensemble des acteurs ou des talents marocains qui sont installés à l’international (...) n’ont qu’une seule envie, c’est de rentrer”, dit-il. Il évoque même “une rentrée massive” et précise recevoir “une dizaine d’appels par mois” pour aider à “faciliter un peu l’intégration, l’onboarding sur l’écosystème marocain”.

Pour lui, cette évolution doit être lue non comme un sujet d’inquiétude, mais comme un levier de création d’opportunités. “On ne doit pas s’inquiéter pour ça. Au contraire, c’est un point de richesse, un point de création d’opportunités”, conclut-il.

11 avril 2026

12:15 Mohamed Saad (AUSIM) : “Une entreprise bien gouvernée ne subit pas le numérique, elle l’organise”

Président de l’AUSIM, Mohamed Saad revient sur la maturité des entreprises marocaines en matière de gouvernance IT, l’évolution du rôle des DSI, la montée du risque cyber, les enjeux de souveraineté numérique et la place des décideurs IT dans l’accompagnement des startups.

En direct de Marrakech, à l’occasion du GITEX Africa, Mohamed Saad, président de l’AUSIM et directeur général adjoint de la Bourse de Casablanca, s'est livré à l'exercice des questions-réponses sur le plateau du 12/13 de Médias24. Gouvernance IT, cybersécurité, risque numérique, souveraineté des infrastructures et soutien aux startups : il livre une lecture à la fois stratégique et opérationnelle de ces enjeux.

Médias24. On parle beaucoup de transformation digitale et d’innovation dans le cadre du GITEX Africa, mais beaucoup moins de gouvernance. Or, c’est un sujet qui vous est cher, notamment la gouvernance IT. Aujourd’hui, les entreprises et organisations marocaines ont-elles atteint, selon vous, une maturité suffisante en matière de gouvernance IT ?

Mohamed Saad : Si on revient sur les vingt ou trente dernières années, les entreprises y ont laissé beaucoup de plumes. Pourquoi ? Parce qu’on a essayé une première fois de s’automatiser, de se digitaliser, de mettre en place ce qu’il faut, puis une deuxième, une troisième fois. Et on a compris que les choses ne viennent pas uniquement de la technique. Ce n’est pas forcément la technique qui peut être défaillante, ni forcément le process, mais plutôt une vision stratégique qui doit être instaurée au plus haut niveau de l’entreprise, de l’organisation ou de l’administration. C’est cela, justement, ce que vous appelez la gouvernance. On l’a compris aujourd’hui, y compris sur des sujets comme la cybersécurité et la gouvernance de la sécurité des systèmes d’information. Les choses qui se passent dans les meilleures conditions viennent de là : de cette vision.

- Dans ce sens, le rôle des DSI au sein des organisations marocaines est-il aujourd’hui suffisamment stratégique, ou reste-t-il encore trop technique et pas assez reconnu à sa juste valeur ?

Les entreprises qui l’ont compris ont mis la fonction SI à sa juste valeur et l’ont intégrée dans l’exécutif de l’entreprise. Dans les années 1980, 1990 et 2000, cette fonction était un peu noyée dans la finance. C’était une fonction support. Mais on a vite compris que les systèmes d’information peuvent être à très forte valeur ajoutée, un levier de développement et de croissance.

Ils doivent donc être écoutés au sein de l’exécutif. C’est pour cela que l'on a élevé cette fonction d’un cran et qu’on l’a mise au même niveau que les autres fonctions commerciales, financières et stratégiques au sein de l’entreprise.

- Parlons d’un autre enjeu central : la cybersécurité. Avec la montée en puissance des cybermenaces, les entreprises marocaines sont-elles aujourd’hui réellement préparées ?

J’ai publié mon livre en 2024, puis je l’ai traduit en anglais en 2025. J’y défends une conviction : il y a deux types d’entreprises, celles qui se sont fait attaquer et qui le savent, et celles qui se sont fait attaquer mais ne le savent pas encore. Ce qu’a vécu le Maroc en 2025 montre que pratiquement toutes les entreprises ont subi des attaques.

Certaines ont été mises à genoux. Les directions et les conseils d’administration l’ont compris, et ils ont élevé ce niveau de risque à un stade très critique. Ce sont désormais des sujets qui commencent à être traités au niveau des conseils d’administration.

Tous les référentiels le disent : l’ISO 27001, le NIST, le cadre européen, DORA. Au Maroc aussi, nous en sommes très conscients. C’est devenu une question véritablement stratégique.

- La cybersécurité est-elle perçue aujourd’hui comme un investissement stratégique au niveau des conseils d’administration, ou encore comme un coût ?

Il est très important de noter qu’aujourd’hui, les actionnaires et les administrateurs ont leur responsabilité. Un administrateur engage sa responsabilité. Si l’entreprise dans laquelle il siège se retrouve attaquée, et que les données de ses clients, de son personnel ou de ses consommateurs se retrouvent sur des réseaux malveillants, il engage sa responsabilité. C’est pour cela que ces projets, ces programmes et ces budgets se discutent à très haut niveau.

Il est aussi extrêmement important de mettre en place un bon outil de gouvernance à travers les comités d’audit et des risques. Ils doivent débattre de ces questions, les suivre, interroger le responsable de la sécurité, le directeur général, le DSI, sur la préparation de l’entreprise, sa maturité, ses contrôles et les mesures mises en place pour éviter ce type de risque. Cela devient une question stratégique et relève de la responsabilité du conseil d’administration.

- Vous avez une double lecture, à la fois IT et financière. Dans une institution comme la Bourse de Casablanca, comment s’articule la gestion du risque numérique ?

Il y a une bonne pratique rappelée dans presque tous les référentiels et frameworks : l’aspect sécurité des systèmes d’information, ou risque des systèmes d’information, ne doit pas faire partie de la direction des systèmes d’information.

On ne peut pas être juge et partie, ni être sous l’autorité du directeur des systèmes d’information, puisque lui est garant de la mise en place de tout ce qui est opérationnel. Il faut donc un contrepoids, chargé d’évaluer ce qui est mis en place.

Le responsable de la sécurité des systèmes d’information est lui-même soumis à l’évaluation des risques globaux. Dans une entreprise réglementée comme la Bourse, comme dans toute autre entreprise, il y a la dimension risk management, qui doit englober le risque lié à la sécurité des systèmes d’information. Et bien évidemment, l’audit vient auditer tout cela.

Vous avez donc trois strates capables d’apporter cette garantie : que ce qu’on gère en matière de systèmes d’information et de data est bien sécurisé, bien contrôlé. Et ensuite, il y a le comité audit et risque, qui doit vérifier et évaluer tout cela, puis reporter au conseil d’administration. Pour moi, une organisation bien faite, bien gouvernée, doit disposer de ces trois niveaux de contrôle, mais aussi d’instances de gouvernance pour vérifier que tout cela est en parfaite harmonie.

- On en revient donc aux enjeux de gouvernance. On parle aussi beaucoup de souveraineté numérique. Or, dans les faits, on constate parfois que les infrastructures et les solutions utilisées par les organisations marocaines sont étrangères. Est-ce bien le cas ? Et cette souveraineté est-elle réellement atteignable pour le Royaume et pour les organisations marocaines ?

Il est important de noter que la loi 05-20 rappelle qu’il existe des infrastructures d’importance vitale. Prochainement, on parlera aussi de secteurs vitaux. On peut prendre la santé, par exemple : les données de santé sont extrêmement importantes, sensibles et critiques, et on ne peut pas les héberger à l’étranger. C’est pour cela que la loi nous dit que nous avons des infrastructures d’importance vitale, telles que les télécoms, les hôpitaux, certaines administrations ou encore le secteur financier.

Ce qui est important, c’est que la maturité du marché marocain fait qu’aujourd’hui nous avons des hébergeurs et des data centers. Nous sommes pratiquement parmi les meilleurs en Afrique en matière d’infrastructures d’hébergement. Mais on voit aussi certains hyperscalers commencer à héberger leurs infrastructures dans ces data centers. On se retrouve donc avec une infrastructure qui nous permet, encore une fois, d’utiliser un cloud souverain et des data centers dans lesquels nous pouvons héberger notre data de manière sécurisée.

- Mais cela reste un enjeu central. Si nous ne disposons pas d’infrastructures localement, on peut difficilement parler d’une souveraineté numérique tangible pour le Maroc.

Tout à fait. C’est le B.A.-BA. C’est la brique essentielle : l’infrastructure, le cloud, les télécoms, les hébergeurs, les data centers. Par la suite, on pourra mettre toutes les briques que l’on veut en matière de data, d’intelligence artificielle, etc.

- Dans un événement comme celui-ci, on parle beaucoup de startups et d’innovation. Mais, dans les faits, ce sont les grandes organisations qui structurent le marché. Dans ce sens, quel rôle doivent jouer, selon vous, les décideurs IT dans cette dynamique en faveur des startups, marocaines ou étrangères ?

Vous avez parfaitement raison. S’il y a un domaine dans lequel on peut dire qu’on peut faire mieux, c’est celui des innovations qui viennent des labs de recherche et de l’université, encore relativement mal connectés à l’écosystème économique. Et donc, charge à nous, utilisateurs.

Je parle de l’AUSIM, par exemple. Ce que nous avons mis en place, c’est un lab de recherche, un club que nous appelons Osmos, à la fois pour AUSIM et dans un esprit de cohésion. Nous allons chercher les startups et leur permettre de pitcher devant des entreprises. Ensuite, il peut y avoir des connexions, des liens entre les startups et les entreprises, avec un premier bon de commande qui permettra à la startup de grandir et de se développer.

Comme vous l’avez très bien dit, c’est un sujet qui mérite réflexion, qui mérite une vraie feuille de route pour que nous puissions avoir plus de startups, plus de fintechs. Sur une centaine, si j’arrive à en avoir une dizaine qui survivent, lèvent des capitaux et scalent à l’échelle régionale, continentale et internationale, on aura gagné le deal.

- Donc, les décideurs IT ont un rôle à jouer dans cette dynamique ?

- Ils sont au cœur de la décision, effectivement.

11 avril 2026

10:47 Rachid Guerraoui : “Le Maroc n’est pas condamné à la vassalité technologique”

Invité du 12/13 spécial Gitex Africa à Marrakech, Rachid Guerraoui, professeur à l’École polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL), livre une lecture pragmatique des effets de l’intelligence artificielle sur l’emploi, la souveraineté numérique et les choix stratégiques du Maroc.

Sur le plateau spécial Gitex du 12/13 en direct de Marrakech, Rachid Guerraoui a évoqué les risques réels liés à l’IA, tout en défendant une ligne claire : investir dans le savoir, miser sur des projets concrets et adapter localement des solutions existantes pour éviter une dépendance technologique subie.

Médias24. Le titre de votre masterclass était volontairement provocateur : “Sommes-nous condamnés au chômage et à la vassalité à l’ère de l’intelligence artificielle ?” L’IA représente-t-elle aujourd’hui un risque réel de dépendance pour un pays comme le Maroc ?

Rachid Guerraoui. Cette masterclass et ce titre ont été choisis conjointement avec l’ambassade de Suisse au Maroc, qui a proposé cet événement. Il y a énormément de liens entre les deux pays du point de vue du savoir. Il y a des accords entre l’École polytechnique fédérale de Lausanne et l’Université Mohammed VI au Maroc. Dans ce cadre-là, se poser cette question orientée vers le savoir avait du sens.

Sommes-nous condamnés au chômage et à la vassalité à l’ère de l’IA ? Il y a un risque. Le risque est majeur. Encore une fois, les avis sont partagés dans ce domaine, mais certains sont très tranchés et alarmants. Ils pourraient laisser penser que des pays, de manière générale, développés, sous-développés ou en cours de développement, sont extrêmement menacés par un chômage drastique.

- Dans le cas du Maroc, quelle est votre lecture ?

- Dans le cas du Maroc, encore une fois, les prédictions en science en général, et dans ce domaine en particulier, sont toujours très compliquées, très hasardeuses.

Clairement, il y a un risque pour certains métiers, mais je reste quand même optimiste parce que nous avons, au Maroc, comme je l’ai dit tout à l’heure, misé sur le savoir. Nous avons de petites têtes brunes très bien formées. Nous avons des ingénieurs, des techniciens. Il va nous falloir surfer sur cette vague-là.

Je reste relativement optimiste en me disant que, certes, certains secteurs vont être touchés, mais que dans l’ensemble, si on arrive à orienter notre savoir vers ce qui pourrait faire de nous une locomotive dans ce domaine, alors peut-être qu’on aura de beaux jours devant nous.

- Est-on encore dans un schéma où certains pays produisent les technologies, donc les outils et les solutions d’IA, tandis que d’autres se contentent uniquement de les consommer ? Où se situe aujourd’hui, objectivement, le Maroc ?

- Clairement, il y a deux pays qui produisent ces technologies : les États-Unis et, depuis quelques années, la Chine. Ce sont les deux pays qui produisent, et le reste du monde consomme. Maintenant, il y a plusieurs manières de consommer.

- Même les Européens consomment ?

- Oui, même les Européens consomment, même s’il y a des tentatives en Europe d’essayer de concurrencer, avec des initiatives françaises, allemandes, etc., ils restent des consommateurs. Maintenant, tout le monde n’est pas condamné à la vassalité.

On peut faire, en particulier au Maroc, on peut surfer sur la vague de manière intelligente. Sans être trop technique, on peut, entre guillemets, télécharger des solutions d’IA open source qui existent, donc qui sont à la disposition de tout le monde, les adapter au contexte local, les déployer sur des machines locales et presque couper Internet, c’est-à-dire assurer une certaine souveraineté.

- Une souverainté relative... 

- Oui. Mais c’est possible. Après, cela veut dire qu’il faut aller dans cette direction-là plutôt que de signer des accords aveugles avec des partenaires américains ou, je n’ai rien contre les États-Unis en particulier, mais avec des partenaires producteurs de ces technologies, sans maîtriser notre partie, qui pourrait être une partie téléchargée, comme je dis, sur Internet, des parties open source. Donc, je pense qu’on n’est pas condamné à la vassalité.

- Revenons à l’emploi et au risque, ou à l’opportunité, que représente l’IA pour les emplois dans un contexte comme celui du Maroc. On entend tout et son contraire sur son impact. Va-t-elle détruire plus d’emplois qu’elle n’en créera ? La question se pose aussi pour des métiers comme ceux liés à l’offshoring. Où se situe la vérité selon vous ? Le curseur est-il davantage du côté du risque ou de l’opportunité ?

- En toute honnêteté, je n’en sais strictement rien. Ce qui me semble être une voie, ou des voies de salut, c’est, d’abord, les métiers manuels. Je pense qu’on n’est pas encore arrivé au stade où l’IA peut… Je ne peux pas lui confier ma tête ou ma barbe pour être coiffé avec des ciseaux confiés à un robot. On n’y est pas encore.

Et on n’y est pas, non pas seulement pour des raisons de responsabilité ou d’émotion, mais parce que l’IA n’arrive pas aujourd’hui à représenter le monde physique comme elle arrive à le faire pour du texte, où elle a montré des capacités extraordinaires.

Donc, les métiers manuels, on n’est pas près de s’y faire remplacer. On a tout intérêt, en tant que pays, à aller vers une capacitation de ces métiers-là, avec une formation professionnelle qui pourrait utiliser les outils de l’IA. Mais le plombier, l’électricien, le coiffeur, l’infirmière, ce sont des métiers, à mon avis, qu’il nous faut encourager.

Deuxièmement, il y a les métiers des concepteurs de l’IA. Aujourd’hui, les ingénieurs chez Google ou chez DeepMind sont plus payés que Hakimi. Pour la première fois dans l’histoire, on paie ces gens-là un argent fou, parce qu’ils sont rares. Si, au Maroc, on développe - et on peut le faire - des profils perfectionnés capables de construire une IA marocaine, ils trouveront du travail.

Donc, d’un côté, la formation professionnelle ; de l’autre, les experts de l’IA. Mais je pense qu’il y a aussi, au milieu, des gens qui sont à la frontière entre l’IA et le monde réel. Par exemple, dans le milieu médical, il faut clairement que le médecin de demain sache utiliser un chat conversationnel, des systèmes comme ça. Donc il faut qu’il se forme. Mais je pense que si le médecin sait utiliser ces outils-là et en connaît les faiblesses, il ne craint rien pour son avenir.

Même chose pour les avocats. Mais, comme vous l’avez dit, il y a peut-être des métiers, certaines branches de l’outsourcing, certaines branches de la traduction, qu’il va falloir compléter par d’autres compétences que le simple fait de traduire ou de répondre de manière automatique à des gens. Il faut s’adapter en utilisant les outils de l’IA.

- Il y a un autre enjeu central : celui de la création de valeur. Qui capte réellement la richesse produite par l’intelligence artificielle ?

- Aujourd’hui, contrairement peut-être à ce que beaucoup de gens pensent, 95% des projets d’IA échouent. Donc, on est encore dans une valeur ajoutée très faible, à part chez quelques grands acteurs. On n’a pas encore vu les retombées économiques claires.

Mais moi, je persiste à penser que ces retombées finiront par arriver. À nous d’être suffisamment agiles et surtout de lancer quelques projets, en disant : on va miser sur, je ne sais pas, des systèmes de recommandation pour le tourisme au Maroc, ou bien une nouvelle forme de circulation, la gestion des flux au Maroc.

Lancer des projets comme ça, essayer de miser dessus. Et si cela marche, cela peut faire de nous des exportateurs d’une informatique - pour moi, l’IA, c’est de l’informatique - adaptée au contexte marocain, au contexte africain, etc.

- Justement, parlons du Maroc plus précisément. Le pays affiche des ambitions fortes en matière de souveraineté numérique, de transition numérique et d’intelligence artificielle. Mais, sincèrement, ces ambitions sont-elles réalistes compte tenu du contexte marocain ?

- Je pense qu’il est important d’afficher ces ambitions-là. C’est déjà bien de dire qu’on veut y arriver. Parce qu’il y a beaucoup de pays qui disent qu’on va revenir à l’âge du stylo, du papier, etc. Et ça, c’est dangereux. Mettre la tête dans le sable, ce n’est pas une solution.

Afficher ces ambitions, c’est important. On dispose de la matière grise. On a des ingénieurs extrêmement bien formés. Les écoles marocaines, l’ENSIAS, l’EMI, l’UM6P, forment des gens extraordinaires. Les Marocains de l’X ou de l’École polytechnique aussi. Donc, on a cela.

- Maintenant, qu’est-ce qu’on n’a pas ?

- Je pense qu’on manque peut-être, parfois, de projets concrets dans lesquels se lancer. Et ce n’est pas grave si cela ne marche pas. Il faut confier ces projets-là à des acteurs locaux. À mon avis, il faut se lancer un peu, en disant qu’on veut faire tel ou tel système informatique pour, je ne sais pas, la signature électronique, ou arrêter de légaliser les choses comme on le fait encore, sur des sujets concrets pour les Marocains. Et si cela ne marche pas, ce n’est pas grave.

- Cela appelle à un changement de mindset, à l’américaine... 

- Faire confiance aux acteurs locaux. Encore une fois, peut-être en partenariat avec des étrangers, en direct ou indirect, en téléchargeant ces logiciels. Mais il nous faut, à mon avis, arrêter de penser qu’on doit s’associer avec les géants du numérique pour tout ce qu’on fait actuellement dans ce domaine dans notre pays.

- Revenons au concept de vassalité, avec une question précise : que devrait faire le Maroc, en tant que pays, pour éviter cette vassalité technologique ? Quelles devraient être ses priorités stratégiques ?

- Encore une fois, il faut être très pragmatique. Énormément d’entreprises au Maroc, et de personnes à titre individuel, utilisent ce qu’on appelle les agents conversationnels : ChatGPT, Gemini, etc.

Je me dis : pourquoi ne pas, encore une fois, confier à certains secteurs marocains, peut-être du privé ou du public, le fait de faire tourner des modèles open source, qui ne sont pas moins bons que ChatGPT et Gemini, au Maroc, dans un contexte marocain, et les offrir aux entreprises marocaines, aux citoyens marocains, etc. ?

Alors, il faut des incentives, comme on dit. Il faut les encourager à le faire. Mais je pense qu’il faut qu’on fasse ce pas-là. Et il y a des solutions techniques qui nous permettent de déployer des modèles, des agents conversationnels, sur le territoire marocain, avec quelques machines et quelques GPU.

- C’est ce que les Chinois ont fait quasiment avec DeepSeek.

- Voilà, c’est ce que les Chinois ont fait avec DeepSeek. Et ce que je ne pensais même pas possible avec quelques machines l’est devenu aujourd’hui. On a des solutions techniques qui nous permettraient, avec quatre ou cinq machines, de faire tourner les plus gros modèles du monde dans certains secteurs du Maroc.

Évidemment, on ne va pas répondre à des millions de requêtes par seconde. Mais une administration marocaine n’a pas besoin de répondre à des millions de requêtes par seconde. Il y aura peut-être des centaines de requêtes. Et là, il y a des logiciels qui existent. À nous de nous jeter à l’eau et d’essayer de faire en sorte que cela marche.

- On parle souvent de la nécessité d’adopter une IA responsable, éthique, au service des citoyens. Mais comment concilier innovation, performance économique et responsabilité dans le développement d’une IA ?

- Mon avis n’est peut-être pas très politiquement correct, mais je pense que nous sommes de tout petits acteurs. Comment diable pourrions-nous décréter que nous allons faire une IA éthique ? Je pense qu’on n’a pas toutes les cartes en main.

Ce qu’on peut faire, encore une fois, c’est au moins avoir une IA déployée chez nous, contextualisée chez nous. Et peut-être qu’à ce moment-là, on peut responsabiliser tel ou tel citoyen, telle ou telle entreprise, quand elle utilise l’IA. Quand quelqu’un poste quelque chose sur Facebook, pouvoir lui dire : attention, c’est de la diffamation, et pouvoir retrouver la personne.

Mais déclarer et décréter qu’il faut une IA éthique… la France n’y arrive pas, l’Allemagne n’y arrive pas, les États-Unis n’en veulent pas. Donc, qui sommes-nous pour nous ériger en gendarmes du monde ? Ce sont des postures. Malheureusement, je dis bien malheureusement, parce que c’est important, mais malheureusement, c’est voué à l’échec.

- Revenons au titre de votre masterclass. Sommes-nous condamnés à l’échec quand on parle d’IA dans le contexte marocain ?

- Non, je ne pense pas du tout que nous soyons condamnés à l’échec. Il faut qu’on continue à investir dans le savoir. On a pris de l’avance par rapport à énormément de pays. Il faut continuer à investir là-dedans.

Et ce serait bien, à mon avis, que nos ingénieurs… Je leur dis souvent : lisez des livres, apprenez ce qu’on appelle les soft skills, etc. Parce que l’avenir sera à la frontière entre le monde virtuel et le monde réel.

L’ingénieur informaticien classique, enfermé dans sa chambre à faire de la programmation pure et dure, risque d’être dépassé par la machine. En revanche, l’ingénieur qui connaît le monde réel, qui peut parler biologie, qui peut parler géologie, là, cela va être plus compliqué.

Donc, je suis optimiste. On a de bonnes formations. Il faut continuer dans ce sens et se jeter à l’eau avec des projets concrets.

10 avril 2026

17:00 LegalTech : Actagen lance une solution souveraine pour les entreprises

Actagen se présente comme une solution pour simplifier la gestion juridique des entreprises tout en garantissant la souveraineté de leurs données. Conçue par des experts du droit et de la finance, cette plateforme automatise la création d'actes tout en s'affranchissant des infrastructures externes.

Présentée lors du GITEX Africa 2026, Actagen est une solution LegalTech pensée pour simplifier la gestion juridique des entreprises. Cette plateforme permet de centraliser la documentation, d'automatiser la production d’actes et de suivre les opérations juridiques, tout en intégrant l'intelligence artificielle pour l'analyse des dossiers.

À la différence des outils classiques basés sur le cloud, l'approche "offline-first" d'Actagen permet la conservation des données directement chez l’utilisateur. Un choix qui garantit aux clients une maîtrise totale sur les documents et qui s’inscrit dans la lignée des enjeux de souveraineté numérique portés au Maroc par le ministère de la Transition numérique.

Développée par une équipe de professionnels (experts-comptables, avocats et notaires), l’application cible principalement les services juridiques d’entreprise et les cabinets de conseil. Pour Saïd Belghali, cofondateur de la solution, l’idée est claire : permettre aux professionnels du droit d'exploiter la technologie sans avoir à dépendre d’infrastructures étrangères, sécurisant ainsi le traitement des données sensibles.

Avec l’IA, Actagen automatise certaines tâches répétitives et génère des documents dans un cadre maîtrisé, permettant ainsi aux entreprises marocaines de limiter les risques juridiques et d'optimiser le temps de traitement des dossiers.

10 avril 2026

15:51 Au GITEX, l’ambassadeur américain met en avant un partenariat “concret” avec le Maroc

Présent au GITEX Africa 2026 à Marrakech, l’ambassadeur des États-Unis au Maroc, Duke Buchan III, a multiplié les prises de parole pour saluer la dynamique numérique du Royaume. Il a insisté sur la solidité du partenariat maroco-américain et sur les investissements technologiques en cours.

À l’occasion de la séance inaugurale du GITEX Africa 2026, l’ambassadeur américain a livré un discours marqué par la confiance des États-Unis dans le potentiel numérique du Maroc. Devant un parterre de décideurs et d’innovateurs, il a souligné la transformation rapide du Royaume, qu’il observe depuis plusieurs décennies.

"Là où certains pays se contentent d’évoquer l’avenir numérique, le Maroc, lui, le façonne", a-t-il déclaré, mettant en avant les avancées en matière d’infrastructures, de formation et d’innovation.

L’ambassadeur a notamment insisté sur les investissements dans les compétences, rappelant l’objectif de former chaque année 100.000 jeunes aux métiers du digital et de l’intelligence artificielle. Il a également mis en avant la stabilité économique du pays et son attractivité pour les investisseurs internationaux.

Au-delà du discours officiel, Duke Buchan III a relayé plusieurs messages sur les réseaux sociaux, témoignant de son implication tout au long de l’événement. Il a notamment qualifié l’édition 2026 de "moment historique", citant la signature d’un accord majeur autour de la création de la Nexus AI Factory, présentée comme la première plateforme souveraine d’infrastructure en intelligence artificielle en Afrique.

Doté d’un investissement initial de 1,2 milliard de dollars et d’une capacité prévue de 500 mégawatts, ce projet, reposant sur des technologies américaines, ambitionne de positionner le Maroc comme un hub stratégique reliant l’Afrique, l’Europe et au-delà.

Lors de sa visite des stands, l’ambassadeur a également relevé la forte présence d’entreprises américaines dans des secteurs clés tels que l’intelligence artificielle, la cybersécurité, le cloud et les infrastructures numériques sécurisées. Selon lui, ces entreprises "ne se contentent pas de vendre des technologies, mais investissent dans les talents et construisent des partenariats durables".

Cette approche s’inscrit, selon ses propos, dans une relation bilatérale ancienne et structurée. Il a rappelé que le Maroc constituait "l’allié le plus ancien" des États-Unis, mettant en avant plus de 250 ans de coopération.

Duke Buchan III a insisté sur la dimension stratégique de ce partenariat, fondé sur des investissements plutôt que sur des aides, et reposant sur des technologies "fiables et sécurisées". Un positionnement qui, selon lui, reflète une convergence de visions entre les deux pays, à un moment où le Maroc accélère son développement technologique et économique.

Dans le même esprit, la consule générale des États-Unis, Marissa Scott, a également mentionné l’engagement américain lors de cette édition du GITEX Africa 2026. "Ravie d’être présente au GITEX 2026. Les États-Unis souhaitent prendre part à la dynamique technologique au Maroc", a-t-elle déclaré, soulignant la volonté des États-Unis de s’inscrire pleinement dans la dynamique numérique du Royaume.

Elle a par ailleurs indiqué que plus de 60 entreprises américaines étaient présentes sur le salon, ajoutant que l’ambassade, aux côtés de Duke Buchan III, œuvre activement pour accompagner ces acteurs et garantir une présence forte de la technologie et de l’expertise américaines au GITEX.

 

10 avril 2026

12:57 Startups : neuf sociétés de gestion présélectionnées pour piloter des fonds de 2,5 MMDH

Neuf sociétés de gestion de fonds dédiés aux startups ont été présélectionnées lors du GITEX Africa Morocco 2026, avec une enveloppe cible de 2,5 MMDH pour financer l’ensemble du cycle de développement des jeunes et structurer durablement l’industrie du capital-risque nationale.

Une première liste de neuf sociétés de gestion de fonds startups présélectionnées a été annoncée lors de la 4e édition du Gitex Africa Morocco.

Le Fonds Mohammed-VI pour l’investissement, en étroite collaboration avec le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration et la Caisse de dépôt et de gestion (CDG), a sélectionné ces sociétés de gestion de fonds, dans le cadre de la mise en œuvre de la stratégie nationale Maroc Digital 2030, à la suite de l’appel à manifestation d’intérêt lancé à cet effet.

Ces fonds ont pour objectif d’investir dans des startups marocaines à vocation internationale en contribuant à l’émergence et à la structuration d’une industrie pérenne du venture capital au Maroc.

La taille cumulée cible de ces fonds startups est estimée à près de 2,5 milliards de DH, incluant les contributions du ministère, du FM6I, de la CDG, et d’investisseurs tiers, locaux et étrangers, qui devront être mobilisés par les sociétés de gestion présélectionnées, précise la même source.

Les fonds Startups couvriront les différentes étapes clés du cycle de développement des startups, du "pre-seed", à la "série A et plus", en passant par le "seed". Ils adresseront également un large spectre de secteurs incluant notamment la fintech, l’agritech, l’edtech, la healthtech, la climatetech.

Les sociétés de gestion présélectionnées présentent des profils diversifiés et complémentaires, comprenant 3 gestionnaires nationaux, 5 internationaux et 1 consortium mixte.

Voici la liste des sociétés de gestion de fonds startups présélectionnées dans le cadre de cet appel à manifestation d’intérêt :

  • 500 Startups Management Company
  • Emerging Tech Ventures
  • Kalys Ventures Partners
  • Middle East Venture Partners
  • Outlierz Africa
  • Plug and Play Investment Group
  • RING
  • Sawari Ventures
  • Sienna Venture Capital, en partenariat avec AlphaVest Capital

Et de rappeler, 47 candidatures ont été reçues et un processus rigoureux de sélection a été entamé depuis lors. L’ensemble des soumissionnaires dont le dossier était conforme au cahier des charges ont vu leur dossier analysé et ont été auditionnés par le ministère, le FM6I, et la CDG, avec l’appui d’experts nationaux et internationaux disposant d’une expertise reconnue dans la sélection de sociétés de gestion et d’une connaissance approfondie des enjeux nationaux dans ce domaine.

Les sociétés de gestion présélectionnées seront notamment évaluées sur la base de leur capacité à mobiliser les investisseurs tiers dans ces fonds startups.

Ces fonds pourront bénéficier d’un dispositif catalytique inédit, objet de la convention signée le 21 novembre 2025, à Rabat. Ce partenariat entérine l’opérationnalisation par Tamwilcom du dispositif de soutien du ministère pour les fonds startups sélectionnés dans le cadre de l’appel à manifestation d'intérêt.

Ce dispositif catalytique inclut notamment un mécanisme de couverture des premières pertes, dans des conditions alignées avec les meilleurs standards internationaux du Venture Capital.

Cette dynamique illustre le potentiel du capital-risque au Maroc et reflète l’engagement des partenaires institutionnels, réunis autour d’une architecture partenariale innovante, pour structurer un écosystème startups compétitif à l’échelle internationale, en phase avec les évolutions de l’entrepreneuriat national.

9 avril 2026

15:48 Lamiae Benmakhlouf : “35% de nos startups exportent déjà sur quatre continents”

À l'occasion de la 4e édition du GITEX Africa à Marrakech, "Le 12/13" de Médias24 reçoit Lamiae Benmakhlouf. Figure emblématique de l'écosystème entrepreneurial marocain, elle revient sur la mutation profonde du Technopark, le passage d'un modèle d'hébergement à un accompagnement proactif, et les ambitions chiffrées de la stratégie Maroc Digital 2030.

Médias24 : Vous dirigez le réseau des Technoparks installés dans différentes villes du Royaume. Vous êtes passés d’un modèle d’hébergement des jeunes pousses à un modèle d’accompagnement proactif. De quel accompagnement parle-t-on concrètement et pourquoi avoir adopté ce shift ?

Lamiae Benmakhlouf : Merci pour la question, elle est très pertinente, parce qu’il faut toujours rappeler l’histoire et la genèse de ce Technopark. C’était en 2001. Sa Majesté le Roi l’a inauguré, et sa vision était justement de créer un espace, le premier incubateur de startups tech marocaines.

À l’époque, on ne savait même pas ce que c’était qu’une startup ni pourquoi la technologie, mais voilà, c’était visionnaire. On a démarré pour donner aux startups, petites entreprises technologiques naissantes, l’occasion d’être dans un même lieu qui va les rassembler et les doter des moyens, des infrastructures nécessaires et d’internet gratuit. Internet était cher à l’époque...

C’est comme ça qu’on a démarré. Et on a toujours eu des avantages compétitifs pour attirer les startups. On a démarré avec l’internet gratuit, avec le fait de les immerger dans un environnement où elles allaient être ensemble avec d’autres startups, partager les expériences, les expertises. Puis on a commencé à inviter des acteurs de l’écosystème à venir au Technopark et à être présents de manière permanente. Et c’est comme ça qu’est né un écosystème.

Puis, au fil des ans, on s’est dit : Technopark Casablanca est full. Donc en 2008, on était déjà à 100% de taux d’occupation, et on s’est dit qu’il fallait penser à une stratégie d’expansion régionale. Donc en 2010, on a dupliqué le modèle à Rabat, puis à Tanger en 2015, à Agadir en 2021 avec deux projets, la Cité de l’innovation et le Technopark d’Agadir, puis Essaouira en 2023. Et je peux vous dire qu’on a toujours eu des stratégies où le Technopark évoluait au fur et à mesure des besoins des startups.

La dynamique est là, et c’est un travail de longue haleine de la part des institutions publiques et privées. Nous sommes sous la tutelle du ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration. Nous sommes soutenus et épaulés par ce ministère dédié. C’est en 2021 qu’on a vu un ministère dédié, et vraiment, on a palpé le changement.

Et puis il y a cette stratégie Maroc Digital 2030, qui a posé les bases solides pour bâtir un écosystème startup et pour accélérer la transformation digitale du pays. Donc le Technopark est un des acteurs qui va déployer ces stratégies, particulièrement pour l’émergence de nouveaux champions nationaux, grâce justement au soutien financier et technique du ministère.

Donc, il y a une évolution au niveau de la qualité de l’accompagnement qu’on déploie, mais aussi une évolution au niveau de l’inclusion territoriale.

- Aujourd'hui, l'accès à Internet n'est plus le défi majeur. Quelles sont les véritables difficultés des jeunes pousses pour grandir et développer leur modèle technologique et business ?

- Nous accompagnons les startups sur cinq ans, de l'early stage jusqu'à l'accélération. À chaque phase correspondent des besoins spécifiques. En early stage : il s'agit de structurer le modèle, d'obtenir son MVP (Minimum Viable Product) et son POC (Proof of Concept).

La commercialisation : la startup doit être agile et tester ses solutions directement avec son premier client. On ne peut pas innover en silo.

Aujourd'hui, l'accompagnement est structuré sur mesure selon le secteur adressé. Que ce soit dans la santé ou la FinTech, nous aidons à la conformité réglementaire. C'est un accompagnement spécifique dépendant des secteurs.

- Dans un événement comme le GITEX, on parle beaucoup d'ambition africaine. Nos startups sont-elles prêtes à s'internationaliser et à exporter leur savoir-faire ?

- Nous traquons l'évolution de toutes les startups qui passent par le Technopark. Depuis trois ans, nous sommes impressionnés par le taux d'export : sur 450 startups et TPE digitales accompagnées, 35% exportent sur les quatre continents. C'est un taux très encourageant, particulièrement vers l'Europe et l'Afrique, mais aussi les États-Unis et le Moyen-Orient.

L'internationalisation doit être une stratégie appréhendée dès le démarrage. Pour "scaler", il faut adresser des marchés au-delà des frontières. Nous connectons nos startups aux accélérateurs internationaux et les dotons de programmes d'accompagnement à l'export, en partenariat avec l'APEBI ou l'ASMEX. Nous faisons même appel à d'anciennes startups internationales comme HPS. M. Horani vient lui-même coacher et mentorer ces jeunes pousses.

- L'internationalisation ne risque-t-elle pas de créer de la valeur ailleurs qu'au Maroc ?

- Une startup qui s'internationalise crée d'abord de la valeur dans son pays. Elle emploie plus, et ces emplois qualifiés sont créés ici, au Maroc. C'est une stratégie win-win. De plus, nous observons un "coming back" de la diaspora marocaine qui revient vers le pays.

- Justement, comment mesurez-vous l'impact de cet écosystème sur l'employabilité des jeunes ?

- Nous menons une enquête annuelle. Nous affichons un taux de réussite de 90% pour les startups que nous accompagnons, mesuré par l'évolution du chiffre d'affaires, de l'effectif et des références clients. En moyenne, chaque startup crée 3 à 5 emplois la première année. À la deuxième ou troisième année, cela monte à 10 ou 15 emplois, pour atteindre environ 30 emplois à leur sortie du Technopark. Voici les chiffres de création d'emplois au sein du Technopark : 900 emplois en 2023 ; 1.400 emplois en 2024 ; 1.760 emplois en 2025.

- L'IA et la souveraineté numérique sont-elles concrètement intégrées par nos startups ou est-ce encore de la "littérature" ?

- C'est très concret. Entre 2023 et 2025, le nombre de startups spécialisées en Data et IA a triplé au Technopark, passant de 100 à 300 structures. Nous déployons des programmes avec des experts pour garantir une IA responsable et éthique. Sur le volet de la souveraineté des données, nous avons des partenariats avec la CNDP et Oracle. Nous allons également signer une convention avec Orange pour le programme "Garden IA" afin d'accompagner les startups sur ces technologies émergentes.

- Et au niveau interne, le Technopark a-t-il intégré l'IA ?

- Absolument. Toutes nos équipes ont été formées, et ce n'est pas du "one shot", c'est récurrent. C'est une utilisation quotidienne. Nos workshops pour les startups sont basés sur des cas d'usage réels pour voir comment l'IA peut augmenter la performance et éliminer les tâches redondantes. C'est un levier de performance majeur.

- Les objectifs de la stratégie Maroc Digital 2030, notamment l'ambition d'avoir 3.000 startups et une ou deux licornes, sont-ils en phase avec la réalité du terrain ?

- Ce sont des objectifs ambitieux, mais le ministère a mis les moyens. La stratégie a été lancée en septembre 2024. En 2025, les appels à candidature pour le Startup VB (Venture Builder) et le Startup VC (Venture Capital) ont été lancés. Pour 2026, neuf fonds d'investissement de capital-risque ont été sélectionnés. En décembre 2025, six structures d'accompagnement, dont le Technopark, ont été choisies pour déployer l'offre allant de l'early stage à l'internationalisation.

Le Technopark accompagnera 240 startups sur les trois prochaines années, de manière inclusive sur toutes les régions. L'objectif global est d'atteindre 1.000 startups en 2026 et 3.000 en 2030. Nous mettons en place un pipeline de startups innovantes, avec un accompagnement technique et un financement adossé. C'est la meilleure manière de garantir leur succès.

9 avril 2026

13:51 Ce qui bloque encore l’essor des startups marocaines, selon Hassan Belkhayat

Financement, accès au marché, grands comptes, talents, cadre réglementaire... Sur le plateau du 12/13 de Médias24, en direct de Marrakech à l’occasion de GITEX Africa Morocco, Hassan Belkhayat, président de la commission Écosystème Tech de la CGEM, revient sur les principaux freins à l’émergence des startups au Maroc et sur les conditions nécessaires à l’essor d’un véritable écosystème tech.

Sur le plateau du 12/13 de Médias24, depuis le GITEX Africa Morocco, nous avons échangé avec Hassan Belkhayat, président de la commission Écosystème Tech de la CGEM. Une instance qui porte la voix du secteur privé sur les enjeux du numérique. Entretien.

Médias24 : On parle beaucoup d’écosystème startup. On en a parlé d’ailleurs avec Lamia Benmakhlouf, qui vous a précédé sur ce plateau. Mais le premier sujet, au fond, n’est-ce pas celui de l’environnement des affaires ? Aujourd’hui, le Maroc offre-t-il réellement, de votre point de vue, un cadre favorable à la création de startups ?

Hassan Belkhyat : Déjà, commençons par ce qu’est l’écosystème tech tel qu’on le définit aujourd’hui au niveau de la CGEM. C’est évidemment les petites entreprises, les startups technologiques, mais également les investisseurs, les fonds d’investissement, les VC, les accompagnateurs, parfois le monde académique aussi, les instances publiques qui gravitent autour, comme Tamwilcom, etc. Tout cela constitue ce qu’on appelle l’écosystème tech aujourd’hui au Maroc.

Dans cet écosystème, ce qui est important, c’est de pouvoir interagir de façon cohérente entre l’ensemble des parties prenantes. Et dans ce cadre-là, notre travail au sein de la commission, c’est de favoriser ces liens, d’abord entre les startups et les grandes entreprises qui font partie de la CGEM, mais également entre les startups, les VC, les accompagnateurs, etc.

Est-ce que l’environnement des affaires contribue aujourd’hui à l’émergence des startups ? Il y a des startups qui ont émergé, évidemment. Il y a quelques success stories. Ce n’est pas suffisant par rapport au potentiel du Maroc et aux ambitions du Maroc, compte tenu de la qualité des ressources humaines que nous avons, de notre positionnement géographique, de la qualité des infrastructures. Mais néanmoins, on reste dans un environnement où il y a encore un certain nombre d’obstacles à cette émergence.

Ces obstacles touchent plusieurs points. D’abord, dans la partie financement, dans le déploiement des VC, il y a aujourd’hui un cadre réglementaire qui n’est pas toujours favorable à leur déploiement au Maroc. Malgré le Fonds Mohammed VI, malgré les initiatives qui existent, malgré l’intérêt des fonds pour le Maroc, le cadre juridique, mais également fiscal, notamment sur les sociétés de gestion, ne permet pas le développement de ces éléments-là.

- Je me permets de rebondir sur ce premier élément, parce que c’était le sens de ma prochaine question. Quand on échange avec les startupers marocains, ce qui revient le plus comme principal frein à leur développement, c’est justement l’accès au financement et au marché surtout. Dans ce sens, ma question est la suivante : les startups marocaines ont-elles réellement accès aux grands comptes aujourd’hui, ne serait-ce que sur le marché local ?

- Sur les grands comptes, il y a deux questions : l’accès au financement et l’accès au marché. Je vais commencer par l’accès au financement.

Aujourd’hui, un certain nombre d’initiatives ont été lancées. D’abord, sur tout ce qui est petites idéations, avec Tamwilcom, qui a lancé un gros programme à ce niveau-là, avec des prêts d’honneur relativement bien déployés. Cela prend un peu de temps, mais c’est plutôt bien déployé.

Sur le financement en capital, il y a aussi des initiatives, mais on a encore deux gros problèmes. Le premier, c’est celui des sociétés de gestion, qui préfèrent souvent une juridiction différente de celle du Maroc. C’est un problème réglementaire, mais c’est aussi le modèle des VC : ils sont plus à l’aise avec une juridiction type Delaware ou Dubaï, qu’ils maîtrisent, qu’avec une juridiction marocaine. Ce n’est pas une problématique propre au Maroc, mais ce qui est propre au Maroc, c’est qu’on ne favorise pas le déploiement de ces entreprises dans ces juridictions-là, à la différence d’autres pays où il est facile de faire ce qu’on appelle des flips.

Deuxièmement, il y a tout ce qui est lié à la dette. Là, en revanche, on est moins développé qu’ailleurs, parce qu’on n’a pas aujourd’hui de solutions de garantie assez spécifiques pour ce type d’acteurs, alors que souvent, ces acteurs lèvent du capital, mais n’ont pas forcément accès à des solutions de dette autour de cela. Mais cela se développe. Il y a des discussions avec Tamwilcom à ce niveau-là pour créer ces mécanismes.

Pour ce qui est de l’accès au marché, nous considérons qu’il y a deux secteurs : le public et le privé. Dans le secteur public, le gros problème, c’est que le code des marchés publics n’est pas adapté aux startups. C’est notre cheval de bataille. On ne peut pas être dans un système qui achète du ciment de la même manière qu’il achète une application.

Aujourd’hui, la plupart des startups fuient les marchés publics, parce qu’elles n’ont quasiment aucune chance. C’est un investissement important et elles ne maîtrisent pas la façon d’y accéder. Il y a quelques initiatives avec la CDG, notamment sur l’edtech, dans la santé, etc., qui sont en place. Mais on ne voit pas encore de vraie bascule.

Or, dans la plupart des pays, les marchés publics sont l’un des principaux drivers du développement des startups. Comme on l’a vu en Europe, aux États-Unis, en Israël, c’est soit l’armée, soit les marchés publics. Aujourd’hui, c’est anormal qu’on ait des healthtech au Maroc qui se développent en Afrique et pas dans leur propre pays, parce que le marché public, les CHU ou le secteur public, n’est pas capable d’acheter.

- C’est la responsabilité de l’État. Mais il y a peut-être aussi une responsabilité du secteur privé marocain. Vous, en tant que membre de la CGEM, quel rôle doivent jouer les grandes entreprises marocaines dans cette dynamique d’open innovation ?

- C’est aussi une autre problématique : celle de l’accès aux grands comptes. Il faut savoir qu’au Maroc, une grosse partie des grands comptes sont également des entreprises publiques ou étatiques, qui ont elles aussi des codes de marché qui ne sont pas toujours favorables à ce point-là. Mais cela s’améliore.

Dans notre vision, l’un de nos rôles au sein de la commission Écosystème Tech, c’est justement de mettre en relation les entreprises, les grands comptes et les startups. C’est aussi le rôle des accélérateurs, des accompagnateurs, etc.

Ce qu’on remarque en général, c’est que quand on parle aux grands chefs d’entreprise, il y a cette volonté de s’ouvrir. Mais le déploiement, au sein même de l’entreprise, reste difficile.

-  Justement, pourquoi cela coince-t-il ?

- D’abord, il y a des politiques d’achat qui ne permettent pas de favoriser cela. Il y a aussi une tendance, pendant plusieurs années, à avoir essayé d’internaliser ce développement, cette infrastructure, avec des digital factories, etc.

Après, peut-on reprocher aux entreprises de vouloir maîtriser tous les segments de leurs activités ? C’est leur modèle. Mais d’un autre côté, nous considérons qu’il coûte moins cher d’outsourcer ce développement-là, pas uniquement en termes de coûts, mais aussi en termes de déploiement du capital. Il est plus simple d’investir dans son cœur de métier plutôt que dans ce qui gravite autour.

Quand on voit les assurances, les banques, l’ONCF, tous ces grands acteurs qui ont créé des digital factories au lieu d’utiliser un écosystème ou d’essayer de le développer, cela pose question.

D’un autre côté, cela rejoint aussi la première question : peut-être que l’offre existante n’a pas été suffisamment portée. Et c’est justement le rôle d’un écosystème bienveillant : pouvoir travailler ensemble, y compris entre startups. Aujourd’hui, on voit des startups qui préfèrent travailler avec de grandes entreprises plutôt que de s’entraider entre elles. Toute cette question de la confiance est importante.

Mais cette confiance vient aussi avec des mécanismes publics de garantie, d’aide, de soutien. En France, il y a des acteurs comme Bpifrance qui favorisent cela. Nous, nous n’avons pas aujourd’hui de banque de démarrage. CDG Invest essaie de jouer un peu ce rôle-là, mais ce n’est pas la même chose. Ce n’est pas son rôle. Cela reste un fonds qui doit avoir un retour. Ce n’est pas un acteur public dont le rôle principal est d’abord le développement de cet écosystème, des PME ou de l’industrie.

- En préparant cet entretien, j’ai vu que vous fixiez comme objectif d’atteindre, ou de contribuer à faire en sorte que le numérique représente 5% du PIB national d’ici 2030. C’est en phase, j’imagine, avec les ambitions affichées dans la stratégie Maroc Digital 2030. Mais entre nous, sincèrement, est-ce un objectif atteignable ? On est à quatre ans de l’échéance et on en est encore très loin.

- En fait, je pense que la question est ailleurs. Qu’est-ce que cela veut dire, aujourd’hui, 5% du PIB ? Quand une banque lance une application digitale, est-ce que cela rentre dans le PIB technologique ou dans le PIB bancaire ? Qu’est-ce que cela veut dire ? Cela reste très abstrait.

Aujourd’hui, un agriculteur qui utilise l’IoT améliore sa productivité. Tant qu’on n’a pas une définition claire de ce qu’est le secteur technologique, on ne pourra pas le définir et donc lui affecter un PIB. Tout ce qu’on peut faire, ce sont quelques approximations.

- Donc, c’est de la communication ? Ce n’est pas très important ?

-  Tant que ce n’est pas mesuré, tant qu’il n’y a pas une définition de ce qu’est le secteur technologique, on peut mettre les chiffres qu’on veut derrière.

En revanche, pour moi, il y a des choses beaucoup plus concrètes qui peuvent être mesurées. Déjà, les emplois dans le secteur technologique.

- Là aussi, il faut définir ce qu’est un emploi numérique.

- Oui, mais au moins, on sait combien on forme d’ingénieurs ou de personnes dans ces métiers-là, et on voit leur taux d’insertion.

- En revanche, quand on parle par exemple du secteur de l’offshoring, on comptabilise aujourd’hui des agents de la relation client comme étant des emplois numériques. Ce n’est pas un jugement de valeur, mais je me pose la question de savoir si ce sont des emplois numériques ou pas...

- Ce sur quoi il faut se mettre d’accord, c’est une définition. Mais c’est quelque chose de calculable. On sait ce que sont des ingénieurs dans la technologie, des techniciens, des développeurs, etc. On voit leur taux d’insertion, l’entrepreneuriat qu’ils génèrent. Ce sont des sondages. On arrive à dire combien d’emplois ont pu être créés.

Il y a aussi, par exemple, les devises qu’on apporte au Maroc, soit par l’exportation, soit par l’investissement de fonds étrangers. Cela, pour moi, c’est beaucoup plus tangible. Si on dit : cette année, il y a eu 2 milliards de dollars d’investissement de VC étrangers dans ce qu’eux appellent la tech… S’ils investissent dans une boîte de livraison, est-ce que c’est de la tech ou du transport ? Qu’est-ce que c’est ? Concrètement, si eux appellent cela une startup, il n’y a pas de raison que ce ne soit pas considéré comme une startup. Ce qui importe le plus, c’est la création de valeur et la création d’emplois.

- J’aimerais qu’on parle à présent des talents tech. Ce que l’on constate au Maroc, c’est que le capital humain est là. Le Maroc forme des ingénieurs, des techniciens, des jeunes prêts à entrer sur le marché du travail, que ce soit à travers l’entrepreneuriat ou le salariat. Mais depuis un certain nombre d’années, on constate une fuite inexorable de nos talents. J’imagine que c’est un défi qui vous préoccupe au niveau de la commission.

- Bien sûr, c’est un défi, mais c’est aussi une réalité normale dans un marché mondialisé. Il suffit d’aller voir dans les stands : vous y trouverez des startups qui permettent le recrutement, la gestion, le paiement des salaires, les cotisations sociales, n’importe où dans le monde. Donc nous sommes dans un marché mondialisé.

Et au contraire, on peut comprendre que des Marocains travaillent pour des startups américaines, canadiennes, etc. De toute façon, c’est aussi de la valeur ajoutée pour le Maroc. Plus on formera de monde, plus on créera de la capacité, et il y en aura certains qui resteront au Maroc.

Ce qui nous importe, ce n’est pas de dire : est-ce que c’est une boîte marocaine, est-ce qu’elle va rester au Maroc, etc. C’est de savoir si on est capable de créer des bases de production au Maroc, y compris pour des gens qui lèvent à Londres, à Paris ou à Dubaï. Tant que la production est chez nous, que ce sont des emplois chez nous, c’est de la valeur ajoutée qui reste au Maroc. Et c’est cela le plus important.

L’idée n’est pas de créer des licornes au Maroc. L’objectif, c’est peut-être d’en avoir une ou deux à l’horizon 2030. On peut comprendre que ce soit une stratégie, mais nous ne serons jamais un pays qui en créera des centaines, compte tenu de la taille de notre marché et de l’attractivité d’autres places pour ce type de talents.

En revanche, avoir des bases de production chez nous, pour des startups qui sont peut-être localisées à Dubaï ou dans d’autres juridictions, mais qui ont ici leurs bases de production, de commercialisation ou de développement, c’est quelque chose de très adapté au Maroc.

- Je vous pose la question différemment : l’écosystème marocain est-il, selon vous, suffisamment attractif pour retenir ou attirer des talents techniques ?

- Aujourd’hui, il y a pour nous une réglementation anormale en matière de rétention des talents dans les startups. Mais la réalité ne concerne pas uniquement les startups. Nous avons beaucoup d’entreprises dont la valorisation repose d’abord sur leurs ressources humaines : leur CTO, leur CMO, etc.

Et partout ailleurs, la façon de retenir ces talents, c’est de leur donner accès au capital de l’entreprise, de les rendre propriétaires de l’entreprise dans laquelle ils sont. Comme cela, on les attache, en quelque sorte. Aujourd’hui, au Maroc, pour ces entreprises-là, la réglementation ne le permet pas. Fiscalement, c’est compliqué, c’est considéré comme un avantage en nature.

On a beau nous parler de stock-options, cela ne marche que dans le cas des sociétés cotées. Les startups ne sont pas des sociétés cotées. Donc il n’y a pas de mécanisme de rétention des talents.

Aujourd’hui, une boîte qui commence à lever de l’argent et qui veut garder motivé son développeur ou son CTO n’est pas capable de lui donner des actions sans qu’il paie un IR phénoménal dessus. Et cela, ce n’est pas normal.

L’un de nos chevaux de bataille, c’est donc de permettre à ces entreprises d’offrir des actions gratuites, avec un paiement de l’IR au moment de la vente des actions, comme partout dans le monde. Il n’y a pas de raison que nous soyons dans des juridictions fiscales différentes sur ce point.

Après, je pense que, comme pour tout, nous sommes dans une compétition mondiale. Plus nous serons attractifs, pas uniquement d’un point de vue salarial, mais aussi en termes de cadre de vie, de culture d’entreprise, d’appropriation et d’ownership de ces projets, plus nous pourrons attirer des talents.

- Une dernière question, parce que le temps passe très vite. Nous sommes à Marrakech dans le cadre de GITEX. Dans un événement comme celui-là, on voit une très forte mobilisation, en tout cas en apparence, entre pouvoirs publics et secteur privé. Est-ce que ce type de rendez-vous est réellement pensé pour créer des synergies concrètes, ou reste-t-on encore trop dans une logique d’événement et d’affichage ?

- Je vais vous parler sincèrement. Aujourd’hui, un des grands avantages de GITEX, c’est qu’il met la startup et la tech au centre des discussions, au moins pendant une semaine ou deux. C’est déjà un énorme gain.

Le fait de pouvoir réunir des collectivités locales, Tamwilcom, des startups, crée ce lien-là, qu’on le veuille ou non. Est-ce qu’on a aujourd’hui l’étude d’impact exacte ? Non. Mais ce que je peux vous dire, c’est que c’est un forum exceptionnel.

D’abord, parce que les pouvoirs publics, quand ils font le tour, voient concrètement sur le terrain les startups et ce genre de choses. Ils discutent avec les gens et on a là un lieu d’échange important. C’est un lieu de communication. C’est un lieu d’ouverture aussi vers le monde. C’est très important de ne pas rester une île.

On a parfois l’impression que tout tourne autour du Maroc, mais la réalité, c’est que cela se développe partout. Je ne parle pas seulement de la technologie, je parle aussi de la réglementation, des moyens, de la manière dont les investisseurs valorisent, etc.

Moi, ce que j’ai vu, c’est qu’il y a une énergie incroyable au moment de GITEX. Il faut faire passer le maximum de choses à ce moment-là, parce qu’après, les priorités changent. Cet événement cristallise le fait de pouvoir réunir les pouvoirs publics et les acteurs. Le reste du temps, il y a d’autres priorités : l’inflation, la guerre, etc.

Aujourd’hui, profitons du fait que c’est une priorité. Et ce n’est pas uniquement GITEX : il y a eu aussi d’autres événements ces derniers jours. En réalité, on se retrouve avec une quinzaine de jours pendant lesquels des choses avancent à ce niveau-là.

9 avril 2026

13:24 Younes El Himdy, PDG de Disty Maroc, au Médias24 Live Studio

9 avril 2026

12:58 Le 12/13 spécial GITEX | Mustapha Lahlali, directeur exécutif du Morocco Fintech Center

9 avril 2026

12:20 Le 12/13 spécial GITEX | Salma Kabbaj, co-fondatrice d'Impact Lab

9 avril 2026

12:05 Abdellah Marrakchi, directeur Afrique francophone & Outremer de Sage, au Médias24 Live Studio

9 avril 2026

10:59 GITEX 2026. Charif Kharrou, ingénieur senior chez Virtuelle Vision, au Médias24 Live Studio

9 avril 2026

09:23 Henna Virkkunen : “Le Maroc est un hub d’innovation et de connectivité stratégique pour l’Europe”

En marge du GITEX, Médias24 a interrogé Henna Virkkunen, la vice-présidente exécutive de la Commission européenne chargée de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie, sur l’état et les perspectives de la coopération numérique entre le Maroc et l’Union européenne.

Alors que Rabat et Bruxelles célèbrent trois décennies de partenariat, la Commission européenne veut désormais donner une nouvelle profondeur à cette relation à travers un dialogue numérique structuré. Pour Bruxelles, le Maroc s’impose à la fois comme un hub africain de l’innovation, un point nodal de connectivité et un pays en mesure de renforcer sa souveraineté technologique, notamment grâce à ses investissements dans les infrastructures, l’IA et l’énergie propre.

Médias24 a rencontré Henna Virkkunen, vice-présidente de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie, dans le cadre de sa visite au GITEX Africa Morocco. Elle détaille dans cet échange les priorités du nouveau dialogue numérique entre Rabat et Bruxelles.

- Vous avez lancé ce mercredi 8 avril 2026 un dialogue numérique avec le Maroc pour renforcer la coopération stratégique entre l'UE et le Royaume, dont l'accord d'association célèbre d'ailleurs cette année son 30ᵉ anniversaire. Que représente ce cap pour les deux parties ? 

Henna Virkkunen : Trente ans signifient que nous avons déjà un partenariat de longue date. Et même avant cela, nous avions déjà une coopération très forte, notamment dans les domaines de la culture et de l’économie.

Mais aujourd’hui, il faut aussi regarder la situation mondiale, et en particulier le rôle des technologies, ainsi que leur importance cruciale pour notre sécurité et notre compétitivité.

Je pense donc qu’il est très important que nous lancions aujourd’hui ce dialogue numérique entre l’Union européenne et le Maroc, car de notre côté nous voulons aussi donner davantage de place aux technologies et à la digitalisation dans notre partenariat.

- En parallèle à ce dialogue, un arrangement administratif est conclu avec le Maroc, dans le cadre duquel l’UM6P et quatre systèmes cyber ont signé une lettre d'intention. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ? Et qu’est-ce que cela implique à la fois pour l’Europe et pour le Maroc ?

- Aujourd’hui, avec l’ouverture de ce dialogue numérique, nous avons posé un point de départ. Nous avons identifié trois grands axes sur lesquels nous allons nous concentrer dans les mois à venir. Bien sûr, d’autres sujets pourront s’ajouter, mais nous allons commencer par là.

Le premier concerne la collaboration autour de nos usines d’IA et de nos supercalculateurs. C’est pour cela que nos quatre usines d’IA ont signé aujourd’hui cet accord avec des partenaires marocains (UM6P, ndlr). Le développement de l’intelligence artificielle est quelque chose de très important pour nous tous, et le soutien à notre écosystème de startups ainsi qu’à nos chercheurs, dans tout ce qui touche à l’innovation en matière d’IA, est essentiel. La capacité de calcul en fait évidemment partie.

Henna Virkkunen : “Le Maroc est un hub d’innovation et de connectivité stratégique pour l’Europe”
L'UE et le Maroc ont signé un arrangement administratif sur les écosystèmes d'IA pour l'innovation. La première mise en œuvre opérationnelle de cet accord prend forme. Quatre centres européens de supercalcul (BSC, CINECA, GENCI et LUMI) ont signé une lettre d'intention avec l'Université Mohammed VI Polytechnique.

Le deuxième sujet important est celui de la connectivité : les câbles sous-marins, les réseaux 5G, et à l’avenir les réseaux 6G, ainsi que la coopération dans ce domaine. L’Europe peut aussi proposer des opportunités de financement, grâce à ses ressources financières et à la Banque européenne d’investissement (BEI). Ce sont bien sûr des possibilités qui sont également examinées ici. Nous devons maintenant identifier, avec les parties prenantes marocaines, quels sont les projets prioritaires dans le domaine de la connectivité.

Le troisième axe dont nous avons parlé aujourd’hui avec la ministre concerne les infrastructures publiques numériques. Le Maroc a des plans très ambitieux pour digitaliser davantage différents services. Par exemple, le Maroc est en train de mettre en place des portefeuilles numériques pour les citoyens.

Dans l’Union européenne, d’ici la fin de l’année, nous disposerons aussi de solutions interopérables, car aujourd’hui chaque pays européen a encore ses propres systèmes de portefeuille numérique. Nous travaillons donc à leur interopérabilité. C’est également un domaine dans lequel nous voulons coopérer avec le Maroc : construire des solutions interopérables pour nos citoyens en matière de portefeuilles numériques, mais aussi pour nos entreprises, puisque nous avons également lancé des portefeuilles numériques professionnels en Europe. Cela permettrait, par exemple, une reconnaissance mutuelle des signatures numériques, le partage de documents, et ce type d’usages. Ce sont des avantages très concrets pour les citoyens et pour les entreprises si tout peut fonctionner de manière pleinement numérique et interopérable.

- J’aimerais avoir votre avis sur le marché de l’IA du point de vue marocain. Comment le percevez-vous aujourd’hui ?

- Je pense qu’il est très important que le Maroc investisse aujourd’hui dans les infrastructures, car c’est véritablement une condition préalable si l’on veut créer ses propres systèmes d’IA. Il faut disposer d’une capacité de calcul. Par ailleurs, le Maroc mise aussi fortement sur les startups, et cela me semble évidemment très important si l’on veut développer des technologies locales et stimuler réellement l’innovation dans le pays.

Je constate que ce sont aussi des priorités très fortes pour nous dans l’Union européenne. Nous augmentons notre propre capacité de calcul, et nous soutenons activement nos startups pour qu’elles puissent développer et entraîner des systèmes d’IA. L’un des principaux obstacles auxquels elles se heurtent est justement l’absence d’accès à une capacité de calcul suffisante. C’est pourquoi il est important d’investir dans ce type d’usines d’IA ou de supercalculateurs, afin d’ouvrir cette capacité de calcul aux startups et de leur permettre de développer et d’entraîner réellement leurs modèles.

Par exemple, dans l’Union européenne, nous comptons 8.000 startups qui développent actuellement des systèmes d’IA. Mais il existe un goulet d’étranglement majeur, à savoir qu'elles ne disposent pas d’une capacité de calcul suffisante. C’est pourquoi nous investissons aujourd’hui dans 19 usines d’IA au sein de l’Union européenne. Et quatre de ces usines étaient également présentes ici aujourd’hui et ont signé un accord avec leurs homologues marocains.

- Comment voyez-vous l'évolution de la coopération surtout avec cette nouvelle perspective que portent les accords qui viennent d’être signés ?

- Oui, les trois grands axes portent avant tout sur l’IA — son développement et son entraînement —, ensuite sur la connectivité et la construction des infrastructures, puis sur les différents services numériques. Ce sont les éléments centraux de notre dialogue numérique.

Mais je suis certaine que de nouveaux volets viendront s’ajouter dans les prochains mois, car aujourd’hui nous venons seulement de lancer ce dialogue. Nous allons maintenant aller plus en profondeur et explorer d’autres domaines possibles.

Bien sûr, nous avons commencé principalement au niveau gouvernemental. Mais il est essentiel d’impliquer aussi les entreprises, les industriels et les startups, afin que l’ensemble de l’écosystème puisse en bénéficier.

En ce qui concerne les startups et la coopération entre l’Union européenne, le Maroc et plus largement l’écosystème africain des startups, il y a aussi un projet européen présent ici, Bridge (ADIB, ndlr). Il construit des passerelles de coopération entre les écosystèmes de startups en Europe et dans les pays africains. Ils étaient ici avec notre Conseil européen de l’innovation. Et j’ai compris qu’il y avait eu beaucoup d’intérêt ces derniers jours.

- Quels sont les avantages ou les bénéfices que l’Europe tire de cette coopération ?

- Pour l’Union européenne, il est très important de renforcer notre souveraineté technologique, car nous voyons aujourd’hui à quel point il est crucial, pour notre compétitivité et notre sécurité, de disposer de certaines capacités propres, sans dépendre excessivement de pays tiers ou de grandes entreprises dans des secteurs très critiques pour notre société et notre économie.

Mais en même temps, nous ne voulons pas travailler en vase clos. Nous voulons travailler avec des partenaires de confiance. C’est exactement la raison pour laquelle nous avons lancé ce dialogue numérique avec le Maroc, car nous considérons que le Maroc est véritablement un hub d’innovation en Afrique, mais aussi un hub de connectivité. De nombreuses connexions importantes passent par le Maroc, qui est également à l’avant-garde des technologies dans cette région.

Nous considérons donc qu’il est stratégique pour l’Union européenne de construire cette coopération. Bien sûr, c’est au Maroc de décider lui-même quel type d’infrastructure technologique il souhaite développer. Je pense qu’il devient de plus en plus important pour les pays de pouvoir réellement maîtriser leurs technologies. Par exemple, les données sensibles doivent être localisées dans le pays. Et la vie privée des citoyens doit également être respectée, notamment en ce qui concerne les données. Je pense que ce sont là des dimensions très stratégiques pour chaque pays. Et je crois que c’est aussi un sujet sur lequel le Maroc réfléchit, comment renforcer sa souveraineté dans ces domaines.

Je tiens vraiment à souligner que nous suivons de près les évolutions en cours ici, et nous voyons que le Maroc a un programme très ambitieux de digitalisation du pays. Des investissements très importants sont également réalisés.

Le Maroc est aussi dans une position favorable, car vous avez accès à une énergie propre. Beaucoup de pays qui veulent aujourd’hui investir dans la capacité de calcul liée à l’IA ou dans des centres de données rencontrent de grandes difficultés, parce qu’ils ne disposent pas de suffisamment d’énergie propre. Or le Maroc est, je pense, dans une bonne position pour développer ce type de centres de données durables et d’usines d’IA.

8 avril 2026

19:50 Amal Fellah Seghrouchni : “Du data center aux startups, le Maroc veut bâtir un écosystème IA complet”

En direct de Marrakech, à l’occasion de la deuxième journée du Gitex Africa Morocco, Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, revient pour Médias24 sur l’accord signé avec Nexus pour une AI Factory au Maroc, défend une “troisième voie” marocaine en matière de numérique et détaille les premiers usages de l’IA au sein de son ministère.

Invitée du 12/13 spécial Gitex, ce mercredi 8 avril 2026, Amal El Fallah Seghrouchni a répondu aux questions de Médias24 sur les ambitions du Maroc en matière d’intelligence artificielle, de souveraineté numérique et de transformation de l’administration. Entretien.

Médias24. Vous avez signé aujourd’hui un accord relatif à la construction d’un data center au Maroc, dédié à l’intelligence artificielle et porté par l’Américain Nexus. On parle d’un projet à 1,2 milliard de dollars. De quoi s’agit-il concrètement et en quoi est-ce un game changer pour le développement de l’IA au Maroc ?

Amal El Fallah Seghrouchni. Ce que nous avons signé avec Nexus, c’est la création d’une AI Factory. Ce n’est pas uniquement un data center. Il y a le data center, mais il y a aussi d’autres choses avec, notamment une école de formation, de training, ainsi que des développements de supercalculateurs.

Le data center, on parle de quelque chose comme 36 ou 37 mégawatts, ce qui n’est pas négligeable, dans la région de Nouaceur. C’est très important pour nous d’attirer des investisseurs qui viennent renforcer l’infrastructure numérique et la capacité de calcul du Royaume du Maroc parce que, comme vous le savez, aujourd’hui, cela fait partie des priorités nationales d’augmenter les capacités, aussi bien en termes d’infrastructures qu’en termes de connectivité.

C’est une signature très intéressante, d’autant plus que Nexus, comme vous le savez, est une compagnie américaine. La signature s’est faite en présence de l’ambassadeur des États-Unis au Maroc, avec l’objectif d’élargir ce type de projets à d’autres régions du Maroc. Nous avons parlé ce matin du fait que ce sera de Tanger à Dakhla, ce qui est un signal technologique fort, mais aussi un signal politique très fort, puisque construire aujourd’hui un data center à Dakhla avec Nexus a une portée politique très importante.

Il y a aussi une autre signature, tout aussi importante : celle avec l’Union européenne, pour créer un accord-cadre, très général et très englobant, de collaboration entre le Royaume du Maroc et l’Union européenne. Là aussi, il est question de faire du Maroc une AI Factory européenne, ce qui veut dire qu’avec l’Union européenne, nous pourrons espérer des financements pour renforcer nos capacités de calcul, nos capacités de stockage et notre infrastructure. Il y a aussi une dimension très importante avec l’Europe, c'est le partage de bonnes pratiques sur tout ce qui est gouvernance de l’intelligence artificielle et de la donnée, et le traitement des données en général.

- Généralement, ce type de projet se fait en plusieurs phases. On commence tout doucement avec l’ambition, peut-être, d’agrandir ensuite le projet. Est-ce qu’on est dans la même configuration concernant l’AI Factory avec Nexus ?

- Bien sûr. Ce que nous avons signé ce matin va démarrer tout de suite. La généralisation à d’autres régions du Maroc prendra le temps technologique nécessaire, puisqu’ensuite, il faut aller à Tanger, à Dakhla, dans d’autres villes, et faire d’autres études. Mais tout de suite, oui, nous démarrons ce que nous avons signé ce matin, c’est-à-dire l’AI Factory à Nouaceur.

Je ne cherche pas à être un poids plume face à des poids lourds. Il faut trouver un autre jeu. Il ne s’agit pas de changer les règles, il s’agit de changer de jeu, de changer de cartes.

- Hier, vous avez parlé d’une "troisième voie" marocaine en matière de numérique et d’intelligence artificielle. Concrètement, quelle est cette voie et quels en sont les fondements ?

- Ce n’est pas la première fois que je parle de la troisième voie. Je l’avais déjà annoncée au Web Summit, lorsqu’on était à Doha. Cette troisième voie incarne une voie d'un numérique responsable, éthique, qui ne s’appuie pas sur une volonté de domination technologique. Nous savons, en tant que Marocains, que nous avons des ressources qui sont ce qu’elles sont, qu’on peut renforcer, mais aujourd’hui, on ne joue pas dans la cour des investisseurs à 200 milliards de dollars.

La stratégie Maroc Digital 2030 est une stratégie qui a un financement très intéressant, très important, mais cela ne me permet pas de construire un data center de 500 mégawatts. Donc il faut être raisonnable et concret. Il faut aussi se dire qu’aujourd’hui, nous allons dans un monde de coalitions. Il faut innover dans la manière dont on se regroupe autour du numérique. On ne va pas rester dans la polarisation entre ceux qui investissent à coups de milliards, ceux qui n’ont pas de régulation, ceux qui ont des régulations mais pas de milliards.

Ce qui est très important, c’est, d’abord, de ne pas bâtir la convergence sur la domination. Ensuite, de trouver les bons partenaires, ceux qui partagent les mêmes valeurs que nous sur la question de la gouvernance de l’intelligence artificielle et du numérique, des partenaires qui veulent créer de l’IA for good, qui sont prêts à travailler pour la planète, pour le renforcement des capacités et dans un cadre numérique inclusif.

C’est cela qui fait qu’aujourd’hui, nous imaginons le Maroc comme un hub D4SD, Digital for Sustainable Development. Notre objectif est un digital qui s’appuie sur les besoins du terrain. Quand on parle du terrain, on sait de quoi on parle. Quand on parle d’innovation, on sait de quoi on parle. Et aujourd’hui, le Maroc a toutes ses chances pour créer une intelligence artificielle leader et entraîner toute une région autour d’un digital responsable et conforme aux réglementations que nous voulons pousser.

- Je reviens sur un élément que vous avez souligné, il ne s’agit pas pour le Maroc d’être dans une posture de domination technologique dans son environnement régional. Mais il ne s’agit pas non plus, j’imagine, d’être dans une position de vassalité technologique par rapport à des géants du numérique. Quand on parle de souveraineté numérique, et quand on regarde les infrastructures, les outils, les technologies et les solutions utilisées, elles sont massivement étrangères. Est-ce que c’est un problème pour vous ? Faut-il trouver un juste milieu ?

- Je suis d’accord, aucun des deux modèles n’est bon. Et de toute façon, le monde n’est pas binaire. Il n’y a pas que oui ou non. Il y a des nuances. Et ce sont ces nuances que nous cherchons. Ce sont elles qui nous permettent d’imaginer un monde différent.

Ce que j’ai dit hier dans mon discours, c’est que je ne cherche pas à être un poids plume face à des poids lourds. Au lieu d’essayer de me positionner vers l’un ou l’autre, il faut trouver un autre jeu. Il ne s’agit pas de changer les règles, il s’agit de changer de jeu, de changer de cartes.

Et cela, on peut le faire parce qu’aujourd’hui, on n’est pas obligé de faire des modèles à 180 milliards de paramètres. On n’est pas obligé de faire des modèles qui tournent sur toutes les données de la planète. On peut faire de la frugalité à notre niveau. Nous avons des atouts.

Nous avons de l’énergie. Nous pouvons faire des data centers green. C’est ce qu’on cherche à faire à Dakhla, par exemple. Les 500 mégawatts annoncés à Dakhla sont complètement à base d’énergie renouvelable. Aujourd’hui, nous tirons bénéfice des ressources que nous avons, mais nous essayons de trouver des solutions qui s’inscrivent d’abord dans nos valeurs, et ensuite qui répondent à nos propres problèmes, à ceux de nos régions et de notre société.

La domination n’est pas à l’ordre du jour. On est loin de prétendre à une domination technologique. En revanche, vous soulevez une question très importante, qui est celle de la souveraineté. Ce n’est pas parce que je n’ai pas les GPU que je ne peux pas être souveraine sur mes données. Ce n’est pas parce que je n’ai pas toute la puissance de calcul mondiale que je ne peux pas faire du calcul frugal. Ce n’est pas parce que je n’ai pas toutes les données d’Internet que je ne peux pas faire des datasets customisés pour des problèmes particuliers que j’ai envie de résoudre.

Trouver des niches, trouver des ressources adéquates, trouver des modèles tractables par rapport à mes ressources et à mes données, c’est cela, pour moi, la souveraineté.

D’où la troisième voie que nous défendons corps et âme.

Réussir le pari de l’intelligence artificielle, c'est avoir des licornes en intelligence artificielle

- Vous êtes ministre en charge de la transition numérique, mais vous êtes aussi une experte de l’intelligence artificielle. Au niveau du ministère, avez-vous adopté massivement, ou progressivement, l’intelligence artificielle au quotidien ? Comment ?

- Nous avons d’abord commencé par créer une direction générale de l’intelligence artificielle pour faire le lien entre le numérique et l’administration. J’ai commencé par recruter des jeunes, y compris des profils en sortie d’école. Nous avons une équipe de 25 à 30 personnes en permanence, de nouvelles personnes que j’ai recrutées, et je vais en recruter d’autres pour travailler sur des sujets à intérêt rapide.

Par exemple, j’ai une équipe qui a développé un outil permettant de chercher des nominations dans le Bulletin officiel. On commence par digitaliser tout le Bulletin officiel. Et ce Bulletin officiel digitalisé, on peut le mettre au service de toute l’administration.

Vous allez me dire : digitaliser, ce n’est pas de l’IA. Ce n’est pas uniquement de l’intelligence artificielle, puisque nous travaillons sur la digitalisation de documents PDF. Ce n’est pas juste un scan. C’est générer des fichiers processables, c’est-à-dire faire de l’OCRisation. Mais l’OCRisation ne marche pas toujours pour des documents qui ne sont pas dactylographiés. Là, on est dans des algorithmes de vision par ordinateur qui relèvent du domaine de l’intelligence artificielle. Toutes les recherches que nous allons faire relèvent aussi du domaine de l’intelligence artificielle.

Mais nous avons aussi mis en place des outils de chatbot avec les utilisateurs. Tout cela est encore en mode test. Vous pouvez aller voir les démos au pavillon e-gov. Tous les outils d’IA que nous développons, nous les mettons en relation avec la Réforme de l’Administration.

- Ce sont des outils développés en interne ?

- En interne. Mais l’idée, ce n’est pas de tout développer en interne. On a bootstrapé, en attendant d’avoir une masse critique. Mais le bootstrap dit qu’il faut tester les idées. Il ne faut pas dire : oui, tout le monde va adopter. Il faut commencer par voir si, au niveau du ministère, on adopte. Et je peux vous dire que cela adopte bien.

Aujourd’hui, nous sommes prêts à monter en expertise quand nous disons que nous voulons une direction générale de l’IA. Parce que qui va diriger les Jazari Institute que nous sommes en train de créer dans tout le Maroc ? Il me faut des porteurs de projets sur l’IA et la santé, sur l’IA et l’administration, sur l’IA et l’agriculture. J’ai donc besoin de monter en capacité. J’ai besoin d’avoir beaucoup de gens. C’est aussi un appel à manifestation d’intérêt : j’ai besoin de beaucoup d’ingénieurs très pointus sur l’intelligence artificielle.

- Donc le ministère recrute...

- Le ministère recrute, mais pas seulement pour le ministère, aussi pour les Jazari, qui sont un réseau adossé au ministère. Aujourd’hui, nous disons que si nous voulons adopter l’IA, il faut commencer par mettre les outils à disposition des utilisateurs. Et je peux vous dire qu’ils sont très contents d’avoir des chatbots et des outils qui leur permettent de faire des démarches administratives de la manière la plus friendly possible.

- Dernière question, rapidement, en une phrase : qu’est-ce qui vous ferait dire, d’ici quatre ans, que le Maroc a réellement réussi son pari de l’intelligence artificielle ?

- En une phrase : qu’on ait des licornes en intelligence artificielle.

8 avril 2026

16:42 Au GITEX Africa, Maroc Telecom et la Commission européenne s'allient pour une souveraineté numérique commune

Mohamed Benchaâboun, directeur général du groupe Maroc Telecom, et Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission européenne, se sont entretenus au sujet de la sécurisation des infrastructures numériques critiques, de la gouvernance des données, de la cybersécurité et des conditions d'un développement technologique souverain et durable au GITEX Africa 2026.

En marge de l’édition 2026 du GITEX Africa, le groupe Maroc Telecom a franchi une étape majeure dans son positionnement stratégique continental. Mohamed Benchaâboun, directeur général du groupe, s’est entretenu lors d’une réunion de haut niveau avec Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive de la Commission européenne, afin d’échanger sur les enjeux cruciaux de la souveraineté technologique et de la sécurité des réseaux.

Au cœur des échanges, la sécurisation des infrastructures numériques a été identifiée comme une priorité absolue. En tant qu'opérateur de référence, Maroc Telecom joue un rôle pivot dans la maîtrise des flux de données et la résilience des réseaux au Maroc et en Afrique.

Cette ambition se traduit concrètement par le renforcement de la cybersécurité face aux menaces croissantes, le développement d’infrastructures cloud souveraines pour garantir la gouvernance des données, ainsi que l’investissement massif dans les réseaux de nouvelle génération, véritables piliers d'un développement technologique durable.

La rencontre a également mis en lumière des défis partagés par les deux continents. Face à la concentration des acteurs mondiaux du numérique, l’Union européenne et le groupe Maroc Telecom plaident pour la construction d’alternatives technologiques crédibles et ancrées dans les territoires.

Cette coopération vise avant tout à garantir la protection des données des citoyens et la résilience économique des entreprises locales.

Pour le groupe Maroc Telecom, la souveraineté numérique dépasse le cadre théorique pour devenir une mission opérationnelle quotidienne. Comme l’a souligné Mohamed Benchaâboun, "la souveraineté numérique n'est pas un concept abstrait. Pour Maroc Telecom, c'est une responsabilité concrète, au quotidien. Nous déployons des infrastructures critiques qui connectent des dizaines de millions de personnes au Maroc et en Afrique. Sécuriser ces infrastructures, maîtriser les données qui y transitent, et garantir la résilience de nos réseaux face aux menaces de toute nature : voilà ce que signifie la souveraineté numérique pour nous. Notre rencontre avec Madame Virkkunen a confirmé que sur ces sujets, l'Union européenne et l'Afrique ont non seulement des intérêts convergents, mais aussi une capacité réelle à construire ensemble des réponses à la hauteur des enjeux".

Cette alliance de vision avec la Commission européenne confirme la volonté de Maroc Telecom de bâtir un écosystème numérique résilient, capable de répondre aux exigences de sécurité et de performance de l'Afrique de demain.

8 avril 2026

16:39 Visa Africa Fintech Accelerator au Gitex Africa Morocco 2026

8 avril 2026

15:54 Nouhade Machkour, directrice ICT Orange, au Médias24 Live Studio

8 avril 2026

15:23 Le 12/13 spécial GITEX | Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la réforme de l'administration

8 avril 2026

14:15 Le 12/13 spécial GITEX | Rachid Guerraoui, professeur à l'École polytechnique fédérale de Lausanne

8 avril 2026

13:53 Le 12/13 spécial GITEX | Ahmed Djamai, Program Director FLAT6LABS

8 avril 2026

13:45 Le 12/13 spécial GITEX | Youssef Agoumi, Managing Partner Formind Africa & Middle-East

8 avril 2026

12:37 Le 12/13 spécial GITEX | Mohamed Saad, président de l'AUSIM

8 avril 2026

12:16 Mohamed Bennis (Orange) et Mohamed Essaidi (AUSIM) au Médias24 Live Studio

8 avril 2026

11:09 UE-Maroc : lancement d’un dialogue numérique pour renforcer le partenariat stratégique

L’Union européenne et le Royaume du Maroc ont franchi une nouvelle étape dans leur partenariat stratégique en lançant, mercredi 8 avril 2026, un dialogue numérique UE-Maroc, destiné à renforcer la coopération bilatérale dans les domaines du numérique, des données et de l’intelligence artificielle (IA).

Selon les deux parties, ce dialogue numérique reflète une vision commune visant à libérer le potentiel des solutions numériques, des données et de l’intelligence artificielle (IA), en soutenant une économie et une société numériques au service des citoyens.

Il permettra de renforcer la coopération dans des domaines tels que l’IA, le soutien aux jeunes pousses numériques, les infrastructures numériques sûres et fiables, ainsi que l’interopérabilité des solutions d’infrastructures numériques publiques, telles que les portefeuilles numériques.

Le dialogue a été lancé par Henna Virkkunen, vice-présidente exécutive chargée de la souveraineté technologique, de la sécurité et de la démocratie, et Amal El Fallah Seghrouchni, ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’Administration.

Le dialogue numérique UE-Maroc sera axé, entre autres, sur :

  • La facilitation du déploiement de réseaux et d’infrastructures numériques sûrs et fiables afin de soutenir la coopération dans des domaines tels que l’IA et les infrastructures publiques numériques.
  • L'échange des meilleures pratiques et le soutien au déploiement des infrastructures de calcul de l’IA, ainsi que des écosystèmes qui l’entourent.
  • L'établissement d'une coopération avancée entre les instituts de recherche marocains en IA et les centres européens, notamment en facilitant les projets de recherche et d’innovation, ainsi que le partage des ressources et des connaissances.
  • Le renforcement de la collaboration en matière d’e-gouvernance et d’infrastructures publiques numériques, y compris en œuvrant à l’interopérabilité entre les solutions et les cadres de l’UE et du Maroc.
  • L'aide aux start-up afin qu'elles proposent des solutions pertinentes répondant aux besoins des entreprises et de la société.

En marge du lancement de ce dialogue, Mme Virkkunen et Mme Seghrouchni ont signé un accord administratif sur les écosystèmes d’IA pour l’innovation, marquant une nouvelle phase opérationnelle dans la coopération technologique entre les deux partenaires.

Dans ce cadre, quatre centres européens de super calcul (BSC, CINECA, GENCI et LUMI) ont signé une lettre d’intention avec l’Université Mohammed VI polytechnique, qui abrite le supercalculateur le plus puissant du continent africain.

Cette dynamique s’inscrit dans la continuité de plusieurs avancées structurantes, notamment l’atterrissage du câble sous-marin Medusa à Nador, ainsi que l’appui continu apporté à la stratégie nationale ''Maroc Digital 2030'', en particulier pour le déploiement des services publics numériques.

Selon les mêmes sources, le dialogue numérique pourrait également ouvrir la voie à des programmes de coopération concrets actuellement en cours de discussion entre l’UE et le Maroc. Ceux-ci soutiendraient la mise en œuvre de la stratégie ''Maroc Digital 2030'', l’arrangement administratif signé aujourd’hui ainsi que l’écosystème marocain des start-up.

8 avril 2026

11:00 “Masterclass – Rachid Guerraoui : “Sommes-nous condamnés au chômage et à la vassalité à l’ère de l’IA ?”

8 avril 2026

10:57 Nadia Mrabi, senior manager RSE et ODC Orange, au Médias24 Live Studio

8 avril 2026

10:10 Mohamed Belahcen, directeur Inclusion financière et sociale et relation institutionnel de Wafacash, au Médias24 Live Studio

7 avril 2026

20:44 Chakib Achour : “Au-delà de l’événement, le Gitex est une machine à connexions business”

À l’occasion de la 4ᵉ édition de GITEX Africa Morocco, Chakib Achour, représentant officiel de l’événement au Maroc, revient sur les retombées concrètes du salon pour le Royaume, les priorités technologiques mises en avant cette année et les ambitions portées à l’échelle africaine.

En quatre éditions, GITEX Africa Morocco s’est imposé comme l’un des grands rendez-vous technologiques du continent. Pour Chakib Achour, représentant officiel de l’événement au Maroc, cette montée en puissance a déjà produit un premier effet concret : installer durablement le Royaume dans le paysage numérique international.

« Aujourd’hui, partout dans le monde, quand vous parlez du Maroc et du fait que GITEX Africa se tient au Maroc, tout le monde dit qu’il est au courant », affirme-t-il sur le plateau du 12/13 de Médias24, depuis Marrakech. Dans ses échanges avec des entreprises étrangères, le constat revient, dit-il, de manière récurrente : « Quand je leur parle de GITEX Africa à Marrakech, ils me disent que c’est formidable, qu’ils suivent les actualités. Clairement, le Maroc est sur la carte digitale au niveau international ».

Un salon pensé comme levier de business et d’investissement

Au-delà de l’image, Chakib Achour défend une lecture plus large de l’événement. GITEX Africa Morocco ne serait pas seulement une vitrine, mais aussi un outil de structuration de l’écosystème. « C’est l’image du Maroc, mais également le développement de l’écosystème, de l’innovation, du business et de l’investissement », résume-t-il.

Cette ambition se traduit, selon lui, par la capacité du salon à connecter les différents maillons de la chaîne : grands groupes, startups, investisseurs, institutions et acheteurs. « Notre rôle, c’est de connecter les sociétés avec l’écosystème, avec ceux qui veulent acheter, et donc de créer des opportunités business à l’échelle africaine », explique-t-il.

L’un des principaux arguments avancés par l’organisation reste la concentration, en un même lieu, d’un volume important d’acteurs. Cette année, GITEX Africa Morocco réunit plus de 1.400 exposants, plusieurs centaines de startups et plus de 350 investisseurs, lesquels représenteraient, selon Chakib Achour, plus de 450 milliards de dollars d’actifs. Pour les jeunes entreprises, l’enjeu est double : accéder à des financements et trouver des débouchés commerciaux. « Les startups ont une opportunité incroyable, parce qu’elles sont connectées avec ces investisseurs pour lever des fonds. Mais elles ont aussi l’opportunité de voir des clients et d’aller chercher des opportunités pour développer leur business », souligne-t-il.

L’IA et la cybersécurité au cœur de l’édition 2025

L’édition actuelle accorde une place centrale à l’intelligence artificielle et à la cybersécurité. Un choix assumé, que Chakib Achour justifie par la complémentarité entre les deux domaines. « On estime que les deux secteurs sont liés et qu’on ne peut pas développer l’intelligence artificielle sans développer la cybersécurité », dit-il.

Dans l’organisation même du salon, ce choix se traduit par une répartition thématique claire. Le premier chapiteau est consacré en grande partie à l’intelligence artificielle, avec une place importante également accordée à la cybersécurité. Pour les organisateurs, ces deux segments concentrent aujourd’hui une part centrale des enjeux technologiques.

Infrastructure, cloud, data centers : les priorités du continent

Le salon met également en avant l’e-gov, la connectivité, la 5G, le cloud et les data centers. Là encore, l’objectif affiché est de coller aux priorités du continent. Plusieurs pays africains ont engagé des stratégies de transformation digitale, ce qui suppose, selon lui, des investissements lourds dans les infrastructures numériques. « Cela nécessite un investissement au niveau de l’infrastructure, que ce soit la connectivité, mais également les data centers, pour stocker les données », explique-t-il.

Derrière cette orientation, c’est aussi la question de la souveraineté numérique qui affleure, à travers la maîtrise du stockage et de l’exploitation des données. GITEX Africa veut ainsi se poser en plateforme de partage d’expériences sur les politiques publiques numériques, l’hébergement des données et les modèles de développement technologique adaptés aux réalités africaines.

PME, export, Afrique : la logique d’écosystème

Pendant trois jours, plus de 250 intervenants débattent de cas d’usage, de politiques publiques, d’infrastructure, d’intelligence artificielle ou encore de cybersécurité. Une journée entière est consacrée à cette dernière thématique, tandis qu’une autre est dédiée aux PME.

Sur ce point, Chakib Achour insiste sur un enjeu central pour le Maroc : la numérisation du tissu économique. « Au Maroc, plus de 90% de l’économie est basée sur les PME. Il faut aider ces PME à intégrer de plus en plus le digital, mais en même temps les aider à exporter leurs services en Afrique », affirme-t-il.

À ses yeux, l’événement doit justement servir à créer une dynamique d’affaires entre pays africains, tout en renforçant les passerelles avec l’Europe, qu’il dit présente « en force » cette année.

Une montée en puissance portée par de nouveaux exposants

Le succès de cette 4e édition se mesurera, selon lui, à des résultats tangibles : des startups satisfaites de leurs levées de fonds ou de leurs rencontres commerciales, la réussite du Supernova Challenge, mais aussi la capacité du salon à attirer de nouveaux exposants et de nouvelles délégations.

Sur ce dernier point, Chakib Achour dit constater une progression continue. Il cite notamment l’ampleur du pavillon français, le retour renforcé de la Suisse et l’arrivée de la Tunisie avec son propre pavillon. « Chaque année, on a de plus en plus d’exposants qui viennent, de plus en plus de pays qui viennent », observe-t-il.

Et déjà, les organisateurs regardent vers la prochaine étape. La cinquième édition est dans toutes les têtes. Sans en dévoiler les contours, Chakib Achour promet un rendez-vous à la hauteur du symbole. « Il faut marquer le coup. Nous serons à la cinquième édition. Il faut montrer quelque chose de très fort », avance-t-il.

7 avril 2026

19:07 Infrastructures numériques : Oracle ouvre une région cloud à Casablanca, un tournant pour l’IA et la souveraineté des données

Oracle devient le premier "Hyperscaler" à ouvrir une région de cloud public au Maroc. Située à Casablanca, cette infrastructure stratégique permet aux entreprises, aux start-up et aux organismes publics d'accéder localement aux solutions d'IA générative et de cloud computing les plus avancées, garantissant ainsi la souveraineté et la résilience des données nationales.

Oracle ouvre un cloud public dans la région de Casablanca. Cette nouvelle infrastructure permettra aux organisations marocaines de tirer pleinement parti d’Oracle Cloud Infrastructure (OCI) pour accélérer l’innovation en IA. En partenariat avec N+ONE Datacenters pour l’hébergement, ce déploiement vise à répondre à la demande croissante de services Cloud et de souveraineté numérique au Maroc.

Les entreprises, les start-up et les organismes publics accèderont désormais aux solutions d'IA générative et de cloud computing les plus avancées du groupe. Cette infrastructure locale permettra la migration de tous types de charges de travail (on-premises) vers le cloud, tout en garantissant que le traitement et l’hébergement des données s’effectuent strictement à l’intérieur des frontières nationales.

Cette région cloud soutiendra la position du Maroc comme hub régional pour l’innovation. Elle accompagnera directement la stratégie gouvernementale "Digital Morocco 2030" en offrant des outils tels qu'OCI AI Agent Platform et Oracle AI Data Platform. Pour renforcer cette présence, Oracle ne compte pas s'arrêter à la métropole économique. Le groupe prévoit déjà l'ouverture d'une deuxième région de cloud public à Settat, complétant ainsi son maillage africain après Johannesburg et Nairobi, précise Cormac Watters, vice-président exécutif chez Oracle EMEA.

Grâce à ce modèle de cloud distribué, Oracle se positionnera comme le seul acteur capable de fournir plus de 200 services cloud et IA via des déploiements flexibles (public, hybride ou multicloud). En offrant une faible latence et des capacités d’IA souveraine, l’Hyperscaler permettra désormais aux acteurs locaux d’être compétitifs à l’échelle mondiale sans faire de compromis sur la gouvernance de leurs données.

7 avril 2026

18:49 Au GITEX Africa 2026, l’ambassadeur américain réaffirme le soutien de son pays à l’initiative marocaine d’autonomie

Richard Duke Buchan III a réaffirmé, à Marrakech, le soutien de son pays à l’initiative marocaine d’autonomie, tout en mettant en avant l’intérêt croissant des investisseurs américains pour le Sahara marocain.

L’ambassadeur des États-Unis à Rabat, Richard Duke Buchan III, a réitéré, le mardi 7 avril 2026 à Marrakech, le soutien de son pays au plan marocain d’autonomie comme "voie vers la résolution" de ce différend régional et "la prospérité".

"Les États-Unis soutiennent le plan marocain d'autonomie comme voie vers la résolution et la prospérité", a déclaré le diplomate américain à l’ouverture du GITEX Africa Morocco 2026.

"Les investisseurs américains appellent notre ambassade et notre consulat sans arrêt, ils sont prêts à investir au Sahara", a-t-il ajouté, relevant que les États-Unis et les entreprises américaines "sont impatients de se tenir aux côtés du Maroc et d'aider à concrétiser la vision de Sa Majesté le Roi pour chaque région du Royaume".

L’ambassadeur américain a aussi fait observer que "l'opportunité économique dans le Sahara marocain est illimitée, et les entreprises américaines sont là pour faire de cette opportunité une réalité".

 

7 avril 2026

18:14 Télécoms : inwi s'allie à China Mobile et signe la première 5G privée industrielle au Maroc

Implanté sur un site de 52 hectares dans l’Oriental, ce projet vise à faire émerger une usine hautement automatisée, appelée à devenir une référence continentale en matière d’industrie 4.0.

inwi a annoncé un partenariat avec China Mobile International pour déployer le premier réseau 5G privé à usage industriel au Maroc.

L’opérateur sera chargé de la conception, du déploiement et de l’exploitation de cette infrastructure, destinée à un "grand client industriel de son partenaire dans la région", indique l'opérateur national.

Le projet concerne un site de 52 hectares situé dans l’Oriental, présenté comme l’un des plus vastes du genre en Afrique. L’usine, pensée comme une plateforme industrielle fortement automatisée, ambitionne de s’imposer comme une "référence en matière d’industrie 4.0 sur le continent".

Concrètement, inwi mobilisera des ressources de connectivité entièrement dédiées et privatisées, ainsi que des expertises de niveau opérateur pour le déploiement de ce réseau 5G privé couvrant l’ensemble du site industriel. L'objectif est de "garantir des débits élevés, une latence très faible et une stabilité adaptée aux usages industriels les plus exigeants".

Cette infrastructure doit notamment faciliter le déploiement de solutions IoT avancées et de systèmes intelligents de pilotage, afin d’optimiser la performance et la productivité du site.

inwi s’appuie également sur son partenariat avec Huawei pour développer des offres de 5G privée à destination des entreprises, dans des secteurs comme les mines, les énergies renouvelables, l’agriculture ou la logistique.

Ce projet d’envergure constitue une première implémentation de la 5G privée au Maroc et l’une des initiatives les plus ambitieuses en matière d’industrie 4.0 sur le continent.

7 avril 2026

17:07 Anas Chanaa, co-fondateur et CEO de Nucleon Security, au Médias24 Live Studio

7 avril 2026

15:59 Au GITEX 2026, Chakib Alj appelle à investir dans les compétences et l’innovation en Afrique

À l’ouverture du GITEX Africa Morocco 2026, le président de la CGEM, Chakib Alj, a mis en avant le positionnement du Maroc comme hub technologique régional, appelé à jouer un rôle moteur dans l’accompagnement de la transformation numérique du continent africain.

À l’ouverture du GITEX Africa Morocco 2026, ce mardi 7 avril à Marrakech, le président de la Confédération générale des entreprises du Maroc (CGEM), Chakib Alj, a mis en avant le positionnement du Royaume comme hub régional capable d’accompagner la transformation technologique du continent africain.

Dans son intervention, il a souligné que cette dynamique repose sur des atouts structurels solides, notamment en matière d’infrastructures numériques, de connectivité et de stratégie énergétique. Le Maroc entend ainsi jouer un rôle moteur dans la structuration d’un écosystème technologique africain à la fois compétitif, inclusif et souverain.

Chakib Alj a replacé cette ambition dans un contexte continental marqué par une mutation progressive, où l’Afrique passe d’un rôle de consommatrice de technologies à celui d’actrice de leur développement. Cette transformation ouvre, selon lui, de nouvelles perspectives dans des secteurs clés tels que l’industrie, la finance ou encore l’agriculture.

Dans ce cadre, il a insisté sur l’importance de capitaliser sur le potentiel de la jeunesse africaine et sur le développement d’écosystèmes innovants pour attirer les investissements et favoriser l’émergence de nouvelles solutions technologiques.

Le président de la CGEM a également mis en avant les avantages compétitifs du Maroc, notamment un mix énergétique durable, marqué par une part significative des énergies renouvelables, ainsi que des ambitions affirmées dans le développement de l’hydrogène vert. À cela s’ajoutent des infrastructures télécoms performantes, une forte connectivité internationale et une position géographique stratégique entre l’Europe et l’Afrique.

Tout en saluant ces acquis, Chakib Alj a alerté sur plusieurs défis à relever, en particulier en matière de cybersécurité, d’éthique et de développement des compétences. Il a appelé à renforcer les investissements dans la formation et à intensifier la coopération à l’échelle africaine pour accompagner cette transformation.

Dans cette dynamique, il a également mis en lumière les initiatives portées par des acteurs nationaux, citant notamment le développement de solutions d’intelligence artificielle conçues au Maroc, illustrant le potentiel d’innovation du continent.

Plus largement, cette intervention s’inscrit dans le cadre d’un événement qui confirme le positionnement du Maroc comme plateforme de connexion entre l’Afrique et le reste du monde, favorisant les partenariats et la création d’opportunités dans le domaine du numérique.

Placée sous le thème "Catalyser l’économie numérique africaine à l’ère de l’intelligence artificielle", cette édition du GITEX Africa, qui réunit des milliers de participants et d’acteurs internationaux, se veut un espace de convergence entre innovation technologique et enjeux de souveraineté.

7 avril 2026

15:59 Le 12/13 spécial GITEX | Chakib Achour, country chief representative du GITEX Africa Morocco

7 avril 2026

15:00 Le 12/13 spécial GITEX | Rachid Ressani, administrateur et trésorier de l'APEBI

7 avril 2026

14:32 GITEX Africa 2026 : la vision d’Amal El Fallah Seghrouchni pour le numérique marocain

À l’ouverture du GITEX Africa Morocco 2026, la ministre de la Transition numérique, Amal El Fallah Seghrouchni, a présenté la vision du Maroc face aux mutations technologiques mondiales, défendant une "troisième voie" axée sur la souveraineté, l’innovation et un usage du numérique au service du développement et du citoyen.

À l’ouverture du GITEX Africa Morocco 2026 à Marrakech, la ministre de la Transition numérique et de la réforme de l’Administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a défendu une vision stratégique du numérique fondée sur la souveraineté technologique, l’innovation et la coopération internationale.

Dans son allocution, la ministre a souligné que cet événement, réunissant plus de 50.000 participants issus des sphères publique et privée, s’impose comme une plateforme majeure de réflexion sur l’avenir numérique du continent africain et sur les équilibres technologiques mondiaux.

Elle a replacé cette dynamique dans un contexte international marqué par des mutations profondes, notamment l’accélération du développement de l’intelligence artificielle et le retour des tensions géopolitiques. Selon elle, ces évolutions redéfinissent les rapports de puissance à l’échelle mondiale, faisant de la technologie un levier central de compétitivité, de souveraineté et de gouvernance.

Face à ces transformations, Amal El Fallah Seghrouchni a mis en avant l’ambition du Maroc de construire un modèle propre, qualifié de "troisième voie", qui se distingue des approches dominantes portées par les grandes puissances technologiques. Cette vision repose sur une utilisation du numérique au service du citoyen, du développement économique et du bien commun.

La ministre a détaillé les fondements de cette approche, articulée autour de plusieurs piliers, dont la souveraineté technologique, une modernité adaptée aux réalités nationales, et la capacité du Royaume à jouer un rôle de pont entre différentes régions du monde. Le Maroc entend ainsi se positionner comme une puissance d’équilibre, favorisant le dialogue international sur les enjeux liés au digital et à l’intelligence artificielle.

Dans ce cadre, elle a également insisté sur la nécessité de bâtir de nouvelles alliances internationales pour faire face aux défis globaux, qu’ils soient économiques, sécuritaires ou technologiques. La compétition mondiale en matière d’intelligence artificielle, marquée par des investissements massifs des États-Unis, de la Chine et de l’Union européenne, impose selon elle une réflexion stratégique adaptée pour les pays émergents.

Au-delà de l’intelligence artificielle, la ministre a évoqué les transformations à venir, notamment celles liées aux technologies quantiques, appelant à anticiper dès à présent ces évolutions pour renforcer les capacités nationales en matière de recherche, de sécurité des données et d’innovation.

Enfin, Amal El Fallah Seghrouchni a mis en avant les atouts du Maroc, notamment sa position géographique, la diversité de ses partenariats et son engagement en faveur du multilatéralisme, pour devenir une plateforme internationale de dialogue sur les enjeux technologiques et éthiques liés à l’intelligence artificielle.

Elle a conclu en affirmant que le Royaume poursuivra ses efforts pour construire un modèle numérique à la fois inclusif, souverain et tourné vers l’avenir, en s’appuyant sur une vision stratégique de long terme et des actions opérationnelles concrètes.

7 avril 2026

14:11 Le 12/13 spécial GITEX | Hassan Belkhayat, président de la commission Écosystème Tech de la CGEM

7 avril 2026

13:26 Aziz Akhannouch promet un Maroc numérique “plus souverain et plus créateur d’emplois”

À l’ouverture du GITEX Africa Morocco 2026, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a mis en avant les priorités du Maroc en matière de transformation numérique, insistant sur le rôle stratégique du digital dans la création d’emplois, le développement économique et le renforcement de la souveraineté technologique du Royaume.

À l’ouverture du GITEX Africa Morocco 2026 à Marrakech, le chef du gouvernement, Aziz Akhannouch, a mis en avant les avancées du Maroc en matière de transformation numérique, tout en soulignant les ambitions nationales en termes de souveraineté technologique, d’innovation et de création d’emplois.

Dans son allocution, il a rappelé que la digitalisation constitue désormais une "priorité stratégique", illustrée notamment par la création, dès 2021, d’un département ministériel dédié. Ce choix s’est accompagné d’un effort budgétaire significatif, avec une augmentation des investissements publics dans le numérique, passés de 11 millions à 1,7 milliard de DH entre 2021 et 2024.

Cette orientation s’est concrétisée par le lancement de la stratégie "Maroc Digital 2030", qui vise à faire du numérique un levier d’amélioration du quotidien des citoyens et de compétitivité économique. Celle-ci repose sur deux axes principaux : la construction d’un État digital au service des usagers, à travers la digitalisation des services publics, et le développement d’une économie numérique créatrice de valeur et d’emplois.

Sur le plan économique, le chef du gouvernement a mis en avant les performances du secteur numérique, notamment dans l’offshoring, avec 148.500 emplois créés et plus de 26 MMDH d’exportations à fin 2024. L’objectif est d’atteindre 270.000 emplois et près de 40 MMDH d’exportations à l’horizon 2030.

L’écosystème des startups a également été abordé, avec la mise en place de mécanismes de financement couvrant toutes les phases de développement, de l’amorçage à la levée de fonds. Dans ce cadre, un programme mobilisant jusqu’à 2,5 milliards de DH a été lancé pour soutenir les jeunes entreprises innovantes.

Par ailleurs, Aziz Akhannouch a insisté sur le rôle central du capital humain dans la réussite de cette transformation. Le nombre d’étudiants formés dans les filières numériques a ainsi doublé en deux ans, passant de 11.000 en 2022 à 22.000 en 2024, tandis que des programmes de formation ciblée, comme JobInTech, ont été déployés pour renforcer les compétences des jeunes.

Concernant l’intelligence artificielle, le Maroc adopte une approche axée sur la souveraineté technologique et la maîtrise des usages. Le Royaume a progressé dans les classements internationaux en matière de préparation à l’IA et a lancé plusieurs initiatives structurantes, dont un institut dédié et des programmes visant à renforcer les capacités nationales dans ce domaine.

Sur le volet des infrastructures, le chef du gouvernement a annoncé l’accélération du déploiement de la 5G, avec un objectif de couverture de 45% de la population d’ici fin 2026 et 85% à l’horizon 2030. En parallèle, le développement de la fibre optique se poursuit, avec plus de 1,4 million d’abonnements attendus d’ici 2025.

Le Maroc entend également renforcer son positionnement comme hub régional du numérique, notamment à travers l’accueil d’investissements dans le cloud computing et la création de centres de recherche et développement, générant déjà plusieurs centaines d’emplois qualifiés.

S’adressant aux investisseurs, le chef du gouvernement a affirmé que le Royaume offre aujourd’hui un environnement favorable, porté par la stabilité institutionnelle, la montée en compétences des ressources humaines et le développement des infrastructures technologiques.

En conclusion, Aziz Akhannouch a souligné que le GITEX Africa s’est imposé comme une plateforme continentale majeure, permettant à l’Afrique de valoriser son potentiel numérique. Il a insisté sur la nécessité de renforcer les investissements, les formations et les connexions entre marchés africains, afin de faire du numérique un véritable levier de développement inclusif.

7 avril 2026

12:54 Amine Bensaid, président de l'Université Al Akhawayn, au Médias24 Live Studio

7 avril 2026

12:38 Le 12/13 spécial GITEX | Lamia Benmakhlouf, directrice générale de Technopark

7 avril 2026

12:38 Pour en finir avec la paperasse et accélérer les investissements, un cadastre minier numérique officiellement lancé

À l'occasion du GITEX 2026 qui se tient du 7 au 9 avril 2026 à Marrakech, la ministre de la Transition énergétique et du développement durable a officiellement annoncé le lancement du cadastre minier numérique du Royaume. Cette nouvelle plateforme vise à moderniser le secteur, à garantir la transparence et à instaurer une gestion plus fluide et immédiate des ressources minières nationales.

Leila Benali a commencé par s'adresser directement, lors de son allocution projetée au Gitex 2026, aux travailleurs miniers, soulignant que ce projet couronne les efforts de réforme profonde du secteur. Cette dynamique inclut non seulement la refonte de la loi, mais aussi le lancement de nouveaux appels d'offres et la modification des licences minières.

À travers cette nouvelle plateforme, le Royaume entend honorer son héritage de "carrefour vibrant du commerce et des minéraux" en ouvrant une ère nouvelle pour ce pilier stratégique de l'économie nationale.

La ministre a dressé un constat amer d'un passé désormais révolu : un potentiel minier "enterré sous des montagnes de papier", des archives complexes et des mois d'attente pour une simple signature.

Le cadastre minier numérique est la réponse technologique à ces blocages. Cette plateforme unique connecte trois axes : le potentiel, les données et la loi. Grâce à des outils de pointe, elle assure :

- Le contrôle spatial automatisé ;

- La résolution des chevauchements de permis ;

- L’utilisation de l'intelligence artificielle pour garantir une sécurité juridique immédiate.

"Rendre l'invisible visible"

L'une des innovations majeures réside dans la superposition des données. En combinant les données géoscientifiques et la cartographie avec le zonage des énergies solaire et éolienne, la plateforme met fin à l'exploration "à l'aveugle". Les investisseurs accèdent à une vision claire du territoire, transformant des décennies d'archives en un système fluide et instantané. "La règle est désormais la même pour tous", a insisté la ministre.

Ce projet est aussi l'incarnation de la vision ESG (environnement, social et gouvernance) du Royaume. Il concrétise, selon la ministre, l'engagement pris lors de la Déclaration de Marrakech de novembre 2024, où plus de 40 nations africaines ont promis un secteur minier responsable. L’objectif est que chaque projet bénéficie réellement aux territoires et respecte l'environnement.

Une technologie au service de l'humain

Leila Benali a souligné que "la technologie n'a aucun sens si elle ne sert pas les gens". Dans cette optique, elle a annoncé une étape supplémentaire en cours de développement : l’adaptation du système pour le rendre totalement accessible aux personnes malvoyantes. Pour la ministre, les opportunités ne doivent souffrir d'aucune barrière physique.

En invitant les "partenaires partageant la même vision" à bâtir ce futur durable, la ministre a conclu son allocution en déclarant officiellement lancé le nouveau cadastre minier numérique du Maroc.

Secteur des mines : fin de l’opacité, le cadastre minier marocain entre dans l'ère du 2.0

7 avril 2026

10:43 Mohamed Bennis, B2B Sales Director d'Orange Maroc, au Médias24 Live Studio

7 avril 2026

10:28 Ouverture du GITEX Africa Morocco 2026

Le GITEX Africa Morocco s’ouvre ce mardi 7 avril à Marrakech. Réunissant décideurs publics, investisseurs, entrepreneurs et innovateurs, ce rendez-vous s’impose comme un espace clé de dialogue, de coopération et de networking autour des enjeux du numérique. Placée sous le thème "Catalyser l’économie numérique africaine à l’ère de l’intelligence artificielle", cette édition mettra l’accent sur les infrastructures de l’IA, les politiques publiques et le passage à l’échelle de solutions à fort impact.
6 avril 2026

23:32 GITEX Africa : plus de 8 start-up ont levé des fonds après l’édition 2025

Plus de huit jeunes pousses ont levé des fonds après leur passage au GITEX en 2025, affirme Amal El Fallah Seghrouchni. Le total des levées réalisées à la suite des différentes éditions précédentes est chiffré à 56,55 M$.

La ministre de la Transition numérique et de la réforme de l’administration intervenait lors d'une conférence en marge du GITEX, consacrée au lancement de l’initiative Morocco 300.

Elle explique que plus de 8 start-up ont levé des fonds après leur passage à l’édition 2025 du Salon. Sur le volet financement, les levées ont atteint un pic de 38,5 M$ en 2025, "complété par plusieurs partenariats stratégiques aux montants confidentiels".

Les levées de fonds totales réalisées à la suite des éditions précédentes de GITEX s'élèvent à 56,55 M$.

Sur le registre des partenariats, 5+ partenariats stratégiques identifiés sont recensés. Le taux de récurrence des start-up est, lui, qualifié de significatif. Le niveau de confiance dans l’initiative est présenté comme fort.

Pour la ministre, "GITEX Africa Morocco n’est pas présenté comme un simple salon d’exposition, mais comme un accélérateur de croissance".

6 avril 2026

21:42 GITEX Africa 2026 : rencontre réunissant les start-up bénéficiaires de l’initiative “Morocco 300”

Une rencontre réunissant les start-up bénéficiaires de l’initiative "Morocco 300" a été organisée, lundi à Marrakech, avec la participation d’investisseurs, de partenaires institutionnels et des différents acteurs de l’écosystème numérique.

Organisée par le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l'administration, cette rencontre constitue une étape stratégique préparatoire avant le lancement de GITEX Africa 2026, visant à renforcer la coordination et à aligner les efforts de l’ensemble de ces parties prenantes.

Après le succès des programmes "Morocco 100" et "Morocco 200", cette édition enregistre une augmentation de 50 % du nombre de bénéficiaires, traduisant une volonté d’élargir la base et de renforcer la présence du Maroc sur la scène technologique internationale.

Dans cette optique, le ministère a adopté une approche pragmatique visant à lever les obstacles à l’internationalisation des start-up, notamment en prenant en charge 95 % des coûts de participation à cette manifestation d'envergure internationale.

Ce soutien inclut également des programmes d’accompagnement en amont, tels que des bootcamps, des webinaires, ainsi que des opportunités de rencontres avec des investisseurs et de développement de partenariats stratégiques.

S’exprimant à cette occasion, la ministre déléguée chargée de la Transition numérique et de la réforme de l’administration, Amal El Fallah Seghrouchni, a indiqué que son département vise, au-delà de la croissance, l’industrialisation de l'écosystème technologique, précisant que "l'objectif est de faire émerger 3.000 start-up, faire naître des licornes marocaines et assurer la formation de 100.000 talents numériques chaque année".

Elle a souligné que le ministère déploie une offre de venture building ambitieuse, mobilisant plus de 700 millions de dirhams pour accompagner plus de 800 start-up dès leurs premières phases de structuration, et qu’il renforce également l’accès au financement à travers une offre de venture capital, avec un engagement de catalyser plus de 2 milliards de dirhams pour soutenir le passage à l’échelle des start-up à fort potentiel.

"Le ministère investit également dans les technologies de rupture, notamment à travers le Jazari Institute et le lancement du Centre national Jazari Root, dédié à l’Intelligence artificielle (IA), à la recherche appliquée et au développement des talents", a-t-elle poursuivi, notant que cette initiative stratégique vise à faire du Royaume une plateforme régionale de référence pour l’innovation digitale au service du développement durable, en favorisant les synergies entre les écosystèmes africains et arabes. "Cette initiative incarne pleinement notre ambition, à savoir créer des passerelles concrètes entre le Maroc et les grands hubs technologiques mondiaux, et donner à nos entrepreneurs les moyens de changer d’échelle et de porter l’innovation marocaine sur la scène internationale", a fait observer la ministre.

Cette rencontre a constitué une étape clé, en fédérant les différents acteurs autour d’une vision commune ayant pour principal objectif de transformer ces initiatives individuelles en une force collective capable de représenter le Maroc à l’international.

Avec près de 800 start-up accompagnées depuis le lancement de GITEX Africa, le ministère de la Transition numérique et de la réforme de l’administration affirme aujourd’hui son leadership dans la mise en place d’un modèle national intégré de soutien à l’innovation, fondé sur la proximité, l’efficacité et une orientation vers les résultats.

6 avril 2026

15:07 Le CMI lance le QR Code Fatourati pour simplifier le paiement des factures

Accessible via les applications bancaires et les wallets, ce dispositif permet de régler une créance en un scan, sans saisie, en s’appuyant sur une infrastructure interconnectée à 32 établissements.

Dans un contexte marqué par la généralisation de la facture électronique, le paiement des factures par scan simplifie les usages et modernise les parcours de règlement des créances.

Le Centre monétique interbancaire (CMI) lance, à l'occasion du GITEX Africa, la fonctionnalité "Fatourati QR", qui vise à simplifier le processus de paiement des factures, en transformant chaque facture en un point d’accès direct, digital et standardisé, aux services associés. Ce lancement s’inscrit dans la montée en puissance de l’écosystème Fatourati, après le déploiement de Fatourati Collect en septembre 2025, puis de Fatourati Agrégateur en février 2026.

En scannant un QR Code intégré dans une facture papier, un email, un document PDF ou un parcours web, sans saisie manuelle ni navigation dans les menus, l'utilisateur accède immédiatement aux informations associées.

Le CMI indique que les informations s’affichent automatiquement : un simple scan suffit pour accéder aux détails de la facture, faciliter son règlement et permettre le rapprochement des opérations. Pour les entreprises, l’intérêt réside aussi dans l’accélération du recouvrement, l’amélioration de la traçabilité des flux et le suivi de la trésorerie.

"Fatourati QR est une étape supplémentaire dans notre démarche de modernisation des flux de règlement des créances, qu’elles soient publiques ou privées. Elle facilite l’accès aux services pour les usagers et améliore l’efficacité des processus pour les organisations", déclare Rachid Saihi, directeur général du CMI.

Disponible en multicanal à travers plusieurs applications de mobile banking et wallets MarocPay, ce service améliore l’expérience des usagers, qu'ils soient particuliers ou entreprises, précise le CMI. Il repose sur une infrastructure déjà largement déployée, interconnectée à 32 banques et établissements de paiement et accessible via plus de 70 canaux digitaux et physiques.

Du côté des entreprises, Fatourati QR s’adresse aux PME ainsi qu'aux administrations émettant des factures ou avis de créances. Ces dernières peuvent intégrer un QR Code directement dans leurs factures (papier ou digitales), leurs emails, leurs documents PDF ou leurs interfaces web. Les informations essentielles, notamment la référence Fatourati, l’identification du facturier et le montant, deviennent ainsi accessibles instantanément. L’objectif est de faire de la facture elle-même un point d’entrée transactionnel, en rapprochant son émission, sa transmission et son paiement dans un même parcours digital.

Pour les organismes, chaque facture devient un point d’entrée digital, assurant une meilleure traçabilité des flux et un routage plus fiable des paiements. Pour les usagers, ce dispositif permet également de limiter les erreurs de saisie et les abandons en cours de parcours.

Le CMI précise que plusieurs modes d’intégration sont proposés : des API pour une connexion en temps réel aux systèmes d’information, l'application web Fatourati Collect, activable en 48 heures, ainsi qu'une activation via des agrégateurs (ERP, éditeurs de logiciels, fintechs, marketplaces). Le dispositif couvre ainsi différents niveaux de maturité digitale, des grandes entreprises aux structures moins équipées.

L'intégration du QR Code, désormais standard dans les paiements digitaux, répond à l’évolution du marché vers la facture électronique et vise à accélérer l’adoption des services de règlement digital. Selon le CMI, la plateforme Fatourati, déployée depuis 2013, a traité plus de 240 millions de transactions et permis la collecte de plus de 220 milliards de dirhams à fin 2025.

Fatourati offre un accès aux services de paiement à travers plus de 70 canaux digitaux et physiques, incluant applications bancaires, wallets MarocPay, guichets automatiques et réseaux de proximité. Le dispositif toucherait environ 12 millions d’usagers via l’e-banking et le m-banking, près de 10 millions de détenteurs de comptes de paiement, ainsi que des milliers de points physiques.

Déjà adoptée par plus d'une centaine d'administrations et d'entreprises, la plateforme vise désormais à réduire les frictions d’usage sur une infrastructure existante, dans un contexte d’accélération de la dématérialisation des paiements au Maroc.

6 avril 2026

13:06 IA, cybersécurité… GITEX Morocco 2026 au cœur des dernières mutations numériques en Afrique

À la veille de son ouverture, l’édition 2026 de GITEX Africa Morocco met en lumière les priorités actuelles du numérique africain, entre montée en puissance de l’intelligence artificielle, structuration des politiques publiques digitales et émergence de nouveaux enjeux liés à la cybersécurité et à la souveraineté technologique.

À la veille de son ouverture, la quatrième édition de GITEX Africa Morocco 2026 s’impose déjà comme un rendez-vous stratégique pour les acteurs du numérique sur le continent. Du 7 au 9 avril à Marrakech, l’événement réunira décideurs publics, industriels, startups et investisseurs autour des transformations induites par l’intelligence artificielle et la digitalisation des économies africaines.

Placée sous le thème "Catalyser l’économie numérique africaine à l’ère de l’intelligence artificielle", cette édition ambitionne de renforcer la position du Maroc comme hub technologique régional. Organisé sous l’égide du ministère de la Transition numérique, en partenariat avec l’Agence de développement du digital (ADD) et Kaoun International, le salon confirme sa dimension continentale et internationale.

Au fil des éditions, GITEX Africa s’est imposé comme le plus grand rassemblement technologique et startup en Afrique, attirant des milliers de participants, des centaines d’exposants et des intervenants de haut niveau.

L’IA et les infrastructures numériques au centre des débats GITEX

Les discussions prévues porteront sur les infrastructures d’intelligence artificielle, les politiques publiques numériques et les stratégies de déploiement technologique à l’échelle africaine. L’événement couvre un large spectre de secteurs, allant du cloud et des télécommunications à l’agritech, la healthtech ou encore les smart cities.

Dans un contexte marqué par une montée en puissance des investissements technologiques, le continent africain apparaît comme un marché en forte croissance, porté par l’essor des startups et l’arrivée massive de jeunes talents sur le marché du travail.

Un focus inédit sur la cybersécurité avec le STAR Summit

Parmi les nouveautés de cette édition, le lancement du STAR Summit (Strategic Digital Defence AI Readiness) marque une évolution notable. Ce sommet, dédié à la cybersécurité et à la défense numérique, réunira experts africains et internationaux autour des enjeux critiques du secteur.

Les débats porteront notamment sur la gouvernance de la cybersécurité, la protection des données, les investissements, la formation des talents, mais aussi les usages offensifs et défensifs de l’intelligence artificielle, dans un contexte de montée des cybermenaces à l’échelle mondiale.

Le salon prévoit également un espace élargi dédié à la cybersécurité, avec des entreprises spécialisées dans la protection des infrastructures critiques et les solutions technologiques avancées.

Marrakech, vitrine de l’ambition numérique marocaine

Durant trois jours, Marrakech se transformera en plateforme continentale d’échanges et de partenariats. La ville devrait accueillir un afflux important de participants internationaux, confirmant l’attractivité croissante du Maroc dans l’écosystème technologique africain.

Au-delà des conférences et des panels, GITEX Africa se positionne comme un espace de concrétisation de projets, de mise en relation entre startups et investisseurs, et de structuration des écosystèmes numériques.

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