La relance économique nécessiterait entre 80 et 100 milliards de DH (CGEM)

La CGEM a tenu une conférence de presse pour répondre aux questions relatives à son plan de relance de l'économie, proposé au CVE. Voici l'essentiel des éléments de réponse apportés par l'équipe dirigeante du patronat. 

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La relance économique nécessiterait entre 80 et 100 milliards de DH (CGEM)

Le 27 mai 2020 à 20:04

Modifié le 30 mai 2020 à 14:44

Chakib Alj et Mehdi Tazi, respectivement président et vice-président de la CGEM, ont tenu ce mercredi 27 mai une visioconférence pour répondre à toutes les questions relatives à sa proposition de plan de relance, dévoilée la semaine dernière

Consolidé autour de 25 plans de relance sectoriels et de 508 propositions de mesures émanant des Fédérations professionnelles, le plan proposé par la CGEM s'articule autour de 3 principaux axes que sont la sauvegarde de l'Offre, la stimulation de la Demande par un rôle plus interventionniste de l'État et la mise en place de mécanismes transverses pour l'accélération de la transformation de l'économie nationale.

D'emblée, le président Chakib Alj annonce une reprise de l'activité économique depuis mardi 26 mai confirmant ainsi les supputations au sujet d'un redémarrage de l'activité économique après Aid Al Fitr. "A partir de mardi 26 mai, il a été demandé à toutes les entreprises de reprendre leur activité. Les commerces suivront bientôt. La reprise des restaurants vont prendre par contre un peu plus de temps", a déclaré le président de la CGEM. 

Un plan de dépistage massif dans les entreprises en préparation 

Cette reprise se fait bien évidemment dans un contexte où les autorités publiques poursuivent leur mobilisation pour lutter contre la propagation du Covid-19, sachant que ces derniers jours se sont les clusters en milieu professionnel qui inquiètent le plus les autorités sanitaires. Pour accompagner cette reprise, Médias24 a révélé qu'une campagne de dépistage massif dans les milieux professionnels, notamment dans les usines et les grandes surfaces, pour détecter les cas asymptomatiques a démarré mi-mai. 

Il y a quelques jours ce fut le tour du secteur bancaire. Médias24 a appris de sources sûres que les effectifs du secteur seront testés.

Nous avons posé la question au président de la CGEM. "Je n'ai pas tous les chiffres en tête, mais il y a eu quelques 60.000 tests qui ont été faits jusqu'à maintenant. Nous allons accélérer le processus", révèle Chakib Alj. 

"Nous travaillons sur la mise en place d'un plan massif de dépistage au niveau des entreprises en concertation avec les autorités sanitaires", ajoute-t-il.

Le risque de surendettement des entreprises est réel

Cette rencontre a été l'occasion d'aborder plusieurs sujets et thématiques. Voici l'essentiel des réponses apportées par la CGEM. La première est celle du coût de la relance. "La relance nécessitera une enveloppe de 80 à 100 milliards de DH", avance Mehdi Tazi. A quoi correspond ce montant ? 

Ce chiffre est estimé sur la base des prévisions des mesures phares proposées par la CGEM dont : 

- 60 MMDH : le montant des crédits Damane Relance. 

- 10 MMDH : soutien aux entreprises publiques (notamment pour le paiement des fournisseurs privés).

- 10 MMDH : le montant des aides pour les entreprises (Chômage partiel, réduction TVA,...)

- 10 à 20 MMDH : le montant pour la mise en place de fonds d'investissements pour recapitaliser les entreprises.

"Cela en plus du premier paquet de mesures déjà lancées, sans oublier le fonds Covid-19 doté de 30 MMDH qui a aidé à la gestion de cette crise", poursuit Mehdi Tazi. 

Les principales mesures pour soutenir les entreprises sont basées sur le crédit, ce qui accentue le risque de surendettement des entreprises, notamment les PME. Ce sujet a été abordé lors de la web-conférence et la CGEM semble en être consciente.

"Nombreuses sont les entreprises qui ont reporté les échéances fiscales, sociales et bancaires et/ou qui ont eu recours aux crédits Damane Oxygène. Le risque de surendettement existe, c'est pour cela que la CGEM a proposé d'autres mesures sachant que le crédit Damane Relance est un crédit à long terme avec un taux de 4% ce qui réduit le poids de la dette", explique Tazi.

Par ailleurs, "si une entreprise n'a pas la structure bilancielle pour s'endetter, d'autres mécanismes lui sont proposés comme les Fonds généralistes ou sectoriels", ajoute le vice-président de la CGEM. 

Il fait notamment référence aux mécanismes pour la reconstitution des fonds propres, une des mesures phares proposées par la CGEM dans son plan de relance. Cela passerait par la mise en place de Fonds généralistes ou sectoriels pour le financement des entreprises structurées, en quasi-fonds propres, pour amortir les pertes et financer la croissance. "C'est une forme de dette qui n'alourdit pas l'endettement de l'entreprise car assimilée à des fonds propres mais qui nécessitent une garantie pour en bénéficier et contrairement aux fonds propres classiques, ils permettent un effet de levier", explique Mehdi Tazi. 

Les mesures orientées vers la réduction des délais de paiement

Autre sujet stratégique évoqué, les délais de paiement. Cette problématique est déjà un casse-tête pour les pouvoirs publics et les entreprises en temps d'activité normale. Si l'Etat a fait un gros travail sur les délais de paiement des entités publiques, le problème est encore pressant dans le secteur privé. Et en temps de crise, le phénomène est amplifié avec un risque réel de mener l'économie vers une crise cardiaque.

"C'est à la demande de la CGEM que le crédit Damane Relance a été conditionné par l'obligation de réserver 50% du montant du crédit au paiement des fournisseurs. A l'initiative de la CGEM, la loi a été modifiée pour que soit sanctionné le mauvais payeur, pas celui qui ne reçoit pas son paiement", explique Chakib Alj qui assure que la CGEM est mobilisée sur ce dossier pour relancer l'économie. 

A cela Mehdi Tazi ajoute que "les soutiens prévus pour les entreprises publiques seront également orientés vers le paiement des fournisseurs". 

Le paiement des fournisseurs et la pratique de délais raisonnables sont au cœur des préoccupations de la relance économique. 

Les arguments de la CGEM pour le report du SMIG 

Parmi les mesures proposées par la CGEM, le report de l'augmentation du SMIG prévue pour juillet 2020. Pour rappel, dans le cadre du dialogue social, la CGEM, le gouvernement et les syndicats ont signé un accord qui prévoit plusieurs engagements de part et d'autre, dont une augmentation du SMIG en deux tranches. Une augmentation de 5% en juillet 2019 qui a été appliquée. Et une seconde augmentation qui est programmée pour juillet 2020. La CGEM réclame le report de cette deuxième échéance. 

Mais la question qui se pose est : le maintien de cette hausse du SMIG ne permettrait-il pas de soutenir la demande en ces temps de crise et serait ainsi un atout supplémentaire pour la relance de l'économie ? "Nous n'avons pas encore entamé de discussion avec le gouvernement au sujet de cette proposition de mesure. Nous demandons le report à une date ultérieure de cette hausse du Smig car nous sommes actuellement dans une logique de préservation des emplois et des entreprises", répond Chakib Alj. 

Hicham Zouanat, président de la commission sociale et le représentant de la CGEM dans les négociations du dialogue social, ajoute un argument supplémentaire pour justifier la demande de report de cet engagement.

"Pour remettre les choses à leur place, la CGEM a pris trois engagements, à savoir une hausse du SMIG de 5% en juillet 2019, de 5% supplémentaire en juillet 2020 et une hausse des allocations familiales. Le gouvernement et les partenaires sociaux se sont engagés à promulguer avant fin 2019 la loi organique sur la grève et le décret sur les contrats à durée déterminée et de lancer les consultations pour l'amendement du code du travail", rappelle-t-il.

La CGEM a tenu deux engagements sur trois alors que le gouvernement et les partenaires sociaux n'en ont tenu aucun. Dans ce contexte et dans un souci d'équilibre et parce que les entreprises traversent une crise sans précédent, nous demandons le report de cette augmentation jusqu'à ce que les autres parties remplissent leur engagements", tranche Hicham Zouanat. 

La relance économique nécessiterait entre 80 et 100 milliards de DH (CGEM)

Le 27 mai 2020 à20:07

Modifié le 30 mai 2020 à 14:44

La CGEM a tenu une conférence de presse pour répondre aux questions relatives à son plan de relance de l'économie, proposé au CVE. Voici l'essentiel des éléments de réponse apportés par l'équipe dirigeante du patronat. 

Chakib Alj et Mehdi Tazi, respectivement président et vice-président de la CGEM, ont tenu ce mercredi 27 mai une visioconférence pour répondre à toutes les questions relatives à sa proposition de plan de relance, dévoilée la semaine dernière

Consolidé autour de 25 plans de relance sectoriels et de 508 propositions de mesures émanant des Fédérations professionnelles, le plan proposé par la CGEM s'articule autour de 3 principaux axes que sont la sauvegarde de l'Offre, la stimulation de la Demande par un rôle plus interventionniste de l'État et la mise en place de mécanismes transverses pour l'accélération de la transformation de l'économie nationale.

D'emblée, le président Chakib Alj annonce une reprise de l'activité économique depuis mardi 26 mai confirmant ainsi les supputations au sujet d'un redémarrage de l'activité économique après Aid Al Fitr. "A partir de mardi 26 mai, il a été demandé à toutes les entreprises de reprendre leur activité. Les commerces suivront bientôt. La reprise des restaurants vont prendre par contre un peu plus de temps", a déclaré le président de la CGEM. 

Un plan de dépistage massif dans les entreprises en préparation 

Cette reprise se fait bien évidemment dans un contexte où les autorités publiques poursuivent leur mobilisation pour lutter contre la propagation du Covid-19, sachant que ces derniers jours se sont les clusters en milieu professionnel qui inquiètent le plus les autorités sanitaires. Pour accompagner cette reprise, Médias24 a révélé qu'une campagne de dépistage massif dans les milieux professionnels, notamment dans les usines et les grandes surfaces, pour détecter les cas asymptomatiques a démarré mi-mai. 

Il y a quelques jours ce fut le tour du secteur bancaire. Médias24 a appris de sources sûres que les effectifs du secteur seront testés.

Nous avons posé la question au président de la CGEM. "Je n'ai pas tous les chiffres en tête, mais il y a eu quelques 60.000 tests qui ont été faits jusqu'à maintenant. Nous allons accélérer le processus", révèle Chakib Alj. 

"Nous travaillons sur la mise en place d'un plan massif de dépistage au niveau des entreprises en concertation avec les autorités sanitaires", ajoute-t-il.

Le risque de surendettement des entreprises est réel

Cette rencontre a été l'occasion d'aborder plusieurs sujets et thématiques. Voici l'essentiel des réponses apportées par la CGEM. La première est celle du coût de la relance. "La relance nécessitera une enveloppe de 80 à 100 milliards de DH", avance Mehdi Tazi. A quoi correspond ce montant ? 

Ce chiffre est estimé sur la base des prévisions des mesures phares proposées par la CGEM dont : 

- 60 MMDH : le montant des crédits Damane Relance. 

- 10 MMDH : soutien aux entreprises publiques (notamment pour le paiement des fournisseurs privés).

- 10 MMDH : le montant des aides pour les entreprises (Chômage partiel, réduction TVA,...)

- 10 à 20 MMDH : le montant pour la mise en place de fonds d'investissements pour recapitaliser les entreprises.

"Cela en plus du premier paquet de mesures déjà lancées, sans oublier le fonds Covid-19 doté de 30 MMDH qui a aidé à la gestion de cette crise", poursuit Mehdi Tazi. 

Les principales mesures pour soutenir les entreprises sont basées sur le crédit, ce qui accentue le risque de surendettement des entreprises, notamment les PME. Ce sujet a été abordé lors de la web-conférence et la CGEM semble en être consciente.

"Nombreuses sont les entreprises qui ont reporté les échéances fiscales, sociales et bancaires et/ou qui ont eu recours aux crédits Damane Oxygène. Le risque de surendettement existe, c'est pour cela que la CGEM a proposé d'autres mesures sachant que le crédit Damane Relance est un crédit à long terme avec un taux de 4% ce qui réduit le poids de la dette", explique Tazi.

Par ailleurs, "si une entreprise n'a pas la structure bilancielle pour s'endetter, d'autres mécanismes lui sont proposés comme les Fonds généralistes ou sectoriels", ajoute le vice-président de la CGEM. 

Il fait notamment référence aux mécanismes pour la reconstitution des fonds propres, une des mesures phares proposées par la CGEM dans son plan de relance. Cela passerait par la mise en place de Fonds généralistes ou sectoriels pour le financement des entreprises structurées, en quasi-fonds propres, pour amortir les pertes et financer la croissance. "C'est une forme de dette qui n'alourdit pas l'endettement de l'entreprise car assimilée à des fonds propres mais qui nécessitent une garantie pour en bénéficier et contrairement aux fonds propres classiques, ils permettent un effet de levier", explique Mehdi Tazi. 

Les mesures orientées vers la réduction des délais de paiement

Autre sujet stratégique évoqué, les délais de paiement. Cette problématique est déjà un casse-tête pour les pouvoirs publics et les entreprises en temps d'activité normale. Si l'Etat a fait un gros travail sur les délais de paiement des entités publiques, le problème est encore pressant dans le secteur privé. Et en temps de crise, le phénomène est amplifié avec un risque réel de mener l'économie vers une crise cardiaque.

"C'est à la demande de la CGEM que le crédit Damane Relance a été conditionné par l'obligation de réserver 50% du montant du crédit au paiement des fournisseurs. A l'initiative de la CGEM, la loi a été modifiée pour que soit sanctionné le mauvais payeur, pas celui qui ne reçoit pas son paiement", explique Chakib Alj qui assure que la CGEM est mobilisée sur ce dossier pour relancer l'économie. 

A cela Mehdi Tazi ajoute que "les soutiens prévus pour les entreprises publiques seront également orientés vers le paiement des fournisseurs". 

Le paiement des fournisseurs et la pratique de délais raisonnables sont au cœur des préoccupations de la relance économique. 

Les arguments de la CGEM pour le report du SMIG 

Parmi les mesures proposées par la CGEM, le report de l'augmentation du SMIG prévue pour juillet 2020. Pour rappel, dans le cadre du dialogue social, la CGEM, le gouvernement et les syndicats ont signé un accord qui prévoit plusieurs engagements de part et d'autre, dont une augmentation du SMIG en deux tranches. Une augmentation de 5% en juillet 2019 qui a été appliquée. Et une seconde augmentation qui est programmée pour juillet 2020. La CGEM réclame le report de cette deuxième échéance. 

Mais la question qui se pose est : le maintien de cette hausse du SMIG ne permettrait-il pas de soutenir la demande en ces temps de crise et serait ainsi un atout supplémentaire pour la relance de l'économie ? "Nous n'avons pas encore entamé de discussion avec le gouvernement au sujet de cette proposition de mesure. Nous demandons le report à une date ultérieure de cette hausse du Smig car nous sommes actuellement dans une logique de préservation des emplois et des entreprises", répond Chakib Alj. 

Hicham Zouanat, président de la commission sociale et le représentant de la CGEM dans les négociations du dialogue social, ajoute un argument supplémentaire pour justifier la demande de report de cet engagement.

"Pour remettre les choses à leur place, la CGEM a pris trois engagements, à savoir une hausse du SMIG de 5% en juillet 2019, de 5% supplémentaire en juillet 2020 et une hausse des allocations familiales. Le gouvernement et les partenaires sociaux se sont engagés à promulguer avant fin 2019 la loi organique sur la grève et le décret sur les contrats à durée déterminée et de lancer les consultations pour l'amendement du code du travail", rappelle-t-il.

La CGEM a tenu deux engagements sur trois alors que le gouvernement et les partenaires sociaux n'en ont tenu aucun. Dans ce contexte et dans un souci d'équilibre et parce que les entreprises traversent une crise sans précédent, nous demandons le report de cette augmentation jusqu'à ce que les autres parties remplissent leur engagements", tranche Hicham Zouanat. 

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