L'informel ou les lettres de noblesse de nos intouchables
Peu sont ceux qui le défendent, à l'exception peut-être de l'UGEP mais dont la voix est étouffée par les autres représentants du patronat. S'il y a un investissement productif par excellence, qui plus est dans le contexte d'une relance cruciale en ces temps difficiles, c'est celui qui permettrait de ramener l'informel au formel ou, au vu de sa taille et de son importance, de séduire l’informel à rejoindre par la grande porte, la famille de l'économie nationale et in-fine de la contribution fiscale. C'est lui donner les lettres de noblesse qu'il nous impose.Jugez de vous mêmes: Derb Ghallef [à Casablanca] représente 2.500 magasins à 100.000 dirhams de valeur moyenne de stock qui tourne au moins 6 fois par an, c'est-à-dire 1,5 milliard de dirhams de chiffre d'affaires annuel. Généralisez aux autres Derb Ghallef de notre pays et aux myriades de petits commerces et petits ateliers et vous avoisinez les 30 à 35 milliards de dirhams de chiffre d'affaires annuel, exclus de l'assiette fiscale!
Or pour permettre à ce secteur de se formaliser, il faut amorcer une dynamique vertueuse qui va devoir coûter à l'Etat et dont le retour sur investissement doit être construit sur le moyen terme, pas le court terme. L'attrait à sortir de l'informel est de prime abord inexistant pour un entrepreneur de Derb Ghallef, et la méfiance envers l'Etat exacerbe davantage ce sentiment.
Il doit bien y avoir des leviers et particulièrement avec le numérique qui s'impose à tous! Que ce soit par le fait de le sortir de la précarité et de le protéger face aux abus et parfois aux extorsions, que ce soit par l'accès à des financements subventionnés (ce secteur repose sur le cash et les emprunts d'usuriers), et par le mobile money et l'inclusion financière, que ce soit par la mise en place d'une taxe à l'importation des containers, entièrement déductible de l'IS (ce qui poussera à faire des déclarations), que ce soit par l'AMO et la CNSS ou enfin par l'accès à la propriété (pas des locaux commerciaux souvent squattés mais des logements personnels). En somme comment rendre le formel attrayant pour ceux qui se sont construits dans son ombre.
De par sa taille, de par sa vivacité et de par sa contribution au tissu socio-économique de notre pays, l'informel mérite tous les égards. Il mérite de s'asseoir à la table des acteurs de la relance au même titre que le grand patronat. Il mérite le respect. Il mérite un nom à sa hauteur.
Ne pas avoir réussi à l'intégrer dans la matrice économique officielle, c'est avoir failli.
à lire aussi
Article : Aquaculture : 244 projets actifs au Maroc pour une capacité cible de 90.000 tonnes par an
L’ANDA met en avant la montée en puissance des écloseries et des unités de valorisation, ainsi que l’appui de la Banque mondiale, de la Banque islamique de développement et de la coopération japonaise pour attirer de nouveaux investissements.
Article : L’architecte et anthropologue marocaine Salima Naji nommée chevalier de la légion d'honneur
La distinction récompense 21 années consacrées à la sauvegarde de l’architecture en terre et du patrimoine vernaculaire marocain. Fin juin, son Centre du patrimoine vivant de Tiznit avait déjà décroché un prix international.
Article : Confiance des ménages : recul au deuxième trimestre 2026, malgré une amélioration sur un an (HCP)
L’indice de confiance des ménages s’est replié au deuxième trimestre 2026, après le rebond enregistré en début d’année. S’il demeure nettement supérieur à son niveau de 2025, les perceptions exprimées par les ménages restent dominées par la dégradation du niveau de vie, la hausse des prix alimentaires et l’impossibilité d’épargner.
Article : Boumadine : Aya lancera avant fin 2026 les premiers travaux de sa future mine d’or et d’argent
Le groupe canadien place la route d'accès au site en tête de ses priorités immédiates. Ce projet polymétallique de Drâa-Tafilalet doit franchir l'étape de l'étude de faisabilité en 2027, avant le lancement de la construction au premier semestre 2028 et une mise en production visée en 2030.
Article : Souveraineté IA : le Maroc est-il prêt face à la dépendance aux modèles américains ?
La dépendance aux modèles d’intelligence artificielle américains expose le Maroc à un risque stratégique croissant. Alors que les API de Claude, ChatGPT ou Gemini dominent les usages professionnels, la question du cloud souverain, des data centers locaux et d’une stratégie nationale de l’IA devient centrale pour réduire la dépendance technologique du Maroc face aux décisions de Washington. Entretien.
Article : Managem : la division par dix de l’action prendra effet le 27 juillet
À l’issue de l’opération, chaque titre détenu sera remplacé par dix nouveaux, portant leur nombre total à 118.646.760. Le cours de référence sera ajusté dans les mêmes proportions, sans incidence sur la valeur globale des participations.