Huile d’olive: l'export en hausse, le marché américain dans le viseur
Le exportations d'huile d'olive ont progressé de 55% en volume et de 27% en valeur en 2018. Le Maroc vend entre 15% et 30% de sa production aux Etats-Unis. Avec le développement de l’offre marocaine en qualité et en quantité, le ministère de l'Agriculture et les opérateurs cherchent à renforcer leur présence sur ce marché.
Le ministère de l’Agriculture, à travers l’Agence pour le développement agricole (ADA), vient de lancer un appel d’offres pour réaliser une étude sur le marché américain de l’huile d’olive en vue de développer les exportations marocaines de l’huile conditionnée.
L’ouverture des plis est prévue fin avril et l’étude sera prête environ 5 mois après.
Cette étude entre dans le cadre de la mise en œuvre du contrat-programme de l’agroalimentaire 2017-2021, signé par le gouvernement et les interprofessions, plus précisément dans le cadre du titre IV relatif au développement de l’industrie de l’huile d’olive.
Elle vise à apporter un appui aux professionnels en vue de leur offrir une meilleure pénétration de certains marchés présentant des opportunités de commercialisation.
« Cette étude se propose d’accompagner l’Interprolive dans ses efforts de commercialisation de l’huile d’olive marocaine sur le marché américain à travers l’analyse du marché américain, l’identification de partenaires potentiels et la proposition d’actions concrètes pour l’amélioration de l’accès à ce marché et l’augmentation des parts de marché », précise l’ADA.
Les objectifs consistent à :
- Caractériser les spécificités et l’organisation du marché américain de l’huile d’olive y compris les canaux de distribution et la chaîne logistique sur le marché.
- Identifier les Etats américains présentant les meilleures opportunités d’accès à l’huile d’olive marocaine.
- Identifier les pays fournisseurs de l’huile d’olive du marché américain et analyser leurs positions concurrentielles (mix marketing, forces faiblesses, calendriers d’exportations, circuits logistiques des concurrents etc.).
- Identifier les opérateurs américains et les partenaires potentiels les plus porteurs pour les attirer à investir dans cette filière.
- Proposer les plans d’adaptation de l’offre marocaine aux conditions et exigences du marché américain.
- Proposer les leviers et les actions opérationnelles ainsi que des partenariats maroco-américains pour développer les exportations de l’huile d’olive marocaine sur le marché américain.
Le Maroc 6ème exportateur mondial
Le Maroc est 6ème exportateur mondial d’huile d’olive avec 22.500 tonnes d’huiles brutes et raffinées exportées en 2018, selon les chiffres provisoires de l’Office des changes. Ces ventes ont généré des recettes de plus de 320 MDH. Elles sont en hausse de 55% en volume et de 27% en valeur.
Devant le Maroc, on retrouve l’Espagne (320.000 T), l’Italie (185.000 T), la Tunisie (130.000 T), le Portugal (50.000 T) et la Turquie (45.000 tonnes). Ces chiffres sont les prévisions de la campagne 2018-2019 du Conseil oléicole international.
La part de marché du Maroc est d’environ 2,6% (les exportations mondiales sont de l’ordre de 850.000 tonnes).
Durant certaines années comme en 2010/2011, le marché était 5ème exportateur mondial et captait plus de 4% du marché international. Les variations dépendent de l’état des campagnes oléicoles au Maroc et chez les principaux producteurs ainsi que des efforts commerciaux de chaque pays pour placer ses produits.
Au Maroc, le secteur oléicole a réalisé de gros progrès, principalement grâce à la stratégie Maroc Vert. Durant les deux dernières campagnes, les records se sont succédé : l’on est passé à une production d’olives de 1,56 million de tonnes en 2017-2018, en hausse de 48%, puis à une production de 2 millions de tonnes en 2018-2019, en hausse de 28%. Pour rappel, l’on était à 803.000 tonnes en 2008-2019.
L’objectif en 2020 est d’atteindre une production de 2,5 millions de tonnes, ce qui renforcera la position du Maroc en tant que l’un des principaux producteurs mondiaux d’olives.
Parallèlement à la hausse de la production, des efforts ont été fournis dans la transformation. Dans le segment de l’huile d’olive (il y en a d’autres comme la conserve), l’amélioration de la qualité est perceptible même sur le marché local. La tutelle et les opérateurs poussent vers une amélioration continue de la qualité : conditionnement, production d’huile d’olive extra-vierge, labellisée…
Autre maillon à renforcer, celui de la commercialisation. A l’export, missions B2B, invitation des importateurs, participation aux salons internationaux, prises de contact avec les opérateurs étrangers sont menées.
L’actuelle étude sur le marché américain s’inscrit dans ce sens. Le Maroc exporte déjà entre 15% et 35% de sa production vers les Etats-Unis. Certaines années, cette part est montée à plus de 50%, en fonction de la campagne oléicole au Maroc et des conditions du marché mondial.
Il s’agit pour les différents intervenants du secteur d’augmenter cette part sachant que le marché américain est lucratif : il a représenté 14% en volume en 2018 mais 25% en valeur. Des coûts supplémentaires (transport, normes…) peuvent expliquer une partie de cette différence.
Les autres débouchés pour le Maroc sont le marché européen qui capte 73% des exportations, destinées principalement à l’Espagne. La France et d’autres pays de l’UE restent des marchés à développer.
À découvrir
à lire aussi
Article : Prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026
Voici les prévisions météorologiques pour le lundi 20 avril 2026, établies par la Direction générale de la météorologie (DGM): - Températures en hausse avec temps […]
Article : Dette hybride. Au-delà de la levée, le modèle et les contraintes d’OCP
Derrière le succès de son émission obligataire hybride d’avril 2026, le groupe OCP révèle une équation financière complexe. Entre montée de la fiscalité, politique de dividendes, investissements massifs dans la transition verte et dans des activités hors cœur de métier, le champion des phosphates doit désormais arbitrer dans un environnement compliqué.
Article : Un nouveau “dictionnaire critique” pour relire le Maroc colonial
Un ouvrage collectif dirigé par l’anthropologue marocain Hassan Rachik propose une relecture de la période coloniale à travers un format original de dictionnaire, réunissant une vingtaine de chercheurs marocains, français et espagnols.
Article : Sahara: despite Algiers’ efforts, Washington’s position remains unchanged
On the sidelines of the Antalya Diplomacy Forum in Turkey, Algeria’s foreign minister and the U.S. president’s senior advisor for Arab and African affairs discussed several regional issues, including the Sahara. Yet behind the carefully worded Algerian statement, Washington’s support for Morocco’s territorial integrity remains clear and unchanged. Since December 2020, that position has taken on the weight of state continuity, suggesting it will endure regardless of political turnover in Washington or diplomatic initiatives from Algiers.
Article : Santé animale : Biopharma et le Tchad passent à la phase opérationnelle de leur partenariat
La société pharmaceutique marocaine Biopharma a signé à N’Djamena une feuille de route de coopération avec l’Institut tchadien de recherche en élevage pour le développement (IRED), dans le cadre du renforcement de la coopération maroco-tchadienne dans le domaine de la santé animale.
Article : Casablanca : les autorités démentent auprès de Médias24 une rumeur sur une fermeture des commerces à 23 heures à Anfa
Les autorités ont démenti, auprès de Médias24, l’existence d’une décision imposant la fermeture des commerces, cafés et restaurants à 23 heures dans le ressort de la préfecture d’arrondissements de Casablanca-Anfa, après la circulation d’informations en ce sens sur certains sites et réseaux sociaux.