Les médecins et cliniques privés seront en grève le 4 avril
Les médecins du secteur privé seront en grève le 4 avril prochain. Parmi leurs principales revendications, la révision des tarifs de référence de l’AMO, qui serait imminente selon le président de l'ANCP. Les détails.
Suite a une réunion tenue lundi 25 mars, l’Association nationale des cliniques privées, le Collège syndical national des médecins spécialistes privés, le Collège national des médecins généralistes privés et le Syndicat national des médecins généralistes privés annoncent une grève nationale pour le 4 avril prochain.
Leur principale revendication est la revalorisation des tarifs de référence de l’AMO. Dans un communiqué, les quatre organismes demandent à ce que "le citoyen, qui bénéficie de l’AMO, soit remboursé à la juste valeur de ses soins. Actuellement, le citoyen débourse 54% de ses propres fonds, au lieu de 20 à 30% maximum".
Dans un article précédent, Redouane Semlali, président de l’ANCP nous avait annoncé que cette révision est imminente. Mais la pression sur les deux caisses se poursuit.
Les médecins privés veulent également bénéficier d’une assurance maladie dans des conditions raisonnables et accéder à une retraite. Ils demandent aussi que la fiscalité prenne en compte leurs conditions de travail.
Contacté par Médias 24, Dr. Mohamed Abbour, président du Collège syndical national des médecins généralistes libéraux, nous explique que ces problèmes sont débattus depuis très longtemps, et aucune solution n'a été présentée jusqu'à présent.
"La révision des tarifications de l'AMO n’a pas été faite depuis 2006, alors que la loi stipule que la révision doit être faite entre l'Anam et les organismes gestionnaires de l'AMO (Cnops et CNSS NDLR) tous les 3 ans".
"Quant à la fiscalité, elle doit être juste. Elle doit également tenir compte des conditions de travail des médecins professionnels ainsi que les problèmes qu'ils rencontrent, tels que l’automédication".
"Il y a aussi l’exercice illégal de la médecine, qui nuit à la santé et à la vie des citoyens d’une part, et à la profession et aux professionnels d’une autre".
Dr. Abbour appelle également au "retour au Conseil de l'Ordre national des médecins du privé d'avant 1984". "Aujourd'hui, les médecins du public ont un ministère de tutelle qui gère leur activité. Nous avons donc besoin d'un Conseil spécial pour les médecins du privé qui se chargera de gérer les dérapages que connaît le secteur, et qui attendent d'être résolus".
Même son de cloche chez Dr. Hassan Afilal, vice-président de l'ANCP. Joint au téléphone, il nous explique que la situation devient de plus en plus dure, tout en nous faisant part de ses expériences personnelles.
Selon lui, il devient difficile de prendre en charge les citoyens couverts par l'AMO. La raison: le retard dans la révision des tarifs des prestations médicales (Tarification nationale de référence - TNR), fixés en 2006 et sur la base desquels sont calculés les remboursements aux assurés.
A titre d'exemple, "pour une hospitalisation, les patients paient 550 DH, tous frais compris. Quand on enlève 250 DH du consommable et du sérum..., il reste 300 DH pour l'infirmière, le médecin et la clinique".
Le poste de réanimation coute à lui seul entre 700.000 et 1 million de DH. "Le prix de l'oxygène utilisé pendant 24h est entre 1.200 et 1.600 DH. Traiter un cas grave revient normalement à 4.500 DH." Ce coût est fixé à 1.500 DH au niveau de la TNR. La différence entre le coût réel pratiqué dans la clinique et la base de remboursement de l'AMO est donc de 3.000 DH, pour ce cas.
"Une personne qui bénéficie, par exemple, de la Cnops ne paiera donc que les 1.500 DH. Si la clinique accepte de la prendre en charge, elle devra débourser les 3.000 DH restants de ses propres fonds. Je peux le faire pour un ou deux patients, mais pas pour 10", s'insurge-t-il.
Dans un article précédent, Khalid Lahlou, nouveau directeur général de l’Agence nationale de l'assurance maladie, nous avait annoncé que des projets de conventions étaient à l’étude par la Cnops et la CNSS. Le 13 mars dernier, M. Semlali nous avait indiqué que les deux caisses ont, effectivement, rendu leur avis sur les projets en question. Elles n’ont pas rejeté la totalité des conventions, mais ont émis quelques réserves sur certains points qui sont actuellement en discussion. Un premier accord devrait aboutir d’ici fin mars.
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