Forte hausse des dépenses de l'Etat au premier semestre
Le déficit budgétaire est en hausse de 4%, à 28 milliards de DH. La bonne progression des recettes fiscales et l'encaissement d'une partie de l'argent de la privatisation de Maroc Telecom ont été effacés par une forte hausse des dépenses.
Les recettes ordinaires de l’Etat au premier trimestre sont en baisse de 9,7%, à 124,6 milliards de DH, selon les derniers chiffres de la TGR qui sont établis sur la base des recettes encaissées et des dépenses émises. Une baisse artificielle due au reclassement en 2018 des dons du Conseil de coopération du Golfe de leur compte spécial vers le budget général.
En fait, les recettes fiscales, qui représentent l’essentiel des rentrées de l’Etat, ont augmenté de 4,5%, à 110,8 milliards de DH (recettes brutes, après transfert des parts des collectivités territoriales).
>>Lire aussi: DGI : Recettes en hausse, gros crédit de TVA remboursé à fin juin
Ce sont les recettes non fiscales qui marquent une baisse de 56,8%, à 13,8 milliards de DH. Une baisse due au reclassement précité.
Parmi ces recettes, les produits de monopole et de participations sont en hausse de 40,6%, à 4,5 milliards de DH, et les recettes des privatisations ont atteint 3,35 milliards de DH sur un objectif annuel de 5 milliards de DH, soit un taux de réalisation de 67%.
Il s’agit là de la cession de 6% du capital de Maroc Telecom en blocs aux investisseurs institutionnels. Les recettes de l’OPV portant sur 2% du capital de l’opérateur ne sont pas encore comptabilisés. A noter que les recettes des privatisations sont réparties à parts égales entre le budget général et le Fonds Hassan II.
Du côté des dépenses, on note une forte hausse de 11%, à 122 milliards de DH. Une hausse due à plusieurs facteurs :
- L’augmentation de la masse salariale de l’Etat de 2,3%, à 54,5 milliards de DH. L’impact de la mise en œuvre des dispositions de l’accord de dialogue social signé en mai n’est pas encore visible
- L’augmentation des intérêts de la dette du Trésor de 9,8%, à 17,3 milliards de DH.
- L’explosion des dépenses de compensation de 121%, à 9,9 milliards de DH.
- La forte hausse des remboursements des impôts aux contribuables, notamment le crédit de TVA : +65%, à 4,5 milliards de DH.
Par ailleurs, l’investissement budgétaire est en petite hausse de 2,3%, à 32,3 milliards de DH, ce qui représente 44% de l’objectif annuel.
Au final, l’augmentation des dépenses a été partiellement compensée par l’amélioration des recettes fiscales, des produits des participations et des recettes des privatisations. D’où un déficit budgétaire de 28 milliards de DH, en hausse de 4%.
Ce déficit a été financé à hauteur de 22,2 milliards de DH par l’endettement intérieur et à hauteur de 5,8 milliards de DH par des tirages sur la dette extérieure.
>>Lire aussi: Accès au financement: comment l’Etat évince les entreprises (HCP)
À découvrir
à lire aussi
Article : Croissance à 5,3%, déficit à 3%, dette… les prévisions de clôture 2026 que Fettah a présentées au Parlement
La ministre de l’Économie et des Finances a présenté aux parlementaires l’état d’exécution de la loi de finances 2026 et les grandes orientations budgétaires pour 2027-2029. Croissance revue à la hausse, déficit contenu, dette jugée soutenable et poursuite des grands chantiers sociaux : voici les principaux éléments de son exposé.
Article : Mort de Abderrahim Fakir : l'avocat redoute que la vérité soit étouffée
Le célèbre avocat italien Me Fabio Anselmo, désormais conseil de la famille de Abderrahim Fakir, mort lors d'une interpellation à Bologne, livre à Médias24 une analyse des premières orientations de l'enquête et des risques que la procédure choisie fait peser sur la manifestation de la vérité.
Article : Bourse : quels secteurs résistent à la baisse du marché ?
Alors que le MASI perd plus de 6% depuis le début de l’année, les mines et les assurances restent parmi les rares secteurs en hausse. La progression des minières est partagée par les trois valeurs cotées, mais son influence sur le marché repose surtout sur Managem. Dans les assurances, les évolutions sont plus contrastées, avec Sanlam et Wafa Assurance en hausse face au recul d’AtlantaSanad.
Article : Blé tendre : la collecte prolongée, la taxe de 170% maintenue
Le gouvernement prolonge jusqu'au 31 août le dispositif de protection de la récolte nationale de blé tendre, afin de laisser aux minotiers davantage de temps pour atteindre leurs objectifs d'achat. En toile de fond, une collecte qui accuse du retard et des importations toujours freinées par un droit de douane de 170%.
Article : Législatives : l'Istiqlal mise sur la tolérance zéro contre la corruption
À Salé, le Parti de l'Istiqlal a détaillé l'un des cinq engagements de son programme pour les législatives de 2026 : la lutte contre la corruption et les conflits d'intérêts. Le parti défend cinq axes de réforme pour restaurer la confiance des citoyens.
Article : Réseaux sociaux : la France interdit l'accès aux moins de 15 ans
Le Parlement français vient de valider une mesure inédite sur le continent européen visant à bannir les moins de 15 ans des réseaux sociaux pour préserver la santé des adolescents.