Elections CGEM : les justifications et promesses du duo Chakib Alj-Mehdi Tazi

Le tandem Chakib Alj-Mehdi Tazi a déposé sa candidature ce vendredi 13 décembre au siège de la CGEM. Si leur dossier doit encore être validé par un Conseil d’administration, lundi 16 courant, il semble plus qu’acquis, à moins d’un coup de théâtre, que c’est ce duo qui présidera aux destinées de l’organisation patronale pour les 3 prochaines années. A l’issue d’un point de presse mené au pas de course, cet attelage a confirmé ce scénario en affirmant avoir des soutiens dans toutes les régions et que 70% de leurs soutiens sont des PME-PMI affiliées à la CGEM.

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Chakib Alj:

Le 13 décembre 2019 à 17:27

Modifié le 14 décembre 2019 à 19:53

Depuis 2006, hormis la candidature en juin 2018 du binôme Mezzouar-Mekouar confronté à celui de Marrakchi-Benhida, la CGEM n’a connu que des candidatures uniques à sa présidence. Faut-il y voir un manque chronique de démocratie interne au sein de cette organisation, ou au contraire un consensus patronal autour des candidats qui se sont succédé pour la présider ?

Premier à s’être déclaré dans les médias et seul à avoir déposé officiellement, ce vendredi 13 décembre, sa candidature aux postes de président et de vice-président après la démission de Salaheddine Mezouar, le binôme constitué de Chakib Alj, président de la fédération des minotiers, et de Mehdi Tazi, PDG de Beassur Marsh, a répondu aux interrogations de Médias24 et de ses confrères, sur les marches de la CGEM.

Une candidature unique consensuelle ?

Ainsi, à notre question de savoir s'il y a un retour aux candidatures uniques interne initié par Moulay Hafid Elalamy en 2006, Alj s’est défendu en affirmant que Miriem Bensalah avait été élue deux fois (en 2012 et 2015) sans aucun concurrent.

Cette candidature unique est-elle appuyée discrètement par MHE comme l'avancent plusieurs détracteurs de ce binôme, sachant que Mehdi Tazi a été président de son ancienne compagnie d'assurance Saham ? Dans les colonnes d'un confrère, Alj a démenti être influencé par MHE.

Se disant ouvert à toute concurrence, notre interlocuteur affirme que son binôme aurait été "heureux" qu’un autre duo de compétiteurs se présente et que si personne ne s'est présenté, cela voulait simplement dire que son tandem correspondait aux aspirations de la majorité de ceux qui auront à voter si sa candidature était validée par le Conseil d’administration.

Devant notre insistance à savoir si le désir de son tandem de se présenter à la présidence était vraiment le fruit d’un consensus général, Alj a affirmé dans un premier temps l’espérer avant de dire que c’était le cas.

Après une annonce prématurée de candidature, celle du programme attendra

Interrogé par un confrère sur les grands axes de son programme, le candidat a préféré temporiser en affirmant qu’ils ne seraient dévoilés qu’après la validation de la candidature de son binôme qu’il n’a pas manqué de louer pour sa future contribution à l’amélioration de l’avenir économique du Maroc.

"Notre binôme est complémentaire car mon colistier et moi-même représentons le secteur industriel et celui des services. Nous avons reçu le soutien des 12 régions du Maroc et ce qui nous fait vraiment plaisir est que 70% de nos soutiens proviennent des PME-PMI.

"Notre ambition est de faire de la CGEM, une institution citoyenne, unie et forte pour défendre les intérêts de toutes nos entreprises. Nos chantiers prioritaires sont nombreux mais nous ne les dévoilerons que quand nous présenterons notre programme.

"Tout ce que je peux dire est que notre économie a besoin de confiance, de maturité et de pragmatisme que nous espérons apporter lors des 3 ans de notre éventuel mandat", a expliqué Alj.

"Certaines entreprises doivent disparaître mais les PME restent le socle de notre économie"

Sachant qu’il a affirmé que 70% des soutiens sont des PME-PMI encartées à la CGEM, Médias24 lui a rappelé une longue interview chez un confrère où il affirmait sans complexes en tant que président de la fédération des minotiers que 30 moulins sur les 130 du Maroc étaient voués à disparaitre par manque de compétitivité et parce que l’avenir était aux concentrations donc aux grandes entreprises.

Manifestement crispé par ce rappel pas vraiment en faveur des PME-PMI et encore moins des TPE, Alj a dans un premier temps affirmé que ce sujet n’avait rien à voir avec sa candidature avant de confirmer que "ses propos (de 2018) s’inscrivaient dans un contexte qui était toujours d’actualité".

"Toute entreprise a une durée de vie et il arrive qu’elle doive disparaître. Il faut donc accepter qu'elle vive mais aussi qu'elle disparaisse.

"Ceci dit, je ne suis évidemment pas contre les PME. Au contraire, c’est le socle de notre économie que l’on doit donc défendre", a expliqué le candidat dans un exercice d’équilibriste pour ne pas renier ses propos passés et apparaître en même temps opposé aux petites et moyennes entreprises.

Une nouvelle CGEM en phase avec les instructions royales

Après une courte déclaration de Alj pour les médias arabophones, son colistier Mehdi Tazi a affirmé qu’il espérait que cette candidature commune procédait et allait générer un consensus à la CGEM.

"Si nous sommes choisis par nos pairs, nous sommes convaincus de pouvoir apporter une réelle valeur ajoutée désintéressée et citoyenne à la CGEM qui est primordiale pour l’économie du Maroc.

"Nous nous présentons vraiment par conviction et parce que nous sommes à un moment crucial de notre économie après les messages forts de Sa Majesté qui a interpellé de manière très forte le secteur privé, sur le modèle de développement économique, sur la régionalisation et sur le soutien aux PME.

"Sachant que nous ne pouvons pas occulter ou ignorer ces messages et compte tenu de notre complémentarité, nous voulons donc donner de notre temps aux entreprises marocaines avec beaucoup de confiance et de conviction", a résumé le candidat à la vice-présidence générale.

"Nous ramènerons la confiance au sein de la CGEM"

Pour clore le point de presse, Médias24 a demandé à ce dernier ce que son binôme ramènerait de plus que l’éphémère mandat de Salaheddine Mezouar ou des deux mandats de Miriem Bensalah.

"Chaque mandat à la présidence de la CGEM a eu ses plus et ses moins. De notre côté, nous voulons vraiment apporter de la confiance et consacrer du temps aux PME.

"Nous déclinerons notre programme par la suite si nous sommes retenus par nos pairs. Vous en saurez plus, peut-être mardi, si le Conseil valide notre candidature lundi prochain", a conclu prudemment le colistier de Chakib Alj qui de son côté était visiblement pressé de mettre un terme à nos questions.

Ci-après, les réponses filmées du binôme Alj-Tazi après le dépôt de candidature:

Elections CGEM : les justifications et promesses du duo Chakib Alj-Mehdi Tazi

Le 13 décembre 2019 à17:27

Modifié le 14 décembre 2019 à 19:53

Le tandem Chakib Alj-Mehdi Tazi a déposé sa candidature ce vendredi 13 décembre au siège de la CGEM. Si leur dossier doit encore être validé par un Conseil d’administration, lundi 16 courant, il semble plus qu’acquis, à moins d’un coup de théâtre, que c’est ce duo qui présidera aux destinées de l’organisation patronale pour les 3 prochaines années. A l’issue d’un point de presse mené au pas de course, cet attelage a confirmé ce scénario en affirmant avoir des soutiens dans toutes les régions et que 70% de leurs soutiens sont des PME-PMI affiliées à la CGEM.

Depuis 2006, hormis la candidature en juin 2018 du binôme Mezzouar-Mekouar confronté à celui de Marrakchi-Benhida, la CGEM n’a connu que des candidatures uniques à sa présidence. Faut-il y voir un manque chronique de démocratie interne au sein de cette organisation, ou au contraire un consensus patronal autour des candidats qui se sont succédé pour la présider ?

Premier à s’être déclaré dans les médias et seul à avoir déposé officiellement, ce vendredi 13 décembre, sa candidature aux postes de président et de vice-président après la démission de Salaheddine Mezouar, le binôme constitué de Chakib Alj, président de la fédération des minotiers, et de Mehdi Tazi, PDG de Beassur Marsh, a répondu aux interrogations de Médias24 et de ses confrères, sur les marches de la CGEM.

Une candidature unique consensuelle ?

Ainsi, à notre question de savoir s'il y a un retour aux candidatures uniques interne initié par Moulay Hafid Elalamy en 2006, Alj s’est défendu en affirmant que Miriem Bensalah avait été élue deux fois (en 2012 et 2015) sans aucun concurrent.

Cette candidature unique est-elle appuyée discrètement par MHE comme l'avancent plusieurs détracteurs de ce binôme, sachant que Mehdi Tazi a été président de son ancienne compagnie d'assurance Saham ? Dans les colonnes d'un confrère, Alj a démenti être influencé par MHE.

Se disant ouvert à toute concurrence, notre interlocuteur affirme que son binôme aurait été "heureux" qu’un autre duo de compétiteurs se présente et que si personne ne s'est présenté, cela voulait simplement dire que son tandem correspondait aux aspirations de la majorité de ceux qui auront à voter si sa candidature était validée par le Conseil d’administration.

Devant notre insistance à savoir si le désir de son tandem de se présenter à la présidence était vraiment le fruit d’un consensus général, Alj a affirmé dans un premier temps l’espérer avant de dire que c’était le cas.

Après une annonce prématurée de candidature, celle du programme attendra

Interrogé par un confrère sur les grands axes de son programme, le candidat a préféré temporiser en affirmant qu’ils ne seraient dévoilés qu’après la validation de la candidature de son binôme qu’il n’a pas manqué de louer pour sa future contribution à l’amélioration de l’avenir économique du Maroc.

"Notre binôme est complémentaire car mon colistier et moi-même représentons le secteur industriel et celui des services. Nous avons reçu le soutien des 12 régions du Maroc et ce qui nous fait vraiment plaisir est que 70% de nos soutiens proviennent des PME-PMI.

"Notre ambition est de faire de la CGEM, une institution citoyenne, unie et forte pour défendre les intérêts de toutes nos entreprises. Nos chantiers prioritaires sont nombreux mais nous ne les dévoilerons que quand nous présenterons notre programme.

"Tout ce que je peux dire est que notre économie a besoin de confiance, de maturité et de pragmatisme que nous espérons apporter lors des 3 ans de notre éventuel mandat", a expliqué Alj.

"Certaines entreprises doivent disparaître mais les PME restent le socle de notre économie"

Sachant qu’il a affirmé que 70% des soutiens sont des PME-PMI encartées à la CGEM, Médias24 lui a rappelé une longue interview chez un confrère où il affirmait sans complexes en tant que président de la fédération des minotiers que 30 moulins sur les 130 du Maroc étaient voués à disparaitre par manque de compétitivité et parce que l’avenir était aux concentrations donc aux grandes entreprises.

Manifestement crispé par ce rappel pas vraiment en faveur des PME-PMI et encore moins des TPE, Alj a dans un premier temps affirmé que ce sujet n’avait rien à voir avec sa candidature avant de confirmer que "ses propos (de 2018) s’inscrivaient dans un contexte qui était toujours d’actualité".

"Toute entreprise a une durée de vie et il arrive qu’elle doive disparaître. Il faut donc accepter qu'elle vive mais aussi qu'elle disparaisse.

"Ceci dit, je ne suis évidemment pas contre les PME. Au contraire, c’est le socle de notre économie que l’on doit donc défendre", a expliqué le candidat dans un exercice d’équilibriste pour ne pas renier ses propos passés et apparaître en même temps opposé aux petites et moyennes entreprises.

Une nouvelle CGEM en phase avec les instructions royales

Après une courte déclaration de Alj pour les médias arabophones, son colistier Mehdi Tazi a affirmé qu’il espérait que cette candidature commune procédait et allait générer un consensus à la CGEM.

"Si nous sommes choisis par nos pairs, nous sommes convaincus de pouvoir apporter une réelle valeur ajoutée désintéressée et citoyenne à la CGEM qui est primordiale pour l’économie du Maroc.

"Nous nous présentons vraiment par conviction et parce que nous sommes à un moment crucial de notre économie après les messages forts de Sa Majesté qui a interpellé de manière très forte le secteur privé, sur le modèle de développement économique, sur la régionalisation et sur le soutien aux PME.

"Sachant que nous ne pouvons pas occulter ou ignorer ces messages et compte tenu de notre complémentarité, nous voulons donc donner de notre temps aux entreprises marocaines avec beaucoup de confiance et de conviction", a résumé le candidat à la vice-présidence générale.

"Nous ramènerons la confiance au sein de la CGEM"

Pour clore le point de presse, Médias24 a demandé à ce dernier ce que son binôme ramènerait de plus que l’éphémère mandat de Salaheddine Mezouar ou des deux mandats de Miriem Bensalah.

"Chaque mandat à la présidence de la CGEM a eu ses plus et ses moins. De notre côté, nous voulons vraiment apporter de la confiance et consacrer du temps aux PME.

"Nous déclinerons notre programme par la suite si nous sommes retenus par nos pairs. Vous en saurez plus, peut-être mardi, si le Conseil valide notre candidature lundi prochain", a conclu prudemment le colistier de Chakib Alj qui de son côté était visiblement pressé de mettre un terme à nos questions.

Ci-après, les réponses filmées du binôme Alj-Tazi après le dépôt de candidature:

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