Covid. Plainte auprès d'Aït Taleb contre une clinique privée à Casablanca
La famille d'un pharmacien décédé des suites de la Covid-19 dans une clinique privée à Casablanca s'est vue facturer une somme selon elle astronomique pour un séjour de 7 jours du défunt en réanimation. Le conseil régional des pharmaciens du Sud a saisi le ministre de la Santé et demande l'ouverture d'une enquête.
Haddaji Said, pharmacien inscrit au Conseil régional des pharmaciens du Sud, est décédé le 2 novembre des suites de la Covid-19. Sa collègue Saadia Moutawakil, présidente du Conseil, a adressé, mercredi 4 novembre, une plainte et une demande d'ouverture d'enquête (voir fac-similé) au ministre de la Santé, Khalid Aït Taleb.
La raison, la facturation par la clinique "Achifaa" à Casablanca d'un montant astronomique à la famille du défunt qui a séjourné 7 jours en service de réanimation. Notons que la clinique dément la version présentée ci-dessous ainsi que les montants et annonce un communiqué d'éclaircissement de la part du conseil régional des pharmaciens du Sud.
La présidente du conseil régional nous explique qu'elle agit conformément à la loi: ayant reçu une plainte de la part de la famille du défunt, elle le transfère au ministre de la Santé à qui il appartient de l'instruire.
Notre interlocutrice dénonce d'abord le fait que la clinique ait exigé un chèque d'avance de 40.000 DH avant la prise en charge du malade.
La famille dénonce le montant de la facture : 200.000 DH, ramenés par la clinique à 140.000 DH après négociations de la famille du défunt. Selon la clinique, le montant de la facture à inférieur à ces deux chiffres.
Elle relaie enfin l'accusation de la famille selon laquelle la clinique a exigé le reliquat de 100.000 DH pour remettre la dépouille à la famille.
Selon le courrier de Mme Moutawakil, après la médiatisation de cette affaire, le propriétaire de la clinique a encore une fois réduit le montant de la facture à 76.000 DH, ce qui soulève des interrogations sur les méthodes de facturation dans les cliniques privées qui nuisent à la profession médicale. En tous les cas, une collecte de fonds a été organisée par les pharmaciens pour payer la facture.
Le conseil régional des pharmaciens regrette que ces pratiques émanent d'un établissement qui prétend mettre ses équipements et son personnel à la disposition de la nation pour contribuer à la lutte contre la pandémie, alors qu'en réalité il "saigne les poches des vivants et des décédés".
Il demande ainsi au ministre de la Santé l'ouverture d'une enquête sur cet incident et la facturation opérée par la clinique. Et rappelle l'urgence de réactiver les négociations autour de la mise en place de l'Assurance maladie obligatoire des pharmaciens.
Une source autorisée auprès de la clinique nous déclare de son côté que l'hospitalisation du défunt a duré 9 jours et non pas 7; que la facture n'a jamais atteint les montants évoqués ("ni 200.000 ni 140.000 DH") et que la dépouille n'a pas été retenue, mais qu'il fallait respecter la procédure prévue en cas de décès Covid et notamment levée du corps directement de la clinique.
Nous publierons tout communiqué d'éclaircissement dès sa réception.
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