Covid: Le suivi à domicile, une option pour soulager la pression sur la Santé publique
Les pics de cas actifs, la hausse du nombre de décès interrogent sur la stratégie suivie par le ministère de la Santé. Au sein de la communauté médicale, les interrogations fusent. Devant le mutisme du ministère, voici quelques réactions de médecins.
Contrairement au ministère de la Santé, plusieurs médecins qui se trouvent en première ligne dans la lutte contre le Covid-19 ont accepté de nous répondre. La plupart ont requis l’anonymat, pas tous.
La première question est la suivante : “Où on va ?“. Jaâfar Heikel, épidémiologiste et infectiologue, DG d’une clinique privée à Casablanca qui avait été entièrement mise à la disposition de la Santé publique, déplore l’absence de planification stratégique qui aurait dû être en place dès le 10 juin. Une planification avec des scénarios et un arbre décisionnel, mais qui n’existe pas, ou bien elle n’a pas été communiquée au corps médical.
Dès le 25 juin, le Pr Heikel prévoyait que la question du suivi à domicile comme alternative à l’hospitalisation allait se poser.
Aujourd’hui, il n’y a pas de circulaire en ce sens, mais nous savons d’une part que la question a été examinée au cours de réunions de la Santé publique, dont l’une dimanche à Casablanca ; et d’autre part, que des patients asymptomatiques ou ayant peu de symptômes ont été renvoyés vers leur domicile avec un suivi médical quotidien sur place et un traitement complet. Cela s’est passé, selon des sources médicales, dans la région de Fès.
Tous nos interlocuteurs sont favorables à l’option du suivi à domicile : une telle décision, si elle était prise, concernerait les patients asymptomatiques qui n’ont pas de maladie chronique (hypertension, diabète…) et qui n’ont pas à domicile de personnes âgées et/ou ayant des maladies chroniques. Ces patients qui représentent au moins les deux tiers de l’ensemble, se verront remettre un traitement complet et seraient suivis en ambulatoire par des équipes médicales, en restant isolés pendant 14 jours.
La deuxième question qui se pose consiste à autoriser les cliniques privées à accepter des malades Covid ayant une couverture médicale; de la même manière que l’on avait fini par autoriser des laboratoires privés à pratiquer les tests. Une telle décision permettrait de soulager le secteur public qui fait face à une recrudescence des cas et à l’épuisement du personnel médical et paramédical dévoué à la lutte contre le Covid depuis 5 mois. D’ailleurs, le ministère de la Santé a fini par annuler les congés et rappeler le personnel qui était déjà parti en vacances.
Un médecin connu estime que le ministère de la Santé ne communique pas et donne l’impression de paniquer. Il a cette image : “Nous sommes comme une équipe de football qui réalise un excellent match (le confinement), mène 2-0 et qui, pendant le temps additionnel (démarrage du déconfinement), va prendre trois buts et tout gâcher“.
Un troisième médecin estime que la décision de regrouper les patients Covid dans des hôpitaux de campagne éloignés a eu un effet pervers et dissuasif qui a découragé la consultation rapide et “nous avons reçu de plus en plus de malades à un stade avancé“.
“Suivi à domicile“, “autoriser les cliniques privées à hospitaliser les cas Covid ayant une couverture médicale“ sont les deux décisions actuellement proposées par le corps médical.
Jusqu’à présent, le ministère de la Santé n’a pas voulu prendre ces décisions parce qu’il y avait le risque d’introduire des inégalités entre Marocains face au Covid. Les événements vont peut-être les imposer.
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