Covid-19 : Il faut vacciner contre la grippe et autres maladies (experts)

Plus de 155 vaccins contre le Covid-19 sont en cours de développement dans le monde. En attendant, pour protéger les personnes à risques, d'éminents professeurs recommandent les vaccins contre la grippe, le pneumocoque et le rotavirus. 

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Le 28 juillet 2020 à 10:59

Modifié le 28 juillet 2020 à 10:59

Comme l'a annoncé Khalid Aït Taleb ce samedi 25 juillet, à l'occasion du webinaire organisé par la Société marocaine des sciences médicales (SMSM) sur l'importance de la vaccination à l'ère du Covid-19, les personnes à risques seront vaccinées contre la grippe saisonnière et la pneumocoque et ce, dans le but de renforcer leur immunité. 

Cela dit, le ministre n'a pas précisé dans quel cadre cette opération sera menée, ni le nombre de personnes concernées ou le stock de vaccins disponible ou pouvant être mis en place d'ici là. 

Lors du même événement virtuel, les interventions des professeurs Abdellatif Chakib et Robert Cohen ont porté sur différents volets relatifs à l'importance de la vaccination dans l'attente d'un vaccin "efficace et sûr" contre le Covid-19. 

Ce sujet est d'autant plus important face à un redémarrage de l'épidémie dû à un relâchement dans le respect des mesures barrières et à l’apparition d’une nouvelle variante du virus qui semble, selon Professeur Cohen, être plus contagieuse.

Hiver à l'horizon : gare à l'alliance entre la grippe et le Covid

"Le premier pic épidémique est derrière nous, mais on voit que le virus circule toujours et que des clusters apparaissent partout. Tout cela laisse présager un automne ainsi qu'un hiver difficiles. D'où l'importance des vaccinations", explique-t-il.

Pour Pr Cohen, si le nombre de cas augmente il est fort probable que cela arrive pendant l'hiver. 

"Il n'y aurait rien de plus terrible que d'avoir dans nos pays à la fois l'épidémie de la grippe et la pandémie du Covid-19", martèle le professeur. 

Ce dernier reste optimiste à l'égard des mesures d'hygiène mises en place pour lutter contre la propagation du Coronavirus. Il estime qu'elles permettront de limiter la propagation de la grippe également, sans pour autant être suffisantes. 

"Je conseille que cette vaccination soit la plus large possible. Je n'ai qu'un seul souci: c'est la disponibilité", alerte-t-il. 

Par ailleurs, et dans le cadre des vaccinations, Robert Cohen rappelle que "dans tous les pays du monde, il y a un retard de vaccination qui s'est accumulé et qu'il ne faut absolument pas laisser s'installer parce qu'il risque d'entraîner chez l'enfant plus de mortalité que le Covid-19". 

155 vaccins contre le coronavirus en cours de développement

"D’une façon générale, quand on développe un vaccin il y a plusieurs étapes qui sont indispensables. D’abord, le développement pré-clinique, suivi du développement clinique qui comprend une première phase sur des volontaires sains, une seconde qui concerne un groupe de personnes qui ne sont pas des volontaires sains mais pour lesquels des dosages de vaccin sont présentés et la phase 3 qui comporte un nombre très important de malades, avant d'arriver aux étapes de mise sur le marché et de production", explique Robert Cohen.

Selon ce dernier, "il y a aujourd'hui, plus de 155 vaccins contre le Sars-cov-2. 135 sont encore au stade pré-clinique, 15 en phase 1, 11 en phase 2 et 4 en phase 3".

"Même si les firmes ont commencé à fabriquer les vaccins très tôt, nous n'aurons pas, en un an, des milliards de doses à distribuer dans le monde entier pour toutes les tranches d’âges. Il va falloir prioriser en ciblant les populations adultes à haut risque de complication et d’exposition", ajoute-t-il.

Qu'est ce que les patients à risques ? 

Cette place prioritaire s'explique par le fait que "lorsqu'on compare des personnes à risque et des personnes saines par rapport à l'infection à la pneumocoque, on a pu constater, dans une cohorte de 51 millions d'adultes âgés entre 19 et 64 ans, que le risque est multiplié par 12", déclare Professeur Abdellatif Chakib. 

Ce dernier rappelle également ce que l'on entend par "patients à risque"; il s'agit des immunodéprimés (infectés par le VIH, personnes transplantées ou en attente de transplantation, celles atteintes de déficits immunitaires héréditaires, etc.), des non immunodéprimés (atteints d'asthme sévère ou sous traitement continu, atteints d'insuffisance rénale, d'insuffisance cardiaque, de diabète etc.), mais aussi adultes et enfants de 5 ans et plus, à risque élevé d'une infection pneumococcique

Selon Professeur Chakib, la pneumonie sévère engendre chez plusieurs patients une dépression qui peut contribuer à l'augmentation du risque de diabète, de tabagisme et de déficience cognitive. Ceux-là sont, abstraction faite de la dépression, associés "à un grand risque de contracter la pneumonie", explique-t-il.

"Le tabagisme multiplie par 4 les risques de pneumonie et l’alcoolisme par 4,5. C’est pourquoi, plusieurs pays (Etats-Unis, Belgique, Irlande, Italie, Espagne etc.) ont décidé d’inclure le tabagisme dans les recommandations de la vaccination contre le pneumocoque", précise Pr Chakib.  

"Les sujets fragiles contre le pneumocoque et les sujets de plus de 65 ans doivent être vaccinés"

Dans l'attente d'un vaccin "efficace et sûr" contre le Sars-Cov-2, et vu que la pandémie du Covid-19 ne contre-indique aucune vaccination, Professeur Cohen précise que malgré la propagation du coronavirus, "aucune augmentation des infections pneumococciques n'a été constatée".  

"Tous les gens qui avaient une indication à être vaccinés contre le pneumocoque, à la fois par les vaccins antipneumococciques conjugués et le "pneumo23", doivent être vaccinés", estime Professeur Cohen. 

Autrement dit, ceux qui doivent être vaccinés sont "tous les sujets fragiles contre le pneumocoque et tous les sujets de plus de 65 ans" uniquement. Et ce, "parce qu'indiscutablement il n'y aura pas assez de vaccins".  

Par ailleurs, Robert Cohen met en garde contre le "rotavirus" et rappelle que 15 à 30% des patients Covid-19 symptomatiques (chez l'enfant) ont des signes digestifs. 

"L'épidémie de gastro entérite à rotavirus a toutes les chances de se produire au mauvais moment, c'est-à-dire lorsque le coronavirus repartira avec un déficit dans les cabinets médicaux, dans les urgences pédiatriques, etc."

Covid-19 : Il faut vacciner contre la grippe et autres maladies (experts)

Le 28 juillet 2020 à10:59

Modifié le 28 juillet 2020 à 10:59

Plus de 155 vaccins contre le Covid-19 sont en cours de développement dans le monde. En attendant, pour protéger les personnes à risques, d'éminents professeurs recommandent les vaccins contre la grippe, le pneumocoque et le rotavirus. 

Comme l'a annoncé Khalid Aït Taleb ce samedi 25 juillet, à l'occasion du webinaire organisé par la Société marocaine des sciences médicales (SMSM) sur l'importance de la vaccination à l'ère du Covid-19, les personnes à risques seront vaccinées contre la grippe saisonnière et la pneumocoque et ce, dans le but de renforcer leur immunité. 

Cela dit, le ministre n'a pas précisé dans quel cadre cette opération sera menée, ni le nombre de personnes concernées ou le stock de vaccins disponible ou pouvant être mis en place d'ici là. 

Lors du même événement virtuel, les interventions des professeurs Abdellatif Chakib et Robert Cohen ont porté sur différents volets relatifs à l'importance de la vaccination dans l'attente d'un vaccin "efficace et sûr" contre le Covid-19. 

Ce sujet est d'autant plus important face à un redémarrage de l'épidémie dû à un relâchement dans le respect des mesures barrières et à l’apparition d’une nouvelle variante du virus qui semble, selon Professeur Cohen, être plus contagieuse.

Hiver à l'horizon : gare à l'alliance entre la grippe et le Covid

"Le premier pic épidémique est derrière nous, mais on voit que le virus circule toujours et que des clusters apparaissent partout. Tout cela laisse présager un automne ainsi qu'un hiver difficiles. D'où l'importance des vaccinations", explique-t-il.

Pour Pr Cohen, si le nombre de cas augmente il est fort probable que cela arrive pendant l'hiver. 

"Il n'y aurait rien de plus terrible que d'avoir dans nos pays à la fois l'épidémie de la grippe et la pandémie du Covid-19", martèle le professeur. 

Ce dernier reste optimiste à l'égard des mesures d'hygiène mises en place pour lutter contre la propagation du Coronavirus. Il estime qu'elles permettront de limiter la propagation de la grippe également, sans pour autant être suffisantes. 

"Je conseille que cette vaccination soit la plus large possible. Je n'ai qu'un seul souci: c'est la disponibilité", alerte-t-il. 

Par ailleurs, et dans le cadre des vaccinations, Robert Cohen rappelle que "dans tous les pays du monde, il y a un retard de vaccination qui s'est accumulé et qu'il ne faut absolument pas laisser s'installer parce qu'il risque d'entraîner chez l'enfant plus de mortalité que le Covid-19". 

155 vaccins contre le coronavirus en cours de développement

"D’une façon générale, quand on développe un vaccin il y a plusieurs étapes qui sont indispensables. D’abord, le développement pré-clinique, suivi du développement clinique qui comprend une première phase sur des volontaires sains, une seconde qui concerne un groupe de personnes qui ne sont pas des volontaires sains mais pour lesquels des dosages de vaccin sont présentés et la phase 3 qui comporte un nombre très important de malades, avant d'arriver aux étapes de mise sur le marché et de production", explique Robert Cohen.

Selon ce dernier, "il y a aujourd'hui, plus de 155 vaccins contre le Sars-cov-2. 135 sont encore au stade pré-clinique, 15 en phase 1, 11 en phase 2 et 4 en phase 3".

"Même si les firmes ont commencé à fabriquer les vaccins très tôt, nous n'aurons pas, en un an, des milliards de doses à distribuer dans le monde entier pour toutes les tranches d’âges. Il va falloir prioriser en ciblant les populations adultes à haut risque de complication et d’exposition", ajoute-t-il.

Qu'est ce que les patients à risques ? 

Cette place prioritaire s'explique par le fait que "lorsqu'on compare des personnes à risque et des personnes saines par rapport à l'infection à la pneumocoque, on a pu constater, dans une cohorte de 51 millions d'adultes âgés entre 19 et 64 ans, que le risque est multiplié par 12", déclare Professeur Abdellatif Chakib. 

Ce dernier rappelle également ce que l'on entend par "patients à risque"; il s'agit des immunodéprimés (infectés par le VIH, personnes transplantées ou en attente de transplantation, celles atteintes de déficits immunitaires héréditaires, etc.), des non immunodéprimés (atteints d'asthme sévère ou sous traitement continu, atteints d'insuffisance rénale, d'insuffisance cardiaque, de diabète etc.), mais aussi adultes et enfants de 5 ans et plus, à risque élevé d'une infection pneumococcique

Selon Professeur Chakib, la pneumonie sévère engendre chez plusieurs patients une dépression qui peut contribuer à l'augmentation du risque de diabète, de tabagisme et de déficience cognitive. Ceux-là sont, abstraction faite de la dépression, associés "à un grand risque de contracter la pneumonie", explique-t-il.

"Le tabagisme multiplie par 4 les risques de pneumonie et l’alcoolisme par 4,5. C’est pourquoi, plusieurs pays (Etats-Unis, Belgique, Irlande, Italie, Espagne etc.) ont décidé d’inclure le tabagisme dans les recommandations de la vaccination contre le pneumocoque", précise Pr Chakib.  

"Les sujets fragiles contre le pneumocoque et les sujets de plus de 65 ans doivent être vaccinés"

Dans l'attente d'un vaccin "efficace et sûr" contre le Sars-Cov-2, et vu que la pandémie du Covid-19 ne contre-indique aucune vaccination, Professeur Cohen précise que malgré la propagation du coronavirus, "aucune augmentation des infections pneumococciques n'a été constatée".  

"Tous les gens qui avaient une indication à être vaccinés contre le pneumocoque, à la fois par les vaccins antipneumococciques conjugués et le "pneumo23", doivent être vaccinés", estime Professeur Cohen. 

Autrement dit, ceux qui doivent être vaccinés sont "tous les sujets fragiles contre le pneumocoque et tous les sujets de plus de 65 ans" uniquement. Et ce, "parce qu'indiscutablement il n'y aura pas assez de vaccins".  

Par ailleurs, Robert Cohen met en garde contre le "rotavirus" et rappelle que 15 à 30% des patients Covid-19 symptomatiques (chez l'enfant) ont des signes digestifs. 

"L'épidémie de gastro entérite à rotavirus a toutes les chances de se produire au mauvais moment, c'est-à-dire lorsque le coronavirus repartira avec un déficit dans les cabinets médicaux, dans les urgences pédiatriques, etc."

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