Coronavirus : au Maroc, pas plus de 0,8% de croissance économique en 2020 (CMC)

Le Centre Marocain de Conjoncture a actualisé sa prévision de croissance pour 2020, sur la base de nouvelles hypothèses "fragiles mais soutenables". Il prévoit une croissance de 0,8% du PIB à prix constants.

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Coronavirus : au Maroc, pas plus de 0,8% de croissance économique en 2020 (CMC) Tarik El Malki, directeur du Centre Marocain de Conjoncture

Le 23 mars 2020 à 12:27

Modifié le 24 mars 2020 à 10:11

Voici les hypothèses retenues par les économistes du CMC :

La crise sanitaire prendrait fin au milieu de l’année et la reprise devrait se faire progressivement sans à-coups ;

- La croissance de l'économie mondiale devrait ralentir à 2% ;

- La campagne agricole 2019-2020 assez sèche au Maroc produirait un affaissement notable de la production céréalière qui ne dépasserait guère les 40 millions de quintaux ;

- La baisse du taux directeur de Bank Al-Maghrib d’un quart de point ne produirait aucun effet immédiat sur l’économie réelle ;

- La politique budgétaire largement accommodante initiée par la création du Fonds spécial de gestion de la pandémie du coronavirus et la solidarité agissante des Marocains pourrait bien faire éviter la faillite à un bon nombre d’entreprises et sauver des emplois ;

- Redressement du prix du pétrole au milieu de l’année pour se stabiliser autour de 50 dollars après la chute qu’il a accusée au dessous de la barre des 30 dollars.

- L’inflation resterait contenue à un niveau assez bas.

- Avec l'élargissement de la bande des fluctuations du dirham, la parité de la monnaie nationale pencherait vers une réévaluation vis-à-vis du dollar et connaîtrait une dépréciation par rapport à l’ euro.

Compte tenu de ces hypothèses, "fragiles mais soutenables", et au vu des maigres indices précurseurs, le taux de croissance du produit intérieur brut à prix constants serait d’environ 0,8% pour l’exercice 2020, selon le CMC.

"Cette contre-performance économique devrait découler du retrait de l’ensemble des secteurs sous les effets multiples déclenchés par la maladie du Covid-19, de la psychose et de la perte de confiance en passant par les restrictions des déplacements et le confinement pour arriver au stade de l’état d’urgence sanitaire", estime-t-on.

- Le secteur agricole devrait afficher une diminution de sa valeur ajoutée en volume d’environ 3% en raison des conditions climatiques pernicieuses enregistrées durant l’hiver.

- Le secteur de l’hébergement et la restauration figure parmi les activités les plus touchées, sa valeur ajoutée en termes réels devrait fléchir d’environ 25% tant la reprise serait lente et difficile.

- Les services de transport aussi bien aérien, ferroviaire que routier devraient marquer le pas et leur valeur ajoutée globale connaîtrait une stagnation en glissement annuel.

- Le secteur de l’industrie extractive devrait subir l’impact du rétrécissement des marchés extérieurs induit par le mouvement dépressif de l’économie mondiale. Le rythme de sa croissance pour 2020 connaîtrait un ralentissement et serait amputé de moitié comparativement avec celui de l’année écoulée qui serait de l’ordre de 5%.

- La contribution des activités des industries manufacturières resterait modeste et se situerait en deçà des 2% au terme de l’ année. Aujourd'hui, certaines de ces activités peinent à trouver des marchés ou sont bloquées par manque d’approvisionnement en matières premières et produits intermédiaires et d’ autres sont complètement à l’arrêt comme la branche principale de l’industrie automobile.

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Le 23 mars 2020 à12:27

Modifié le 24 mars 2020 à 10:11

Le Centre Marocain de Conjoncture a actualisé sa prévision de croissance pour 2020, sur la base de nouvelles hypothèses "fragiles mais soutenables". Il prévoit une croissance de 0,8% du PIB à prix constants.

Voici les hypothèses retenues par les économistes du CMC :

La crise sanitaire prendrait fin au milieu de l’année et la reprise devrait se faire progressivement sans à-coups ;

- La croissance de l'économie mondiale devrait ralentir à 2% ;

- La campagne agricole 2019-2020 assez sèche au Maroc produirait un affaissement notable de la production céréalière qui ne dépasserait guère les 40 millions de quintaux ;

- La baisse du taux directeur de Bank Al-Maghrib d’un quart de point ne produirait aucun effet immédiat sur l’économie réelle ;

- La politique budgétaire largement accommodante initiée par la création du Fonds spécial de gestion de la pandémie du coronavirus et la solidarité agissante des Marocains pourrait bien faire éviter la faillite à un bon nombre d’entreprises et sauver des emplois ;

- Redressement du prix du pétrole au milieu de l’année pour se stabiliser autour de 50 dollars après la chute qu’il a accusée au dessous de la barre des 30 dollars.

- L’inflation resterait contenue à un niveau assez bas.

- Avec l'élargissement de la bande des fluctuations du dirham, la parité de la monnaie nationale pencherait vers une réévaluation vis-à-vis du dollar et connaîtrait une dépréciation par rapport à l’ euro.

Compte tenu de ces hypothèses, "fragiles mais soutenables", et au vu des maigres indices précurseurs, le taux de croissance du produit intérieur brut à prix constants serait d’environ 0,8% pour l’exercice 2020, selon le CMC.

"Cette contre-performance économique devrait découler du retrait de l’ensemble des secteurs sous les effets multiples déclenchés par la maladie du Covid-19, de la psychose et de la perte de confiance en passant par les restrictions des déplacements et le confinement pour arriver au stade de l’état d’urgence sanitaire", estime-t-on.

- Le secteur agricole devrait afficher une diminution de sa valeur ajoutée en volume d’environ 3% en raison des conditions climatiques pernicieuses enregistrées durant l’hiver.

- Le secteur de l’hébergement et la restauration figure parmi les activités les plus touchées, sa valeur ajoutée en termes réels devrait fléchir d’environ 25% tant la reprise serait lente et difficile.

- Les services de transport aussi bien aérien, ferroviaire que routier devraient marquer le pas et leur valeur ajoutée globale connaîtrait une stagnation en glissement annuel.

- Le secteur de l’industrie extractive devrait subir l’impact du rétrécissement des marchés extérieurs induit par le mouvement dépressif de l’économie mondiale. Le rythme de sa croissance pour 2020 connaîtrait un ralentissement et serait amputé de moitié comparativement avec celui de l’année écoulée qui serait de l’ordre de 5%.

- La contribution des activités des industries manufacturières resterait modeste et se situerait en deçà des 2% au terme de l’ année. Aujourd'hui, certaines de ces activités peinent à trouver des marchés ou sont bloquées par manque d’approvisionnement en matières premières et produits intermédiaires et d’ autres sont complètement à l’arrêt comme la branche principale de l’industrie automobile.

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