Victoire de la démocratie au Nigeria
Les élections présidentielles qui ont eu lieu au Nigeria les 30 et 31 mars ont donné la victoire à Muhammadu Buhari avec 53,9% de voix au détriment du président sortant Goodluck Jonathan.
Le nouveau président âgé de 72 ans est le leader de l’APC, le parti du Congrès progressiste. C’est un militaire musulman du Nord du Nigeria qui avait organisé un putsch et dirigé le pays de 1989 à 1985 dans le cadre d’une junte militaire.
Cette élection constitue une première alternance démocratique depuis l’indépendance arrachée aux Britanniques en 1960. Le Nigeria a en effet connu depuis cette dernière date 3 constitutions et 6 coups d’Etat militaires.
L’autre parti important du Nigeria est le PDP, le Parti démocratique populaire, qui a gouverné le pays sans discontinuité pendant 16 ans depuis la fin des dictatures militaires.
Le Nigeria est un immense pays de près de 1 million de km2 et une population de 177 millions d’habitants. C’est un Etat fédéral depuis la dernière constitution de 1999 divisé en 36 Etats. Sa population est à 50% urbaine, et il y a plus de 24 villes qui ont plus de 1 million d’habitants. Il est estimé que la population du Nigeria atteindra 440 millions en 2050, soit le troisième pays le plus peuplé au monde après l’Inde et la Chine.
Deux grandes religions : l’islam et le christianisme se partagent la population. L’islam est surtout prédominant dans le Nord, alors que le Sud est majoritairement chrétien. Il y a 250 ethnies au Nigeria dont les principales sont les Houassas au Nord et les Yorubas au Sud. Les langues parlées au Nigeria sont au nombre de 521 qui sont souvent des dialectes, la langue officielle étant l’anglais.
Le Nigeria est la première puissance économique d’Afrique avec un PIB de 520 MM$ en 2013. Il est surtout riche en pétrole découvert en 1956 dans le delta du Niger. Membre de l’OPEP, le Nigeria est le 6ème exportateur mondial de pétrole qui constitue 25% des recettes d’exportation et 80% des revenus du pays. La société pétrolière dominante est Shell et les exportations de pétrole se font principalement par le port Harcourt.
Malgré cette grande richesse en pétrole, le pays est pauvre avec un IDH de 0,448 du fait d’une mauvaise gouvernance et d’une grande corruption. C’est ainsi que les fuites illicites de fraudes ont été estimées à 89 MM$ entre 1970 et 2009. Au niveau de la corruption, le Nigeria est classé 130ème sur 180. Les investissements du Nigeria à l’étranger provenant principalement de la corruption sont estimés à 100 MM$ principalement au Royaume Uni, en France et en Suisse. Enfin on estime que seulement un quart de la population profite des revenus du pétrole.
Plus grave encore pour la sécurité du pays est la secte Boko Haram (qui veut dire Occident péché) qui a débuté ses activité sen 2002, et qui a pour but déstabiliser le pouvoir central en vue d’instaurer la charia. Au départ proche d’Al Qaida, il s’en est détaché après la proclamation du califat islamique par Abubakar Shebau. Boko Haram a commis plusieurs attentats dont le plus spectaculaire a été en 2011 l’attaque du bureau de l’ONU à Abuja capitale du Nigeria. Boko Haram a même réussi à conquérir des territoires dans le Nord-Est du Nigeria. Depuis 2009, on estime les exactions de Boko Haram à 10.000 morts, 650.000 déplacés, et 200 lycéennes kidnappées à Chibok en avril 2014.
Les effectifs de Boko Haram sont estimés à 30.000 hommes et son succès s’explique par la faiblesse de l’Etat nigérian, incapable de maintenir l’ordre et de gérer ce conflit du fait d’une forte corruption. En effet, l’armée nigériane est mal formée et mal équipée.
Les Nigérians ont élu Muhammadu Buhari parce qu’ils le croient capable de combattre efficacement Boko Haram et de réduire la corruption. On ne peut qu’espérer que le nouveau président puisse être à la hauteur des électeurs, et qu’il puisse rendre à ce grand pays d’Afrique la sécurité et la prospérité.
On ne peut que saluer également la victoire de la démocratie au Nigeria du fait que des chrétiens ont voté pour un musulman dans l’intérêt général du pays.
Les autres pays africains devraient prendre exemple du Nigeria pour favoriser l’alternance démocratique. On ne peut que regretter à cet égard la quatrième candidature du président Bouteflika qui était dans un état de santé très fragile lors des élections présidentielles d’Algérie du 17 avril 2014, et qui n’a pas permis l’alternance.
Enfin, la diplomatie marocaine devrait profiter de l’élection de ce nouveau président pour rétablir les bonnes relations qu’avait le Maroc avec le regretté Nelson Mandela. Depuis son départ du pouvoir, l’Afrique du Sud a en effet adopté une position négative quand à notre cause nationale concernant le Sahara marocain.
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