Réaction à France 3: “Mohammed VI n'est pas un dictateur”
Suite à la diffusion du reportage de France 3 jeudi 26 mai, intitulé "le règne secret", Samuel Amedro, ancien Président de l'Eglise évangélique du Maroc,a publié sur sa page Facebook, le témoignage que nous reprenons avec l'aimable autorisation de son auteur.
Je viens de voir un "reportage" à charge contre le Roi du Maroc et pour la première fois, je ressens la nécessité de faire entendre une autre voix en partageant ici un témoignage personnel sur ce que j'ai vécu ces 5 dernières années au Maroc en tant que Président de l'Eglise Evangélique Au Maroc.
Sans être un admirateur béat, je peux attester avoir vécu pendant 5 ans dans un grand pays qui change à très grande vitesse. Le Maroc est un pays qui s'est résolument engagé sur la voie de la modernité.
Ce n'est pas seulement le Roi qui s'enrichit mais c'est tout le pays qui se modernise, qui construit, qui progresse, qui grandit et qui s'enrichit.
J'ai eu la chance et l'honneur de rencontrer, de côtoyer et de vivre au quotidien dans un pays avec une véritable société civile, avec des grands intellectuels à la liberté de parole incroyable, avec une classe moyenne qui s'enrichit, avec des gens moins pauvres, avec des infrastructures qui se construisent à grande vitesse, avec des artistes incroyablement libres.
J'ai eu la chance de rencontrer Sa Majesté et plusieurs de ses ministres et conseillers à plusieurs reprises.
Responsable d'une église chrétienne dans un pays musulman, je peux témoigner n'avoir jamais subi de pression en tant que chrétien. Bien au contraire, avec mon ami l'archevêque de Rabat, nous avons eu la liberté de créer le premier Institut Oecuménique de Théologie chrétien dans un pays musulman: l'Institut Al Mowafaqa pour travailler ensemble au dialogue des cultures et des religions, à l'éducation des religieux au dialogue interreligieux.
A chaque étape de la création de cet Institut Al Mowafaqa, les plus hautes autorités du pays nous ont accompagné avec bienveillance, discrétion et attention.
Si cet Institut existe aujourd'hui, c'est parce que Sa Majesté Mohamed VI l'a accepté sans jamais interférer.
Pendant 5 ans, j'ai eu également à déployer des efforts intenses pour essayer de prendre soin des quelque 40.000 migrants bloqués au Maroc. Je peux témoigner ici que le Maroc subit cette situation qu'il n'a pas choisie et que si ces migrants sont bloqués là c'est bien parce que l'Union Européenne exerce un chantage sur le Royaume du Maroc en exigeant de lui qu'il fasse le travail de police en bloquant la frontière à sa place et qu'il accepte de signer les accords de réadmission des migrants expulsés de l'UE.
Je peux témoigner ici de tous les efforts déployés par les autorités marocaines pour essayer de changer la situation de ces migrants et leur prise en charge (dans les écoles, les hôpitaux, le marché du travail...): ce changement de politique est le résultat direct de la volonté du Roi d'humaniser cette situation souvent dramatique notamment par une régularisation immédiate et sans condition de toutes les femmes et de tous les enfants, par leur intégration gratuite et volontaire dans les écoles publiques et dans leur accès à des soins gratuits.
Dans sa politique vis-à-vis des migrants, le Maroc, sans être exemplaire, a fait preuve de beaucoup plus d'humanité et de compassion que la France.
Connaissant la réalité de très près, je pense et j'affirme avec force que le Maroc n'a de leçon de morale à recevoir de personne et surtout pas de la France!
Alors, maintenant que je suis rentré en France et que je n'ai plus aucun intérêt personnel à défendre, je me sens la liberté de prendre la parole pour m'insurger contre ce procès à charge qui est porté à l'écran.
Non le Maroc n'est pas une dictature. Non Mohamed VI n'est pas un dictateur.
[NDLR: Le titre a été choisi par la rédaction]
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