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 Les élections législatives de 2026 : un rendez-vous décisif pour l'avenir du Maroc

Les élections législatives du 23 septembre prochain constituent un test de la capacité des institutions marocaines à porter les réformes dont dépend le développement du Royaume.

Le 14 juillet 2026 à 11h58

Les élections législatives du 23 septembre prochain ne constituent pas une échéance politique ordinaire. Elles interviennent à un moment où le Maroc est appelé à franchir une nouvelle étape de son développement, dans un contexte international marqué par de profondes mutations géopolitiques, économiques et technologiques. Le gouvernement qui sortira des urnes n'aura pas seulement pour mission de gérer les affaires courantes ; il devra conduire le pays dans une période où se joueront des choix déterminants pour la prochaine décennie.

Le Royaume aborde cette échéance avec des atouts indéniables. Sa stabilité institutionnelle, la vision stratégique portée au plus haut niveau de l'État, la modernisation de ses infrastructures, son positionnement en Afrique et en Méditerranée ainsi que les grands projets engagés ces dernières années lui confèrent une place de plus en plus affirmée sur la scène régionale.

Mais ces acquis, aussi importants soient-ils, ne dispensent pas le pays de relever des défis majeurs. La croissance économique reste insuffisante pour répondre aux attentes d'une population jeune et de plus en plus qualifiée. Le chômage, notamment celui des diplômés, demeure préoccupant. Les disparités sociales et territoriales persistent, tandis que le stress hydrique, les effets du changement climatique, les tensions sur le pouvoir d'achat et les incertitudes de l'économie mondiale imposent des choix audacieux. À ces contraintes s'ajoutent la révolution de l'intelligence artificielle, la transition énergétique et la reconfiguration des chaînes de valeur mondiales, qui redessinent les facteurs de compétitivité des nations.

Dans un tel contexte, la question essentielle n'est pas de savoir quel parti arrivera en tête ou quelle coalition formera le prochain gouvernement. Le véritable enjeu est ailleurs : les élections permettront-elles au Maroc de se doter d'institutions suffisamment fortes, légitimes et efficaces pour accélérer les réformes dont dépend son émergence ?

Autrement dit, le scrutin du 23 septembre ne constitue pas une fin en soi. Il représente le point de départ d'un nouveau cycle politique dont la réussite sera évaluée non à l'annonce des résultats, mais à la capacité des institutions issues des urnes à produire une gouvernance plus performante, plus responsable et plus proche des attentes des citoyens.

Au-delà de la compétition électorale

La tentation est grande, à l'approche de chaque scrutin, de réduire le débat aux rapports de force entre partis, aux stratégies d'alliance ou aux pronostics sur la composition de la future majorité. Ces questions ont évidemment leur importance. Elles ne doivent cependant pas occulter l'essentiel.

Dans les démocraties contemporaines, les élections ne constituent pas une simple procédure de désignation des gouvernants. Elles sont d'abord un mécanisme de production de la légitimité politique. Elles permettent aux citoyens de choisir une orientation, d'évaluer les politiques menées et de confier, pour une durée déterminée, la conduite des affaires publiques à celles et ceux qu'ils jugent les plus aptes à répondre aux défis du moment.

L'expérience montre que la qualité des politiques publiques dépend moins de l'ampleur des promesses électorales que de la solidité des institutions chargées de les mettre en œuvre. Les pays qui réussissent leur décollage économique ne sont pas nécessairement ceux qui disposent des ressources naturelles les plus abondantes ; ce sont souvent ceux qui ont construit des institutions crédibles, une administration efficace et des mécanismes de responsabilité permettant de corriger les erreurs et d'améliorer en permanence l'action publique.

La démocratie n'est donc pas un luxe que l'on s'offrirait une fois le développement atteint. Elle constitue, de plus en plus, un facteur de développement lui-même. En renforçant la confiance, en favorisant la stabilité des règles du jeu et en améliorant la qualité des décisions publiques, elle contribue directement à l'attractivité économique, à la cohésion sociale et à la résilience des États.

Dans cette perspective, les élections de 2026 dépassent largement la compétition entre formations politiques. Elles interrogent la capacité du système politique à accompagner les ambitions d'un pays qui aspire à rejoindre durablement le cercle des économies émergentes.

La confiance, première condition de la réussite

Aucune réforme d'envergure ne peut réussir durablement sans la confiance des citoyens. Or cette confiance ne se décrète pas ; elle se construit dans le temps, à travers la qualité des institutions, la transparence des décisions publiques et la capacité des responsables à rendre compte de leurs engagements.

Une partie des Marocains, notamment parmi les jeunes, exprime un scepticisme croissant quant à l'influence réelle de leur vote sur les politiques publiques. Ce constat ne traduit pas un rejet de la démocratie. Il révèle surtout une exigence plus forte à l'égard des responsables politiques. Les citoyens souhaitent des résultats tangibles davantage que des promesses répétées à chaque échéance électorale.

Le scrutin de septembre représente, à cet égard, une occasion importante de renforcer le lien entre les électeurs et leurs représentants. Encore faut-il que la campagne permette un véritable débat sur les grands choix qui attendent le pays : l'emploi, l'éducation, la santé, la politique de l'eau, la compétitivité des entreprises, les finances publiques, la justice territoriale, l’équité sociale ou encore l'adaptation de l'économie marocaine aux mutations technologiques.

Les électeurs attendent désormais des programmes réalistes, chiffrés lorsque cela est possible, accompagnés d'engagements précis et susceptibles d'être évalués. Une démocratie mature ne se limite pas au droit de choisir ses dirigeants ; elle suppose également la possibilité de juger leur action à l'aune des résultats obtenus.

Cette évolution appelle également une transformation des partis politiques eux-mêmes. Ils ne peuvent plus être de simples machines électorales mobilisées quelques semaines avant le scrutin. Ils sont appelés à redevenir des espaces de réflexion, de formation et de préparation des responsables publics de demain. Leur crédibilité dépendra de leur capacité à faire émerger des compétences, à renouveler leurs élites et à élaborer des projets répondant aux attentes d'une société en pleine mutation.

Les conditions d'un scrutin à la hauteur des ambitions du pays

Le renouvellement des femmes et des hommes ne suffira cependant pas à lui seul à renforcer la crédibilité des institutions. Encore faut-il que la compétition électorale se déroule dans des conditions inspirant confiance à l'ensemble des acteurs politiques et, surtout, aux citoyens.

La légitimité d'un gouvernement ne découle pas uniquement de sa victoire dans les urnes. Elle dépend également de la conviction largement partagée que cette victoire a été obtenue dans le respect des principes d'équité, de transparence et de sincérité du scrutin. Dans toutes les démocraties, la qualité du processus électoral est devenue aussi importante que le résultat lui-même.

Cela suppose d'abord une administration électorale impartiale, appliquant les mêmes règles à tous les concurrents. Cela implique également une justice capable de traiter rapidement les contentieux, un contrôle rigoureux du financement des campagnes et une lutte effective contre toutes les formes d'utilisation de l'argent ou de l'influence susceptibles d'altérer la libre expression du suffrage.

L'égalité des chances entre les candidats et les partis constitue, à cet égard, un principe fondamental. Elle ne signifie pas l'égalité des résultats, mais l'égalité des conditions dans lesquelles les électeurs peuvent comparer les projets qui leur sont proposés. L'accès aux médias, l'organisation des campagnes, la transparence des ressources mobilisées et la neutralité positive de l'administration doivent permettre à chaque formation politique de défendre ses idées dans un cadre loyal.

La crédibilité du scrutin dépendra également de la qualité du débat public. Les citoyens attendent des réponses aux questions qui touchent directement leur vie quotidienne : l'emploi, le pouvoir d'achat, l'école, la santé, le logement, la gestion de l'eau, la sécurité alimentaire, l'environnement ou encore les perspectives offertes à la jeunesse. Les controverses partisanes sont inhérentes à toute démocratie ; elles ne doivent cependant pas faire oublier que les électeurs souhaitent avant tout comprendre comment les différentes forces politiques entendent relever les défis auxquels le pays est confronté.

Une gouvernance à la hauteur des ambitions du Maroc

Au-delà du scrutin lui-même, la véritable question est celle de la gouvernance qui émergera des urnes. Le Maroc s'est fixé des objectifs ambitieux. Il aspire à accélérer son développement, à renforcer sa souveraineté économique, à améliorer la qualité de ses services publics, à réduire les inégalités sociales et territoriales et à consolider son positionnement régional et international. Ces ambitions supposent un État efficace, une administration performante et des institutions capables d'agir dans la durée.

La qualité de la gouvernance dépend naturellement du gouvernement qui sera constitué, mais elle repose également sur la vitalité de l'ensemble des institutions. Le Parlement est appelé à jouer pleinement son rôle de législateur, de contrôle de l'action gouvernementale et d'évaluation des politiques publiques. Les collectivités territoriales devront poursuivre l'approfondissement de la régionalisation avancée afin de rapprocher davantage la décision publique des citoyens et des réalités locales.

Les partis politiques, quant à eux, gagneraient à retrouver leur vocation première : être des lieux de débat, de formation et de production d'idées. Une démocratie ne peut fonctionner durablement si les partis se limitent à gérer les échéances électorales. Ils doivent préparer les compétences de demain, nourrir le débat public et contribuer à l'élaboration de véritables projets de société.

La société civile, les médias, les universités, les organisations professionnelles et les syndicats ont également une responsabilité essentielle. Une démocratie vivante ne se résume pas aux périodes électorales. Elle se construit chaque jour par la qualité du débat public, la confrontation des idées, la participation citoyenne et la capacité des institutions à rendre compte de leur action.

Dans un monde où les investissements, les talents et les innovations circulent de plus en plus rapidement, la qualité des institutions devient un facteur décisif de compétitivité. Les pays qui inspirent confiance attirent davantage d'investissements, mobilisent plus facilement leurs compétences et résistent mieux aux crises. À l'inverse, les insuffisances de gouvernance finissent toujours par peser sur la croissance, la cohésion sociale et la crédibilité internationale.

C'est pourquoi la démocratie ne doit plus être perçue uniquement sous l'angle des libertés publiques ou de l'organisation des élections. Elle constitue également un levier de développement. Une gouvernance fondée sur la responsabilité, la transparence, l'évaluation des politiques publiques et la reddition des comptes favorise une meilleure utilisation des ressources, renforce la confiance des citoyens et améliore l'efficacité de l'action publique.

Les élections du 23 septembre s'inscrivent pleinement dans cette perspective. Leur véritable portée ne se mesurera pas au nombre de sièges obtenus par chaque parti ni aux équilibres de la future coalition gouvernementale. Elle se mesurera à la capacité des institutions issues des urnes à conduire les réformes avec cohérence, à associer les citoyens aux grandes décisions et à créer un climat de confiance propice à l'investissement, à l'innovation et à l'initiative.

Le véritable verdict des élections de 2026 ne sera pas rendu le soir du dépouillement. Il le sera dans les années qui suivront, à la capacité des institutions issues des urnes de transformer les attentes des citoyens en résultats concrets. Les élections ne constituent pas l'aboutissement du processus démocratique ; elles en sont le point de départ. À cette condition, le scrutin de septembre 2026 pourra marquer non seulement une nouvelle alternance institutionnelle, mais surtout une étape supplémentaire dans la construction d'un Maroc plus prospère, plus inclusif et plus confiant en son avenir.

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Le 14 juillet 2026 à 11h58

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