img_pub
Rubriques

La défaite n’efface pas l’horizon

Le football est fait de joies éphémères et de lendemains amers. Pourtant, certaines portent en elles les promesses des victoires futures. Le parcours du Maroc, en dépit de sa défaite en quart de finale du mondial, rappelle qu’il appartient désormais au cercle des grandes nations de football qui doit regarder vers l’avenir. 

Le 10 juillet 2026 à 14h08

Lorsque la coupe n’est pleine qu’à un quart, il faut savoir la siroter ou s’en contenter. Dans le foot comme dans les autres choses de la vie, certains s’y résignent et s’en accommodent, d’autres s’y refusent ou en gardent le goût amer de l’inachevé. Mais maintenant que bannières et maillots sont rangés, il est sain de savoir raison garder. Certes le foot et la raison ont rarement partie liée, tant ce sport populaire est une passion, tour à tour triste ou joyeuse, qui ne rime que rarement avec les accommodements raisonnables.

Battus par la sélection française flamboyante par deux buts dans une rencontre où l’on voulait prendre une revanche sur celle d’il y a quatre ans, on ne peut pas dire que l’on méritait autre chose au vu de la médiocre prestation fournie. Mis à part le valeureux Bounou, le reste du onze national était aux fraises. C’est un fait. Et ce n'est pas un fait de jeu, mais celui d’une réalité dure à admettre.

Bien sûr les experts en tout et autres footix hallucinés, nombreux et bavards, iront de leurs critiques et remarques sur tel fait de jeu ou tel changement. D’autres incrimineront telle main non sifflée ou tel aveuglement de la VAR, l’absence et la blessure de bons attaquants, notamment Saïbari et Ezzalzouli. Cela n’y changera rien et l’on doit admettre qu’être battus par plus fort, plus engagé et plus expérimenté que nous n’est pas une tare.

Le Maroc a des atouts qu’il a montrés depuis le dernier mondial au Qatar et le fait même que l’on soit arrivé au quart à deux reprises, après avoir même atteint la demi-finale et tout cela en quatre ans, est en soi un sujet sinon de fierté, du moins de satisfaction.

Il est des nations, bien plus développées et mieux loties que nous, qui s’en contenteraient. Un pays comme la Suisse a mis 72 ans pour accéder à un quart de finale, sans parler de l’Angleterre, berceau du football, qui n’a pas remporté une coupe du monde depuis 1966. Certes cela ne consolera pas cet enfant en pleurs arborant le maillot de Hakimi devant son écran. Ni tous ces supporters qui ont traversé l’Atlantique à leurs frais pour soutenir les Lions de l’Atlas.

Le goût de l’inachevé est là. Amer et dur à avaler. S’arrêter aux portes du dernier carré donne, il est vrai, le sentiment d’avoir manqué une occasion en or. Mais, pour voir la coupe à moitié pleine même si c’est un quart, le fait d’enchaîner, en quatre ans, une demi-finale et un quart, prouve que le Maroc s’est installé durablement dans le top mondial. Rester parmi les huit meilleures nations de la planète reste une performance exceptionnelle. Mais l’on sait que raisonner ainsi n’est pas chose aisée car le football est magique, et se pense magiquement. Et c’est précisément pour cela, parce qu’il refuse la logique pure et transforme chaque match en une affaire d’État émotionnelle. C’est le propre du football : il nourrit autant les espoirs qu’il ne multiplie les regrets. Mais dans le foot comme dans la vie, il existe des défaites ou des échecs qui ne ferment pas une porte mais ouvrent un horizon.

Une place dans le top mondial ne s’obtient pas par hasard, ni par faveur. Elle récompense la constance, le travail et la qualité du projet. Aujourd’hui le Maroc est respecté parce qu’il a appris à rivaliser avec les meilleures nations sans complexe. Cette reconnaissance est le fruit d’une politique de formation, d’un recrutement intelligent des talents issus de la diaspora, d’infrastructures modernes et d’une fédération qui a compris que le football se construit sur le long terme.

Aujourd’hui, le rêve s’est arrêté, mais l’ambition, elle, demeure intacte. Battus, les Lions de l’Atlas quittent la compétition avec des regrets, mais aussi avec la certitude que leur place parmi les meilleures sélections mondiales n’est plus une exception mais une réalité.

Au fond, ce quart de finale perdu ne marque pas la fin d’une aventure. Il ressemble davantage à une étape sur un chemin commencé il y a quelques années et qui est loin d’être achevé. Il est naturel de nourrir un regret, mais certainement pas un doute. Les matchs se perdent, les dynamiques, elles, se construisent et celle du football marocain continue dans la bonne direction. Dans l’attente du prochain mondial dans quatre ans et qui, plus est, sera organisé en bonne partie chez nous.

Par
Le 10 juillet 2026 à 14h08

à lire aussi

Coupe du monde 2026. Pourquoi l’équipe du Maroc était-elle méconnaissable face à la France ?
Football

Article : Coupe du monde 2026. Pourquoi l’équipe du Maroc était-elle méconnaissable face à la France ?

Le rêve des Lions de l’Atlas s’est brisé net face à une redoutable équipe de France, le jeudi 9 juillet à Boston, en quart de finale de la Coupe du monde 2026. Le manque de courses en profondeur et de poids dans le demi-terrain offensif n’a pas aidé les Lions de l’Atlas à se sublimer dans une rencontre où quasiment tous les indicateurs statistiques sont restés en deçà de leurs standards.

Bourse de Casablanca : le MASI gagne 0,37%
Quoi de neuf

Article : Bourse de Casablanca : le MASI gagne 0,37%

La Bourse de Casablanca a clôturé la séance du 10 juillet en hausse. Le MASI a progressé de 0,37%, dans un volume de 123,03 MDH.

Houda Skali rejoint le directoire de Risma
Quoi de neuf

Article : Houda Skali rejoint le directoire de Risma

Sur proposition du directoire, le Conseil de surveillance de Risma, réuni le 9 juillet 2026, a décidé de nommer Houda Skali, directrice des Opérations, en qualité de membre du directoire.

Sécheresse, crises et pénurie de main-d'œuvre : l'étude d'évaluation de Génération Green officiellement lancée
AGRICULTURE

Article : Sécheresse, crises et pénurie de main-d'œuvre : l'étude d'évaluation de Génération Green officiellement lancée

Cinq années de sécheresse, la hausse du coût des intrants et une pénurie croissante de main-d’œuvre ont profondément changé le cadre dans lequel Génération Green avait été conçue. Lancée en 2020, la stratégie agricole va faire l’objet d’un bilan à mi-parcours, avec l’objectif d’identifier ses faiblesses et de redéfinir les priorités pour les années à venir. Ce que cette révision pourrait changer pour le secteur.

Trottinettes électriques : casque, écouteurs, âge minimum… ce qui va changer
SOCIETE

Article : Trottinettes électriques : casque, écouteurs, âge minimum… ce qui va changer

Face à la multiplication des trottinettes électriques et autres nouveaux engins de déplacement sur les routes marocaines, le Conseil de gouvernement a adopté un projet de décret modifiant le Code de la route. Circulation hors agglomération, transport des enfants, stationnement, véhicules immobilisés… Détails.

Les prévisions météo pour le samedi 11 juillet
Les prévisions quotidiennes

Article : Les prévisions météo pour le samedi 11 juillet

Voici les prévisions établies par la Direction générale de la météorologie pour le samedi 11 juillet 2026 : - Temps assez chaud sur le Sud-Est, […]

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité