Coupe du monde 2026. Pourquoi l’équipe du Maroc était-elle méconnaissable face à la France ?
Le rêve des Lions de l’Atlas s’est brisé net face à une redoutable équipe de France, le jeudi 9 juillet à Boston, en quart de finale de la Coupe du monde 2026. Le manque de courses en profondeur et de poids dans le demi-terrain offensif n’a pas aidé les Lions de l’Atlas à se sublimer dans une rencontre où quasiment tous les indicateurs statistiques étaient en deçà de leurs standards.
S’il y a des regrets à avoir après l’élimination du Maroc en quart de finale de la Coupe du monde 2026, ce serait sans doute l’absence d’étincelles, le jeudi 9 juillet à Boston face à la France. Cette élimination n’a pas le même goût que celle d’il y a quatre ans.
Jusqu’ici généreuse dans l’effort et portée par un indéniable allant offensif, l’équipe nationale est soudain devenue calculatrice et sans idée.
Alors que la France a étalé son réalisme et sa puissance de feu (22 tirs), les Lions de l’Atlas semblaient imprécis et déjà cuits (5 tentatives dont une seule cadrée). S'ils ont eu le ballon autant que les Français, ils n’en ont pas fait le même usage.
Même diminuée par les nombreuses absences et érodée physiquement, même aussi imprécise et en déficit d’expérience, cette équipe ne s’est pas donné les moyens de susciter sa chance pour mieux la saisir.
Le Maroc a quitté le Mondial 2026 en quart sans avoir suscité une émotion à la hauteur de son rêve. Guidés par leur éternelle bienveillance, les supporters ont davantage loué la supériorité des Français qu’ils n’ont accablé leurs joueurs.
Mais si cette rencontre a à peu près ressemblé à ce que voulaient les Bleus, c’est aussi parce que le sélectionneur national n’a pas été inspiré dans ses choix et son plan de jeu restrictif.

Le Maroc a joué avec le frein à main
Alors que Chadi Riad était sur le carreau en raison d’un genou récalcitrant, Mohamed Ouahbi a aligné Noussair Mazraoui en charnière.
Un choix qui interroge et confirme le déclassement de Redouane Halhal, qui a payé ses difficultés balle au pied entrevues face au Canada.
Mais le contexte était différent. Le Maroc devait faire le jeu contre un adversaire qui l’attendait. Face à la France, Halhal aurait été davantage dans son élément. Et peut-être qu’il ne serait pas tombé dans le piège tendu par Kylian Mbappé en concédant un penalty.
On ne le saura jamais, d’autant que Yassine Bounou a une nouvelle fois brillé dans l’exercice... et il n’est même pas acquis que Mazraoui ait réellement touché Mbappé avant que ce dernier n’amorce sa chute.
Sans doute que les Marocains auraient été bien plus structurés défensivement avec une meilleure répartition des zones à couvrir. Mais aussi davantage de duels défensifs et aériens gagnés.
Cependant, le plus gênant dans l’histoire reste la frilosité du plan de jeu marocain. En l’absence d’Ismaïl Saibari, il aurait été plus logique de lancer Soufiane Rahimi.
La générosité et le sens de la profondeur du natif de Casablanca auraient causé bien plus d’ennuis à une défense centrale française, certes solide, mais où William Saliba a le dos en vrac.

Des rôles illisibles en attaque
Personne n’ignore que le Gunner traîne des douleurs au dos depuis des mois, qui le gênent surtout lors des courses à haute intensité.
Le prochain adversaire de la France en demi-finale peut remercier le staff de l’équipe nationale d’avoir accordé un jour de repos supplémentaire au défenseur français. Et pour cause, on ne savait même pas qui occupait le poste d’avant-centre entre Bilal El Khannouss et Chems Eddine Talbi.
Ainsi, sur les phases défensives, Talbi se positionnait à gauche du 4-4-2 et El Khannouss partageait les deux postes de devant avec Azzedine Ounahi.
Mais avec le ballon, c’était une tout autre histoire. Elle raconte une équipe avec six joueurs répartis sur la largeur du milieu de terrain et aucun attaquant de pointe.
Un entrejeu réticent à jouer vers l’avant, qui a davantage brillé par des passes latérales que par du jeu rapide pour chercher des espaces dans le dos de la défense française. Et quand bien même ce fut le cas, personne n’était réellement en capacité de se projeter pour étirer les lignes françaises.
Pas par manque de volonté, mais plutôt en raison d’une forme d’incompatibilité des profils alignés avec la tâche, et surtout d’un nombre de joueurs trop important derrière le porteur de balle, ce qui réduit mécaniquement les solutions verticales.

Chems Eddine Talbi a bien essayé quelques fois sur son côté gauche. Mais il a constamment été pris en étau entre la ligne de touche et le roc Dayot Upamecano.
En somme, les Lions de l’Atlas ont affiché trop de déchet et de désordre pour perturber la défense française.
Mais grâce à un Yassine Bounou des grands soirs, le Maroc avait pu rejoindre les vestiaires sur un heureux nul sans avoir encaissé, mais sans toutefois inquiéter Mike Maignan.
En seconde mi-temps, on espérait une différence athlétique Elle ne s’est pas réellement présentée. On escomptait aussi un peu plus de justesse technique. Là non plus.

Des courses vers l’avant quasi inexistantes
L’ouverture du score de Kylian Mbappé a finalement confirmé les difficultés offensives des Lions de l’Atlas. La force des Lions de l’Atlas n’a pas été suffisamment collective. Du moins, suffisamment synchronisée.
Ils n’ont jamais été bons tous ensemble, ont rarement effectué les courses vers l’avant au même moment. La prestation d’Achraf Hakimi résume assez bien ce déficit de poids dans le camp d’en face (8 ballons touchés dans la surface adverse).
Il a effectué quelques bons mouvements et appels. Mais il a aussi montré que c’était insuffisant. Trop isolé face à deux, trois, voire quatre adversaires qui n’avaient que lui à surveiller.
C’est évidemment bien plus simple pour contenir la fougue du latéral marocain. Le manque d’espacement du jeu de l’équipe nationale et l’absence de menace dans le camp d’en face ont par ailleurs favorisé la récupération côté français.

C’est d’ailleurs sur un ballon gratté aux abords de la surface de l’équipe nationale que Kylian Mbappé a donné un avantage définitif à ses coéquipiers.
Si la réalisation d’Ousmane Dembélé a anéanti les derniers espoirs marocains, on n’a jamais vraiment senti, entre-temps, un esprit de révolte chez les coéquipiers de Brahim Diaz.
Pis, même le banc de touche s’est rapidement résigné. En témoigne le coaching de Mohamed Ouahbi. Notamment les changements opérés, qui répondaient davantage à une logique d’accorder du temps de jeu à ceux qui n’avaient pas participé à l’aventure américaine plutôt qu’à une volonté de revenir dans le match.
Bref, le rêve est passé, poussé par le même vent d’un coaching sens dessus dessous et aussi inopérant qu’en 2022, et par le même adversaire.
Mais il faut convenir que cette épopée ne laissera pas la même trace. Et encore moins son épilogue, qui fut autrement moins emballant qu’il y a quatre ans.
Cela dit, il faut se souvenir d’où cette équipe nationale revient. Constater son jeune âge et le peu de temps dont disposait son staff pour en arriver là.
Il faut aussi imaginer que le match contre la France la fera grandir et surtout prendre rendez-vous pour la Coupe d’Afrique des nations 2027. Car on a très envie de la revoir. Et ce, dès la fin du mois de septembre prochain pour les éliminatoires de la CAN.
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