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Crise de l’endettement en Grèce: et le Maroc?

Le 4 février 2015 à 11h20

La Grèce connaît actuellement un endettement très élevé de 320 MM d’euros soit 175% du PIB. Il est détenu à hauteur de 44% par le Fonds européen de stabilité financière, à 39% par le FMI, la BCE, et des fonds privés et à 16% par les Etats européens.

Les causes de cet endettement massif de la Grèce proviennent en premier lieu de son adhésion à la zone euro, ce qui lui a permis d’obtenir des crédits importants de l’Europe.

Plus précisément, les causes de cet endettement massif remontent aux Jeux olympiques de 2004 qui ont coûté à la Grèce plus de 11 MM$ financés principalement par la dette.

La crise des subprimes en 2007-2008 a aggravé la situation financière de la Grèce qui a subi entre 2007 et 2010 une perte de 15% de ses principales ressources provenant du tourisme et du transport maritime. En 2010, l’endettement de la Grèce était déjà de 120% du PIB et le déficit budgétaire de 13%.

Les différents gouvernements ont permis à la Grèce de vivre au dessus de ses moyens, dans une économie minée par la corruption, le clientélisme, la fraude fiscale et le travail en noir. Tout cela accompagné d’une explosion des dépenses publiques. C’est ainsi qu’entre 1995 et 2006, le nombre des fonctionnaires a augmenté de 70%, dont les salaires ont été augmentés de 118%. Les salariés des entreprises publiques ont vu également leur salaire augmenter de 157% pendant la même période.

Devant cette situation financière catastrophique, la Grèce s’est adressée à l’Union européenne qui lui a accordé une aide de 240 MM d’euros afin de la sauver de la banqueroute et de remettre son économie en état de marche.

Les réformes draconiennes n’ont pas porté leurs fruits

L’aide financière de l’Union européenne était conditionnée par une politique de réformes et d’austérité qui était contrôlée par la troïka composée du FMI, de la BCE et de la Commission européenne. Cette politique a été effectivement mise en place par une baisse des salaires de 30% en cinq ans, des licenciements collectifs qui ont élevé le taux de chômage à 25%, et même une baisse des retraites. Il s’en est suivi une exaspération de la population grecque qui a multiplié les grèves et les manifestations en réclamant la levée de la politique d’austérité.

A un certain moment, il a été question de sortie de la Grèce de la zone euro, mais cette solution a finalement été abandonnée. Des élections ont eu lieu en décembre 2014 qui ont vu la victoire le 25 janvier 2015 du parti d’extrême gauche Syriza à la tête duquel se trouve le jeune leader charismatique Alexis Tspiras, et qui a obtenu 149 députés sur un total de 300 du Parlement.

Dès la formation de son gouvernement, Alexis Tspiras annonce l’augmentation du salaire minimum mensuel à 751 euros, la hausse des retraites, la diminution des taxes et des impôts, le rétablissement des conventions collectives, la limitation des licenciements, l’aide aux ménages les plus pauvres, et l’arrêt des privatisations notamment du port du Piree. Il indique qu’il ne veut plus discuter avec la troïka et demande une restructuration de la dette vis-à-vis de l’Union européenne.

Lui-même, ainsi que le nouveau ministre des finances grec, vont entamer des discussions avec les dirigeants européens. L’Allemagne et la France se sont prononcées contre tout effacement de la dette, mais il est possible que la Grèce obtienne des amendements au sujet de la période de remboursement et peut-être des intérêts.

La leçon à tirer de ce cas de la Grèce est la nécessité pour tout gouvernement d’assurer une bonne gestion des indicateurs macroéconomiques, et notamment d’éviter un endettement élevé. Sinon, ce sont les citoyens qui en pâtissent avec risque de perte de souveraineté.

Attention à ne pas suivre l’exemple grec

Notre pays le Maroc en est conscient, mais doit redoubler d’efforts pour éviter la situation que connaît la Grèce. C’est ainsi qu’à fin juin 2014 l’endettement total (y compris les garanties pour les emprunts des entreprises publiques) était de 730 MMDH soit 79% du PIB. Il ne faudrait pas dépasser ce taux même si la dette externe ne représente que 35% de l’endettement total.

Les autres indicateurs du Maroc pour 2015 sont assez favorables puisqu’il est prévu un taux de croissance de 4,4%, un déficit budgétaire de 4,3%, un déficit du compte courant de 3,3%, et une inflation de 1,2%.

Il faut cependant être très vigilant à l’avenir car l’année 2015 se présente sous des conditions exceptionnelles : bonne campagne agricole et baisse drastique du prix du pétrole. 

Par Rédaction Medias24
Le 4 février 2015 à 11h20

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