Abdelouahed Jraifi
Auteur et chercheur en TIC2030 et au-delà : le Maroc, une résilience numérique portée par sa jeunesse
Parler aujourd’hui de résilience dans les télécommunications et le numérique ne se limite plus à une approche strictement technologique. C’est une question de confiance, une capacité à tenir malgré les perturbations et les pannes, ainsi qu’une résistance face à une complexité qui ne cesse de croître.
Les réseaux sont devenus modernes, puissants, intelligents, presque invisibles tant leur niveau de sophistication est élevé. Mais, paradoxalement, leur fragilité ne provient plus uniquement des systèmes eux-mêmes. Elle se manifeste ailleurs : dans nos usages, dans nos habitudes, dans nos réflexes organisationnels, ainsi que dans notre manière d’anticiper et de réagir face aux crises.
Un basculement silencieux est en train de s’opérer : la résilience n’est plus seulement technologique, elle devient profondément humaine. Dans ce contexte, le thème de la Journée mondiale de la société de l’information et des télécommunications du 17 mai 2026, consacré à la résilience, prend tout son sens. Il appelle à repenser non seulement les infrastructures, mais aussi les modes de gouvernance, les compétences et les dynamiques humaines qui les accompagnent .
Les effets sont incontestables : les infrastructures se modernisent, les usages numériques explosent, les projets structurants s’accélèrent. Le pays se prépare à des échéances majeures, notamment la Coupe du Monde 2030. Une dynamique forte est engagée, visible et assumée. Mais une question essentielle s’impose, sans détour : Où en sont nos organisations humaines par rapport à la vitesse de transformation de nos systèmes technologiques ?
La résilience numérique ne se réduit pas au seul déploiement des réseaux. Elle se construit au cœur des décisions, dans la gestion des crises, et dans la maîtrise de la complexité des systèmes. Et c’est précisément là qu’un facteur devient déterminant. Ce facteur, c’est la jeunesse.
Une jeunesse marocaine qui n’attend pas qu’on lui ouvre les portes pour avancer. Elle apprend vite, s’adapte vite, comprend vite. Elle évolue naturellement dans les univers du cloud, de l’intelligence artificielle, de l’automatisation et de la cybersécurité. Autrement dit, c’est une génération à l’aise avec le numérique et dont nous aurons besoin pour le développement d’une nation digitale.
Elle ne traduit pas le monde numérique : elle y vit. C’est une force considérable. Et pourtant, encore trop souvent sous-estimée.
Il faut le dire clairement : les réseaux du futur ne pourront pas être pilotés uniquement avec les réflexes du passé. Non pas parce que l’expérience est dépassée, elle reste indispensable, mais parce qu’elle ne suffit plus à elle seule.
La complexité actuelle exige :
- plus de rapidité,
- plus d’agilité,
- une prise de décision distribuée,
- une capacité d’apprentissage permanent.
Et cela, la jeunesse l’incarne déjà.
Il ne s’agit pas d’opposer les générations. Ce serait une erreur stratégique. Il s’agit de construire une alliance. L’expérience apporte la maîtrise, la stabilité, la mémoire des systèmes. La jeunesse apporte la vitesse, l’adaptation, l’intuition des nouveaux usages et ensemble, elles fondent la résilience.
Lorsque cette complémentarité fonctionne, les organisations deviennent plus vivantes. Elles s’adaptent plus rapidement, résistent mieux aux chocs et innovent avec plus d’efficacité.
Peu de pays peuvent compter sur une jeunesse aussi connectée, aussi exposée aux standards internationaux, aussi capable d’intégrer rapidement les technologies émergentes. C’est un capital stratégique. Mais un capital ne vaut que s’il est mobilisé.
Le véritable enjeu n’est donc pas seulement de former cette jeunesse, mais de lui donner une place réelle dans la conduite des transformations, au-delà des rôles d’exécution. Car une transformation pilotée sans la jeunesse est une transformation incomplète. Et donc fragile.
La Coupe du Monde 2030 sera un test de maturité collective. Ce ne sera pas seulement une question de couverture réseau ou de performance technique. Ce sera une question de coordination, de réactivité et de cohérence entre les acteurs, autrement dit de résilience. Et dans ces moments critiques, ce sont souvent les réflexes humains qui font la différence.
Au Maroc, la jeunesse n’est pas seulement une promesse d’avenir. Elle est déjà une ressource stratégique du présent. L’enjeu aujourd’hui est clair : créer les conditions pour que cette jeunesse s’exprime pleinement, aux côtés des compétences expérimentées, dans une dynamique collective. Dans un monde en mutation rapide, la résilience ne sera pas uniquement technologique. Elle sera profondément humaine. Et le Maroc, par sa jeunesse, dispose déjà d’un atout essentiel dans cettedynamique.
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