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ECONOMIE

Ce que pèsent les allocations familiales dans les salaires du privé

Les allocations familiales représentent 20% du salaire des personnes percevant moins que le SMIG qui totalisent près de 40% des salariés déclarés à la CNSS. Leur augmentation de 200 DH à 300 DH pour les 3 premiers enfants fera monter leur poids à 30%.

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S.N.
Le 19 juillet 2019 à 17h01 | Modifié 11 avril 2021 à 2h43

Les allocations familiales au Maroc sont considérées par beaucoup de salariés comme dérisoires. Leur montant était jusqu’au mois de juin dernier de 200 DH pour chacun des 3 premiers enfants et de 36 DH pour les 3 suivants.

C’est par exemple beaucoup moins que ce qui est servi en France : 131 euros pour 2 enfants, 300 euros pour 3 enfants et 168 euros pour chaque enfant en plus. Ceci sans parler des allocations complémentaires (allocation forfaitaire, complément familial…).

Ce qu’il faut savoir, c’est que le niveau des allocations familiales au Maroc correspond au niveau général des salaires dans le pays qui est très bas. Ces allocations constituent notamment un appoint non négligeable pour les salariés aux revenus très modestes.

Les AF représentent 8% du salaire moyen déclaré à la CNSS

Dans le secteur privé, la CNSS a servi en 2018 les AF à 1,32 million d’assurés pour 2,55 millions d’enfants, ce qui donne 2,13 enfants par allocataire en moyenne. Ces derniers ont bénéficié d’une enveloppe de 5,5 milliards de DH, en hausse de 6% par an sur les 5 dernières années.

Compte tenu d’un salaire moyen déclaré à la CNSS de 5.188 DH, le montant des AF représente un peu plus de 8% de la rémunération des salariés.

Il représente 20% (soit le 1/5ème) du salaire des assurés percevant moins que le SMIG mensuel et qui totalisent 363.513 personnes, soit près du tiers des allocataires. Pour rappel, ceux qui touchent moins que le SMIG représentent près de 40% des salariés déclarés à la CNSS.

Pour les personnes percevant entre le SMIG mensuel et 3.000 DH par mois, le poids des AF est de 15%. Il est de 12% pour celles qui touchent entre 3.000 DH et 4.000 DH par mois.

Notons que les trois quarts des salariés déclarés à la CNSS perçoivent moins de 4.000 DH par mois.

Le poids des AF est de 8% pour les salariés percevant entre 4.000 DH et 6.000 DH. Il descend à 2% quand le salaire dépasse 6.000 DH par mois. C’est surtout cette catégorie de salariés qui trouve dérisoire le niveau des AF au Maroc.

L'augmentation coûtera 2,7 milliards de DH

A partir de ce mois de juillet, les allocations familiales seront augmentées de 200 DH à 300 DH pour chacun des 3 premiers enfants, comme décidé dans le cadre du dialogue social.

Le coût de cette mesure s’élève à 2,7 milliards de DH au titre de la première année, soit 50% des dépenses de cette prestation. Il sera entièrement pris en charge par le régime, même s’il nécessite normalement une hausse de 2% de l’assiette de cotisation pour maintenir les excédents à leur niveau actuel. Les réserves du régime s’élèvent à 1,15 milliard de DH à fin 2018.

Grâce à cette augmentation, le poids des allocations familiales dans le salaire mensuel moyen déclaré à la CNSS passera de 8% à 11%. Pour ceux qui perçoivent moins que le SMIG, le poids passera de 20% à 30%.

Pour rappel, les AF sont servies aux salariés ayant des enfants à charge et justifiant de :

-          108 jours continus ou discontinus de cotisation pendant une période de 6 mois civils d’immatriculation.

-          d’un salaire mensuel supérieur ou égal à 60% du SMIG.

L’âge des enfants ne doit pas dépasser :

-          12 ans pour l’enfant à charge résidant au Maroc ;

-          18 ans pour l’enfant qui est placé en apprentissage ;

-          21 ans pour l’enfant qui a eu son baccalauréat, et qui poursuit ses études au Maroc ou à l’étranger ;

-          Pas de limite d’âge pour l’enfant handicapé ne disposant pas de revenu stable.

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S.N.
Le 19 juillet 2019 à 17h01

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