img_pub
Rubriques
Publicité
Publicité
BUSINESS

Baisse des exportations de Renault Maroc, faut-il s’inquiéter ?

A fin avril, le chiffre d’affaires à l’export de la construction automobile a reculé de 6,8%, selon l’Office des changes. Contacté par Médias24, Renault Maroc confirme un ralentissement des ventes dans certains marchés internationaux. Si la baisse se confirme, elle risque de porter un coup aux ambitions du Maroc pour ce secteur.

Baisse des exportations de Renault Maroc, faut-il s’inquiéter ?
S.N.
Le 13 juin 2019 à 16h57 | Modifié 11 avril 2021 à 2h42

Selon les indicateurs des échanges extérieurs à fin avril de l’Office des changes, les exportations du secteur automobile ont stagné à 27 milliards de DH par rapport à la même période en 2018.

Si l’activité câblage se porte toujours bien (+6%), la construction automobile enregistre un recul de 6,8%, à 12,4 milliards de DH.

Contacté par Médias24, le groupe Renault confirme que "certains marchés automobiles internationaux ont enregistré un ralentissement de la croissance. Nos exportations varient en fonction de l’évolution de la demande commerciale de nos 74 pays destinataires".

Aucune précision n’est donnée sur l’évolution des ventes à l’export en unités. Le groupe ne se prononce pas non plus sur la tendance qu’il prévoit sur toute l’année. Mais compte tenu des prévisions mondiales de sa maison mère le groupe Renault France, rien ne pousse à l’optimisme.

Dans sa communication financière du 1er trimestre 2019, le constructeur automobile annonce une baisse de 5,6% de ses ventes dans un marché mondial qui décroît de 7,2%. Sur toute l’année 2019, il anticipe un repli de 1,6% du marché mondial. S’il parvient à faire mieux que le marché, une stagnation des ventes est espérée.

En 2018 aussi les ventes du constructeur étaient en baisse : -1,2% à périmètre constant (hors nouvelles marques acquises à l’international), dans un marché quasi stable cette fois (-0,3%).

Le Maroc a échappé en 2018 à cette conjoncture mondiale morose. Ses exportations de voitures avaient augmenté de 7,7%, à 358.779 unités, pour un chiffre d’affaires de 34,8 milliards de DH selon l’Office des changes (+10%).

La situation semble avoir changé, en tous les cas pendant les premiers mois de 2019, et le secteur a été rattrapé par le ralentissement mondial. Si la tendance se confirme, la baisse des exportations risque de porter un coup aux ambitions du Maroc.

1 million de véhicules à l'horizon 2022 ?

Le groupe Renault a une capacité de production de 420.000 véhicules par an (340.000 à Tanger et 80.000 à Casablanca). En 2018, 402.000 véhicules ont été produits, dont 358.779 ont été exportés et le reste a été écoulé sur le marché national.

Somaca travaille sur le doublement de sa capacité de production à l’horizon 2022. Ce qui portera la capacité globale du groupe à 500.000 véhicules par an. Ceci sans parler de l’usine PSA à Kénitra qui démarre avec une capacité de 100.000 véhicules qu’elle compte doubler à partir de 2020, et qui devrait être inaugurée prochainement selon nos sources.

Si la conjoncture mondiale ne se redresse pas, il sera difficile pour ces usines de tourner à plein régime, la capacité d’absorption du marché marocain étant limitée (160.000 unités par an dont déjà 44% pour le groupe Renault).

Surtout, cela affectera tout l’écosystème d’équipementiers qui dépendent des constructeurs. Plus de 200 équipementiers sont installés et 50 usines d’équipementiers de rang 1 sont en cours de construction.

Enfin, cela impactera la balance commerciale du Maroc, le secteur automobile étant devenu le premier secteur exportateur, devant celui des phosphates. Et éloignera le pays de son ambition de fabriquer plus d’un million de véhicules à l'horizon 2022 et de réaliser plus de 100 milliards de DH de chiffre d’affaires à l’export.

Notons que l’agence de notation internationale S&P a révisé à la baisse ses prévisions pour le secteur automobile en 2019 et s’attend à un ralentissement dans les principaux marchés du monde. Nouvelles normes en Europe, ralentissement de la croissance et guerre commerciale pour la Chine, montée des taux d’intérêt et des droits de douane aux Etats-Unis… Seuls des pays émergents comme la Russie, l’Inde et le Brésil se portent toujours bien.  

Si vous voulez que l'information se rapproche de vous Suivez la chaîne Médias24 sur WhatsApp
© Médias24. Toute reproduction interdite, sous quelque forme que ce soit, sauf autorisation écrite de la Société des Nouveaux Médias. Ce contenu est protégé par la loi et notamment loi 88-13 relative à la presse et l’édition ainsi que les lois 66.19 et 2-00 relatives aux droits d’auteur et droits voisins.
S.N.
Le 13 juin 2019 à 16h57

à lire aussi

Croissance à 5,3%, déficit à 3%, dette… les prévisions de clôture 2026 que Fettah a présentées au Parlement
ECONOMIE

Article : Croissance à 5,3%, déficit à 3%, dette… les prévisions de clôture 2026 que Fettah a présentées au Parlement

La ministre de l’Économie et des Finances a présenté aux parlementaires l’état d’exécution de la loi de finances 2026 et les grandes orientations budgétaires pour 2027-2029. Croissance revue à la hausse, déficit contenu, dette jugée soutenable et poursuite des grands chantiers sociaux : voici les principaux éléments de son exposé.

Mort de Abderrahim Fakir : l'avocat redoute que la vérité soit étouffée
SOCIETE

Article : Mort de Abderrahim Fakir : l'avocat redoute que la vérité soit étouffée

Le célèbre avocat italien Me Fabio Anselmo, désormais conseil de la famille de Abderrahim Fakir, mort lors d'une interpellation à Bologne, livre à Médias24 une analyse des premières orientations de l'enquête et des risques que la procédure choisie fait peser sur la manifestation de la vérité.

Bourse : quels secteurs résistent à la baisse du marché ?
Actus

Article : Bourse : quels secteurs résistent à la baisse du marché ?

Alors que le MASI perd plus de 6% depuis le début de l’année, les mines et les assurances restent parmi les rares secteurs en hausse. La progression des minières est partagée par les trois valeurs cotées, mais son influence sur le marché repose surtout sur Managem. Dans les assurances, les évolutions sont plus contrastées, avec Sanlam et Wafa Assurance en hausse face au recul d’AtlantaSanad.

Blé tendre : la collecte prolongée, la taxe de 170% maintenue
ECONOMIE

Article : Blé tendre : la collecte prolongée, la taxe de 170% maintenue

Le gouvernement prolonge jusqu'au 31 août le dispositif de protection de la récolte nationale de blé tendre, afin de laisser aux minotiers davantage de temps pour atteindre leurs objectifs d'achat. En toile de fond, une collecte qui accuse du retard et des importations toujours freinées par un droit de douane de 170%.

Législatives : l'Istiqlal mise sur la tolérance zéro contre la corruption
Elections 2026

Article : Législatives : l'Istiqlal mise sur la tolérance zéro contre la corruption

À Salé, le Parti de l'Istiqlal a détaillé l'un des cinq engagements de son programme pour les législatives de 2026 : la lutte contre la corruption et les conflits d'intérêts. Le parti défend cinq axes de réforme pour restaurer la confiance des citoyens.

Réseaux sociaux : la France interdit l'accès aux moins de 15 ans
INTERNATIONAL

Article : Réseaux sociaux : la France interdit l'accès aux moins de 15 ans

Le Parlement français vient de valider une mesure inédite sur le continent européen visant à bannir les moins de 15 ans des réseaux sociaux pour préserver la santé des adolescents.

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité