Wall Street, volatile, repart dans le vert après un début de séance agité
Wall Street rebondissait lundi à la mi-séance après un début de séance en dents de scie, voyant avec soulagement les prix du pétrole rebondir même si des indicateurs américains la décevait: le Dow Jones gagnait 0,40% et le Nasdaq 0,31%.
Vers 17H00 GMT, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average gagnait 68,84 points à 17.234,11 points, et le Nasdaq, à dominante technologique, 14,40 points à 4.649,64 points. Ils étaient en net repli une heure auparavant.
L'indice élargi S&P 500, le plus surveillé par les investisseurs, avançait de 0,58%, soit 11,52 points, à 2.006,51 points.
Les indices new-yorkais, en hausse à l'ouverture, se sont ensuite très fortement repliés avant de rebondir nettement, le Dow Jones enregistrant un écart de quelque 230 points entre ses niveaux les plus haut et bas de la séance.
"C'est un marché très vulnérable, complètement dominé par les +traders+", a commenté Michael James, de Wedbush Securities.
Deux forces contraires pesaient sur les échanges depuis la matinée: des indicateurs américains globalement décevants et un rebond quasi inespéré des prix du brut, qui montraient des signes de stabilisation après avoir connu une déroute magistrale depuis l'été, avec quelque 60% de perte de valeur.
La référence américaine du brut, le WTI, qui s'était envolé de 8%, soit près de 4 dollars vendredi, gagnait encore environ 1 dollar lundi.
"Or, on sait que le marché ne se stabilisera pas tant que l'énergie de ne stabilisera pas", a remarqué Gregori Volokhine, de Meeschaert New York. "Car une grande partie de la croissance des emplois aux Etats-Unis vient du secteur de l'énergie" et plus généralement, "un pétrole qui baisse, c'est déflationniste".
Plombée par la déroute du marché pétrolier, la hausse des prix dans le pays sur un an a ralenti en décembre, chutant à son plus bas niveau depuis octobre 2009, selon des chiffres publiés lundi.
En dépit de l'atout que représente pour le pouvoir d'achat la baisse de prix du carburant, les dépenses des ménages aux Etats-Unis sont tombées dans le rouge en décembre, marquant le pas après la période des soldes monstre de novembre. Leurs revenus ont toutefois continué à augmenter, selon des données publiées dans la matinée par le département du Commerce.
Dans le secteur industriel, l'activité manufacturière américaine pour le mois de janvier a ralenti plus que prévu, selon un indice de l'association professionnelle ISM, et dans l'immobilier, les dépenses de construction ont aussi déçu, n'augmentant que de 0,4% en décembre par rapport au mois précédent, soit moitié moins que la progression attendue par le marché.
Les investisseurs ont aussi suivi attentivement peu avant la mi-séance une allocution du président américain Barack Obama qui a dévoilé le budget 2016, incluant une réforme fiscale qui inciterait les entreprises à rapatrier aux Etats-Unis leurs bénéfices, avec une taxe ponctuelle de 14%.
Ce serait une mesure qui, si elle passait, "signifierait de l'argent frais pour l'économie américaine", ce qui serait bien perçu à Wall Street, a noté Gregori Volokhine. D'autant que "l'on ne s'attend pas à un blocage des républicains" qui dominent le Congrés américain, "car le niveau de discussion devrait plus porter sur le chiffre d'imposition que sur le principe".
- L'énergie a la cote -
Porté par la performance satisfaisante du membre du Dow Jones ExxonMobil (+1,48% à 88,71 dollars), qui a réussi à limiter l'impact négatif de la chute des prix du pétrole l'an dernier, le secteur de l'énergie avait le moral: Chevron et ConocoPhillips montaient respectivement de 2,15% à 104,73 dollars et de 2,97% à 64,85 dollars.
Le distributeur alimentaire Sysco, dont le bénéfice était supérieur aux attentes, avec un chiffre d'affaires conforme aux prévisions, et qui a annoncé la vente de 11 centres de distribution en vue de sa fusion avec son concurrent US Foods, baissait de 1,25% à 36,68 dollars.
Le fabricant de génériques américain Mylan, qui a annoncé lundi qu'il allait racheter des activités de gynécologie de l'indien Famy Care pour un montant, baissait de 0,58% à 52,84 dollars.
Le marché obligataire repartait en baisse après une progression historique la semaine dernière. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans montait à 1,674% contre 1,644% vendredi soir, et celui à trente ans à 2,251% contre 2,225% à la précédente clôture.
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