Wall Street succombe aux craintes sur la croissance mondiale
La Bourse de New York, affaiblie par les inquiétudes grandissantes sur la santé de l'économie mondiale dans le sillage d'indicateurs américains décevants, restait sous forte pression à la mi-séance mercredi.
Vers 16H00 GMT, le Dow Jones reculait de 1,61% ou 267,27 points, à 16.052,92 points, après être descendu brièvement sous le seuil symbolique des 16.000 points en début de séance.
Le Nasdaq, à dominante technologique, se contractait de 1,37% ou 58,00 points à 4.169,17 points.
L'indice élargi S&P 500 perdait 1,64% ou 30,76 points à 1.846,94 points. Il revenait ainsi sous son niveau de clôture à la fin 2013 (1.848,36 points).
Signe de l'anxiété de la place financière new-yorkaise, l'indice VIX, ou "indice de la peur", s'est envolé jusqu'à 28,10, un niveau plus vu depuis décembre 2011.
"On est dans une période où le marché craint vraiment que l'économie mondiale ne soit en panne de croissance", a commenté Alan Skrainka de Cornerstone Wealth Management.
"L'Europe est à la peine, la Chine ralentit considérablement" et même si l'économie américaine "ne se porte pas trop mal, elle n'avance pas non plus à une vitesse folle, comme l'ont rappelé les chiffres" diffusés mercredi, a ajouté le spécialiste.
Les ventes de détail dans le pays ont notamment régressé plus fortement que prévu en septembre, marquant leur premier recul depuis janvier, et les prix à la production sur la même période ont baissé pour la première fois depuis août 2013.
L'activité manufacturière de la région de New York a de son côté ralenti nettement en octobre.
"Après ces statistiques, il est fort possible qu'on doive réviser un peu à la baisse les estimations de PIB pour le 3ème et le 4ème trimestre", a estimé William Lynch de Hinsdales Associates, tout en rappelant que d'autres indicateurs publiés récemment, notamment sur l'emploi, s'étaient révélés positifs.
De l'autre côté de l'Atlantique, les statistiques n'étaient pas encourageantes et alimentaient les craintes de récession en zone euro avec notamment une inflation en Allemagne, moteur de l'économie de la région, à son plus bas niveau depuis 2010.
Quant à la Chine, l'inflation y a ralenti en septembre à son plus bas niveau depuis près de cinq ans, de quoi là aussi renforcer les inquiétudes sur la capacité de la deuxième économie mondiale à stimuler la croissance de la planète.
- Angoisse sur Ebola -
Alors que les intentions de la Réserve fédérale sur le relèvement de ses taux d'intérêt restent floues et que la Banque centrale européenne "semble traîner des pieds pour s'engager dans un vrai programme d'assouplissement monétaire en raison des réticences de l'Allemagne", les investisseurs "craignent que les banquiers centraux ne prennent pas la mesure de la situation", a estimé Alan Skrainka. "La croissance ne semble pas assez forte pour supporter un resserrement imminent des politiques monétaires".
La perspective angoissante d'une propagation à grande ampleur du virus Ebola est aussi revenue sur le devant de la scène aux Etats-Unis alors qu'un deuxième membre du personnel soignant d'un hôpital américain a été contaminé et que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) craint jusqu'à 10.000 nouveaux cas par semaine prochainement en Afrique de l'ouest.
Signe d'un intérêt accru des investisseurs pour des actifs considérés généralement comme des valeurs sûres, le marché obligataire évoluait en nette hausse.
Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a reculé sous la barre de 2% pour la première fois depuis juin 2013, avant de remonter un peu. Il évoluait vers 16H00 GMT à 2,023% contre 2,206% mardi soir.
Celui des bons à 30 ans se repliait à 2,807% contre 2,957% la veille. Il était alors passé sous le seuil des 3% pour la première fois depuis mai 2013.
Dans cet environnement, les résultats meilleurs que prévu de grandes entreprises comme le premier gestionnaire d'actifs dans le monde BlackRock (-0,79% à 304,33 dollars) ou Intel (-4,32% à 30,75 dollars) ne suffisaient pas à contrecarrer la tendance baissière. Bank of America a aussi publié des chiffres moins mauvais que prévu et chutait malgré tout de 4,99% à 15,70 dollars.
Le laboratoire AbbVie perdait de son côté 0,52% à 53,85 dollars après avoir indiqué qu'il souhaitait réexaminer l'offre de rachat sur son concurrent britannique Shire, notamment au regard des nouvelles mesures fiscales proposées par l'administration Obama.
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