Wall Street se ressaisit un peu après une forte baisse
L'indice vedette de Wall Street, le Dow Jones, s'est replié de plus de 2% peu après l'ouverture mercredi avant de se reprendre un peu, rattrapé comme le reste des places financières européennes par les craintes sur la croissance mondiale.
Vers 14H20 GMT, le Dow Jones tombait de 0,94% ou 153,06 points, à 16.162,13 points, après être descendu brièvement sous le seuil symbolique des 16.000 points en début de séance.
Le Nasdaq, à dominante technologique, se contractait de 0,78% ou 33,12 points à 4.194,06 points.
L'indice élargi S&P 500 perdait 0,94% ou 17,56 points à 1.860,14 points. Il est descendu plus tôt dans la séance jusqu'à 1.837,22 points, revenant ainsi temporairement sous son niveau de clôture à la fin 2013.
Wall Street avait terminé sur une note contrastée mardi, reprenant son souffle après une forte dégringolade dans un marché tournant son attention vers les résultats d'entreprises: le Dow Jones avait lâché 0,04% à 16.315,19 points tandis que le Nasdaq avait gagné 0,32% à 4.227,17 points.
"Les prémices de la tendance baissière ont été posées (mardi en fin de séance) quand les prix du pétrole se sont effondrés et que les principaux indices ont rendu la majeure partie des gains enregistrés plus tôt dans la journée", a commenté Patrick O'Hare de Briefing.com.
"Elle a ensuite été alimentée par les chiffres sur l'inflation en Chine", descendue en septembre à son plus bas niveau depuis près de cinq ans, de quoi renforcer les craintes de tensions déflationnistes dans la deuxième économie mondiale.
Plus tard les informations en provenance de la zone euro n'étaient pas plus encourageantes, avec notamment une inflation en Allemagne, moteur de l'économie européenne, à son plus bas niveau depuis 2010.
Alors que les investisseurs espéraient jusqu'à présent que les Etats-Unis puissent échapper au ralentissement de l'économie à l'oeuvre dans plusieurs régions du monde, les statistiques américaines diffusées avant l'ouverture ont enfoncé le clou.
Les ventes de détail dans le pays ont notamment régressé plus fortement que prévu en septembre, marquant leur premier recul depuis janvier. L'activité manufacturière de la région de New York a ralenti fortement en octobre, selon l'indice Empire State publié par l'antenne de New York de la Réserve fédérale américaine (Fed).
"Les faiblesses macroéconomiques associées à l'apparente incapacité des politiques monétaires à les combattre placent actuellement le marché dans une sorte de stupeur vendeuse", a estimé Patrick O'Hare.
Les courtiers attendent désormais la diffusion du Livre Beige de la Réserve fédérale (Fed), un rapport de conjoncture publié toutes les 6 à 8 semaines, pour tenter d'y décerner des indices sur les intentions de la banque centrale américaine.
- Marché obligataire en hausse -
Les craintes liées à une propagation à grande ampleur du virus Ebola sont aussi revenues sur le devant de la scène aux Etats-Unis alors qu'un deuxième membre du personnel soignant d'un hôpital américain a été contaminé et que l'Organisation mondiale de la santé (OMS) craint jusqu'à 10.000 nouveaux cas par semaine prochainement en Afrique de l'ouest.
Signe d'un intérêt accru des investisseurs pour des actifs considérés généralement comme des valeurs sûres, le marché obligataire évoluait en nette hausse.
Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a reculé sous la barre de 2% pour la première fois depuis juin 2013 avant de remonter un peu. Il évoluait vers 14H20 GMT à 2,045% contre 2,206% mardi soir.
Celui des bons à 30 ans se repliait à 2,830% contre 2,957% la veille. Il était alors passé sous le seuil des 3% pour la première fois depuis mai 2013.
Dans cet environnement, les résultats meilleurs que prévu de grandes entreprises comme le premier gestionnaire d'actifs dans le monde BlackRock (-0,21% à 306,10 dollars) ou Intel (-2,99% à 31,18 dollars) ne suffisaient pas à contrecarrer la tendance baissière. Bank of America a aussi publié des chiffres moins mauvais que prévu mais perdait 3,34% à 15,97 dollars.
Le groupe informatique HP gagnait de son côté 1,55% à 32,74 dollars, profitant de la reprise de son programme de rachat d'actions, provisoirement suspendu.
Le laboratoire AbbVie perdait en revanche 1,72% à 53,20 dollars après avoir indiqué qu'il souhaitait réexaminer son offre de rachat sur son concurrent britannique Shire, notamment au regard des nouvelles mesures fiscales proposées par l'administration Obama.
NasdaqNyse