Wall Street hésite après des mesures pour lutter contre l'évasion fiscale
Wall Street hésitait mardi à la mi-séance, s'inquiétant des retombées de mesures annoncées par les Etats-Unis visant à lutter contre l'exil fiscal des multinationales et de raids aériens américains notamment contre la Syrie: le Dow Jones cédait 0,19% mais le Nasdaq prenait 0,10%.
Vers 16H00 GMT, le Dow Jones cédait 32,81 points à 17.139,87 points tandis que le Nasdaq avançait de 4,33 points à 4.532,02 points.
L'indice élargi S&P 500 se repliait de 0,09%, soit 1,75 point, à 1.992,54 points.
"Le marché digère un ensemble de nouvelles relativement inquiétantes qu'il absorbe toutefois sans s'effondrer", a souligné Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management.
Dans le sillage des Bourses européennes, les indices étaient notamment fragilisés par l'annonce "de nouvelles mesures visant à lutter contre l'exil fiscal", a noté Patrick O'Hare, de Briefing.com.
Face à la récente multiplication des opérations menées par des multinationales américaines qui consistent à se domicilier artificiellement à l'étranger pour échapper à l'impôt américain, l'administration Obama a décidé de sévir. Une série de mesures ont été annoncées lundi visant à rendre plus difficile ces démarches, notamment dans le secteur de l'industrie pharmaceutique qui évoluait en grande partie dans le rouge mardi.
"Cela pourrait mettre en péril des accords entre Medtronic et Covidien ou entre AbbVie et Shire, parmi beaucoup d'autres", a relevé M. O'Hare.
Afin de réduire son ardoise fiscale, le fabricant américain d'appareils médicaux Medtronic avait annoncé en juin le rachat de son concurrent Covidien, basé en Irlande, où le taux d'imposition sur les bénéfices est bien plus faible qu'aux Etats-Unis. (12,5% contre 35%). Le premier se repliait de 3,08% à 63,95 dollars et le second de 2,63% à 88,02 dollars.
Le laboratoire pharmaceutique américain AbbVie (-1,65% à 57,74 dollars) avait conclu quant à lui un accord en juillet avec le britannique Shire, coté à Londres mais également basé en Irlande, pour le racheter.
De même, le géant du secteur Pfizer, qui avait tenté cette année -- sans succès -- de mettre la main sur le britannique AstraZeneca cédait 0,41% à 30,05 dollars.
Dans l'agroalimentaire, le marché sanctionnait aussi des groupes comme la chaîne américaine de hamburgers Burger King (-0,95% à 30,77 dollars), dont la volonté d'acquérir les cafés canadiens Tim Hortons (-0,40% à 79,82 dollars) pour créer une holding basée dans l'Ontario, au Canada, avait fait pomémique fin août. Le taux d'imposition des entreprises y est de 27,5%.
La Chambre de commerce américaine a dénoncé mardi des tentatives jugées "vaines" pour freiner l'exil fiscal.
D'autres opérations de fusions-acquisitions étaient toutefois potentiellement en vue.
Les hostilités ont ainsi repris entre le groupe pharmaceutique américain Allergan (+2,63% à 170,49 dollars) et son premier actionnaire William Ackman, qui pousse vers une fusion entre le fabricant du produit antirides Botox et le laboratoire canadien Valeant(+0,51% à 116,87 dollars).
Le fabricant américain CF Industries gagnait 5,06% à 268,73 dollars, dans le sillage de l'annonce de discussions avec le norvégien Yara International en vue d'une "potentielle fusion".
- Frilosité sur la Syrie -
L'annonce "des premières attaques contre la Syrie menées par une coalition dirigée par les Américains" était par ailleurs reçue avec frilosité par le marché, ont relevé les experts de Charles Schwab.
Aidés de leurs alliés arabes, les Etats-Unis ont pour la première fois attaqué mardi les jihadistes de l'Etat islamique (EI) en Syrie, ouvrant un nouveau front dans la guerre contre ce puissant groupe ultraradical cible de frappes en Irak.
Du côté des indicateurs, l'annonce d'un léger regain de vigueur de la production manufacturière chinoise, selon un indice PMI provisoire publié mardi par la banque HSBC, apportait un peu de soutien. Cette nouvelle offrait un répit aux courtiers inquiets de la mutiplication des signes d'essoufflement de la deuxième économie mondiale.
"Des prises de profits après l'introduction boursière d'Alibaba", la plus importante de l'histoire, "continue aussi de peser sur les indices", a estimé M. Blicksilver. Le géant chinois de la distribution cédait 2,59% à 87,56 dollars.
Le groupe informatique Microsoft, qui a assuré mardi que sa console de jeux Xbox One serait lancée en Chine le 29 septembre --la première commercialisée dans le pays depuis 14 ans--, reculait de 0,45% à 46,84 dollars.
Le marché obligataire progressait. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans reculait à 2,547%, contre 2,566% lundi soir, et celui des bons à 30 ans à 3,263%, contre 3,289% à la précédente clôture.
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