Wall Street fléchit faute d'acheteurs motivés
Wall Street était en baisse mercredi à la mi-journée, prolongeant son repli entamé en début de semaine faute de motivations des acheteurs après les records frôlés la semaine dernière.
Vers 16H00 GMT, l'indice vedette Dow Jones Industrial Average cédait 0,86%, soit 155,14 points à 17.856,06 points, tandis que le Nasdaq, à dominante technologique, reculait de 1,33%, ou 66,28 points, à 4.928,48 points.
L'indice élargi S&P 500, très suivi par les investisseurs, cédait 0,66%, soit 13,90 points, à 2.077,60 points.
"Les données parues cette semaine n'ont pas été formidables, donc ceux qui s'inquiètent pour la croissance économique mondiale seront vendeurs nets", a expliqué Michael James, chez Wedbush Securities, en s'attendant à voir le marché garder une évolution en dents de scie et de faible amplitude dans les mois à venir.
"C'est ce qu'on a des chances de voir durant l'année, le marché restant dans des marges étroites", a-t-il dit. "Il y a autant de raisons d'être positif que négatif", a-t-il ajouté. La semaine dernière le peu d'empressement de la Réserve fédérale à remonter les taux d'intérêt avait conduit le marché à "trop acheter", et maintenant "les vendeurs sont contents de vendre à un bon niveau, tandis que les acheteurs n'ont pas forcément envie d'être plus déterminés", a-t-il dit.
De plus, les indicateurs économiques donnent lieu le plus souvent à des interprétations contrastées. Ainsi avant l'ouverture, les indices semblaient s'orienter en hausse: c'est qu'"il y a eu une +bonne+ nouvelle ce matin avec les mauvais chiffres des commandes durables en février", a expliqué Patrick O'Hare sur Briefing.com.
En soi la baisse inattendue des commandes de biens durables aux Etats-Unis en février (-1,4%) peut être un signal inquiétant sur la santé de l'économie américaine, mais désormais toutes les nouvelles mitigées de ce type sont plutôt perçues comme un élément potentiellement dissuasif pour la Réserve fédérale (Fed), qui réfléchit à rehausser les taux d'intérêt.
Les investisseurs s'inquiètent en effet que l'argent plus cher et une revalorisation du dollar face à l'euro, conséquences inévitables de la hausse des taux, pénalisent les entreprises américaines, et ils ont donc tendance à interpréter tous les indicateurs sur la santé de l'économie en fonction de cette crainte.
Pour Patrick O'Hare, qui fait écho à M. James, "le problème n'est pas tant qu'il y ait un intérêt concerté à vendre, mais qu'il y a de la réticence à injecter de l'argent supplémentaire dans ce marché", qui reste proche de ses records.
Plusieurs valeurs faisaient par ailleurs les grands titres de l'actualité économique, à commencer par le groupe d'alimentation Kraft en voie d'être fusionné avec les ketchups Heinz, après son rachat par le fonds 3G Capital et la holding Berkshire Hathaway de Warren Buffett. Kraft, dont les actionnaires vont notamment recevoir un dividende exceptionnel, bondissait de 40,84% à 86,37 dollars.
Le laboratoire pharmaceutique Merck, qui a annoncé mardi racheter des actions pour 10 milliards de dollars, montait de 0,52% à 58,94 dollars.
Le fabricant d'imprimantes Lexmark, qui va se renforcer dans les logiciels en achetant Kofax (+45,92% à 7,34 dollars), voyait l'opération saluée par les investisseurs et grimpait de 7,80% à 43,97 dollars.
Le groupe biopharmaceutique français Cellectis, qui a levé 212,3 millions de dollars net (194 millions d'euros) lors de son introduction en Bourse aux Etats-Unis, chutait de 2,65% à 40,40 dollars, après avoir pourtant bien débuté la séance.
En dépit de l'augmentation des réserves de brut aux Etats-Unis, les valeurs liées à l'industrie pétrolière étaient en hausse, à l'image du brut WTI coté à New York: ExxonMobil prenait 0,50% à 84,94 dollars, Chevron 0,94% à 105,18 dollars et Halliburton 2,40% à 43,55 dollars.
Le groupe de chimie Eastman Chemical, qui va fermer un site employant 160 personnes au Royaume-Uni, où il fabriquait des composants de filtres à cigarette, cédait 0,50% à 68,89 dollars.
Facebook, dont le patron fondateur Mark Zuckerberg devait prendre la parole à l'ouverture d'une conférence de deux jours avec des développeurs, perdait 1,56% à 883,98 dollars.
Le marché obligataire était en baisse, le rendement des bons du Trésor à 10 ans progressant à 1,888% contre 1,866% mardi soir, et celui à 30 ans à 2,473% contre 2,456% précédemment.
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