Wall Street finit dans le rouge, gagnée par l'anxiété
Wall Street a fini dans le rouge mardi, s'inquiétant des retombées de mesures annoncées par les Etats-Unis visant à lutter contre l'exil fiscal des multinationales et de raids aériens américains notamment contre la Syrie: le Dow Jones a perdu 0,68% et le Nasdaq 0,42%.
Selon les résultats définitifs à la clôture, le Dow Jones s'est replié de 116,81 points à 17.055,87 points et le Nasdaq de 19,00 points à 4.508,69 points.
L'indice élargi S&P 500 a abandonné 0,58%, soit 11,52 points, à 1.982,77 points.
Hésitante pendant une partie de la séance, la place new-yorkaise a cédé à un mouvement de ventes sur un marché gagné par la frilosité et la nervosité. L'indice VIX, dit "indice de la peur" et mesure de la volatilité des échanges, a bondi de 9%, retrouvant des niveaux plus vus depuis début août.
Les indices ont notamment été fragilisés par l'annonce "de nouvelles mesures visant à lutter contre l'exil fiscal", a noté Patrick O'Hare, de Briefing.com.
Face à la récente multiplication des opérations menées par des multinationales américaines qui consistent à se domicilier artificiellement à l'étranger pour échapper à l'impôt américain, l'administration Obama a décidé de sévir. Une série de mesures ont été annoncées lundi visant à rendre plus difficile ces démarches, notamment dans le secteur de l'industrie pharmaceutique qui a enregistré de fortes pertes.
"Cela pourrait mettre en péril des accords entre Medtronic et Covidien ou entre AbbVie et Shire, parmi beaucoup d'autres", a relevé M. O'Hare.
Afin de réduire son ardoise fiscale, le fabricant américain d'appareils médicaux Medtronic avait annoncé en juin le rachat de son concurrent Covidien, basé en Irlande, où le taux d'imposition sur les bénéfices est bien plus faible qu'aux Etats-Unis. (12,5% contre 35%).
Le laboratoire pharmaceutique américain AbbVie avait conclu quant à lui un accord en juillet avec le britannique Shire, coté à Londres mais également basé en Irlande, pour le racheter.
Dans l'agroalimentaire, les courtiers ont aussi sanctionné des groupes comme la chaîne américaine de hamburgers Burger King, dont la volonté d'acquérir les cafés canadiens Tim Hortons pour créer une holding basée dans l'Ontario, au Canada, avait fait polémique fin août.
L'annonce des premières frappes américaines mardi en Syrie contre les jihadistes de l'organisation Etat islamique (EI) a accentué l'incertitude du marché, ouvrant un nouveau front dans la guerre contre ce puissant groupe ultraradical cible de frappes en Irak.
En outre, "des prises de profits après l'introduction boursière d'Alibaba", la plus importante de l'histoire, ont "continué à peser sur les indices", a estimé Mace Blicksilver, de Marblehead Asset Management.
Le marché obligataire a progressé. Le rendement des bons du Trésor à 10 ans a reculé à 2,535%, contre 2,566% lundi soir, et celui des bons à 30 ans à 3,252%, contre 3,289% à la précédente clôture.
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