img_pub
Rubriques

Ukraine: un bastion pro-Kiev bombardé à la veille d'un sommet crucial

m24-En-continu
Par
Le 10 février 2015 à 18h57

Des bombardements meurtriers ont frappé mardi Kramatorsk, bastion pro-Kiev dans l'Est rebelle, à la veille d'un sommet de la dernière chance à Minsk où les dirigeants allemand, français, russe et ukrainien doivent négocier un plan de paix.

Quelques heures après cette attaque au lance-roquettes multiples Smertch ayant visé l'état-major de l'armée ukrainienne et tué au moins quinze civils et militaires, les émissaires de Kiev et des républiques séparatistes prorusses se sont retrouvés pour des pourparlers à Minsk, en présence de représentants russe et de l'OSCE, a constaté un journaliste de l'AFP.

Cette rencontre, qui se déroule à huis clos et ne sera pas suivie de déclarations à la presse, devrait permettre d'affiner les positions avant le sommet crucial prévu également à Minsk mercredi entre les présidentes russe Vladimir Poutine, ukrainien Petro Porochenko, français François Hollande et la chancelière allemande Angela Merkel. Il tentera de mettre un terme au conflit dans l'est de l'Ukraine, qui a fait plus de 5.300 morts en dix mois.

Au cours d'un entretien téléphonique mardi soir, M. Porochenko et Barack Obama ont dit espérer "un progrès" au cours de ce sommet, selon la présidence ukrainienne.

- Cible symbolique -

Sur le terrain, les violences ont fait 37 morts en 24 heures et ont touché une cible très symbolique: Kramatorsk, ville de 200.000 habitants reprise par l'armée ukrainienne aux rebelles en juillet. Elle abrite aujourd'hui l'état-major de l'armée dans l'Est et les administrations régionales pro-Kiev.

Les roquettes parsemaient le centre-ville et de nombreux habitants interrogés par l'AFP accusaient le président russe d'être responsable de cette attaque.

"Avec les compliments de Poutine! Qui d'autre aurait pu faire ça?", lançait un passant en observant devant lui une roquette n'ayant pas explosé, au nez enfoncé dans le sol gelé.

L'armée ukrainienne et les rebelles prorusses semblaient chercher à s'accaparer d'un maximum de terrain pour arriver en position de force à la table des négociations.

Au sud de la ligne de front, les troupes ukrainiennes ont annoncé avoir lancé une contre-offensive et repris le contrôle de trois villages à l'est du port de Marioupol, dernière grande ville de la région sous contrôle ukrainien.

A Dokoutchaivsk, à 35 kilomètres au sud de Donetsk, un journaliste a entendu mardi des tirs d'artillerie et constaté que des combats intenses s'y étaient déroulés.

Sept combattants prorusses ont été tués au cours des dernières 24 heures, selon un responsable séparatiste.

- Sommet de la dernière chance -

Les prochaines heures seront cruciales sur le plan diplomatique, à la suite de l'initiative franco-allemande de prendre au mot Vladimir Poutine et de venir à Moscou lui présenter un plan de paix, après l'avoir exposé à Petro Porochenko.

Depuis, les quatre dirigeants ont eu des entretiens téléphoniques et font travailler d'arrache-pied leurs conseillers pour parvenir à un compromis.

François Hollande a affirmé aller à Minsk avec Angela Merkel avec "la ferme volonté d'aboutir" à un accord de paix pour l'Ukraine.

Selon une source proche du ministère allemand des Affaires étrangères, les discussions entre diplomates de haut rang, qui se sont rencontrés lundi à Berlin, doivent se poursuivre "ce soir à Minsk".

Le ministre allemand des Affaires étrangères Frank-Walter Steinmeier s’est également entretenu mardi après-midi par téléphone avec ses homologues russe et ukrainien "pour plaider en faveur d'un compromis dans les questions difficiles", selon la même source.

S'il n'a pas été dévoilé, le plan franco-allemand vise à faire appliquer les accords de paix conclus en septembre à Minsk, mais plusieurs points restent en suspens. L'Ukraine insiste notamment sur le respect de la ligne de front établie en septembre, alors que les séparatistes occupent 500 km2 supplémentaires depuis.

Une autre question litigieuse concerne le "statut des territoires" conquis par les séparatistes. Moscou insiste sur une "fédéralisation" quand l'Ukraine ne parle que de "décentralisation".

Autre point de discorde: la question du contrôle de la frontière ukraino-russe dans les territoires aux mains des rebelles. Kiev réclame son contrôle conjoint avec l'OSCE mais Moscou, estimant que cette question n'est pas de son ressort, exige du gouvernement ukrainien qu'il se mette d'accord avec les rebelles, selon une source gouvernementale ukrainienne.

Pour autant, une source diplomatique française s'est dite lundi confiante sur la tenue de ce sommet. "Il y a huit jours, ils (Ukrainiens et Russes, ndlr) ne se parlaient pas. Là, on les met autour d'une table", a-t-elle déclaré à l'AFP.

Par
Le 10 février 2015 à 18h57

Médias24 est un journal économique marocain en ligne qui fournit des informations orientées business, marchés, data et analyses économiques. Retrouvez en direct et en temps réel, en photos et en vidéos, toute l’actualité économique, politique, sociale, et culturelle au Maroc avec Médias24

Notre journal s’engage à vous livrer une information précise, originale et sans parti-pris vis à vis des opérateurs.

Toute l'actualité