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Ukraine: tirs à Donetsk au lendemain d'une concession politique aux prorusses

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Le 17 septembre 2014 à 11h05

Des échanges de tirs meurtriers se poursuivaient mercredi à Donetsk, dans l'est de l'Ukraine, au lendemain de lois votées à Kiev pour une plus grande autonomie aux régions prorusses et des élections, présentées comme une concession politique aux rebelles.

Deux civils ont été tués dans des tirs d'artillerie, a annoncé la mairie de Donetsk, fief insurgé, où des bombardements font rage depuis plusieurs jours aux abords de l'aéroport contrôlé par l'armée. Selon un décompte de l'AFP, ces victimes portent à 30 le nombre de civils et militaires tués depuis la trêve le 5 septembre.

Le porte-parole du Conseil national de sécurité et de défense, Andrii Lyssenko, a affirmé que les forces armées "respectent" le cessez-le-feu mais que "des groupes militaires illégaux et des troupes russes continuent de tirer" sur les positions ukrainiennes. Moscou a toujours démenti tout rôle actif dans ce conflit.

Sous ce fragile cessez-le-feu -- illusoire pour la population de localités de la région de Donetsk -- les députés ont adopté mardi un projet de loi sur un "statut spécial" pour les régions rebelles de Donetsk et Lougansk avec des élections le 7 décembre. Les députés ont aussi adopté une loi amnistiant sous conditions les combattants, deux textes marquant un geste d'ouverture du président Petro Porochenko en dépit de certaines tournures sémantiques assez floues.

Ces dispositions sont au coeur du protocole d'accord signé le 5 septembre à Minsk entre Kiev et les rebelles. L'objectif immédiat: faire cesser un conflit qui a fait en cinq mois près de 2.900 morts et plus d'un demi-million de déplacés dans cette ancienne république soviétique qui vient de ratifier un accord historique d'association avec l'Union européenne, concrétisant son éloignement du giron russe.

Mais le "Premier ministre" de la "République populaire de Donetsk (autoproclamée) Alexandre Zakhartchenko a affirmé mercredi que les séparatistes prorusses, qui réclament leur indépendance, refusaient que les autorités ukrainiennes organisent des élections anticipées dans la région industrielle du Donbass.

- Rejet de l'élection -

"Nous avons notre propre conseil suprême et nous déciderons quelles élections organiser et à quelle date. Aucune élection ne sera organisée par l'Ukraine", a-t-il affirmé, cité par l'agence russe Interfax.

L'un des dirigeants séparatistes de Donetsk, le "vice-ministre" Andreï Purgine, a d'ailleurs réagi à chaud à l'adoption par Kiev des projets de loi en rappelant mardi que le Donbass n'avait "plus rien à voir avec l'Ukraine".

Il a simplement dit à l'AFP que les dirigeants séparatistes allaient "étudier soigneusement" le texte adopté. "Peut-être pourrons-nous avoir un dialogue (avec Kiev) sur certains points, notamment économiques et socio-culturels", a-t-il ajouté.

Un dirigeant séparatiste dans le fief de Lougansk, Alexei Karyakine, a lui déclaré à l'agence russe Itar-Tass que les mesures de Kiev étaient "un pas dans la bonne direction".

La loi octroie davantage d'autonomie aux autorités locales dans certains districts des régions de Donetsk et Lougansk pour une période de trois ans. Elle prévoit aussi l'organisation d'élections au niveau "des districts, conseils municipaux, conseils de villages" sur une partie du territoire des régions de ces deux places fortes rebelles.

Ces structures pourront "participer" à la nomination des dirigeants de parquets et de tribunaux locaux tandis que les conseils municipaux auront le droit de créer des "milices populaires" pour protéger l'ordre public dans leurs localités.

- 'Capitulation' ? -

L'Etat garantit en outre le libre usage du russe dans le secteur public pour apaiser les craintes des habitants locaux, en majorité russophones, qui craignaient de se voir "interdits" de parler cette langue.

A Kiev, où la période pré-électorale bat son plein avant les législatives du 26 octobre, certains partis politiques analysaient la situation avec la plus haute circonspection.

L'ancienne Premier ministre Ioulia Timochenko a ainsi donné le ton de sa campagne en avertissant que l'est de l'Ukraine serait désormais "sous le contrôle total de l'armée russe et des terroristes financés, soutenus et envoyés en Ukraine sur ordre de Vladimir Poutine".

Quant au dirigeant du parti nationaliste Svoboda (Liberté), Oleg Tyagnybok, il a accusé l'offre d'autonomie à l'Est de Petro Porochenko d'être "notre capitulation dans la guerre russo-ukrainienne".

La Russie, accusée par Kiev et les Occidentaux d'alimenter en armes et en troupes la rébellion dans l'Est pour déstabiliser le pays, voire pour y créer un Etat croupion, n'a fait aucun commentaire à ce stade sur les concessions de Kiev.

Illustrant toutefois la volonté de maintenir la pression sur l'Ukraine, Moscou a annoncé mardi que son dispositif militaire serait renforcé dans "la zone de la Crimée", péninsule méridionale ukrainienne qu'elle a annexée en mars.

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Le 17 septembre 2014 à 11h05

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