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Trump jette un froid sur la relation stratégique avec le Qatar

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Le 6 juin 2017 à 18h54

Le président américain Donald Trump a jeté un froid sur les les relations avec le Qatar mardi et instillé un doute sur l'avenir de la principale base aérienne américaine dans la région, près de Doha, où environ 10.000 militaires sont stationnés.

Dans une série de tweets mardi matin, Donald Trump a apporté un soutien tacite à l'isolement du Qatar par les pays de la région, suggérant que le petit Etat du Golfe finance l'extrémisme.

La base américaine Al-Udeid abrite également le centre de commandement des opérations aériennes américaines au Moyen-Orient, d'où sont coordonnés les raids de la coalition contre le groupe Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie.

Le Pentagone a indiqué mardi que les opérations militaires américaines au Qatar ne sont "pas affectées" par la crise.

"Nous continuons d'être reconnaissants aux Qataris pour leur soutien de longue date à notre présence et nous n'avons pas de projet de changer notre position au Qatar", a déclaré le porte-parole du ministère de la Défense Jeff Davis.

Donald Trump a dit voir dans la rupture des relations diplomatiques avec le Qatar décidée par l'Arabie saoudite, l'Egypte, les Emirats arabes unis et d'autres États du Golfe, ce qui "pourrait être le début de la fin de l'horreur du terrorisme".

Le président des Etats-Unis a également semblé s'attribuer un rôle dans cette mise au banc du Qatar, décidée après son voyage dans la région fin mai.

"Tellement bon de voir que la visite en Arabie Saoudite avec le roi et 50 pays porte déjà ses fruits", a-t-il dit sur Twitter.

"Ils ont dit qu'ils adopteraient une ligne dure contre le financement de l'extrémisme et tous les éléments pointaient vers le Qatar", a-t-il ajouté.

Ces déclarations sur Twitter, si elles étaient confirmées par des actions diplomatiques concrètes, marqueraient une rupture majeure dans la politique étrangère des États-Unis. Et elles suscitent l'inquiétude à Washington sur un possible renversement des équilibres politiques dans la région.

Il y a quelques semaines à Ryad, Donald Trump s'affichait pourtant tout sourire avec le Cheikh Tamim bin Hamad Al-Thani, en disant "nous sommes amis, nous sommes amis depuis longtemps".

Le Qatar pourrait désormais être forcé de se tourner vers Téhéran, Moscou ou Ankara pour tenter d'enrayer les dommages économiques provoqués par son isolement.

- 'Game over pour le Qatar' -

Diplomates et anciens responsables américains se disaient choqués mardi que Donald Trump prennent aussi ouvertement partie dans une dispute entre pays alliés des Etats-Unis.

"Nous avons des milliers de soldats au Qatar, c'est très choquant que le président fasse des déclarations de politique étrangère sur Twitter sans consulter ses conseillers pour la Sécurité nationale sur les conséquences possibles pour nos troupes", a réagi le sénateur démocrate Chris Murphy.

Les précédentes administrations américaines avaient déjà exprimé leurs préoccupations sur les centaines de millions de dollars en provenance du Qatar, de l'Arabie Saoudite et du Koweït pour financer des groupes comme l'EI et Al-Qaïda.

Mais la Maison Blanche a jusqu'ici préféré discrètement pousser les pays du Golfe à adopter des règles financières plus strictes et à sévir contre les dons individuels, tout en renforçant la coopération militaire et en matière de renseignement.

Une approche adoptée par le président George W. Bush vis-à-vis de l'Arabie saoudite après les attentats du 11-Septembre.

Quelques heures à peine avant les tweets de Donald Trump, l'ambassadrice des États-Unis au Qatar, Dana Shell Smith, soulignait sur Twitter le "grand partenariat" avec le Qatar et "les progrès réels pour contrer le financement du terrorisme".

Mais les tweets du président américain ne surprendront sans doute pas autant à l'intérieur de la Maison Blanche.

Des responsables ont confié que Donald Trump et son proche conseiller, Jared Kushner, avaient été impressionnés par le puissant prince héritier d'Arabie Saoudite Mohammed ben Salmane et ont forgé des liens étroits avec celui qui est considéré comme le successeur désigné du roi.

L'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis reprochent depuis longtemps au Qatar de soutenir le mouvement des Frères musulmans et n'apprécient guère sa tolérance vis-à-vis de l'Iran.

Certains partisans de l'Arabie saoudite aux Etats-Unis se disaient déjà encouragés mardi par les commentaires du président américain.

"Trump a déclaré que le Qatar est un sponsor du terrorisme. #GameOverQatar", a tweeté Salman Al-Ansar, chef du Comité des relations américano-saoudiennes, un groupe de pression en faveur du royaume wahhabite.

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Le 6 juin 2017 à 18h54

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