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Obama et une imposante délégation américaine en Arabie saoudite

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Le 27 janvier 2015 à 11h46

Le président américain Barack Obama a quitté mardi l'Inde pour rejoindre l'Arabie saoudite, où il va présenter ses condoléances au nouveau souverain mais également parler politique et diplomatie.

M. Obama s'est envolé de New Delhi à bord de l'Air Force One pour rejoindre la capitale saoudienne Ryad où il était attendu en fin d'après-midi pour rencontrer le roi Salmane, qui a hérité du trône après le décès vendredi de son demi-frère Abdallah.

Le président américain a dû écourter sa visite en Inde pour se rendre dans le royaume ultra-conservateur sunnite, premier exportateur mondial de pétrole, poids lourd du Moyen-Orient et allié des Etats-Unis depuis 70 ans.

Il sera accompagné dans ce déplacement de quatre heures par son épouse Michelle, le secrétaire d'Etat John Kerry, le sénateur républicain John McCain, le directeur de la CIA John Brennan et le Général Lloyd Austin, chef du commandement central de l'armée américaine (Centcom).

Au total, la délégation américaine comprend 29 membres, dont des anciens responsables de l'ère de George et George W. Bush, comme les anciens Secrétaires d'Etat James Baker et Condoleezza Rice.

Selon des analystes, Barack Obama et Salmane ben Abdel Aziz vont tenter de revigorer des liens bilatéraux qui se sont un peu distendus ces dernières années en dépit de leur partenariat stratégique fondé sur des relations anciennes et d'énormes intérêts pétroliers.

Le nouveau roi devrait ainsi pousser Washington à s'impliquer davantage dans le règlement des crises dans la région, selon des experts.

"Certains dossiers doivent faire l'objet d'un accord entre le roi Salmane et M. Obama, mais des divergences persistent", relève ainsi Anwar Eshqi, qui dirige le Centre des études stratégiques du Moyen-Orient, basé à Jeddah (ouest de l'Arabie saoudite).

Selon lui, Ryad diverge avec Washington sur la lutte contre le terrorisme, le Yémen, la Syrie et la Libye.

- EI, Yémen, Libye et Iran au menu -

Ben Rhodes, conseiller du président américain, a confirmé que seront abordées la campagne contre le groupe Etat islamique, à laquelle Ryad participe militairement, et la crise au Yémen - pays frontalier de l'Arabie et allié des Etats-Unis dans sa lutte contre Al-Qaïda.

"Il est très probable que l'Iran soit également évoqué", a ajouté le conseiller.

Selon des experts, les Saoudiens sunnites voient d'un mauvais oeil la volonté affichée de Washington de parvenir à un accord sur le nucléaire iranien, sans tenir compte, selon eux, de la montée en puissance régionale des Iraniens chiites, leurs grands rivaux.

S'agissant du Yémen et de la Libye, deux Etats à la dérive politiquement et déchirés par des combats entre factions, l'Arabie saoudite souhaite voir Washington exercer davantage de pressions pour ramener les protagonistes des deux crises à la table des négociations, selon M. Eshqi.

Et sur le Proche-Orient, le royaume saoudien, qui a lancé une initiative de paix avec Israël en 2002, ne peut que constater l'incapacité du secrétaire d'Etat américain John Kerry à faire avancer le dossier.

Selon Jean-François Seznec, spécialiste du pétrole et enseignant à l'université américaine Georgetown, les relations Ryad/Washington ne sont pas à leur niveau idéal. "Les Saoudiens à tous les niveaux pensent que les Américains ne sont plus fiables", dit-il.

Salman Shaikh, directeur du Brookings Doha Centre, impute notamment cette dégradation au fait que le président Obama n'avait pas tissé des liens personnels aussi étroits avec Abdallah que son prédécesseur George W. Bush.

Mais Frederic Wehrey, spécialiste du Golfe et des relations entre Washington et les monarchies pétrolières, estime que "les désaccords peuvent être réglés" et que la mort du roi Abdallah pourrait "ouvrir un nouveau chapitre dans les relations" entre les deux pays.

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Le 27 janvier 2015 à 11h46

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