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Obama appelle à l'unité face à l'EI, l'otage français décapité

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Le 24 septembre 2014 à 18h57

Le président Barack Obama a appelé mercredi le monde à s'unir pour "détruire" le groupe de l'Etat islamique (EI) en Irak et en Syrie, au moment où les ravisseurs de l'otage français en Algérie diffusaient une vidéo de sa décapitation.

"Le seul langage que des tueurs comme ceux-là comprennent est celui de la force", a lancé le président américain devant l'Assemblée générale de l'ONU à New York.

"Aujourd'hui, j'appelle le monde à se joindre" à ce combat, a poursuivi M. Obama deux jours après les premières frappes contre les jihadistes ultra-radicaux sur le sol syrien conduites par Washington et ses alliés arabes.

Le 44e président américain a affiché sa détermination à travailler avec une vaste coalition pour "démanteler ce réseau de la mort" qui a proclamé fin juin un "califat" sur les régions qu'il contrôle en Irak et en Syrie.

"Nous ne céderons pas devant les menaces et nous démontrerons que l'avenir appartient à ceux qui construisent, pas à ceux qui détruisent", a poursuivi M. Obama.

Au même moment, le groupe Jund al-Khilafa, lié à l'EI, diffusait une vidéo montrant la décapitation d'Hervé Gourdel, un guide de haute montagne de 55 ans.

Le président François Hollande a dénoncé depuis New York "un crime odieux dont les auteurs devront être châtiés". "Ma détermination est totale et cette agression ne fait que la renforcer", a-t-il poursuivi dans une allusion à l'intervention militaire française en Irak contre l'organisation l'Etat islamique dont les ravisseurs de Hervé Gourdel se sont réclamés.

La vidéo, postée sur des sites jihadistes et intitulée "Message de sang pour le gouvernement français", débute par des images de M. Hollande prises au cours de la conférence de presse durant laquelle il a annoncé la participation de la France à la campagne de frappes contre l'EI en Irak. Elle montre ensuite l'otage, agenouillé et les mains derrière le dos, entouré de quatre hommes armés et le visage dissimulé.

- "Crime barbare" -

L'instance de représentation de la première communauté musulmane d'Europe, le Conseil français du culte musulman (CFCM), s'est dite mercredi "horrifiée", dénonçant un "crime barbare".

La mise en scène de sa décapitation ressemble à celles des deux journalistes américains enlevés en Syrie James Foley et Steven Sotloff et du travailleur humanitaire britannique David Haines par des membres de l'EI, diffusées ces dernières semaines.

Dans son discours à la tribune de l'ONU, M. Obama a aussi appelé à lutter contre l'espace occupé par les extrémistes "sur internet et sur les réseaux sociaux".

La série de bombardements de mardi a été menée par les Etats-Unis et cinq "nations partenaires" arabes (Jordanie, Bahreïn, Qatar, Arabie saoudite, Emirats arabes unis), tandis que la France a déjà participé à des frappes en Irak.

Dans la nuit de mardi à mercredi, la coalition menée par les Etats-Unis a de nouveau frappé des positions de l'EI en Syrie et Irak. Selon des responsables américains, l'aviation jordanienne a participé aux frappes en Syrie.

Des avions de la coalition ont visé "des positions et des routes d'approvisionnement de l'EI" dans les environs de la ville kurde d'Aïn al-Arab (Kobané en kurde), complètement encerclée par le groupe extrémiste, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

- 12.000 combattants étrangers -

Le Premier ministre britannique David Cameron a déclaré que son pays, qui a jusqu'à présent limité son implication dans le conflit à la livraison d'armes aux combattants kurdes, n'avait d'autre choix que de lutter contre l'EI.

Il a annoncé un peu plus tard sur son compte Twitter avoir obtenu le rappel du parlement vendredi, afin de débattre de la demande d'aide irakienne de frappes aériennes contre les djihadistes de l'Etat Islamique.

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a pour sa part déclaré qu'Ankara pourrait fournir un soutien militaire ou logistique à l'opération. La Turquie avait refusé dans un premier temps de participer à la coalition.

Mercredi après-midi, M. Obama devait présider une réunion spéciale du Conseil de sécurité de l'ONU pour faire adopter une résolution contraignante visant à endiguer le flux des "combattants terroristes étrangers", selon les termes du texte américain.

Quelque 12.000 combattants étrangers venus de 74 pays différents auraient rejoint les organisations extrémistes en Irak et en Syrie, ce qui représente la plus forte mobilisation étrangère depuis la guerre en Afghanistan dans les années 1980, selon le Centre international d'Etude de la radicalisation, basé à Londres.

La majorité vient du Moyen-Orient (Arabie saoudite, Jordanie) et du Maghreb (Tunisie, Maroc), mais le nombre d'Européens est en hausse, à "environ 3.000", selon le coordinateur européen pour la lutte contre le terrorisme.

En marge de l'assemblée générale de l'ONU, M. Obama a salué la "vision" du nouveau Premier ministre irakien Haïdar al-Abadi, qu'il a rencontré pour la première fois, jugeant que depuis son arrivée au pouvoir, il s'était adressé "à toutes les composantes de la société irakienne".

Nommé mi-août à la tête du gouvernement irakien, M. Abadi a succédé à Nouri al-Maliki, chiite comme lui, dont les politiques ont été jugées en partie responsables de l'avancée des insurgés sunnites en Irak.

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Le 24 septembre 2014 à 18h57

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