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Nucléaire iranien: un travail de fourmi pour les diplomates à Vienne

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Le 16 octobre 2014 à 10h04

Les grandes puissances et l'Iran poursuivent jeudi à Vienne une discussion aussi complexe que laborieuse, dans l'espoir d'enterrer enfin leurs désaccords sur le programme nucléaire de Téhéran.

Les diplomates de la République islamique et du "5+1" (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) se retrouvent à 09H00 GMT, après une rencontre à trois qui s'est prolongée tard mercredi soir entre le secrétaire d'Etat américain John Kerry, son homologue iranien Mohammad Javad Zarif et la représentante de l'UE Catherine Ashton.

L'accord auquel tous aspirent serait historique. Il garantirait que le programme nucléaire iranien poursuit des objectifs exclusivement civils, en échange d'une levée des sanctions internationales qui pèsent sur la République islamique et son économie.

Ce faisant, il mettrait fin à un différend qui empoisonne les relations internationales depuis le début des années 2000, quand les grandes puissances, mais aussi Israël et les pays du Golfe notamment, ont commencé à soupçonner l'Iran de chercher en secret à se doter de l'arme atomique.

Les négociations intensives entamées en janvier ont permis des avancées.

L'Iran dit ainsi avoir commencé à modifier le réacteur à eau lourde d'Arak, près de Téhéran, pour y limiter la production de plutonium, l'un des ingrédients permettant de fabriquer une bombe nucléaire.

Un accord serait également à portée de main pour renforcer le rythme et la teneur des inspections menées en Iran par l'Agence internationale de l'énergie atomique (AIEA), une agence de l'ONU.

- Des points importants en suspens -

Plusieurs points importants restent toutefois en suspens, en particulier la capacité que l'Iran conserverait, après un accord, le droit de produire de l'uranium enrichi, le matériau utilisé pour le nucléaire civil mais aussi, à un taux plus élevé d'enrichissement, pour le nucléaire militaire.

Il n'y a pas non plus d'accord sur le rythme auquel seraient levées les sanctions contre l'Iran, malgré de nouvelles propositions américaines dans ce domaine.

Or "il n'y a d'accord sur rien tant qu'il n'y a pas d'accord sur tout, et on peut bien voir tout s'effondrer faute d'entente sur 2% du dossier, même si on est d'accord sur les 98% restants", confiait tard mercredi soir un haut responsable américain invité à décrire le déroulement des discussions.

"Tout le monde travaille très dur (...). Ce sont des négociations incroyablement complexes, qui descendent à un niveau de détail extraordinaire", a rapporté cette source: "Des pages entières d'annexes sont attachées à la moindre ligne de chaque accord politique, parce que les détails sont absolument décisifs".

Le diplomate a dépeint une sorte de Meccano dont les pièces changeraient constamment de forme, tout au moins "jusqu'à ce que toutes finissent par s'emboîter."

Les parties s'étaient donné jusqu'au 20 juillet pour aboutir, avant de s'octroyer un délai supplémentaire jusqu'au 24 novembre. Mais à l'approche de cette date butoir, Téhéran et Moscou ont suggéré ces derniers jours qu'une nouvelle prolongation pourrait être nécessaire.

- "Prendre des décisions difficiles" -

La diplomatie américaine, elle, préfère ne pas parler d'extension "pour le moment". "Les dates limites aident à prendre des décisions difficiles, et nous avons justement des décisions difficiles à prendre", plaide Washington.

Mohammad Javad Zarif a lui-même appelé toutes les parties à "prendre des décisions fortes", dans un entretien diffusé jeudi matin au site al-Monitor.

Pour l'Iran, cette volonté d'aboutir vite s'explique entre autres par l'espoir d'une reprise économique en cas d'accord nucléaire, alors que l'Iran possède les quatrièmes réserves mondiales de pétrole et les deuxièmes de gaz.

Pour le président Barack Obama, arriver rapidement à un accord est d'autant plus souhaitable qu'il pourrait avoir à composer, après les élections parlementaires américaines du 4 novembre, avec un Sénat passé dans l'opposition, et plus sceptique sur l'intérêt de traiter avec l'Iran.

Un nombre croissant d'analystes doute pourtant que le délai du 24 novembre puisse être tenu. Selon eux, les discussions pourront continuer au prix d'un accord "intérimaire" prenant acte des premiers progrès.

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Le 16 octobre 2014 à 10h04

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