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Nucléaire iranien: fermeté américaine pour arriver à un “bon accord”

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Le 4 mars 2015 à 17h16

Tout accord avec l'Iran sur son programme nucléaire doit être en mesure de recevoir l'approbation de la communauté internationale, a assuré mercredi le secrétaire d’État américain John Kerry, après trois jours de négociations "difficiles" avec les Iraniens marquées par des "progrès".

"L'objectif n'est pas d'obtenir n'importe quel accord, c'est d'obtenir le bon accord, capable de résister à un examen minutieux" par la communauté internationale, a déclaré à la presse M. Kerry au terme de trois jours de discussions en Suisse avec son homologue iranien, Mohammad Javad Zarif.

"Depuis le début, ces négociations sont difficiles et intenses, c'est toujours le cas mais nous avons accompli des progrès et des choix importants doivent être faits", a ajouté M. Kerry.

M. Kerry prévoit pour un tel accord "un examen par des experts partout dans le monde, un examen par les autres gouvernements (...) un examen par le Congrès des États-Unis, un examen par les pays de la région qui sont concernés".

- Réponse à Netanyahu -

Il a aussi prévenu : "nous n'allons pas être distraits par des facteurs externes et politiques, nous allons continuer à être guidés par nos experts, nos scientifiques, nos intérêts nationaux et ceux de nos partenaires et alliés", une réponse sans les nommer aux critiques exprimées mardi à Washington par le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu.

"En ce qui concerne toutes les objections que des pays ont quant aux activités iraniennes dans la région (...) le premier pas consiste à empêcher l'Iran de parvenir à une arme nucléaire. Sans accord, l'Iran aura la capacité d'aller de l'avant avec son programme nucléaire, nous en sommes sûrs", a ajouté M. Kerry, qui devait ensuite se rendre en Arabie Saoudite.

M. Kerry a aussi souligné que l'accord augmenterait le "breakout time", le temps nécessaire pour avoir assez de matières fissiles pour fabriquer une bombe, "laissant l'Iran loin, beaucoup plus loin que ce qu'il est aujourd'hui, de produire assez de matières fissiles pour une arme".

Il a aussi mentionné l'importance d'avoir par cet accord les moyens de vérifier de façon durable les installations iraniennes, pour s'assurer des leurs activités pacifiques.

Evoquant les sanctions internationales, M. Kerry a admis qu'elles "pourraient avoir conduit l'Iran à la table de négociation, mais à ce jour elles ne l'ont pas empêché d'avancer dans son programme nucléaire". "Demander simplement que l'Iran capitule n'est pas un plan", a-t-il dit.

Le secrétaire d’État américain rencontrera samedi à Paris ses homologues britannique, français et allemand. Les prochains entretiens bilatéraux entre Américains et Iraniens auront lieu le 15 mars, "probablement à Genève".

Ces pourparlers doivent déboucher sur un règlement politique d'ici au 31 mars, puis à un texte technique complet d'ici au 30 juin/1er juillet, garantissant la nature pacifique et uniquement civile du programme nucléaire iranien en échange d'une levée des sanctions internationales.

Les directeurs politiques des grandes puissances du groupe 5+1 (États-Unis, Chine, Russie, France, Royaume-Uni et Allemagne) et de la République islamique doivent se retrouver jeudi à Montreux pour faire le point sur ces trois jours de négociations.

- Rassurer les pays du Golfe -

Dans un discours devant le Congrès à Washington, M. Netanyahu a assuré mardi qu'un "accord avec l'Iran ne l'empêchera pas de produire des bombes atomiques".

Le président Barack Obama, qui a des relations exécrables avec M. Netanyahu et avait exclu de le rencontrer, a aussitôt jugé que ce discours n'apportait "rien de nouveau" et n'offrait aucune "alternative viable".

Le président iranien Hassan Rouhani a réagi en dénonçant, selon l’agence Irna "ce régime qui est lui-même le plus criminel et (...) terroriste prétend parler de paix et de dangers futurs alors qu'il est lui-même la source du principal danger pour la région".

Ce rapprochement entre les États-Unis et l'Iran, après plus de 30 ans de confrontation, inquiète Israël mais aussi les alliés des Américains dans le Golfe, qui craignent l'expansionnisme iranien.

John Kerry rencontrera à Ryad, pour les rassurer, les chefs de la diplomatie des pays du Conseil de Coopération du Golfe ainsi que le nouveau roi saoudien Salman.

La menace du groupe État islamique (EI) a compliqué la donne au Moyen-Orient, l'Iran chiite jouant un rôle de plus en plus important dans la lutte contre ces extrémistes sunnites.

Le général Martin Dempsey, le plus haut gradé américain, a reconnu mardi devant la commission des forces armées du Sénat que l'aide de l'Iran à l'offensive irakienne en cours pour reprendre la ville de Tikrit pourrait être "positive", si la situation ne dégénère pas en tensions interconfessionnelles avec les sunnites.

L'offensive de Tikrit, lancée lundi, marque l'implication iranienne "la plus manifeste" en Irak depuis 2004, "avec de l'artillerie et d'autres moyens", a estimé le chef d'état-major inter-armées.

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Le 4 mars 2015 à 17h16

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