Mexique : l'aide s'organise dans la zone touchée par le séisme
L'aide s'organisait dimanche dans le sud du Mexique, trois jours après le tremblement de terre historique de magnitude 8,2 survenu jeudi soir, qui a fait au moins 65 morts.
Le gouvernement fédéral cherchait à vérifier s'il y avait bien eu 25 nouveaux décès dans l'Etat d'Oaxaca, le plus meurtri par ce puissant séisme, ce qui porterait le bilan à 90 morts, selon des informations du gouverneur de cet Etat, Alejandro Murat.
"Nous devons encore le confirmer", a cependant déclaré à la chaîne de télévision Milenio Rosario Robles, la ministre du Développement urbain, envoyée par le gouvernement fédéral à Oaxaca.
Pour l'heure, le bilan officiel faisait état de 46 morts à Oaxaca, 15 dans l'Etat du Chiapas et quatre dans celui de Tabasco, soit un total de 65 décès.
L'aide commençait à arriver dans le sud du Mexique où vivent des communautés indigènes dans des zones de petites montagnes pouvant se retrouver rapidement isolées en cas de tremblement de terre ou de fortes précipitations.
"Nous sommes venus appuyer nos frères qui sont ici à Oaxaca. Il n'y a plus de recherche de personnes, mais du soutien à la communauté", déclarait à l'AFP Miguel Angel Nava, un secouriste participant à la distribution de vivres et au traitement des blessés.
- Nuit d'angoisse, journée de deuil -
Les habitants de Juchitan (Oaxaca), une des villes les plus affectées par le séisme, ont passé une nouvelle nuit d'angoisse rythmée par les incessantes répliques, plus de 800 depuis jeudi soir.
Un des rares hôtels de cette localité qui semblait avoir résisté au tremblement de terre a vu ses murs se fissurer après une réplique de 5,6 degrés. La dizaine de clients présents ont dû sortir en catastrophe et abandonner le bâtiment qui menaçait de s’effondrer, a constaté l'AFP.
Sur la petite place de l'église du Mardi Saint, à Juchitan, plusieurs familles accompagnées d'enfants et de personnes âgées ont passé la nuit sur place, refusant de se rendre dans des abris, afin de surveiller ce qui restait de leur maison.
"Si nous restons dans nos maisons, nous risquons d'y être ensevelis, mais si nous partons dans les abris, on risque de nous voler nos biens", confiait à l'AFP Hector Aguilar, un professeur d'histoire de 52 ans.
Sous la pluie, des femmes ont allumé un feu en début de matinée pour préparer à manger, tandis que les hommes et les enfants dégageaient à la main les décombres de leurs maisons : blocs de béton, morceaux de bois, fenêtres brisées.
"Nous sommes toujours sans eau ni électricité, les enfants ont dormi dans la rue, personne n'est venu nous aider", se lamentait Maria.
Sur les artères, se succédaient les processions funéraires, où les cris de douleurs se mêlaient à la musique d'un orchestre traditionnel avec trompettes et tambours accompagnant les défunts.
Une femme de 85 ans, Manuela Villalobos, morte pendant son sommeil dans l'effondrement de sa maison, était portée en terre par ses proches, certains en tenues indigènes aux motifs colorés.
En ville, la nourriture se faisait rare et le prix de la tortilla de maïs avait plus que doublé en quelques jours, passant de 30 à 70 pesos (environ 3,5 euros).
Certains commerçants vendaient samedi leurs produits par une fenêtre de crainte d'éventuels pillages.
L'épicentre du tremblement de terre le plus puissant en un siècle au Mexique a été localisé dans le Pacifique, à environ 100 kilomètres au large de Tonala (Etat du Chiapas), selon le centre géologique américain USGS.
La secousse, qui a aussi fait plus de 200 blessés, a été ressentie jusqu'à Mexico, y déclenchant des mouvements de panique, mais aussi au Guatemala, dont quatre habitants ont été blessés.
L'ouragan Katia, de catégorie 2 vendredi soir et qui faisait craindre une autre catastrophe plus au nord dans l'Etat de Veracruz (est), a finalement rapidement été rétrogradé en tempête tropicale, provoquant toutefois des inondations et la mort de deux personnes.