Comment le PAM veut incarner le changement en restant dans la majorité
À deux mois des élections législatives, le Parti authenticité et modernité affine son positionnement. Invité du "12/13" de Médias24, Hicham Airoud, membre du bureau politique du parti, défend une offre politique axée sur la gouvernance, le mérite et la lutte contre les privilèges.
À la veille de son Conseil national prévu le 25 juillet 2026 à Salé, et à deux mois des élections législatives du 23 septembre, le Parti authenticité et modernité (PAM) cherche à installer son récit de campagne. Invité de l'émission Le 12/13 de Médias24, Hicham Airoud, membre du bureau politique, a présenté les grandes lignes de la vision que le parti entend défendre, tout en revenant sur plusieurs sujets d'actualité.
Premier dossier abordé : les spéculations autour d'une éventuelle adhésion de Fouzi Lekjaa au PAM. Sans confirmer ni infirmer cette hypothèse, Hicham Airoud a rappelé que toute décision relève avant tout de l'intéressé. "Si une décision est prise, il sera le premier à l'annoncer", affirme-t-il, précisant que le Conseil national ne constitue pas une étape déterminante dans ce dossier.
Le responsable insiste toutefois sur "l'attractivité" du parti, affirmant que de nombreux cadres souhaitent rejoindre le PAM, à condition d'adhérer à son projet politique.
Deux priorités : gouvernance et lutte contre la rente
Au-delà des questions de personnes, Hicham Airoud a surtout dévoilé les deux axes qu'il présente comme les piliers du futur programme électoral. Le premier concerne la gouvernance publique. Le second porte sur la réduction des situations de rente et des privilèges.
Selon lui, le Maroc souffre aujourd'hui davantage d'un déficit de gouvernance que d'un manque de moyens. "Nous avons construit des infrastructures, formé des médecins, mais le problème reste celui de la gestion, du pilotage et de l'évaluation des politiques publiques".
Le PAM défend ainsi un État davantage fondé sur la transparence, où les responsables publics rendent régulièrement compte de leurs résultats et où les politiques publiques sont systématiquement évaluées.
Sur le plan économique, le parti entend promouvoir une économie basée sur le mérite plutôt que sur les privilèges. "Nous n'avons pas un problème avec les personnes, mais avec les privilèges", résume Hicham Airoud, plaidant pour une concurrence plus équitable et un meilleur accès à la richesse et à l'emploi.
Se démarquer sans renier la majorité
L'un des principaux défis du PAM reste toutefois sa position politique. Comment convaincre les électeurs d'un besoin de changement alors que le parti participe au gouvernement depuis 2021 ?
Interrogé sur cette apparente contradiction, Hicham Airoud assume le bilan tout en reconnaissant des insuffisances. Selon lui, chaque composante de la majorité devra présenter son propre bilan devant les électeurs et expliquer ce qui a fonctionné ou non.
"Cela fait deux ans que nous alertons sur certains dysfonctionnements", assure-t-il, en réponse aux critiques d'un déficit de communication, selon lesquelles ces prises de position du PAM seraient opportunistes à l'approche des élections.
Un discours recentré sur "l'égalité des chances"
Le responsable du PAM insiste sur ce qu'il présente comme la philosophie du parti : garantir aux citoyens une égalité d'accès aux opportunités plutôt qu'une logique de faveurs.
Pour illustrer cette orientation, il cite la réforme du dispositif d'aide au logement, passée d'un système de soutien aux promoteurs à une aide directe aux ménages, qu'il présente comme un exemple de rupture avec les mécanismes de rente. Le parti souhaite désormais décliner cette logique dans d'autres secteurs à travers son programme électoral.
Des réserves sur certains dossiers
Au cours de l'entretien, Hicham Airoud est également revenu sur plusieurs sujets politiques sensibles, notamment les débats autour du plafonnement des prix des hydrocarbures. Il reconnaît que le principe mérite d'être discuté, tout en estimant que la proposition déposée au Parlement soulevait des questions juridiques et constitutionnelles.
Sur les demandes d'amnistie concernant certains détenus, il rappelle son attachement à l'indépendance de la justice, tout en estimant que toute initiative favorisant l'apaisement politique et le renforcement de la confiance mérite d'être examinée.
Interrogé enfin sur l'identité idéologique du PAM, régulièrement critiquée pour son manque de lisibilité, Hicham Airoud préfère recentrer le débat sur les valeurs que le parti souhaite défendre : mérite, transparence, gouvernance et égalité des chances.
Autant d'axes que le PAM entend transformer en propositions concrètes dans son programme pour les législatives du 23 septembre, avec l'ambition affichée de conduire le prochain gouvernement.
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