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Le British Museum prête une statue du Parthénon, Athènes y voit “une provocation”

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Le 5 décembre 2014 à 17h07

Une des statues faisant partie des "marbres d'Elgin" a quitté la Grande-Bretagne, pour la première fois après leur enlèvement du Parthénon en 1803, pour un prêt à un musée russe, a déclaré vendredi le British Museum, provoquant la colère d'Athènes.

Le musée a prêté une des statues -- saisies en Grèce par le diplomate britannique Lord Elgin et dont Athènes a réclamé sans succès le retour à de multiples reprises -- au musée de l'Ermitage à Saint-Pétersbourg.

Le Premier ministre grec Antonis Samaras a dénoncé dans un communiqué "une provocation à l'égard du peuple grec", le terme de "provocation" étant repris sur plusieurs sites grecs d'information.

La sculpture du dieu grec de la rivière Ilissos, une figure d'homme couché, sera exposée en Russie à partir de samedi et jusqu'au 18 janvier pour les 250 ans de l'institution.

"Le devoir des administrateurs est de permettre aux citoyens d'autant de pays que possible de partager leur héritage commun", a déclaré le président des administrateurs du British Museum, Sir Richard Lambert.

"Les administrateurs sont ravis que ce bel objet soit bientôt apprécié par les citoyens russes", a-t-il ajouté.

La Grèce réclame depuis 1983, date d'une campagne lancée par l'actrice, puis ministre de la Culture Mélina Mercouri, le retour des sculptures, qui ont décoré l'Acropole d'Athènes pendant plus de deux millénaires avant d'être emportées en 1803 par Lord Elgin, diplomate britannique auprès de l'Empire ottoman.

"Le Parthénon et ses sculptures ont été l'objet d'un pillage (...). Nous les Grecs nous identifions à notre histoire et notre culture. Ces sculptures ne peuvent en aucun cas être séparées, prêtées, données !", a réagi M. Samaras.

La Grande-Bretagne avait déjà proposé dans le passé de prêter à la Grèce ces oeuvres, qui complètent les propres collections du musée de l'Acropole d'Athènes, mais la Grèce considère que ce prêt entérinerait la propriété britannique.

Tandis que Lord Elgin affirmait avoir obtenu de l'Empire ottoman, qui gouvernait la Grèce à l'époque, l'autorisation d'emporter les frises, Athènes considère cet enlèvement comme un vol.

Le gouvernement grec s'est adjoint, pour examiner les voies possibles de réclamation, les services de l'avocate britannique Amal Alamuddin Clooney, épouse de l'acteur George Clooney, qui a fait en octobre une visite très médiatique en Grèce.

Athènes a également commencé en novembre à sonder les passagers de l'aéroport d'Athènes en leur demandant de répondre sur des bornes interactives à la question : "Etes-vous en faveur du retour des frises du Parthénon ou non ?".

La Grèce attend la réponse de Londres à une récente demande de médiation, encouragée par l'UNESCO, qu'elle a adressée à la Grande-Bretagne.

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Le 5 décembre 2014 à 17h07

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