L’ambassadeur du Maroc
L’ambassadeur du Maroc en Autriche, Lotfi Bouchaara, a participé jeudi en tant que panéliste principal au lancement du rapport de l’Office des Nations-Unis la Drogue et le Crime (ONUDC) sur le Sahel, aux côtés de MM. Maurou Amadou, ministre de la justice du Niger, Aldo Lale-Demoz, directeur exécutif adjoint de l’ONUDC et Pierre Lapaque, chef du bureau régional dudit office à Dakar.
Dans une allocution de circonstance, M. Bouchaara, également représentant Permanent du Royaume auprès des Organisations Internationales à Vienne, a, après avoir rendu un hommage appuyé au ministre de la Justice du Niger qui a fait un exposé particulièrement exhaustif sur la contribution exemplaire de son pays à la sécurité de la région du Sahel, évoqué la problématique sécuritaire du Sahel dans sa dimension géopolitique et historique.
Il a souligné, à ce propos, que la relation historique entre le Maroc et les pays du Sahel ne date pas d’hier mais qu’elle est séculaire, enrichie par les liens étroits sur le plan culturel, civilisationnel et aussi religieux.
Relevant que ‘’le fond du problème a longtemps résidé dans le fait que la communauté internationale n’accordait qu’une attention discrète à la situation sécuritaire dans les pays du Sahel’’, il a fait savoir que le Maroc a été l’un des premiers pays à alerter la communauté internationale quant à la nécessité d’accorder une attention prioritaire aux pays du Sahel.
Il a ainsi rappelé que le Maroc, lors de son mandat en tant que membre non-permanent au conseil de Sécurité en 2012-2013, avait fait de la problématique sécuritaire dans les pays du Sahel une de ses principales priorités.
‘’L’objectif étant d’inciter les Organisations du système des Nations- Unies à travailler de façon plus coordonnée sur la question du Sahel’’, a-t-il indiqué, avant d’ajouter que c’est sous la Présidence du Maroc du Conseil de sécurité en décembre 2012 que l’initiative de la stratégie Sahel a été initiée.
Pour le diplomate marocain, il est important d’appréhender ces pays du Sahel non pas comme une source de problèmes, mais au regard de la potentialité de ces pays. Car, soutient-il, ‘’les pays du Sahel regorgent de potentialités. Ils n’ont pas besoin qu’on leur dicte la démarche qui doit être la leur. Ils ont besoin d’être accompagnés et d’être soutenus dans leurs efforts’’.
C’est dans cet esprit que s’inscrit l’action du Maroc, pays qui, à travers la vision de SM le Roi Mohammed VI, fait de la coopération sud-sud une priorité, a-t-il affirmé, disant que le Maroc encourage l’ONUDC à continuer son travail d’accompagnement et à inscrire son action dans le droit fil d’une coopération triangulaire avec la contribution effective du Maroc.
Tout en évoquant le lancement au Maroc d’une deuxième et vaste opération de régularisation massive des migrants en situation irrégulière originaires de la région Sahélo-saharienne, M. Bouchaara a mis en exergue l’importance sur ce registre du rôle des organisations régionales et sous-régionales.
‘’L’Union africaine que le Maroc a rejoint au début de cette année, mais aussi les organisations sous-régionales comme la CEDEAO (Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest), dont l’accord de principe d’adhésion du Maroc a été acté à Monrovia et la CEN-SAD (Communauté des États Sahélo-sahariens), ont un rôle clé à jouer’’, a-t-il plaidé avant de conclure qu’il est important de faire en sorte que les pays du Sahel s’approprient eux-mêmes les problèmes liés à leur sécurité en assurant que le Maroc continuera à travers une politique de coopération dynamique et solidaire, à accompagner ces pays auxquels il est historiquement lié.
De même, le Maroc incite les Nations-Unies, en général et l’ONUDC, en particulier, à redoubler d’efforts pour soutenir ces pays en leur offrant l’assistance et la coopération nécessaires.
(MAP)