L'Allemagne entame sa plus grosse grève de trains depuis 2008
Les chemins de fer allemands ont entamé samedi leur plus grosse grève depuis 2008, jusqu'à lundi et sur tous les types de lignes, sur fond de conflit salarial et de lutte de pouvoir entre syndicats.
Depuis le début du mouvement, à 02H00 locales samedi (00H00 GMT), 30% seulement des trains grandes lignes circulent, recense Deutsche Bahn dans un communiqué. La grève doit s'achever lundi à 04H00 locales (02H00 GMT).
Les perturbations touchent également les trains régionaux et urbains, ainsi que le transport de marchandises, "fortement" atteint depuis vendredi après-midi, ajoute la compagnie, fournissant des données très disparates selon les régions.
Au total, avec le dispositif de substitution mis en place, "au moins un tiers du trafic devrait être assuré" sur l'ensemble du week-end et le retour à la normale sera "garanti" dès lundi matin, promet la Deutsche Bahn.
Dans la journée, la compagnie publique a précisé qu'elle concentrait ses efforts sur les lignes principales. A l'inverse, il circulera "peu ou pas du tout de trains" sur certaines lignes secondaires, précise-t-elle.
En plein chassé-croisé des vacances d'automne, et alors que la Bundesliga attire chaque semaine 100.000 supporteurs de football dans les gares, cette grève traduit l'enlisement d'un conflit social inhabituellement long dans un pays habitué à négocier.
Il s'agit du troisième mouvement en deux semaines, après déjà deux grèves d'avertissement en septembre. La Deutsche Bahn n'avait plus connu de conflit aussi long depuis celui de 2007-2008, qui avait traîné plusieurs mois.
"Des grèves aussi rapprochées et d'une telle ampleur sont totalement irresponsables et à la limite de l'irrationnalité", s'est irrité le directeur des ressources humaines de la Deutsche Bahn, Ulrich Weber, dans le quotidien à grand tirage Bild.
Le syndicat des conducteurs de locomotives GDL réclame entre autres une augmentation des salaires de 5% et une réduction de deux heures de leur semaine de travail, mais les négociations sont dans l'impasse.
"On ne trouvera de solutions qu'à la table des négociations", a exhorté samedi le ministre des Transports Alexander Dobrindt dans le journal "Passauer Neue Presse".
Les discussions achoppent notamment sur un préalable posé par la Deutsche Bahn: que GDL renonce à représenter les catégories de personnel autres que les conducteurs de train, alors que plusieurs syndicats et accords salariaux cohabitent au sein de la compagnie.
Le chef adjoint de l'EVG, syndicat rival représentant les autres personnels de bord, a reproché au GDL d'envenimer les relations entre organisations représentatives, se montrant pessimiste sur un règlement rapide du conflit.
"Je pars du principe que malheureusement, la situation va encore empirer dans les prochains jours", a déclaré Klaus-Dieter Hommel à la radio WDR5.