La Bourse de Paris temporise après deux séances de hausse
La Bourse de Paris a temporisé mercredi (+0,04%), sans céder à la tentation de prises de bénéfices, après deux journées de nette hausse.
L'indice CAC 40 a pris 1,85 point à 4.395,26 points, dans un faible volume d'échanges de 2,4 milliards d'euros, après avoir brièvement franchi le seuil symbolique des 4.400 points.
La veille, il avait progressé de 1,18%.
Parmi les autres marchés européens, Francfort a perdu 0,19%, Londres gagnant pour sa part 0,12%. Par ailleurs, l'Eurostoxx 50 a reculé de 0,10%.
Le marché parisien a marqué le pas dès l'ouverture, découragé par des indicateurs décevants en Allemagne et en France. Il est resté sans grand dynamisme tout au long de la séance en dépit d'un démarrage en légère hausse à la Bourse de New York.
"Le marché a besoin de souffler", estime Frédéric Rozier, un conseiller de gestion de Meeschaert Gestion Privée.
La cote avait nettement progressé au cours des deux séances précédentes, portée par des propos jugés particulièrement accommodants du président de la Banque centrale européenne Mario Draghi vendredi à Jackson Hole.
"Les effets d'annonce de Mario Draghi à Jackson Hole ont marqué les esprits des investisseurs et apporté un regain d'optimisme aux intervenants", analysent les gérants de Barclays Bourse.
Ils fondent désormais leurs attentes sur "un passage à l'acte du président de la BCE dans les prochaines semaines ou lors de la prochaine réunion le 4 septembre", poursuivent-ils.
Pour l'heure, les investisseurs ont eu peu d'éléments à se mettre sous la dent, la séance ayant été pauvre en informations économiques, à l'exception de l'essoufflement de la confiance des consommateurs allemands en août et de la morosité du climat des affaires en France.
Le changement de gouvernement a quant à lui été analysé à l'aune de "l'impact" qu'il pourrait avoir sur telle ou telle valeur de la cote, sans qu'il ne suscite de réaction majeure de la part du marché, explique M. Rozier.
La composition du nouveau gouvernement a été annoncée mardi soir avec pour principale nouveauté, la désignation au poste de ministre de l?Économie d'Emmanuel Macron, qui remplace Arnaud Montebourg.
Les changements dans la politique "devraient être limités", mais "un élément clé semble d'importance pour les marchés": un "ancien banquier social-libéral remplace un homme politique professionnel plus à gauche", note Crédit Agricole-CIB.
Les investisseurs attendent désormais "la fin de la semaine" et la publication jeudi de l'inflation en Allemagne et de la deuxième estimation de la croissance américaine pour prendre position, indique pour sa part Alexandre Baradez, un analyste de IG France.
Enfin, même si elle passe au second plan depuis quelques jours, la situation en Ukraine continue d'être suivie par le marché, alors que les pourparlers entre les présidents russe et ukrainien se sont terminés à Minsk sans grande avancée concrète.
La Russie n'a pas d'intérêt à voir l'Ukraine "éclater", a assuré le ministre des Affaires étrangères Sergueï Lavrov.
De son côté, le Premier ministre ukrainien Arseni Iatseniouk a affirmé que Kiev avait connaissance de plans de la Russie visant à arrêter le transit de gaz russe vers l'Europe cet hiver, provoquant un démenti de Moscou.
Parmi les valeurs, les banques sont restées bien orientées, signe des espoirs placés dans la BCE. BNP Paribas a pris 0,90% à 51,76 euros, Crédit Agricole 1,97% à 11,36 euros et Société Générale 0,14% à 39,37 euros.
Plusieurs recommandations d'analystes ont également animé le marché.
Ainsi, Maurel et Prom (+4,22% à 11,86 euros) a profité d'un relèvement de recommandation de "vendre" à "acheter" par Société Générale.
Sodexo (+0,55% à 74,84 euros) a bénéficié d'une note favorable de Crédit Suisse, moins optimiste sur Edenred (-0,37% à 22,66 euros) et STMicroelectronics (-0,78% à 6,32 euros).
Eurazeo a poursuivi sa hausse (+4,66% à 57,04 euros) après avoir grimpé la veille dans la foulée de l'annonce d'un programme de rachat d'actions.
Areva a pris 3,77% à 12,52 euros après avoir remporté auprès d'un électricien américain une série de contrats d'un montant total de 100 millions de dollars.
Total a perdu 0,58% à 49,74 euros. Le groupe entend réduire ses capacités dans le secteur en perte du raffinage en France, selon son PDG Christophe de Margerie, qui presse le gouvernement français à agir pour restaurer la compétitivité des entreprises et la croissance.
Euronext (CAC 40)