La Bourse de Paris lâche du lest à mi-séance
La Bourse de Paris perdait un peu de terrain (-0,24%) lundi à la mi-journée, peinant à se reprendre après son fort recul de vendredi sur fond d'indicateurs mitigés en zone euro.
A 12H09 (10H09 GMT), l'indice CAC 40 se repliait de 12,28 points à 5.105,38 points dans un volume d'échanges de 936 millions d'euros. Vendredi, l'indice parisien avait fini en net recul de 1,57%.
"Les marchés actions européens sont hors jeu (ce lundi) alors que les investisseurs sont toujours sous le coup du mouvement de vente de vendredi", a souligné David Madden, un analyste de CMC Markets.
Après le statu quo décidé par la BCE jeudi, et malgré la prudence de nouveau affichée par son président Mario Draghi, l'euro a atteint de nouveaux sommets vendredi face au dollar alors que M. Draghi a laissé entrevoir des discussions à l'automne sur l'avenir de ses rachats d'actifs.
"Le retour de la volatilité sur le marché des changes traduit clairement des scénarios plus incertains sur les politiques monétaires", ont relevé les analystes du courtier Aurel BGC.
La forte progression de la monnaie européenne, qui a signé lundi un nouveau plus haut depuis fin août 2015, pénalise notamment les secteurs exportateurs et continuait à peser sur la cote parisienne.
"La BCE va devoir communiquer sur la normalisation de sa politique monétaire et même si le président de la BCE reste prudent, le sens de l'histoire semble écrit...", ont complété les analystes de Aurel BGC.
Du côté des indicateurs, les investisseurs ont par ailleurs pris connaissances des chiffres mitigés de l'activité dans le secteur privé en zone euro.
La croissance de l'activité privée dans la région a en effet ralenti en juillet pour le deuxième mois consécutif, selon la première estimation de l'indice PMI composite publiée lundi par le cabinet Markit.
Aux Etats-Unis sont encore attendues les reventes de logements pour le mois de juin.
Ce lundi se tient par ailleurs une réunion ministérielle de l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) et de ses partenaires à Saint-Pétersbourg.
- L'automobile souffre -
Sur le front des valeurs, Peugeot perdait 2,66% à 17,91 euros après avoir vu sa recommandation abaissée à "conserver" contre "acheter" auparavant par HSBC. Le secteur automobile dans son ensemble se trouvait par ailleurs pénalisé, à l'image de Renault (-1,59% à 79,79 euros), Faurecia (-1,55% à 46,43 euros) ou encore Valeo (-0,74% à 59,14 euros) et Michelin (-0,98% à 116,20 euros), par les soupçons d'entente depuis les années 1990 pesant sur les grands constructeurs allemands.
Gemalto s'effondrait (-15,77% à 46,33 euros), plombé par une nouvelle révision à la baisse de ses perspectives de résultats pour le deuxième semestre.
Air France-KLM profitait d'un relèvement de sa recommandation à "acheter" contre "conserver" auparavant par Kepler Cheuvreux.
TF1 prenait 0,60% à 11,73 euros alors que le groupe de télévision a publié lundi un bénéfice net de 46,9 millions d'euros pour le deuxième trimestre, quasiment multiplié par quatre sur un an grâce à une progression de ses recettes publicitaires et une maîtrise des coûts.
ANF Immobilier s'appréciait de 4,08% à 21,95 euros après avoir publié lundi des revenus locatifs bruts en baisse au premier semestre, tout en annonçant son rachat par Icade (-0,56% à 73,00 euros), la filiale cotée du groupe CDC (Caisse des dépôts). L'opération, qui valorise ANF Immobilier à 409 millions d'euros, sera réalisée en deux temps: via l'acquisition d'un peu plus de la moitié du capital auprès d'Eurazeo (+0,19% à 69,22 euros) et par le lancement d'une offre publique d'achat (OPA) sur le reste.
Valneva gagnait 6,03% à 2,99 euros, le fabricant franco-autrichien de vaccins profitant de l'annonce lundi de l'obtention du statut de procédure accélérée ("fast track") aux Etats-Unis pour son candidat vaccin contre la maladie de Lyme.
CAC 40 (Euronext)