La Bourse de Paris, au plus bas de l'année, regarde avec espoir du côté des résultats américains
La Bourse de Paris, qui a reculé à ses plus bas niveaux de l'année en séance vendredi, espère de bonnes nouvelles du côté des publications d'entreprises aux Etats-Unis pour contrebalancer la morosité en Europe.
Au cours de la semaine écoulée, l'indice CAC 40 a perdu 4,86% pour terminer vendredi à 4.073,71 points, son plus bas niveau en clôture de l'année. La place parisienne est désormais en perte de 5,17% depuis le 1er janvier.
L'indice CAC 40 a franchi vendredi son plus bas de l'année en séance également, qui s'établit désormais à points 4.065,5.
"Pas de panique car il y aura des rebonds techniques", prévient cependant Franklin Pichard, directeur de Barclays Bourse.
Un avis partagé par Christopher Dembik, économiste de Saxo Banque. "Même si les pressions vendeuses sont incontestables", l'hypothèse du rebond n'est pas à exclure, indique-t-il.
Selon lui, une vague de résultats de bonne facture aux Etats-Unis pourrait, par effet d'entraînement, permettre au CAC 40 de se relancer. Mardi, JPMorgan Chase et Citigroup donneront le ton, suivies le lendemain par Bank of America.
En revanche, peu de choses sont à attendre des publications d'entreprises sur la cote parisienne, même si "on aura une saison des résultats qui sera plus ou moins conforme au consensus", avance M. Dembik.
LVMH sera le premier poids lourd de la cote à ouvrir le bal mardi, mais les festivités battront surtout leur plein à partir de la semaine suivante à Paris.
La microéconomie ne devrait pas éclipser totalement les communications des banques centrales, qui restent cruciales pour les marchés.
Pour le bancassureur ING, "les commentaires issus du G20 des ministres des Finances et des banquiers centraux à Washington" pourraient avoir une influence sur les marchés la semaine prochaine.
- '"Sérieux risques" de récession' -
La banque centrale américaine qui a échoué à rassurer durablement les marchés cette semaine, après la publication du compte-rendu de sa dernière réunion, diffusera mercredi son Livre Beige sur l'économie américaine.
Selon M. Dembik, le "flou" qui entoure l'avenir des politiques monétaires pèse sur les marchés.
Ils ont également pâti cette semaine d'une "accumulation de mauvais indicateurs macroéconomiques qui alimente le risque éventuel d'une récession en zone euro", souligne M. Dembik.
La directrice générale du Fonds monétaire international (FMI) a ainsi prévenu que de "sérieux risques" d'une nouvelle récession guettent la zone euro si rien n'est fait pour remédier à la croissance atone dans la région.
Depuis la rentrée, les signaux négatifs s'amoncellent autour de l'Allemagne, qui représente le tiers du PIB de l'union monétaire, douchant les espoirs de la voir stimuler à elle seule une zone euro engluée dans la crise.
"Après les grosses déceptions cette semaine en Allemagne, la semaine prochaine n'est pas susceptible d'apporter beaucoup de soulagement", indiquent d'ailleurs les économistes d'ING, qui estiment qu'une chute du baromètre ZEW de la confiance des milieux financiers est "probable".
L'inflation en zone euro en septembre est aussi au programme ainsi que la production industrielle pour août, "toutes deux amenées à décevoir", selon ING, ce qui va renforcer les attentes envers le patron de la Banque centrale européenne (BCE).
La BCE mène actuellement une politique très accommodante pour tenter de relancer la machine, tout en appelant les décideurs politiques à agir, en conduisant des réformes structurelles et en adoptant des politiques de croissance quand cela est possible, sans remettre en cause le sérieux budgétaire.
Toutefois, les marchés estiment qu'elle n'est pas allée assez loin lors de sa dernière réunion de politique monétaire début octobre, notamment face au risque de déflation.
Euronext (Cac 40)