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Irak : les frappes françaises contre les jihadistes de l'EI ont débuté

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Le 19 septembre 2014 à 15h26

Les frappes aériennes françaises contre les positions du groupe Etat islamique en Irak ont débuté vendredi matin, avec une première mission d'avions Rafale contre un "dépôt logistique" qui a été "entièrement détruit".

"Ce matin à 9h40 nos avions Rafale ont mené une première frappe contre un dépôt logistique des terroristes de l’organisation Daech dans le nord-est de l’Irak", a annoncé le chef de l'Etat François Hollande lui-même dans un communiqué. L’objectif a été "entièrement détruit" et "d'autres opérations se poursuivront dans les prochains jours", précise-t-il.

Selon la Défense, l'opération s'est déroulée "dans la région de Mossoul". Le dispositif était constitué de deux avions Rafale "équipés de bombes air-sol guidées laser GBU 12", d'un avion de ravitaillement en vol C-135 FR et d'un avion de patrouille maritime Atlantique 2, chargé notamment de la première évaluation des frappes.

Quatre bombes de 250 kg ont été tirées entre 9H30 et 10H00 (7H30 et 8H00 GMT) sur ce dépôt qui contenait "beaucoup de munitions", des véhicules et des réserves de carburant, a-t-on précisé de source militaire. L'objectif, vraisemblablement un ancien camp de l'armée irakienne, était situé dans une "zone d'intérêt militaire" et "il n'y a pas de dégâts collatéraux", a-t-on souligné. Durée totale de la mission : "un peu moins de six heures".

Lors d'un conseil de défense jeudi, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, avait exposé, selon l'Elysée, "de possibles manœuvres tactiques pour détruire les cibles". A l'issue d'une nouvelle réunion vendredi matin avec son chef d'état-major particulier, le général Benoît Puga, le chef de l'Etat, chef des armées, a donné son feu vert.

"La France doit savoir qu'elle est protégée", a affirmé le président de la République dans une allocution à l'Elysée vendredi midi, félicitant les soldats, "en l’occurrence nos aviateurs" et saluant les actions des armées françaises "sur beaucoup de fronts en ce moment, ce sont les circonstances qui l'ont exigé".

"Il y a toujours des risques à prendre des responsabilités, je les ai réduits au minimum", s'est justifié M. Hollande. "En revanche, il y a toujours de la grandeur à pouvoir atteindre le terrorisme car ce terrorisme-là n'est pas propre au Moyen-Orient, il nous menace", a-t-il ajouté, rappelant que des discussions auraient lieu mercredi au Conseil de sécurité de l'ONU pour lutter contre les "filières terroristes" qui affluent de l'étranger en Irak et en Syrie.

- Débat au Parlement -

Depuis le début de la semaine, les appareils français basés à Al-Dhafra, aux Emirats arabes unis (EAU), conduisaient des missions de reconnaissance au-dessus de l'Irak pour identifier les cibles potentielles. Six Rafale, plusieurs avions de transport ou de ravitaillement et environ 750 militaires français sont habituellement stationnés sur cette base, tête de pont du dispositif militaire français dans la région.

La décision de la France de mener des frappes en Irak avait aussitôt été saluée par le président américain Barack Obama, qui a qualifié Paris de "partenaire solide" dans sa lutte "contre le terrorisme". Côté français, on soulignait en revanche la volonté de préserver une autonomie d'appréciation de la situation dans le nord de l'Irak pour peser sur les choix opérationnels.

Les frappes ont été conduites vendredi sous commandement français, en coordination avec les autorités irakiennes et les alliés de la France dans la région, a précisé la Défense. Le président irakien avait adressé une lettre à François Hollande lui demandant ces frappes, a-t-on par ailleurs indiqué à l'Elysée.

En fin de matinée, le ministre de la Défense, Jean-Yves Le Drian, s'est entretenu par téléphone avec le prince héritier des EAU, Cheikh Mohammed, et les ministres de la Défense du Qatar, le général Al Attiyah, et de Grande-Bretagne, Michael Fallon, pour les informer de la situation, a précisé la Défense.

Jeudi, François Hollande avait fixé deux lignes rouges pour l'intervention française : ni "troupes au sol" ni engagement hors des frontières de l'Irak, et notamment donc en Syrie, se démarquant sur ce point de la position des Etats-Unis.

En pointe sur le plan diplomatique, Paris n'entend pas apparaître comme un simple exécutant au sein de la coalition internationale en train de se former. Selon les spécialistes, la participation française aux opérations devrait cependant rester limitée, en raison des nombreux engagements militaires de la France, notamment en Afrique.

Un débat aura lieu mercredi au Parlement sur les conditions d’engagement des forces françaises "aux côtés des forces armées irakiennes et des Peshmerga (combattants kurdes) pour affaiblir Daech et restaurer la souveraineté irakienne", selon la formule de l'Elysée.

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Le 19 septembre 2014 à 15h26

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