Exclusif. Gaza : le contingent marocain comptera jusqu’à 500 membres
Composé d’officiers et de personnels de sécurité, le détachement suit actuellement une préparation aux normes de l’ISF. Il assurera aussi le commandement de ses effectifs, la logistique et la coordination avec la cellule opérationnelle de la force.
Le 15 juillet dernier, au siège de l'Administration de la Défense nationale à Rabat, le Maroc signait officiellement l'accord de participation à la Force internationale de stabilisation (ISF) à Gaza, reflétant ainsi "l'engagement de Sa Majesté le Roi Mohammed VI en faveur de la paix et de la stabilité au Moyen-Orient et son soutien au peuple palestinien", comme l'a bien souligné le ministre des Affaires étrangères, Nasser Bourita.
Or, les détails concrets du document paraphé par le Royaume n'avaient pas été rendus publics. Tout juste avait-il été rappelé, comme l'avait déjà détaillé Nasser Bourita le 19 février à Washington, qu'étaient prévus le déploiement d'officiers de haut rang des Forces armées royales (FAR) auprès du commandement conjoint de l'ISF, celui de cadres de la Gendarmerie royale et de la Direction générale de la Sûreté nationale (DGSN), ainsi que l'installation d'un hôpital militaire de campagne.
Un contingent de 400 à 500 personnes
Mais combien de personnels marocains allaient exactement être dépêchés dans l'enclave palestinienne ? Ce chiffre, Médias24 a été en mesure de l'obtenir de source sûre, et il se situe actuellement "autour de 400 à 500 personnes". En effet, le nombre exact de membres du détachement marocain n'a pas encore été arrêté et devrait dépendre des besoins de la police palestinienne, qui aura la charge d'assurer durablement la sécurité à Gaza. "Les personnels se coordonneront directement avec la cellule des opérations de l'ISF et veilleront, par l'intermédiaire de ces canaux, à éviter tout chevauchement avec les activités de la police palestinienne", insiste-t-on.
Le 23 juin, le Conseil de paix, l'instance mise en place à l'initiative des États-Unis pour superviser la transition à Gaza, annonçait lui-même sur les réseaux sociaux que l'ISF avait accueilli ses premiers membres issus des FAR. "Leur arrivée renforce l'effort international en faveur de la population de Gaza", avait-on commenté. Plus récemment, le quotidien américain The Wall Street Journal a révélé que le détachement marocain était composé d'officiers et de personnels de sécurité, et que ces militaires avaient été initialement chargés de sécuriser une base logistique située aux abords de Gaza, avant de passer notamment à des missions de reconnaissance d'itinéraires.
Une mission indépendante des conditions sur le terrain
Interrogée à ce propos, notre source ne nous en a pas dit davantage, mais elle nous a confié que "la force marocaine suit actuellement une formation conforme aux normes convenues afin de pouvoir remplir sa mission et de consolider la logistique de son déploiement". Et surtout, elle nous a indiqué que la mission se poursuivrait indépendamment des conditions liées à la sécurité, au contexte politique ou au respect du cessez-le-feu. "La mission progressera conformément au plan global de paix pour Gaza du président Trump", souligne-t-on.
In fine, notre source décompose le mandat du Maroc dans les quatre points suivants :
- Contribuer au bon déroulement des opérations.
- Assurer le commandement et le contrôle de ses effectifs.
- Former les policiers palestiniens.
- Prendre en charge les aspects logistiques.
Une force qui pourrait compter 20.000 membres au total
Pour rappel, l'ISF compte, à ce jour, cinq pays, à savoir l'Albanie, l'Indonésie, le Kazakhstan, le Kosovo et le Maroc. Le nombre total de soldats engagés au sein de la Force pourrait atteindre 20.000, dont le contingent le plus important devrait être indonésien (8.000 hommes, selon une annonce faite le 15 février par le président Prabowo Subianto). Djakarta s'est également vu confier le commandement adjoint de l'ISF, aux côtés des États-Unis.
En outre, l'Égypte et la Jordanie, sans adhérer formellement à l'ISF, doivent également fournir un encadrement policier.
Sur le plan pécuniaire, l'ISF est financée par les pays membres du Conseil de paix, dont le Maroc. Ce dernier a, selon le quotidien britannique The Financial Times, déjà versé 3 millions de dollars au titre de sa contribution.
D'après la même source, le Maroc et les Émirats arabes unis sont d'ailleurs les seuls, pour l'heure, à s'être acquittés des sommes promises lors de la constitution du Conseil de paix, dont le montant total s'élevait à environ 7 milliards de dollars.
Debunk. Le Maroc a-t-il vraiment payé un milliard de dollars au “Board of Peace” de Trump ?