Grèce: plongeon de la Bourse d'Athènes
L'indice général de la Bourse d'Athènes continuait jeudi après-midi sa chute en perdant 7,96% une heure et demie avant la clôture, en baisse pour le troisième jour consécutif, sur fond d'incertitude politique en raison de l'élection présidentielle la semaine prochaine.
L'indice Athex avait connu cette semaine un "mardi noir", dégringolant de 12,78% en une séance, tandis que mercredi ses pertes avaient été limitées à 1,01%.
Jeudi matin, une heure après l'ouverture de la séance (08H30 GMT), l'Athex perdait plus de 1% avant de poursuivre sa chute trois heure plus tard de 4,14% à 856,75 points.
Les banques étaient les plus touchées en perdant 9,44%.
Et le taux de rendement des obligations grecques à dix ans a grimpé à 9,124%, témoignant également de la méfiance des marchés
Mardi, l'Athex avait plongé de 12,78%, une première depuis 27 ans, après l'annonce de la tenue de l'élection présidentielle avec deux mois d'avance, accélérant d'autant le risque pour l'actuel gouvernement de coalition droite-socialiste, dirigé par le conservateur Antonis Samaras, d'être contraint à des législatives anticipées.
En cas d'échec à dégager une majorité de 180 députés, sur 300, pour élire chef d'Etat le candidat proposé par le gouvernement, Stavros Dimas, un ancien ministre conservateur et commissaire européen, le gouvernement devrait dissoudre le Parlement et proclamer des législatives qui pourraient conduire au pouvoir le parti de gauche radicale Syriza, favori des sondages et anti-austérité.
Les marchés et de nombreux analystes craignent dans cette hypothèse la remise en cause de certaines réformes menées depuis 2010 dans le cadre des politiques d'austérité controversées, dictées par la troïka des créanciers, UE et FMI, en échange de prêts de 240 milliards d'euros pour éviter la faillite du pays.
Une victoire du Syriza en cas d'élections anticipées "serait destructeur pour le pays" a lancé Antonis Samaras devant son groupe parlementaire jeudi après-midi, une heure avant la nouvelle dégringolade de la Bourse d'Athènes.
"Les investisseurs étrangers ont été horrifiés par le programme du Syriza", a-t-il souligné en accusant le président du Syriza Alexis Tsipras d'avoir "ramené le mot +Grexit+ à la bouche des étrangers". "Grexit", ou "Greece exit", avait été employé au plus fort de la crise pour désigner le risque d'une sortie du pays de la zone euro.
En cas de la victoire du Syriza, "il y aurait une nouvelle crise qui pourrait facilement contaminer l'Europe", a assuré la Premier ministre qui joue sur cette crainte d'une déstabilisation pour convaincre les députés indécis.
Les hauts responsables de la troïka des créanciers de la Grèce sont attendus à Athènes prochainement pour achever l'évaluation des comptes du pays et débloquer la dernière tranche européenne de ces prêts, soit 1,8 milliard d'euros.
Lundi, la zone euro a décidé de prolonger de deux mois le programme d'aide dont bénéficie la Grèce, qui arrive à échéance le 31 décembre, alors que les négociations entre le pays et ses créanciers sont bloquées, empêchant tout dénouement d'ici à la fin de l'année.
Dans ce climat d'incertitude politique, le commissaire européen en charge des Affaires économiques, Pierre Moscovici, se rendra à Athènes lundi et mardi, veille du premier vote des députés grecs pour l'élection du chef de l'Etat, pour témoigner son soutien aux Grecs et souligner la nécessité des réformes, a-t-il écrit sur son compte Twitter.