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FMI: le portrait peu reluisant de la zone euro, vedette des réunions

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Le 11 octobre 2014 à 8h29

Les leaders économiques mondiaux réunis à Washington ont largement débattu vendredi de la zone euro, dont plusieurs pays-membres ont été égratignés par les agences de notation, et qui est menacée de récession et de déflation.

Comme pour venir enfoncer le clou de deux jours de débats où la litanie des problèmes de la zone euro a été récitée à l'envi par les ministres et banquiers réunis à Washington, l'agence Standard & Poor's a privé la Finlande de son "AAA" et a baissé la perspective de la note de la France à "négative".

Fitch, elle, n'a pas relevé la note du Portugal comme certains observateurs s'y attendaient.

Réunis depuis jeudi à Washington pour les réunions d'automne du FMI et de la Banque mondiale, les responsables ont constaté que "la zone euro tire tout le monde vers le bas", selon un des participants, alors que le FMI a abaissé ses prévisions de croissance mondiale.

"L'économie européenne est dans un état assez préoccupant" a estimé Axel Weber, patron de la banque UBS et ancien de la Bundesbank allemande, devant l'assemblée annuelle de l'IIF, le lobby bancaire international, qui se tient en marge de ces réunions des institutions septuagénaires de Bretton Woods.

Jeudi, la directrice du FMI, la française Christine Lagarde, avait estimé qu'il y avait de "sérieux risques de récession" en zone euro.

Les pays de la monnaie unique sont englués dans un mélange poisseux de stagnation et d'inflation trop basse, un cocktail encore alourdi par les derniers ratés du moteur économique allemand, les incertitudes sur la recevabilité du budget français devant la Commission ou encore les réformes attendues en France ou en Italie.

"Les politiques actuelles ont échoué à générer de la croissance et à réduire le chômage très élevé" dans la zone, a commenté le ministre brésilien des Finances, Guido Mantega, devant le FMI.

Signe du sérieux de la situation, le gouverneur de la Banque centrale européenne (BCE), Mario Draghi, a prévenu vendredi matin que la faible inflation commençait à être générée au sein même de la zone euro alors qu'elle était, jusqu'à présent, largement importée du fait de la baisse des prix de l'énergie ou des matières premières.

Conjuguées aux peurs provoquées par le virus Ebola, ces préoccupations, affectent depuis deux jours les marchés financiers.

Les participants ont repris en choeur le mantra martelé à Washington où se tenait également un G20 Finances : doper les investissements d'infrastructures.

"C'est consensuel mais tout le monde sait que ce n'est pas si simple, car c'est long à se mettre en place et donc pas forcément le meilleur remède contracyclique" pour sortir la zone du marasme, selon un participant.

- Inquiétudes sur l'Allemagne -

De l'avis quasi général, il appartient désormais aux gouvernements de passer à l'action et de mener les réformes structurelles et potentiellement douloureuses qui seraient nécessaires selon les participants.

"Le pire, c'est d'annoncer des réformes et de ne pas les appliquer, et je pense que c'est ce qui est en train de se passer", a déclaré devant l'IIF, Peter Praet, un des responsables de la BCE.

En Italie et en France notamment, les gouvernements respectifs ont annoncé et lancé plusieurs projets de réformes qui, pour l'instant, n'ont pas encore réellement abouti.

Mais l'Allemagne, moteur crachotant de la monnaie unique, a aussi subi des pressions pour qu'elle dépense plus pour relancer l'économie européenne.

Le ministre allemand des Finances Wolfgang Schäuble a multiplié les prises de parole pour marteler la position de son pays: la croissance ne peut s'obtenir "en signant des chèques" et "nous serions fous si nous mettions en danger" la confiance qu'inspire sur les marchés la discipline budgétaire allemande.

Certains ministres des Finances, comme le président de l'Eurogroupe Jeroen Dijsselbloem ou le Français Michel Sapin, ont tempéré le pessimisme.

"Ce n'est pas que la zone euro aille très mal, c'est qu'elle va moins bien, elle a une croissance trop faible", a déclaré vendredi M. Sapin.

Ailleurs dans le monde, les Etats-Unis continuent sur la voie de la reprise et l'"Asie reste le principal moteur de la croissance mondiale, bien qu'à un rythme plus modéré" a déclaré vendredi Changyong Rhee, directeur de la division Asie-Pacifique du FMI.

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Le 11 octobre 2014 à 8h29

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